Hugo Fauroux représente bien la tendance actuelle des footballeurs francais en quête d’une seconde chance en NCAA.

Hugo Fauroux fait partie de ces nombreux footballeurs français évoluant en Division 1 de la NCAA. Passé par l’AS Cannes et l’AS Monaco, le niçois de 22 ans s’est envolé il y a 4 ans pour les Etats-Unis afin de vivre une nouvelle aventure en soccer universitaire.

D’abord passé pendant deux ans en Division 2 à Lake Erie College, il a ensuite posé ses valises en Floride en 2017, pour devenir le gardien titulaire du programme de soccer de Florida International University. Hugo Fauroux est devenu sous Kevin Nylen, head coach à FIU, l’un des meilleurs et des plus spectaculaires gardiens du pays.

Aujourd’hui senior, Hugo Fauroux se dévoile pour Midnight on Campus.

 

 

Pourquoi avoir choisi de vivre l’aventure du soccer universitaire à une période où cette ligue n’était pas connu en France ?

« Après mes années chez les jeunes de Monaco, je n’ai pas reçu de proposition pour devenir professionnel. La seul opportunité qui s’offrait, était d’intégré l’équipe senior en DHR avec des anciens joueurs professionnels comme Gaël Givet ou Flavio Roma.

Un coéquipier m’avait parlé des Etats-Unis. Je lui ai demandé des renseignements et il m’a donné le nom d’une agence de joueurs. »

Avec Romain Lopez (ami et joueur d’Indiana Purdue Fort Wayne), nous avons contacté tous les deux l’agence en question où nous avons reçu très rapidement les informations. J’ai informé mes parents une semaine plus tard que je partais aux Etats-Unis. Bien que je n’avais jamais entendu parler du College Soccer, c’était une aventure qui me permettait d’avoir un diplôme et de continuer à avoir mes chances au foot avec mon meilleur ami. »

La plupart des joueurs vise d’abord un passage en Division 1. Pour quelles raisons as-tu débuté par la Division 2 ?

« On ne savait pas avec Romain qu’il y avait une Division 1 et une Division 2 quand nous avons pris cette décision. L’objectif était d’évoluer en Division 1 mais il fallait un bon niveau scolaire et une bonne maîtrise de l’anglais. Malheureusement, notre niveau d’anglais n’était pas suffisant pour intégrer une Division 1.

Notre agence nous a dit que des Division 2 étaient intéressées par notre profil. Le plan était de les utiliser comme tremplin pour ensuite effectuer un transfert en Division 1. »

Y a-t’il une différence entre la vie d’un étudiant-athlète de Division 2 et de Division 1 ?

« Dans mon cas, il y a clairement une différence. Je passe d’une université de 1000 étudiants à un université de 50 000 étudiants, où nous avons fait une saison historique lors de ma première année. En Division 1, ils donnent plus d’importance au soccer et une plus grande couverture médiatique qu’on n’a pas en Division 2.

De plus, les profs en Division 1 sont plus compréhensifs quand on manque des cours alors qu’en Division 2, une absence pouvait valoir un 0. »

(Crédit photo : FIU Athletics)

A la fin de ton année sophomore à Lake Erie College, tu as décidé d’opter pour un transfert en Division 1. Tu as d’abord été annoncé à Indiana Purdue Fort Wayne mais tu as signé à Florida International University. Qu’est-ce qui a argumenté ton choix pour rejoindre FIU ?

« Je sortais d’une grosse saison mais je n’ai pas reçu de superbes offres en raison des bourses ou du nombres de crédits (classes). La meilleur proposition était de Fort Wayne. Pendant ma visite, j’en ai profité pour présenter également le profil de Romain.

Le lendemain de ma visite, je reçois un coup de fil du head coach qui voulait nous signer tous les deux.

Mais quelques semaines plus tard, j’ai reçu un coup de fil venant du head coach de FIU. Le feeling est vite passé. Cela n’a pas été un choix facile de choisir entre la Floride, dans une grande université, et de rester avec mon meilleur ami dans l’Indiana pour vivre cette aventure ensemble.

Au final, c’est Romain qui m’a poussé à rejoindre FIU et je ne regrette pas ce choix. »

Cette décision s’est révélée payante puisque tu as vécu pour ta première année avec FIU une saison historique où les Panthers étaient la seule équipe invaincue de la phase régulière (avec les Hoosiers d’Indiana). Comment votre groupe a-t-il vécu cette saison qui a marqué l’histoire du programme ?

« On parlait de nous sur les réseau sociaux. C’était nouveau. Il y a aussi eu un peu de frustration qui vient de mon coté perfectionniste. On prenait beaucoup de buts, j’étais souvent énervé parce que le premier objectif de chaque gardien est de garder sa cage inviolée et de ne pas concéder d’autre but supplémentaire.

