Le français Joël Ayayi s'est entretenu avec Midnight on Campus et entre dans les détails de sa future aventure américaine à Gonzaga.

En partance pour les rangs universitaires du vice-champion national après l’été, le français Joël Ayayi est revenu avec Midnight on Campus sur ce qui l’attend avec Gonzaga à partir de la rentrée prochaine. Le jeune meneur de jeu français semble prêt pour ce nouveau défi américain, fraichement sacré du tournoi Next Generation de l’Euroleague, la semaine dernière à Istanbul, avec le centre fédéral de basketball, l’INSEP.

Il s’annonce d’ores et déjà comme un joueur polyvalent, capable d’évoluer à la mène et à l’arrière : “Je suis un meneur de jeu, je suis plutôt quelqu’un qui aime créer balle en main pour mes coéquipiers ou pour moi-même. J’aime bien être actif sur le terrain, jouer en pick-and-roll, driver, ressortir la balle mais je suis aussi capable de jouer sans ballon. Je peux jouer sur le poste 1 et 2, c’est aussi ça qui fait ma force.

“C’est carrément différent de la France. A l’INSEP, ce sont des détections. C’est plus toi qui essaye d’y rentrer. Aux Etats-Unis, c’est vraiment l’inverse.

Son jeu et son potentiel ont attiré plusieurs universités les incitant à venir en France pour superviser le meneur sous les couleurs de l’INSEP : “J’ai eu Baylor, Oklahoma, Georgia Tech, Arizona et Gonzaga. Ça fait plaisir, c’est un peu un honneur quand même aussi parce qu’il y a quelques années je ne m’attendais pas à avoir tout ça. Mais ça montre que le chemin est long puisque ce sont que des universités et que ce n’est qu’une phase de recrutement. Tout reste à prouver.”

(Crédit photo : Sebastien Grasset, bebasket)

Il a fallu gérer ce processus de recrutement en l’associant avec les études et une de saison en National 1, la troisième division du basket français, qui ne fut pas très simple n’ayant remporté aucun des 34 matchs de la saison :

“Ça a commencé il y a an, j’ai reçu des mails, des messages de coachs d’universités qui voulaient savoir si j’étais intéressé par la NCAA. Moi, j’ai toujours eu la NCAA en tête parce que je suis le championnat et plus il y a eu d’intérêts pour moi, plus ça m’a fait réfléchir à cette optiquePuis, il y a eu quelques coaches qui sont venu en France pour me rencontrer. Je suis aussi allé faire des visites là-bas et sinon c’est beaucoup d’appels téléphonique, beaucoup de messages, des documents, des photos. Chacun essaye de t’attirer comme il peut. C’est carrément différent de la France. A l’INSEP, ce sont des détections. C’est plus toi qui essaye d’y rentrer. Aux Etats-Unis, c’est vraiment l’inverse.”

C’est un honneur pour moi, surtout pour moi plus que pour [Mark Few] (rires).

Au final, Joël Ayayi a décidé de rejoindre le nord-ouest des Etats-Unis et la ville de Spokane dans l’Etat de Washington, où se situe le campus de l’Université de Gonzaga. Une décision basée sur plusieurs points : “Déjà, c’est dans le passé une université qui a formé beaucoup de joueurs NBA de très bon niveau. John Stockton et tout ça, c’est des noms qui font plaisir à entendre. Ensuite, c’est une université qui est très forte au niveau basket, qui est internationale aussi avec beaucoup d’étrangers. Il y’a aussi les joueurs qui reviennent. C’est vraiment une famille et ça me plaisait le projet humain. C’est assez important pour un jeune de 17 ans qui va arriver aux Etats-Unis. Puis, Mark Few est une référence dans le basket universitaire.”

Le jeune meneur français avoue que le head coach des Bulldogs, Mark Few, a régulièrement pris des nouvelles de lui. Et ce pendant tout le processus de recrutement : “Après ma signature, il m’a dit qu’il était très fier et qu’il était ravi de commencer à travailler avec moi. Forcément, j’étais très content parce que ça fait plaisir. Et quand je l’avais vu à Gonzaga, avant même que je signe, on avait parlé des quelques points sur lesquels on pouvait travailler. J’ai tout de suite accroché parce que on avait la même vision des choses alors qu’il ne m’avait même pas vu m’entraîner donc tu te dis qu’il a quelque chose. C’est un honneur pour moi, surtout pour moi plus que pour [Mark Few]. (rires)

“Sinon, ce n’est que du positif, je suis tellement impatient.”

“Même après le sacre en Euroleague il a pris des nouvelles. J’ai reçu des messages de Mark Few et des assistants qui me félicitaient et qui avaient suivi les matchs. Ca fait toujours plaisir.”

