Poursuivez la conversation avec notre communauté sur Discord !
MWC Mountain West Conference Logo Football 2019
(Crédit photo : Ray Carlin - USA TODAY Sports)

La fermeture des campus de California State a-t-il un impact sur la reprise du football ? (oui et non)

Un épais brouillard règne sur l’ouverture de la saison de football universitaire avec la pandémie du COVID-19 ; et le système d’universités de California State a jeté un pavé dans la mare.

Le Président du système d’enseignement supérieur californien, Timothy P. White, qui dirige les 23 universités sous la coupe de CSU, a annoncé la suppression de tous les cours sur campus et la poursuite des cours en ligne pour le semestre d’automne. Cette situation était déjà en vigueur depuis le mois de mars, avec le début de la quarantaine en Californie.

California State University devient ainsi la première institution majeure à empêcher le retour de ses étudiants sur campus.

Cette approche de planification virtuelle est nécessaire pour de nombreuses raisons. Avant tout, pour la santé, la sécurité et le bien-être de nos étudiants, professeurs et personnels, ainsi que pour l’évolution des informations en rapport avec la progression du COVID-19.

explique Timothy P. White dans un communiqué de presse, publié mardi 12 mai.

Près de 480,000 étudiants californiens (auxquels il faut ajouter le personnel des 23 universités) sont concernés par cette décision radicale. Le Président de California State cite, notamment, la crainte d’une seconde vague à l’automne en lien avec l’épidémie saisonnière de grippe.

Et, parmi les écoles impactées : San Diego State, Fresno State et San José State. 3 universités de la conférence MWC inscrites au plus haut niveau (FBS) de football.

Est-ce que cela pose un problème pour la reprise du football en septembre ?

Oui… et non.

Oui : la MWC se trouve dans un sale pétrin à cause de California State

La conférence Mountain West a été placée dans une situation peu enviable.

Elle doit désormais décider du sort de San Diego State (champion de la division MWC West en 2019), Fresno State et San José State, qui ne pourront ouvrir leurs portes aux étudiants. Le commissionnaire de la MWC, Craig Thompson, a précisé dans un communiqué que “aucune décision n’a été prise vis à vis des sports”.

La CCAA (California Collegiate Athletic Association), composée de 12 écoles du système universitaire de California State en Division II, a d’ores et déjà annoncé que toutes les compétitions sportives seront suspendues lors du semestre d’automne. Sauf que la conférence ne sponsorise pas d’équipes de football américain.

Au contraire du trio de la MWC, de Cal Poly et de Sacramento State (Big Sky en FCS).

Le Directeur Athlétique de Fresno State, Terry Tumey, a expliqué dans un communiqué qu’il continuer “d’évaluer toutes les opportunités qui permettraient de résumer les activités sportives avant les compétitions du semestre d’automne en 2020”. Nul doute qu’il s’agit d’un avis commun à l’ensemble des directeurs athlétiques du pays, et, pas seulement ceux impactés en Californie.

Mais, à l’heure actuelle, que cela implique-t-il aux universités qui possèdent un programme de football en FBS et FCS ?

Dans l’éventualité où San Diego State, Fresno State et San José State ne peuvent participer à la saison de football, la conférence Mountain West perd 3 membres et se retrouve à 9 équipes. Elle peut tout de même amortir le choc : le calendrier de conférence est fixé à 8 rencontres. Tout le monde pourrait jouer contre une autre équipe de la MWC.

Cependant, cela se corse quand on regarde hors de la Mountain West.

Chaque école de la conférence affronte 4 adversaires hors-conférence en début de saison. Ces 12 universités (dont Colorado, Texas A&M, Penn State et UCLA) devront trouver un moyen pour combler ces pertes. Et, avec une demande plus forte que l’offre, cela pourrait causer une myriade de problèmes.

Pire encore, Idaho State doit rencontrer Fresno State avant de débuter le calendrier de Big Sky, où sont affiliés Cal Poly et Sacramento State. Dénicher trois matchs à la dernière minute ? Une mission (presque) impossible.

Imaginez que plusieurs universités avec un programme de football ne permettent pas la reprise des activités sportives en septembre. Et on ne théorise même pas sur la catastrophe économique que cela causerait aux écoles.

Un effet domino et un casse-tête (paniqué) généralisé ne seraient alors qu’à portée de doigts.