Mais cette saison restera incroyable et j’ai vraiment bien profité. Il y a juste le regret de ne pas avoir été plus loin au tournoi national à cause des blessures, car on avait largement le potentiel pour atteindre la College Cup. »

Cette saison a propulsé FIU vers un nouveau statut. Vous vous êtes retrouvés parmi tous les classements nationaux de pré-saison, des joueurs reconnus parmi les meilleurs du pays et qui figuraient dans la liste pré-saison du MAC Herman Trophy. Une belle saison était promise.

Malheureusement, cela ne se traduit pas avec des résultats positifs. Comment cette méforme est-elle arrivé à la suite des promesses de la saison dernière ?

« Nous sortons d’une grosse saison où on a perdu 13 joueurs dont 9 titulaires. Il a fallu reconstruire avec des nouveaux et des anciens joueurs restants qui n’ont peut-être pas pris la mesure de cette nouvelle saison.

On ne se trouve pas d’excuse mais il faut faire face à une réalité : on a mal débuté mais on ne se trouve qu’à la moitié de la saison. On a disputé 8 matchs et il en reste 8 avec les matchs de conférence.

On est tous confiant, on connaît nos qualités et nous allons démontrer que l’on est l’une des meilleurs équipes du pays lors des prochaines grandes échéances à venir. »

(Crédit photo : FIU Athletics)

Comment juges-tu le niveau des gardiens en Division 1 ?

« Il existe une différence technique par rapport l’Europe.

Depuis que je suis arrivé, il y a de plus en plus de gardien internationaux, le niveau s’améliore. Après, il faut mettre en avant les qualités physiques des gardiens américains. Jimmy Hague de Michigan State, Dayne St. Clair de Maryland ne se sont pas les plus techniques mais physiquement ils sont vraiment bons et c’est pour ça qu’ils jouent.

Je trouve que c’est de plus en plus fort aux Etats-Unis. Cette année, la ligne des gardiens est déjà très bonne et j’espère faire partie des meilleurs. »

Le soccer universitaire monte en intérêt ces dernière années. En ce début de saison, on peut observer des affluences en hausse un peu partout. Le niveau des plus faibles augmente, d’où un nombre important d’upsets cette année. Ressens-tu également cette évolution ?

« Le niveau se resserre, effectivement. Dans notre conférence [Conference-USA ; ndlr], UAB et Marshall qui étaient les pires équipes de la conférence l’année dernière nous ont bien fait galérer. La petite université de Fort Wayne où joue Romain possède un des 8 meilleurs RPI du pays.

Il y a de plus en plus de bons joueurs qui arrivent. Il y a de plus en plus de bons entraîneurs maintenant. C’est peut-être tôt pour faire des comparaisons mais je ressens une hausse du niveau des autres équipes. »

Dans « Fight For the College Cup », nous suivons deux autres joueurs avec qui tu as évolué chez les jeunes de l’AS Cannes : Julien Armaroli de Grand Canyon University et Romain Lopez de Indiana Purdue Fort Wayne. Quel regard portes-tu sur leur saison actuelle ?

« Julien s’est trouvé dans une bonne université. On s’est appelé avant son transfert et il m’a demandé comment c’était à Grand Canyon. Je lui est dit tout le bien que je pensais de l’université, des fans, des équipes, de son calendrier.

Là il commence a joué après un retour de blessure. On peut voir l’impact qu’il a sur son équipe et il fait partie des meilleurs joueurs. J’espère qu’il va gratter des minutes, gagner sa place titulaire pour l’année prochaine et tout exploser.

Romain, ça fait très longtemps que je dis qu’il va faire une grande saison. Et pour l’instant, il réalise une saison magnifique. Tout l’été on a insisté sur les statistiques avec plus de passes décisives et plus de buts. Aujourd’hui ca paie avec 3 buts et 7 passes décisives en 8 matchs. Fort Wayne n’est pas un des meilleurs programmes du pays mais grâce à son leadership, il les amène là où ils sont et tout le mérite lui revient. »

Qu’elles sont tes projets après avoir fini tes études ?

« L’objectif est de signer professionnel en MLS, c’est pour ça que je suis venu.

Aujourd’hui les choses sont plus difficiles avec un début de saison compliquée. On va voir comment se passe la deuxième partie de saison. Le projet reste de signer un contrat pro en MLS, mais si ce n’est pas le cas, se sera en USL ou ailleurs.

Je pense être un des meilleurs gardiens du pays. Je suis pas forcément le plus mis en avant mais je crois fortement en mes chances. »