Que peut-on attendre des quatre équipes présentes au Frozen Four ?

Jeudi 5 avril, les quatre dernières universités encore en course vont se disputer le titre suprême.

La pression monte pour le dernier week-end de hockey universitaire, se concluant en beauté avec le Frozen Four. Après des finales régionales à suspense, les quatre rescapés avancent leurs atouts… et leurs points faibles. Revue des troupes en prévision du dernier carré.

 

Minnesota-Duluth Bulldogs

 

On attendait le déclin des Bulldogs, finalistes l’an dernier : il n’en est rien.

Le départ de sept seniors et trois autres joueurs de manière précoce a finalement été compensé. Il n’est pas simple de remplacer six de ses huit meilleurs marqueurs, et la troupe de Scott Sandelin a mis du temps à démarrer.

Ravagé par les blessures, Minnesota-Duluth débute par une fiche de 3-7, avec parmi ses rares victoires, un succès contre le rival des Gophers de Minnesota – un succès qui aura joué un rôle crucial dans la qualification pour les finales régionales.

A mi-saison, les Bulldogs retrouvent des couleurs et signent une fiche de 10-4-1, portés par leur gardien Hunter Shepard, auteur de huit blanchissages cette saison. Malgré les absences de cinq joueurs retenus pour la Coupe du Monde Junior, Minnesota-Duluth finit fort, grâce à un équilibre collectif.

En effet, aucun attaquant ne se démarque vraiment. Le meilleur pointeur est le défenseur freshman, Scott Perunovich, avec 36 pts. Les frères Michael Anderson (défenseur drafté par Los Angeles) et Joey Anderson (attaquant drafté par New Jersey), les arrières Nick Wolff et Dylan Samberg (Winnipeg) constituent des joueurs importants.

Riley Tufte, premier choix de la Draft NHL 2016 de Dallas, le capitaine Karson Kuhlman et son assistant Parker Mackay, héros de la finale régionale, ont brillé cette année. Nick Swaney et Avery Peterson, tous deux draftés par Minnesota, sont les autres espoirs à suivre.

Les Bulldogs joueront encore une fois la carte de l’équilibre, face à Ohio State, et chercheront à capitaliser sur leur expérience acquise lors de la finale perdue du dernier Frozen Four contre Denver.

L’histoire est peut-être avec eux : le dernier Frozen Four à St. Paul, en 2011, avait vu la victoire de Minnesota-Duluth.

 

Ohio State Buckeyes

 

Les Buckeyes ont passé la saison dans l’ombre.

Dans l’ombre de Notre Dame, en feu lors de la deuxième partie d’année, et dans l’ombre de Denver, tête de série numéro 1 de la finale régionale en tant que tenant du titre. Mais à l’arrivée, Ohio State, sous les ordres de Steve Rohlik, est toujours là, avec la dixième attaque et la troisième défense de NCAA.

Les équipes spéciales ont dominé la saison : un des meilleurs jeux de puissance et le tout meilleur jeu en infériorité. Il y aura de la revanche dans l’air dans cette demi-finale, puisque Minnesota-Duluth avait éliminé Ohio State aux portes du Frozen Four en 2017.

Cette fois, les Buckeyes sont passés, pour leur premier Frozen Four depuis 1998.

Régulière, l’équipe a su compenser le départ de deux pointeurs majeurs à l’intersaison. L’excellent gardien Sean Romeo est la parfaite illustration de ce rebond.

Après deux saisons à l’Université du Maine, il a pu changer d’université au prix d’un an à ne pouvoir jouer. Il figure cette saison dans le Top-10 de toutes les catégories statistiques. Cette mentalité combative a permis à cinq joueurs de dépasser la douzaine de buts, dont le capitaine Mason Jobst (21).

Il faudra suivre avec attention Freddy Gerard, Dakota Joshua (Toronto), John Wiitala et les défenseurs Wyatt Ege et Sasha Larocque.

Le polyvalent Tanner Laczynski (Philadelphie) a brillé lors des finales régionales et apparaît comme un atout certain, avec 46 pts cette saison. Les équipes spéciales feront-elles la différence dans cette demi-finale face aux Bulldogs ?