Non : la NCAA n’impose pas une reprise uniforme à toute la ligue

L’ouverture de la saison de football n’est pas la première (ni la dernière) problématique à laquelle la NCAA doit faire face en 2020. Et, le manque de pouvoir de la ligue à l’échelle nationale n’aiderait pas cette gestion de crise.

Le Président de la NCAA, Mark Emmert, a dévoilé en début de semaine que la ligue n’imposera pas un retour uniforme des compétition sportives. Ce ne serait pas son rôle. A la place, cela devrait laisser la liberté aux Etats et aux Présidents d’Université de trouver une date de reprise.

En temps normal, il existe une date de reprise convenue pour chaque sport et à chaque saison. Mais, avec de telles circonstances, tout a déraillé avec la pandémie.

Cela ne revient pas aux conférences de décider. Les responsables de santé publique d’instances locales et de l’Etat diront si, oui ou non, [les universités] peuvent ouvrir et jouer au football devant des fans.

La Gouverneur de l’Oregon a exprimé ses opinions sur ce qui devrait se passer en septembre. La conférence Pac-12 peut dire ‘On aimerait tous ouvrir [nos campus] à cette date’. Mais, ce sera en fin de compte à l’Etat, aux responsables de santé publique locaux et aux campus eux-mêmes de prendre cette décision.

[…] Ce sont des décisions à prendre localement. Les campus doivent décider : ouvre-t-on nos portes et ramène-t-on les étudiants (sur le campus) pour jouer ? La NCAA n’impose pas cela ; et elle ne le devrait pas. Les écoles elles-mêmes doivent prendre ces choix.

explique le Président de la NCAA, Mark Emmert, à ESPN.

L’Association renforce son rôle consultatif et d’aide auprès des universités.

Et elle en profite pour se distancer au maximum d’une relation autoritaire d’employeur à employé. Oui, les mots sont bien choisis. N’importe quelle occasion est bonne pour justifier la statut d’amateurisme actuel.

Evidemment, ce ne serait pas véritablement la NCAA sans des avis divergents.

Plusieurs head coaches de la conférence Pac-12 s’étaient alliés pour supporter une reprise uniforme décidée par l’Association, tandis que le head coach de Penn State, James Franklin, soutenait des consignes nationales de la NCAA en plus des décisions locales.

J’estime que ce serait bien que la NCAA offre une règle générale pour tout le pays sur le moment où on pourrait reprendre.

Je comprends que certains Etats sont moins impactés par [la pandémie] que d’autres. Et je suis certain que d’autres opinions que les miennes existent. Selon moi, la NCAA devrait intervenir et dire ‘OK, voici la date à laquelle tout le monde peut commencer’.

expose le head coach de Washington, Jimmy Lake, à ESPN.

En quoi est-ce lié avec la fermeture des campus du système universitaire de California State ?

Si la décision d’ouvrir les campus aux étudiants et de reprendre les activités sportives revient aux Etats et aux Universités, cela voudrait dire par exemple que le territoire de la conférence SEC (Mississippi, Alabama, Georgia, Florida et les Carolinas) pourrait lancer la saison de football sans le feu vert des conférences de la Côte Ouest (Pac-12 et, dans notre cas, MWC).

Une ouverture de la saison de football à la carte est une solution très certainement envisagée par les administrations. Mais, à mon sens, cela pourrait causer des heurts à grande échelle.

Oui : Mark Emmert voudrait la présence des étudiants sur campus

Quelques jours avant sa sortie sur la reprise des activités sportives, le Président de la NCAA jugeait nécessaire le retour des étudiants sur les campus afin de relancer les compétitions.

A l’heure actuelle, une grande majorité des institutions d’enseignement supérieur opère grâce à leurs plateformes en ligne pour maintenir cours et examens. Mark Emmert pense que ce n’est pas suffisant. De plus, soutenu par Brian Hainline, Directeur Médical de la NCAA, il insiste sur la nécessité de renforcer les dépistages et la traçabilité du COVID-19 avant que les sports ne reprennent.

Les athlètes-étudiants sont des étudiants. Vous ne pouvez pas avoir des sports universitaires si les campus ne sont pas ouverts et s’il n’y a pas d’étudiants. Il n’est pas envisageable de mettre les athlètes-étudiants face à un plus grand danger dans le reste des étudiants.

[…] Tous les commissionnaires et Présidents avec lesquels j’ai échangé conviennent clairement d’une chose : si vous n’avez pas d’étudiants sur campus, vous ne pouvez pas avoir d’athlètes-étudiants sur campus.

