Soutenez Midnight on Campus avec Patreon !
Joe Burrow Ed Orgeron LSU Tigers CFP Championship Game Trophy 2020
(Crédit photo : Kevin C. Cox - Getty Images)

LSU remporte le Championship Game et accomplit la plus belle saison de l’histoire

A l’image d’une saison de football universitaire traversée à la vitesse de la lumière, LSU envoie un ultime éclair à une ligue ébahie.

Clemson a tenté de son mieux, mais, au final, personne n’a tenu la grappe aux Tigers depuis les chaleurs aoûtiennes. Ils ne sont pas entrés dans l’histoire du sport avec un 7ème titre nationale ; ils sont entrés dans la légende.

Le mot “légendaire” est souvent lancé à tout-va pour décrire une performance d’exception. Il est de plus en plus galvaudé et perd petit à petit de sa valeur. Cependant, aucun autre mot ne peut caractériser ce que LSU a accompli en 2019-20.

Et la victoire (42-25) acquise face à Clemson au Championship Game est le point d’exclamation doré à une saison ridiculement bonne.

Les Tigers n’étaient pas attendus au tournant et, pourtant, ils se sont imposés en rois (avant Mardi Gras) pour couronner une 150ème saison de football avec leur grâce divine. Ils entrent dans la légende de plein pied avec une saison parfaite ; et il ne faut pas avoir peur des mois.

La meilleure saison individuelle de tous les temps ? LSU possède plus d’un argument en sa faveur.

Un record immaculé de 15-0 (le premier depuis Penn en 1897 !), 7 victoires face à des équipes du Top-10 au moment des kickoffs (un record inégalé), un titre de conférence SEC acquis sans trépas et un quarterback senior passé de rebut non-désiré à vainqueur du Heisman Trophy au terme de la meilleure saison individuelle de l’histoire.

Et, justement, la saison de LSU est parfaite parce qu’elle s’est construite grâce à des événements concourant à une destinée improbable.

La victoire finale de LSU est, avant tout, la victoire de Ed Orgeron

Il faut remonter jusqu’en 2013 pour comprendre la genèse d’une telle saison historique.

Ed Orgeron a postulé pour le poste de head coach de USC après le renvoi catastrophique de Lane Kiffin. Il a justifié cette demande avec une partie de saison réussie en tant que head coach intérimaire. Malheureusement, les Trojans promeuvent Steve Sarkisian.

Il quitte ainsi la Californie et retourne au sein de sa Louisiane natale dans l’attente du poste pour lequel il rêve depuis qu’il est jeune. Tout ne s’enclenche pas idéalement et il entre à Baton Rouge par la petite porte. Mais, après une saison et 4 matchs, le choix de la patience paie.

Les Miles ne satisfait plus l’administration de LSU et le “Mad Hatter” est remercié.

L’université souhaite entrer dans le 21ème siècle, en laissant aux oubliettes une animation offensive à base de “je te marche sur la face” qui ne fonctionne plus. Ed Orgeron quitte ainsi son poste d’assistant défensif pour celui de head coach intérimaire.

Et, à l’inverse du trophée soulevé sur le podium du Championship Game, il ne lâchera plus la position pour laquelle il vit, mange et respire.

“Coach O” a engagé de grands entraineurs. Il a recruté à un haut niveau. Il a pris un risque avec Joe Burrow. Beaucoup de choses se sont alignés, mais il les a associés. C’est tout grâce à lui.

avoue le defensive end des Tigers, Rashard Lawrence.

Mais, le destin a joué son rôle dans la recette dans la formation des Tigers actuels.

Le directeur athlétique, Joe Alleva, n’a pas apprécié les tergiversations de Jimbo Fisher (qui est finalement resté à Florida State avant de partir à Texas A&M) et le renvoi de Charlie Strong à Texas a permis à Tom Herman de trouver un poste qu’il apprécie réellement. Sans ses refus, vous êtes certains que Ed Orgeron ne prend jamais la direction de LSU.

Le cajun à la voix graveleuse s’est empressé de remettre l’attaque sur pieds afin de rivaliser avec les meilleures équipes du pays. Et, son affaire n’aurait jamais connu le succès que tout le monde admire si les voisins professionnels de New Orleans n’avaient pas décidé de laisser partir leur étoile montante dans le Bayou.

Joe Brady a remonté l’Interstate 10 pour une pige d’une saison où il a appris aux Tigers les rudiments du concept de “run-pass option”, qui leur permis d’écrire une page d’histoire.

Et plus improbable, encore, il s’est associé à Steve Ensminger, assistant fidèle aux côtés de Les Miles, pour mener la revue offensive de LSU. Une idée d’un mariage offensif digne d’une émission de télé-réalité qu’il faut attribuer à Ed Orgeron.

Sauf qu’un quarterback tel que Danny Etling (sans lui faire offense) n’est pas le bon coup de fouet électrique nécessaire pour que la sauce prenne.

