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(Crédit photo : Thearon W. Henderson - Getty Images)

#CFBPreview : Utah peut titiller Oregon et Washington en Pac-12

Comme chaque année à l’aube de la saison de football universitaireMidnight on Campus vous propose ses traditionnelles présentations. Petite subtilité en 2019 : on s’attaque directement aux conférences dans leur ensemble. Situation d’avant-saison, principales storylines et nos prédictions, place au #CFBPreview de la conférence Pac-12.

L’état des lieux de la conférence Pac-12 :

Inutile d’épiloguer pour expliquer que la Pac-12 a connu, en 2018, la pire saison de son existence. La conférence continue de prendre du retard face à ses concurrents et celui-ci pourrait bientôt s’avérer irréversible si la tendance ne s’inverse pas.

Le champion de conférence a manqué l’accession au College Football Playoff lors de 3 des 4 dernières éditions. La division South est tellement “ouverte” que personne ne se détache et la situation tire tout le monde vers le bas. Les deux écoles de Los Angeles, USC et UCLA, traversent le désert et sortent de leur pire saison depuis (très) longtemps. Un temps sur la première marche de la scène nationale, Oregon et Stanford sont rentrés dans le rang et se placent en tant qu’acteurs secondaires.

Heureusement que Washington tient la baraque et permet à la Pac-12 de vivoter sur son succès.

(Crédit photo : Joshua Bessex – The News Tribune)

Avec 32 victoires en 3 ans, 3 participations consécutives à un Bowl du Nouvel An et une qualification pour le CFP en 2016, les Huskies s’imposent comme le porte-étendard de la conférence. Mais, bien que Chris Petersen réalise un boulot fantastique à Seattle, jusqu’à quand cela peut-il durer ?

La recette de Mike Leach fonctionne (enfin) et Washington State toque à la porte depuis 2-3 ans. Les Cougars ont, faut-il le rappeler, réalisé la meilleure saison d’une équipe de la Pac-12 la saison passée : 11 victoires, un Alamo Bowl remporté, une place dans le Top-10 final de l’AP Top 25 et Gardner Minshew en compétition dans la course au Heisman Trophy.

Maitre incontesté de la conférence au début des années 2000, Oregon remonte la pente après la fin de l’ère Mark Helfrich qui a tourné au vinaigre du jour au lendemain. Les Ducks pourraient de nouveau jouer les premiers rôles en Pac-12 grâce, surtout, au retour surprenant de Justin Herbert à Eugene.

Le quarterback senior est la principale attraction de la conférence et devrait dicter son dénouement. Mario Cristobal propulse les Ducks dans la bonne direction et l’effectif, possiblement le plus talentueux en Pac-12, peut supporter les ambitions de l’équipe.

(Crédit photo : Troy Wayrynen – USA TODAY Sports)

Mais, quid de la division Pac-12 South ? Peuvent-ils rivaliser l’hégémonie de Washington ? Oui et non.

Utah s’annonce comme la seule université en position de faire jeu égal avec les Huskies et les Ducks. Les hommes de Kyle Whittingham peuvent s’appuyer sur un effectif à l’expérience létale, une excellente défense… et une hype de présaison que le programme n’avait encore jamais connu.

Sauf que les espoirs peuvent s’arrêter aux Utes. UCLA, Arizona State et Arizona poursuivent leur reconstruction et devraient jouer les trouble-fêtes d’ici peu de temps. Chip Kelly, Herm Edwards et Kevin Sumlin ne sont pas des peintres et tirent leur programme respectif vers le haut. Colorado s’effondre et a renvoyé son head coach en cours de saison dernière.

Et puis, la vitrine médiatique de la conférence Pac-12, USC, connait une zone de turbulences assez violente (sur et en dehors du terrain) qui empêche les Trojans de performer à leur meilleur niveau.

Les “storylines” à suivre de près en Pac-12 :

1. Est-ce que Utah peut créer la surprise en Pac-12 ?

La réponse est simple : oui.

L’effectif complet de Utah arrive à son apogée en 2019 et peut renverser la hiérarchie de la conférence Pac-12, surtout au sein d’une division South totalement ouverte. Les Utes se reposent sur une combinaison mortelle d’expérience, de talent et de leaders upperclassmen (junior et senior) aux postes clés ; autrement dit, la recette parfaite du succès en football universitaire.