Joël Ayayi retrouvera un autre français au sein de l’Université de Gonzaga, Killian Tillie, avec qui il a déjà joué lors de son passage au centre fédéral. Une présence non négligeable pour le meneur de l’INSEP :  “Forcément, ça a joué un peu, il est quand même là-bas depuis un an puis on se connaissait avant. Ca fait plaisir de le revoir, de voir à quel point il a progressé et combien il se plaît sur le campus. On est souvent en contact, donc c’est clair que ça a joué. Ça a été un plus.”

(Crédit photo : Euroleague)

Gonzaga reste une destination attirante pour le néo-bulldog et ce malgré les différents départs vers la Draft NBA dans les rangs de l’équipe de Mark Few :

“J’ai fait attention, j’ai jeté un petit coup d’œil aux départs, mais après qu’importe l’effectif et où ce que tu es, il faut tout donner et se dépasser pour gagner sa place. Je me suis dit, « voilà, si l’effectif est bon je m’entraînerai tous les jours avec de très bons joueurs, y’a rien de mieux pour progresser ». Ce n’était pas un facteur dominant, mais quoi qu’il arrive, je savais que j’allais bien m’acclimater là-bas.”

Joël Ayayi annonce que son objectif numéro un est de progresser au cours de cette année freshman.

Je vais avoir une première année de transition où je vais pouvoir bien bosser physiquement pour rattraper le retard, techniquement aussi. Je ne m’attends pas avoir un énorme temps de jeu, mais par contre, je sais que je me dois de travailler, travailler, travailler le plus dur possible. Et lors de ma deuxième saison, là, c’est où je dois prendre du grade, avoir un plus grand temps de jeu, avoir un plus grand rôle dans l’équipe. Je pense que je serais plus attendu sur ma seconde année.

Toutefois, avant de fouler les parquets américains, le vainqueur de l’Euroleague Junior montre une certaine excitation de rejoindre le campus de Gonzaga : “Je suis super excité et pressé. Je profite aussi des derniers moments avec mes amis et ma famille ici en France parce que c’est quand même long une saison NCAA. Mais sinon, ce n’est que du positif, je suis tellement impatient.”

Même si elle se fait à différents endroits, c’est le même rêve.”

Joël Ayayi devra au même moment se familiariser avec les différences entre le jeu pratiqué en France et celui pratiqué au niveau universitaire outre-Atlantique.

“Je sais un peu à quoi m’attendre et c’est pour ça que j’y vais aussi pour cette dimension physique pour pouvoir, moi, développer les dimensions physique qui me manque. C’est clair que ce sera différent que le basket qu’on propose en Europe, mais justement, c’est pour ça que j’y vais afin de combiner les deux mentalités et les façons de faire. Je suis dans l’optique de combiner les deux cultures et si j’arrive à combiner cet état d’esprit et mon apprentissage européen, cela ne sera que du plus et cela pourrait faire des dégâts.”

De belles choses dès ses débuts pourraient répondre aux différents objectifs de Joël Ayayi chez les Zags. Mais l’ancien pensionnaire de l’INSEP se projette dans le long terme avec Gonzaga, en nourrissant déjà des objectifs pour une seconde année.

“Je n’ai aucune pression même si je me dois d’être à fond tout le temps. C’est un plus cette première année car j’y vais avec un an d’avance. Je m’étais dit que je progresserais plus en étant un an aux Etats-Unis qu’en restant une troisième année à l’INSEP. Donc il faut que j’engrange au maximum pendant cette année de transition, le but s’est d’avoir un meilleur niveau lors de ma deuxième année. Je n’ai pas vraiment d’attente à part que lors de la seconde saison je dois être prêt à jouer et diriger le groupe.”

“Si j’ai des possibilités d’aller en NBA, je ne les refuserai pas.”

Joël Ayayi pourrait faire face à certains coéquipiers de l’INSEP dès la saison prochaine. En effet, le meneur de jeu n’est pas le seul français à rejoindre le championnat universitaire cet été. Avec lui, Yves Pons (Tennessee) et Olivier Sarr (Wake Forest) fouleront eux aussi les parquets NCAA.

On a discuté. Certaines universités nous voulaient nous trois, d’autres seulement deux d’entre nous. Forcément il y a eu des discussions par rapport à ça. Puis ça rapproche parce qu’on veut vivre la même expérience même si c’est à différents endroits, c’est le même rêve.”

Ce rêve, c’est également de rejoindre la ligue professionnelle de la NBA. D’ailleurs, Joël Ayayi ne s’en cache pas : C’est l’objectif, je ne vais pas le cacher. En allant là-bas, je pense à un futur en NBA. Même si je pense quand même à passer minimum deux saisons à Gonzaga, si j’ai des possibilités d’aller en NBA, je ne les refuserai pas. Cela me parait logique. »