Un Porter peut en cacher un autre... et surprendre plus d'une équipe.

On attendait Michael, on a eu droit à Jontay Porter.

A Missouri, le plus jeune de la famille Porter a porté le maillot des Tigers et a creusé son trou au fil de la saison où, pour la première fois de sa jeune carrière, il n’était pas dans l’ombre de son grand frère.

Ensemble au lycée, dans la promotion de recrutement 2017 et à l’université, les frères Porter se suivent partout comme s’ils étaient deux jumeaux. Mais toute comparaison s’arrête au moment de fouler un parquet universitaire.

Michael Porter Jr., blessé, n’aura pas joué plus de trois minutes et a laissé, par défaut, la place à son frère chez les Tigers.

Un gars de 2.11m capable de tirer, on savait qu’il serait un atout important pour nous. Mais je ne vais pas vous mentir, je ne m’attendais pas à ce qu’il apporte autant.

C’est un bon rebondeur ainsi que contreur et passeur avec un QI basket important pour quelqu’un qui devrait normalement encore jouer au lycée. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup des intérieurs aussi bons ‘all-around’ en Division I,” s’interrogeait le senior de Missouri, Jordan Barnett, après la récente victoire face à Arkansas.

Face aux Razorbacks, pour la dernière rencontre de la saison régulière en SEC, Jontay Porter a une nouvelle fois sorti une jolie prestation avec 19 points, 8 rebonds, 4 passes, 2 interceptions et un contre. Il permet ainsi aux Tigers d’assurer le seed #5 pour le tournoi de conférence SEC.

Mais qui plus, ces statistiques ne sont pas loin d’être historiques. Jamais depuis 1999 et un certain Keyon Dooling un freshman de l’université de Missouri n’avait terminé une rencontre avec 20 points, 5 passes et 5 rebonds.

Mea culpa. Jamais depuis le 2 mars 2018… et Jontay Porter.

Face à Vanderbilt, le freshman des Tigers sortait une fiche à 24 points, 7 rebonds et 6 passes ; une première depuis 1999 et l’année de naissance de Jontay Porter. Ce soir-là, le natif de Columbia sortait le match quasiment parfait en ayant manqué qu’un seul tir (9 sur 10 au tir, 4 sur 4 à trois points).

“Cuonzo Martin et le staff ont réalisé un travail énorme avec moi. Un travail qui commence un peu à porter ses fruits. La motivation vient surtout du fait que si tu ne défends pas comme le coach le souhaite, il te remet sur le banc. Et nous tous, nous voulons jouer le plus longtemps possible,” révèle Jontay Porter après cette fameuse rencontre contre les Commodores.

Cette technique semble fonctionner auprès de Jontay Porter. Depuis le début des confrontations de conférence, le plus jeune des frangins sort des prestations de plus en plus complètes malgré quelques passages à vide, tout de même.

Lors de cette même période, il marque davantage que sur le reste de la saison mais surtout, il tire mieux. Jontay Porter rentrait 43% de ses tirs et 36% de ses trois points en première partie de saison tandis que face aux programmes de la conférence SEC, il shoote à 45% et à 40% à trois points.

En points, cette progression se traduit par une augmentation de 9.8 à 11.5 points de moyenne.

Ces dernières prestations lui ont permis d’être nommé meilleur sixième homme de la conférence SEC en compagnie de Lamonte Turner de Tennessee.

Place au tournoi de la conférence SEC. Il sera intéressant d’observer les prestations de Jontay Porter au sein d’une conférence où tout reste ouvert.

Joueur vraiment adroit proche du panier, où il atteint une réussite de 61%, l’intérieur freshman n’y tire que 17% du temps. Il serait vraiment dommage de se priver d’une telle arme dans des matchs où la victoire est le plus important. Surtout avec une taille de 2.11m.

Néanmoins, il est aussi important de garder une polyvalence dans le jeu, histoire de montrer à ses adversaires que l’on peut être dangereux de tous les endroits du terrain.

Avant de, peut-être, jouer la March Madness, Jontay Porter et ses coéquipiers doivent passer par ce tournoi de conférence SEC. Ils le débuteront le 8 mars face à l’adversaire victorieux de la confrontation  entre Georgia et Vanderbilt.