Le soccer universitaire et les études à Grand Canyon, un duo gagnant pour le Cannois Julien Armaroli.

Un mois seulement après avoir accroché ses drapeaux français aux murs de son appartement, Julien Armaroli nage comme un poisson dans l’eau à Grand Canyon.

Grand Canyon s’impose aujourd’hui comme une valeur montante du soccer universitaire, bien qu’il s’agisse d’une petite université privée et catholique nichée en plein milieu d’une banlieue populaire de Phoenix, dans l’Arizona.

Cependant, le défenseur, qui a connu le centre de formation des Girondins de Bordeaux, débute à peine son cursus universitaire en Division I qu’il possède déjà une place intéressante dans l’effectif des Antelopes. L’équipe a débuté la saison tambours battants avec deux victoires convaincantes face à des cadors du championnat, Wisconsin et Creighton.

Julien Armaroli est entré en cours de jeu lors de chaque rencontre, à des moments où le head coach, Schellas Hyndman, avait besoin de solidité défensive. En plus de toucher ses premiers ballons, le jeune français a rencontré les « Havocs », le fameux groupe de supporters de l’école.

« Je ne m’attendais pas du tout à une ambiance aussi forte. Toute l’école était derrière nous et on ressentait un réel engouement pour cette équipe de soccer. C’était vraiment une très belle expérience. »

(Crédit photo : GCU Athletics)

GCU a terminé la saison dernière avec le 7ème meilleur public de la ligue avec un moyenne de 2.508 fans par match ; mais cette statistique grimpe à plus de 7.000 supporters lors des grandes rencontres grâce au support ds « Havocs ». Ces performances sont très impressionnantes en sachant que le campus ne compte que 20.000 étudiants et ne s’étend que sur une quinzaine de bâtiments.

Le succès populaire est un des aspects qui a permis à Julien Armaroli de se décider à rejoindre Grand Canyon. Mais le projet sportif a également joué très largement.

Schellas Hyndman est une figure du soccer nord-américain et incarne intégralement le projet de l’équipe de soccer de Grand Canyon, qu’il a rejoint en 2013 avec de grandes attentes.

« C’est un programme qui est en train de se développer et qui possède un gros potentiel futur. Le head coach [Schellas Hyndman; ndlr] vient de Major League Soccer où il a entrainé une des meilleures équipes et a été élu meilleur head coach de l’année. En plus de cela, le programme met beaucoup de moyens financiers pour chouchouter ses joueurs. »

Schellas Hyndman a quasiment tout gagné en 24 ans à SMU (1984-2007) : un record mirobolant de 368-96-40, 22 apparitions au NCAA Tournament, 11 qualifications pour le Elite 8 (équivalent des quarts de finale en NCAA) et 2 participations à la College Cup en 2000 et 2005, où les Mustangs terminent troisième à chaque fois. 

Et avant d’arriver à Grand Canyon, Schellas Hyndman a également connu le succès parmi les rangs professionnels avec le FC Dallas (2008-2013). Il a remporté le titre de MLS Coach of the Year en 2010, la même année où il mène son équipe jusqu’en finale. 

(Crédit photo : Aloïs Piet, Midnight on Campus)

(Crédit photo : Aloïs Piet, Midnight on Campus)

Cette expertise professionnelle se voit clairement au sein des infrastructures proposées par le programme de soccer de GCU.

« L’environnement est beaucoup plus professionnel à GCU, dans la manière où l’on est traité par le programme et le head coach, dans la manière de s’entrainer. Au niveau des infrastructures et de tout ce qui est proposé, c’est l’équivalent d’être en Ligue 1 aux Girondins de Bordeaux, avec un niveau sportif plus faible, certes. »

En revanche, le style de jeu développé par les Antelopes ne se rapproche pas réellement de ce qui peut être observé en France. Les équipes sont très costaudes et athlétiques en NCAA, tandis que le point fort des équipes européens, selon Julien Armaroli, est de former des joueurs plus en profondeur sur le plan technique.

« Le soccer que l’on pratique en France est surtout axé sur la possession du ballon, la cohésion d’équipe et surtout l’aspect technique. Ici, je me retrouve dans une équipe où le but premier est de gagner, peu importe ce que cela coûte ou ce que cela implique. L’équipe et les résultats restent clairement une priorité. »

(Crédit photo : GCU Athletics)

Actuellement blessé à l’adducteur droit et absent lors du dernier match (une défaite en prolongation sur le terrain d’Evansville), Julien Armaroli n’en oublie pas pour autant ses objectifs personnels. 

« L’objectif numéro 1 : remporter la conférence WAC. Si on la gagne, automatiquement, on accède au tournoi final de la NCAA et le but est d’aller le plus loin possible dans le tournoi afin de pouvoir se faire connaitre au maximum. 

Si possible, je veux essayer de bien jouer et de jouer un maximum de matchs. Avoir le maximum de temps de jeu possible pour donner des passes décisives ou marquer un but, la chance vient. 

Mon objectif final est d’être drafté pour signer professionnel aux Etats-Unis. »

Mais peut-être encore plus important pour lui, il sait qu’un diplôme est à la clé de cette expérience à Grand Canyon.

« Après, quoi qu’il se passe, je vais terminer avec un beau diplôme qui pourra toujours m’ouvrir des portes et m’offrir un job si une blessure grave m’arrive un jour. Mais si l’opportunité de signer professionnel en France se présente, pourquoi pas la saisir.

Je ne m’attendais pas du tout à ce que le soccer universitaire puisse m’ouvrir autant de portes. En France, les études et le sport de haut-niveau sont séparées après le bac alors que l’avantage ici est que le sport côtoie les études. C’est vraiment un avantage très important de pouvoir continuer à étudier pour avoir un diplôme et en même temps de pratiquer son sport avec l’espoir de devenir professionnel.

L’aspect de jouer uniquement au football et de prendre ce risque, de me dire que je peux subir une blessure grave à tout moment, ou que j’ai des difficultés à vivre en jouant en 4ème division et que je n’ai pas de diplôme à côté, cela me faisait énormément stressé. Le fait d’être arrivé aux Etats-Unis et de continuer à jouer au football devant 7.000 spectateurs et de continuer ses études pour obtenir un diplôme, c’est vraiment quelque chose de magique. »

(Crédit photo : Aloïs Piet, Midnight on Campus)

Cependant, tout ne s’est pas révélé aussi magique pour Julien Armaroli en NCAA. 

Le Cannois d’origine a réalisé ses premiers pas en soccer universitaire en Division II, où il a joué pendant deux saisons avec Belmont Abbey College en Caroline du Nord. Et l’expérience n’était pas ce qu’il espérait.

« Quand on m’a expliqué comme [le soccer universitaire] marchait, on m’a seulement dit que la seule différence entre la Division I et la Division II était la taille de l’université, que le niveau n’était pas différent. Et je me suis rapidement rendu que le niveau était vraiment différent. »

Il admet toutefois que c’est plus facile pour un joueur international qui ne possède pas un niveau d’anglais acceptable, ce qui était son cas, de jouer en Division II. Mais le niveau de football est largement plus faible qu’en Division I, qui lui se rapproche d’une 2ème ou 3ème division française. 

Cette faible compétitivité sportive a poussé Julien Armaroli à prendre ses valises et à rejoindre une valeur montante du soccer universitaire en Grand Canyon. Pourquoi ?

« Je veux être prêt pour ma dernière année universitaire et, pourquoi pas, me présenter à la Superdraft MLS. »