Le quarterback de UCLA, Josh Rosen, ne garde pas sa langue dans la poche une nouvelle fois.

Josh Rosen ne s’est jamais gardé de dire ce qu’il avait sur la conscience. Le quarterback star de UCLA, sur l’autoroute de la ligue professionnelle depuis de longues années, obtient une plateforme médiatique large et à son écoute grâce à un bras droit pétri de talent. Cette fois-ci, il s’ouvre dans un entretien complet et passionnant avec Matt Hayes de Bleacher Report.

Forcé à regarder ses coéquipiers du bord de la touche lors d’une saison catastrophique, Josh Rosen n’a pas vécu une année des plus faciles du point de vue sportif. Le quarterback a été blessé et il doit maintenant travailler avec un troisième coordinateur offensif en trois saisons sur le campus de Westwood.

Souvent jugé comme suffisant ou manquant de passion pour le football, une période de réflexion s’est présentée à lui depuis l’automne dernier par rapport à son approche du jeu et son futur après l’université.

“L’année dernière était bonne dans un aspect : elle a rebattu les cartes complètement. J’ai manqué un Bowl et obtenu un mois d’air frais. J’y suis allé très fort depuis deux ans et cela a eu un effet sur mon corps. Ce temps libre m’a permis de voir les choses d’un point de vue biomécanique. Tout est entremêlé et cela commence avec la posture. Avec une bonne posture, tes pieds se positionnent mieux, ta hanche se compresse, le bas de ton dos se cambre, tes épaules s’avancent et ta tête bouge. Ces petits détails se traduisent ensuite sur le terrain et les mécaniques de lancer.

Cependant, cette fois-ci Josh Rosen est allé bien au-delà du simple bilan de sa propre situation. Le quarterback a tiré à boulets rouges sur le fonctionnement du système universitaire à l’heure actuelle et il n’a pas pris le dos de la cuillère. L’ancienne recrue 5-étoiles a pris du galon et il n’hésite plus à critiquer (vivement) les soucis du modèle et du fonctionnement de la vie d’un athlète-étudiant.

Ce qui est vraiment intéressant et passionnant dans les paroles de Josh Rosen sont les détails de la rudesse du challenge qui se présente à n’importe quelle athlète-étudiant, allant bien au-delà de la simple compétition sportive pour un joueur de football, par exemple.

“Le football et l’école ne vont pas ensemble. C’est comme cela. Essayer d’associer les deux revient à bosser deux boulots à plein temps en même temps. Il y a des gars qui n’ont rien à faire à l’université mais ils sont là parce que c’est le chemin obligatoire pour la NFL. Et puis il y a certaines personnes qui voudraient augmenter les critères d’éligibilité du SAT [l’équivalent d’un concours académique d’entrée à l’université sous forme de test ; ndlr]. D’accord, augmentez-les à Alabama et regardez quelle équipe ils auraient. Vous perdez des athlètes et le produit sur le terrain régresse.

Les êtres humains n’ont pas leur place à l’université avec nos calendriers. Personne étant sain d’esprit ne devrait avoir un calendrier de joueur de football et aller à l’école. Ce n’est pas que certaines joueurs ne devraient pas être à l’université ; c’est seulement que les universités devraient les aider davantage – plutôt que de trouver des moyens de les garder éligibles.

A n’importe quel moment un joueur décide d’accorder plus de temps à l’école, il prend du temps qu’il pourrait investir en football. Ils ne réalisent pas qu’ils se font avoir avant qu’il soit trop tard. Tu as beaucoup de personnes de l’université censées t’aider, et ils sont plus intéressés à conserver ton éligibilité. A un moment, les universités doivent faire plus que cela afin de préparer les joueurs au rythme universitaire et de les aider à réussir au-delà du football. Il y a tellement d’argent brassé dans ce sport que c’est un crime de ne pas faire tout ce qui est possible pour aider les personnes créant cet argent.”

Josh Rosen ne représente pas nécessairement tous les athlètes-étudiants des Etats-Unis. Le jeune quarterback est issu d’une famille aisée et influente, et il a obtenu le poste de quarterback titulaire dans une des plus grandes universités du pays dès son année de freshman, après avoir traversé une période de recrutement avec le statut de future star professionnelle. Il n’a jamais connu les problèmes d’argent ou les problèmes académiques récurrents pour une vaste proportion d’athlètes.

Cependant, les points qu’il avance sont valides. Son point de vue est largement plus pointu que ce que le fan de football universitaire lambda peut imaginer et son expertise à propos de la question doit être entendue sérieusement. Josh Rosen s’épanche surtout sur deux points : le caractère chronophage des sports universitaires (pas seulement pour les joueurs de football) et l’aide apportée par la NCAA.

La NCAA doit revoir sa copie au plus vite pour que la formation universitaire, qu’elle avance comme étant la raison sine qua non du statut d’amateur (et donc du non-paiement des athlètes), puisse être réellement bénéfique aux jeunes hommes à la quête d’un futur professionnel au sein de la NFL.

L’immense majorité des athlètes-étudiants ne réussit pas à vivre de son sport une fois l’aventure universitaire terminée. Les heureux élus ne sont pas nombreux, loin de là, et la NCAA se doit d’aider davantage les jeunes qui ont réellement besoin d’une alternative au sport. Pas uniquement produire des moyens de garder leur éligibilité intacte, ce qui profite au final aux universités et non aux athlètes.

Comme cela est bizarre.