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Oklahoma Fans vs LSU Peach Bowl College Football Playoff 2019
(Crédit photo : USA TODAY Sports)

Sooners ou Losers : la perception d’Oklahoma a changé avec l’humiliation contre LSU

Les réactions à chaud sont trompeuses et exagérées, d’autant plus dans le monde sportif. Le football universitaire n’est pas une exception. Et, ainsi, il est totalement inapproprié de qualifier Oklahoma de “losers”.

Il n’existe rien de pire que la mémoire courte en football.

Mais, au lendemain de l’humiliation subie par les Sooners face à LSU, en demi-finale du College Football Playoff, alors que tous les yeux de la ligue étaient braqués sur le Peach Bowl, il est peut-être temps de se poser des questions sur l’état du programme de football.

Déjà, il ne faut pas passer par tous les chemins pour dire que Oklahoma a été éviscéré sur la scène nationale. Une exécution digne des incursions meurtrières d’Attila en Europe occidentale.

Et si les 4 qualifications au College Football Playoff n’était qu’un mirage ?

Oklahoma possède-t-il les capacités de remporter un face-à-face de premier ordre ? Si ce n’est un Bowl du Nouvel An ?

Oklahoma et le syndrome des humiliations

Que ce soit sous l’égide de Bob Stoops ou Lincoln Riley, les Sooners ont participé à 8 Bowls du Nouvel An depuis 2010. Résultat ? 3 succès en une décennie et seulement une occurence donne un réel baume au coeur.

  • Un Fiesta Bowl remporté face à UConn en 2010, à la veille du démantèlement de la conférence Big East.
  • Un Sugar Bowl brillamment remporté face à Alabama en 2013.
  • Et un autre Sugar Bowl conquis face à une équipe moyenne d’Auburn en 2016, pour les adieux de Bob Stoops.

Il est compliqué de tirer sur l’ambulance alors que les blessés sont encore pris en charge par les infirmières. Mais, c’est également dans les moments difficiles que la contemplation de sa propre âme est la plus efficace et la plus adéquate.

Le constat est criant (et alarmant) : chaque participation au College Football Playoff s’est conclue dans les pleurs.

Clemson s’est amusé d’Oklahoma lors de l’Orange Bowl, en 2015, questionnant (déjà) une première fois la présence des Sooners dans le dernier carré. Rebelote en 2018 avec la destruction proposée par Alabama, qui s’inscrit, dans une moindre mesure, en écho à l’humiliation subie face à LSU.

Mais, ces 3 défaites sont-elles aussi rudes à encaisser que la défaite en double prolongations (48-54), subie face à Georgia dans le cadre du Rose Bowl en 2017 ?

Les Sooners ont touché du doigt cette victoire insaisissable au plus proche. Ils menaient 31-17 à la pause et de 7 points dans le 4ème quart-temps. Et puis, Georgia a recollé au score, a bloqué un field goal en ouverture de 2OT et Sony Michel a scellé cette cruelle défaite.

Un ultime point d’exclamation pour l’une des plus belles rencontres de la décennie ; où Oklahoma termine du mauvais côté de l’histoire.

Où se trouve le mental des grands événements ?

  • 5 saisons à 11+ victoires consécutives.
  • 9 saisons à 10+ victoires depuis 2010 et 6 d’entre elles terminées dans le Top-10 de l’AP Top 25.
  • 10 titres de conférence Big 12 en 14 ans.

Ce n’est pas ce que j’appelle un “loser”.

Ou, alors, toutes les équipes qui manquent le titre national en sont. Une poignée d’universités peut se vanter d’un tel record ; tout en sachant que Oklahoma a réalisé ces exploits avec 2 head coaches différents.

Il ne fait pas de doute que les Sooners appartiennent au gang très restreint des programmes “élite” de la ligue. Mais, après 3 défaites consécutives au College Football Playoff et un record de 0-4 en demi-finale, on doute désormais de la probabilité que Oklahoma soit sacré champion national.

Il est immensément plus facile de passer d’une bonne équipe à une très bonne équipe que de franchir l’ultime marche et de devenir une équipe “élite”.

Les Sooners sont-ils bloqués sur cette dernière marche, tel un joueur bloqué face à un boss de fin de niveau sur un jeu vidéo des années 90 ?

Plus que le manque de profondeur de l’équipe, une raison évidente de la défaite, cette humiliation face à LSU montre avant tout que les Sooners manquent d’une force mentale digne des grands événements.

Il suffit à peine de regarder les premières minutes du Peach Bowl pour se rendre compte que Oklahoma n’était pas prêt pour imiter l’intensité de LSU. Comme si Lincoln Riley avait préparé cette demi-finale à l’image d’une rencontre lambda de conférence Big 12.

Sack concédé sur la première action du match.

Deux courses inefficaces.

Un punt manqué de 23 yards.