[…] Cela ne veut pas dire que tout doit fonctionner sur un modèle classique. Mais, il est nécessaire de traiter la santé et le bien-être des athlètes au moins au même titre que les étudiants.

Donc, si une école ne ré-ouvre pas, ils ne pourront pas jouer. C’est aussi simple que cela.

précise le Président de la NCAA, Mark Emmert, auprès des médias.

A l’instar des commentaires de Mark Emmert exposés dans la partie précédente, toute occasion de renforcer l’argumentaire de l’Association vis-à-vis de la conservation de l’amateurisme est une bonne occasion. Il lui est virtuellement impossible de séparer les athlètes du reste des étudiants. C’est juste une des défenses principales du système universitaire, martelée à tue-tête depuis des décennies.

Et, déjà dans la tourmente pour de nombreuses raisons, la NCAA ne peut pas se permettre d’avoir du sang sur les mains. Littéralement. C’est pourquoi la capacité de dépistage et l’efficacité des tests est une condition primordiale pour un retour des étudiants sur les campus.

Or, les Etats-Unis ne sont toujours pas à un tel stade.

Toutefois, les commissionnaires de conférence, et notamment Bob Bowlsby en Big 12, ont moins de scrupules à tracer une telle séparation.

Suivre des cours en ligne est satisfaisant. Il existe des possibilités pour que cela arrive. La période scolaire doit être ouverte et les athlètes-étudiants doivent être en cours (pour que la saison sportive se déroule ; ndlr).

Et si, avec les cours en ligne, vous pouvez protéger les joueurs de football et les staffs, pourquoi ne pourraient-ils pas jouer ?

C’est quelque chose qui a besoin d’être discuté. Je me doute que nos campus voudraient jouer, mais, [la décision] reviendrait aux Présidents. C’est possible que l’on ne retrouve pas la totalité de nos étudiants.

ajoute le commissionnaire de la conférence American, Mike Aresco, à Stadium.

Si la position de la NCAA prime en rapport à la présence des étudiants sur les campus, il ne suffirait que d’une université fermée pour engendrer une montagne de soucis.

Principale question : les conférences sont-elles prêtes à laisser une ou plusieurs écoles sur le bord de la route si la majorité peut reprendre le football à temps ?

A l’heure actuelle, sans étudiants sur les terres de San Diego State, Fresno State et San José State au prochain semestre, la MWC doit déjà décider de la tenue des activités sportives. Que ce soit au niveau des écoles citées ou, question d’uniformité, au niveau de la conférence toute entière.

Si la situation ne s’améliore pas dans l’Etat de New York, l’impossibilité d’ouvrir le campus de Syracuse pourrait mettre la conférence ACC dans le même embarras. Si une seconde vague frappe l’Etat de Floride et empêche les cours sur le campus de Florida, la conférence SEC pourrait affronter le dilemme d’éliminer une de ses meilleures équipes de la compétition. Et si un cluster se développe au cours de l’été à Columbus (Ohio State) ou Ann Arbor (Michigan), la conférence Big Ten pourrait être forcée d’envisager une saison sans ses meilleurs représentants pour le College Football Playoff.

Je suppose que si la majorité des écoles peuvent jouer, alors, elles devraient jouer. C’est dans notre viseur. On franchira le pont plus tard. En espérant que l’on ne sera pas dans cette situation.

admet le commissionnaire de la conférence ACC, John Swofford, à Stadium.

Ce n’est pas pratique de faire attendre tout le monde et de ne pas jouer uniquement à cause d’une école dans une région.

ajoute Bob Bowlsby.

Si on se retrouve avec 9 ou 10 [universités] qui peuvent jouer (sur les 11 membres de la conférence ; ndlr), ce serait logique de jouer sans ces écoles. Même les écoles qui ne pourraient pas joueur ne voudraient pas retarder tout le groupe.

renchérit Mike Aresco.

Que ce soit l’administration de la NCAA, par Mark Emmert, ou que ce soit les multiples commissionnaires de conférence, tous les hommes donnant leur avis sur les conditions pour un début de saison de football ne sont pas ceux qui devront prendre la décision au cours du mois de juin.

Les Gouverneurs d’Etat et les Présidents d’Universités possèdent la balle dans leur camp.

Plus de lecture ?
Trey Lance, la nouvelle pépite de Randy Hedberg à North Dakota State