Blessé en cours de saison dernière, le quarterback Tyler Huntley revient aux affaires pour une année de senior avec le statut de leader offensif. Capable d’apporter le danger à la passe comme à la course (1.788 yards, 12 TDs & 8 INTs à la passe ; 304 yards, 4 TDs au sol), il a révolutionné l’attaque de Utah et le coordinateur offensif Andy Ludwig devrait exploiter ses qualités au maximum.

Huntley formera un excellent duo avec le running back senior Zach Moss, qui, lui, est le meilleur joueur offensif des Utes. Souvent décriée pour son classicisme et son inefficacité, l’attaque de Utah peut devenir terrifiante avec les deux joueurs à leur meilleur niveau. Une moyenne de 30 à 35 points par match est faisable.

Qui plus est, 7 des 8 meilleurs receveurs sont de retour et la ligne offensive est assez solide pour soutenir les espoirs de l’équipe.

(Crédit photo : AP Photo – David Zalubowski)

Mais n’oublions surtout pas que la véritable force des Utes est leur défense.

Une des meilleures lignes défensives du pays (elle n’est pas surnommée “Sack Lake City” pour rien) revient au complet et possède 2 joueurs prêts à jouer en NFL dès aujourd’hui, le defensive tackle Leki Fotu et le pass rusher Bradlee Anae. Ils ancrent une magnifique défense contre la course et les 37 sacks engrangés en 2018 par le groupe ont de quoi effrayer les adversaires.

Les linebackers perdent tout de même leurs 2 meilleurs contributeurs et, bien que les excellents Jaylon Johnson et Julian Blackmon composent toujours les lignes arrières, le secondary doit aussi composer sans 2 joueurs majeurs. Mais le pedigree défensif de Kyle Whittingham impose une certaine confiance.

Utah a remporté la division Pac-12 South l’an passé et s’est incliné d’un rien en finale de conférence face à Washington, malgré les blessures de Tyler Huntley, de son remplaçant et de Zach Moss. Tout le monde est revenu de blessure et l’équipe se repose sur un terreau d’expérience conséquent à tous les postes.

Oui, l’heure des Utes est enfin arrivée. Il ne faudra pas être surpris en novembre.

2. Washington ou Oregon pour s’adjuger la Pac-12 North ?

Double champion de conférence en 3 ans, Washington est le shérif en poste dans la division Pac-12 North. Sauf que la hiérarchie pourrait connaitre un changement avec la résurgence programmée de Oregon.

La domination des Huskies n’était pas aussi franche la saison dernière avec 4 (courtes) défaites au compteur, et, mauvaise nouvelle, ils doivent désormais composer avec un effectif largement recomposé. 13 titulaires ont quitté le campus de Seattle à l’intersaison : 9 défenseurs et les 2 meilleures armes offensives. Ouch.

(Crédit photo : Olivia Vanni – The Herald)

Ceci dit, la situation n’est pas critique en attaque. Les piliers offensifs depuis 4 ans, Jake Browning et Myles Gaskin, ont terminé leur cursus universitaire mais le quarterback est remplacé par l’ancienne recrue 5-étoiles de Georgia, Jacob Eason, tandis qu’un solide trio de coureurs complémentaires supplante le running back. A cela faut-il ajouter un groupe de receveurs inchangé, qui peut compter sur un des tight ends les plus prometteurs du pays, le junior Hunter Bryant, ainsi qu’une excellente ligne offensive. Bref, une progression est même envisageable.

Malheureusement, les choses se compliquent en défense pour Washington. La ligne défensive est plutôt inexpérimentée, le “Pac-12 Defensive Player of the Year” Ben Burr-Kirven (176 plaquages) a quitté le groupe de linebackers et les defensive backs ont perdu leurs 4 titulaires, dont Taylor Rapp et Byron Murphy (6 INTs et 18 PDs combinées).

A l’inverse, il est difficile de trouver un point faible du côté d’Oregon et les points forts des Ducks peuvent se quantifier à l’échelle nationale.

Le quarterback Justin Herbert a décidé, à la surprise générale, de revenir pour une dernière saison universitaire. Sa seule présence érige son équipe en favori pour le titre de conférence Pac-12. Et puis le senior jouera derrière la meilleure ligne offensive du pays, qui totalise 4 seniors et 155 titularisations en carrière. Ajoutez à cela un futur grand running back avec le sophomore C.J. Verdell et vous obtenez une des attaques les plus dangereuses du pays.