Une passe de touchdown entre Joe Burrow et Justin Jefferson, 3 actions et 52 secondes plus tard.

Oklahoma a répondu par l’intermédiaire de CeeDee Lamb, qui récupère une bombe de 51 yards sur la tête du défenseur, qui positionne parfaitement les Sooners pour l’égalisation. 7-7. Mais cet éclair de génie n’a pas provoqué la réaction attendue.

LSU a pris une avance de 35-7 avant même que l’on comprenne ce qu’il se passait.

Les Sooners étaient des pantins spectateurs devant les exploits de Joe Burrow et l’attaque n’a jamais adapté son plan de jeu à la pression des Tigers. Connus pour leur animation offensive mordante et innovante, ils sont restés passifs et ont perdu leurs moyens dès que LSU a passé la seconde vitesse.

Les hommes de Ed Orgeron ont marché sur la gorge de leurs adversaires et ils n’ont pas levé le pied avant la fin de la première mi-temps, conclue sur le score à peine croyable de 49 à 14.

30 minutes de jeu et la perception d’Oklahoma, dominé et surclassé, avait déjà changé.

La défense, bouc-émissaire des maux des Sooners ?

LSU a exposé les déficiences de l’équipe sans prendre de gants.

Qui plus est, Oklahoma s’est tiré plusieurs balles dans le pied. Les suspensions assénées à 3 contributeurs majeurs en défense n’ont pas arrangé les soucis de celle-ci. Sans Ronnie Perkins et Rhamondre Stevenson, le pass-rush a été littéralement inexistant et Joe Burrow a disséqué les lignes arrières des Sooners comme il l’entendait.

La blessure de Delarrin Turner-Yell, contractée avant le Peach Bowl, a aussi joué un rôle puisque que son remplaçant, Justin Broiles, a subi les foudres de l’armada de receveurs de LSU.

Et, enfin, l’éjection de Brendan Radley-Hiles sur une action stupide représente les soucis actuels de Oklahoma : renvoyé aux vestiaires et remplacé par Woodi Washington, il a immédiatement accordé un touchdown longue distance.

Mais une telle performance défensive outrageusement mauvaise est-elle une simple sortie de route ou les symptômes d’un mal persistant ?

Notre rédacteur, Jean, offre son opinion sur la question du point de vue d’un supporter des Sooners désemparé :

Défaite en demi-finale de College Football Playoff ou victoire lors d’un bowl du Nouvel An ? C’est la question qu’on m’a posé il y a quelques semaines.

La “défaite” s’est transformé en “humiliation”, mais je persiste. Oklahoma devait aller au College Football Playoff.

Oklahoma devait montrer au pays que le programme s’inscrit dans la durée depuis l’arrivée de Lincoln Riley avec une troisième participation consécutive. Et Oklahoma devait s’incliner lourdement. Pour le bien de l’université.

Ces trois éliminations successives replacent le programme au rang des outsiders (éternels ?). Comment peut-on penser à la victoire avec une telle débâcle défensive ? Les progrès réalisés par Alex Grinch sont-ils qu’une illusion ? Ou a-t-il réellement le profil pour construire une défense de champion à Oklahoma ? Loin de là l’idée de blâmer le coordinateur, qui a encore du temps pour travailler avec ses joueurs.

Mais une chose est sûre : la mentalité défensive a complètement disparu du programme depuis l’ère de Bob Stoops (1999-2016).

On pouvait déjà constater quelques signes de ralentissement après la saison 2012. Mais, plus les années passes et plus la philosophie de jeu des Sooners est auto-centrée sur l’attaque. Et les fabuleuses défenses des années 2000 semblent à des années lumières.

Baker Mayfield, Kyler Murray, Jalen Hurts et bientôt Spencer Rattler.

Les fans du programme, et moi le premier, admirent le jeu développé par de tels playmakers. Yards, points et victoires (sans oublier les humiliations) s’accumulent. Les prouesses réalisées par l’attaque masquent en réalité un faible niveau de jeu. Ou, en tout cas, un niveau de jeu loin de celui d’un champion national.

Lincoln Riley savait très bien au fond de lui qu’il ne gagnerait pas face à LSU. Le head coach est trop intelligent pour rêver de l’impossible. Cette nouvelle défaite est positive. Elle remet les Sooners à leur place de faux favoris au titre.

Avec les départs de cadres, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre à Oklahoma l’année prochaine.

Les Sooners vont enfin proposer un bilan représentatif du niveau de jeu proposé. Les actions de classe ne cacheront pas les limites du programme, à commencer par la défense.

Oklahoma ne doit pas devenir cette équipe dont tout le monde parle pour son jeu explosif, qui n’est qu’un jeu de façade. Bob Stoops avait inculqué d’autres valeurs : faire moins de bruit (contrairement aux Longhorns) et jouer dur défensivement.

Une fois ces deux cases cochées, les Sooners pourront rêver, non pas de l’impossible, mais du possible.

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