Joe Burrow n’était pas l’élément magique, à son départ de Ohio State, non plus.

Battu par J.T. Barrett et Dwayne Haskins, il était davantage connu pour ses qualités de quarterback gestionnaire et la route était barrée à chaque fois que l’opportunité de titularisation se présentait. Cette seconde défaite était un coup du destin inespéré pour LSU ; cependant, l’université ne le savait pas encore.

Le natif de Athens (Ohio), bourgade perdue aux confins de l’Etat de West Virginia, et récent diplômé a quitté ses terres natales pour la chaleur humide de Baton Rouge. Et, dans l’arrangement, il a accepté de changer son jeu pour s’intégrer comme un poisson dans un plat typiquement cajun.

Le résultat du coup de poker se matérialise, deux ans plus tard, avec le trophée du College Football Playoff dans les bras.

Joe Burrow tire sa révérence avec les honneurs

La frustration du “géant endormi” à LSU pesait lourd sur la conscience de l’administration. Il fallait que les Tigers reviennent sur le premier plan. Ed Orgeron a eu besoin de 3 années (complètes) pour trouver le chemin de l’Olympe.

Et la première victoire face à Alabama en 8 saisons n’est pas anodine.

Depuis le “Game of the Century” en 2011, que LSU avait remporté de la plus petite marge (9-6), ils ont enchainé les déconvenues et les prestations pitoyables. Le Crimson Tide avait lancé son adaptation aux attaques du football universitaire moderne avec la vista de Lane Kiffin ; et les Tigers ont conservé un statu quo.

Ils ont pris du retard. Ils ont pataugé dans la semoule. Et puis, l’association entre Joe Brady et Steve Ensminger a produit une saison rentrée dans la légende.

Et Joe Burrow est l’artisan majeur d’un tel succès.

L’acquisition du titre au Championship Game revient principalement sur les épaules du quarterback senior. 31/49, 463 yards et 5 TDs à la passe. Et, pourtant, cette prestation est l’une des prestations les plus pédestres de la saison. Histoire de placer les performances de l’homme en perspective.

Tout le monde imaginait qu’il baisse de régime à un moment donné. Mais, bien que l’adversité monte en puissance au fil des semaines, Joe Burrow n’a pas flanché.

Auburn a provoqué un petit doute, mais, Alabama n’a concrétisé aucune illusion sur cette saison exceptionnelle. Le leader offensif des Tigers n’a pas vacillé, non plus, au cours du mois de décembre. Georgia ? Une formalité. Oklahoma ? Une explosion. Clemson ? Une confirmation.

Joe Burrow a survolé la fin de saison, comme les 12 semaines de saison régulière, avec une aisance imperturbable. Et il enchaine la finale de conférence SEC, la demi-finale du College Football Playoff et le Championship Game avec une flèche de 16 TDs pour 0 INT.

Que voulez-vous de plus.

Certes, il est apparu en difficulté face à la défense de Clemson… pendant 15 minutes.

La fin du 1er quart-temps a sonné et le quarterback a trouvé la solution. Une bombe de 52 yards en direction de Ja’Marr Chase était le coup d’éclat nécessaire pour provoquer la bascule ; et pour lancer Joe Burrow vers la légende.

Je suis retourné sur la touche après la seconde série et je me suis dit, ‘Ils jouent vraiment en homme-à-homme avec Ja’Marr [Chase].’ Et puis, on s’est tourné vers lui avec insistance.

déclare Joe Burrow en conférence de presse d’après-match.

Alors que Clemson mène 17 à 7, il s’engage dans un blitz offensif lors du 2ème quart-temps où LSU totalise 3 touchdowns (21 points) et 26 actions à plus de 10 yards en moyenne (269 yards accumulés). Les Tigers de Caroline du Sud, malgré un combat jusqu’à l’aube des ultimes minutes, ne s’en remettront jamais.

521 yards et 6 TDs offensifs, deux records et des performances au-delà de Deshaun Watson en son temps.

Joe Burrow a délivré, à New Orleans, une performance à l’image de la saison. On ne veut pas y croire jusqu’au moment où l’on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur. L’incrédulité gagne ainsi notre corps et l’on remarque qu’un bout d’histoire a été rédigée sous nos yeux.

Pour qu’une pause abrupte aux 29 victoires consécutives et aux 2 titres nationaux en 3 ans de la meilleure dynastie actuelle devienne une formalité, il en faut. Beaucoup.

LSU est désormais immortalisé dans la légende grâce à une saison aux statistiques historiques et à l’illustration d’un renouveau offensif avec Joe Burrow. L’université, le livre des records et le quarterback sont intimement liés.

Et, dans 50 ans, cette saison des Tigers sera listée dans la légende des 200 ans du football universitaire.

Plus de lecture ?
San Diego State vs Utah Celebration 2019
San Diego State peut-il réaliser la saison parfaite ?