 

Notre Dame Fighting Irish

 

Deuxième participation de rang au Frozen Four pour le Fighting Irish, mais avec un parcours bien différent.

L’an dernier, l’équipe appartenait à la conférence Hockey East, et a migré à l’intersaison au sein de la conférence Big Ten. Il a fallu un temps d’adaptation, mais l’équipe fut rapidement inarrêtable, enchaînant 16 victoires consécutives avant de chuter fin janvier.

La fin de saison a été par la suite un peu plus poussive, mais l’avance accumulée permettait aux joueurs de Jeff Jackson de remporter leur conférence avec huit points d’avance, pour une fin en roue libre.

Les joueurs ont pu malgré tout reprendre le bleu de chauffe lors des Playoffs de la conférence Big Ten, puis les finales régionales, avec des victoires serrées – un petit but d’écart à chaque fois.

Le gardien Cale Morris, 1.91 buts encaissés et 94,5% d’arrêts, explique en grande partie les bons résultats. Rassurant, car remplacer Cal Petersen, passé professionnel, ne s’annonçait pas facile. Mais il n’est pas le seul.

Jake Evans, le capitaine drafté par Montréal, mène l’équipe avec 42 pts en 38 matchs et appartient à un groupe de quatre joueurs au delà de 10 buts – Andrew Oglevie, Callahan Burke avec 13 buts, et le défenseur Jordan Gross avec 10.

Le défenseur freshman Matthew Hellickson (New Jersey) a aussi fortement progressé. Dylan Malmqvist a pour sa part contribué au succès des finales régionales. Enfin, les draftés Dennis Gilbert (Chicago), Andrew Peeke (Columbus) et Joe Wegwerth (Florida) complètent le pannel.

Peut-on et doit-on considérer Notre Dame comme le favori de ce carré final ? Quoiqu’il en soit, ils seront la tête de série n°1…

 

Michigan Wolverines

 

Michigan a largement dépassé les attentes cette saison.

A l’intersaison, le head coach légendaire Red Berenson, se retirait après 33 ans à la tête de l’équipe. Il a fallu un temps d’adaptation à son remplaçant, Mel Pearson, assistant pendant 22 ans. sur le banc des Wolverines.

Les joueurs n’ont pas écouté les pronostics qui les plaçaient dans les profondeurs du classement, du fait de l’une des moyennes d’âge plus jeunes de tout le championnat de hockey universitaire.

Après un départ modeste (7-7-1), Michigan a su élever son niveau de jeu début janvier. Deux défaites serrées contre Notre Dame, son futur adversaire au Frozen Four, ont rassuré l’équipe sur son niveau. Tous ont resserré les rangs devant le gardien Hayden Lavigne et les Wolverines ont fini avec sept victoires en huit matchs.

Offensivement, les trois joueurs d’expérience ont mené la barque une bonne partie de l’année : les seniors Dexter Dancs et Tony Calderone (24 buts) et le junior Cooper Marody (50 pts – drafté par Phialdelphie puis échangé à Edmonton en mars), surnommés “Run DMC line”.

Le trio a porté l’équipe en première partie de la saison et fait la différence dans les finales régionales. Cette contribution, ainsi que celle de Jake Slater (15 buts), relayée par les autres joueurs – les 22 joueurs affichent au moins 1 but au compteur – classe l’attaque au sixième rang de la NCAA.

Cela permet de compenser une défense bien moins flamboyante (34e). Pourtant, on trouve dans la brigade défensive quelques pépites, dont Joe Cecconi (Dallas) et surtout le mobile Quinn Hugues, éligible lors de la prochaine Draft NHL. Le duo dispute entre 25 et 30 minutes par match.

Le capitaine Sam Piazza offre de son côté une présence rassurante. Josh Norris a quant à lui été drafté 19e en juin dernier par San Jose ; sans oublier les autres draftés que sont Jack Becker (Boston), Nick Boka (Minnesota), Jack LaFontaine et Luke Martin (Carolina), ainsi que Nick Psatujov (Islanders) et Will Lockwood (Vancouver, actuellement blessé).

Avec sept joueurs au delà des 20 pts, les Wolverines sont prêts à créer la surprise.

 

Rappel du bracket complet pour le Frozen Four :