(Crédit photo : Thearon W. Henderson – Getty Images)

Mais si les Ducks veulent s’ériger sur la scène nationale, il faudra régler les soucis de drops, très fréquents en 2018 (52), et il est nécessaire de trouver un remplaçant à Dillon Mitchell (1.184 yards, 10 TDs) en tant que receveur n°1.

La défense d’Oregon, contrairement à celle de Washington, n’apparait pas comme un fardeau. La ligne accueille la meilleure recrue de la dernière promotion à l’échelle nationale, le defensive end 5-étoiles Kayvon Thibodeaux. Le senior Troy Dye ancre à nouveau le groupe de linebackers tandis que les cornerbacks juniors Thomas Graham Jr. et Deommodore Lenoir entament leur 3ème saison en tant que titulaires. Le perte de l’exceptionnel Ugo Amadi pourrait presque passée inaperçue en défense, c’est dire.

En conclusion : les Ducks peuvent-ils prendre le dessus sur les Huskies ? Sur le papier, il n’en ferait presque aucun doute. Mais Oregon doit se déplacer à Washington et les hommes de Mario Cristobal ne voyagent pas très bien.

3. Le temps est-il à la rédemption pour USC ?

La survie de Clay Helton à la tête de USC, après une saison exécrable (premier record négatif depuis 2000), a occupé les médias. Mais le genou posé à terre par les Trojans n’est que temporaire.

Arrivé à la suite du volte-face de Kliff Kingsbury, Graham Harrell (ancien head coach de North Texas et disciple de Mike Leach) installe une attaque “Air Raid” qui devrait être bénéfique pour tout le monde. Le premier bénéficiaire en sera J.T. Daniels : le quarterback, qui a connu une saison freshman assez médiocre, possède désormais les éléments pour s’épanouir et laisser parler son talent.

Il pourra surtout s’amuser avec une des meilleures escouades de receveurs du pays, menée par 3 futurs joueurs de NFL en Amon-Ra St. Brown, Michael Pittman Jr. et Tyler Vaughns.

En plus de l’ajustement offensif, la défense devrait retrouver un meilleur niveau après une saison où les blessures ont dévasté l’effectif. Le pass-rusher Porter Gustin et le linebacker Cameron Smith sont des pertes douloureuses, mais, les petits jeunes ont du talent à revendre : les linemen sophomores Jay Tufele et Marlon Tuipulotu sont assurément des noms à retenir.

2019 apparait comme une saison de rebond avec un tel effectif. USC pourrait même espérer un titre de division (si ce n’est un titre de Pac-12), mais le calendrier dantesque limite les objectifs : il faut se déplacer à BYU, Washington et Notre Dame avant la mi-octobre tout en recevant Fresno State, Stanford et Utah.

4. Après Luke Falk et Gardner Minshew, un nouveau quarterback star à Washington State ?

Mike Leach est assurément un des meilleurs head coaches offensifs en FBS et il susurre dans l’oreille de ses quarterbacks depuis quelques années. Après le succès à long-terme de Luke Falk, Gardner Minshew est arrivé à Pullman pour une pige d’une saison et a surpassé son prédécesseur en un éclair.

L’ancien quarterback d’East Carolina a sorti la meilleure saison d’un quarterback en Pac-12 en 2018 (4.779 yards, 71% de passes complétées, 38 TDs et 9 INTs). Si Mike Leach veut frapper une nouvelle fois, il faudra s’en remettre au bras de Gage Gubrud.

(Crédit photo : Tyler Tjomsland – The Spokesman-Review)

Vous ne le connaissez pas et c’est bien normal : le senior a posé ses valises à l’intersaison sur transfert après 3 saisons fulgurantes à Eastern Washington en FCS. Deux fois finalistes du Walter Payton Award (l’équivalent du Heisman Trophy en FCS), plus de 11.000 yards et plus de 100 TDs accumulés à la passe en carrière, il possède le CV adéquat pour réussir instantanément sous les ordres de Mike Leach.

Et, bonne nouvelle, l’attaque des Cougars se positionne pour une nouvelle explosion offensive que eux-seuls sont capables de produire.

7 hommes de la rotation à 8 receveurs de Mike Leach reviennent pour une nouvelle saison à Washington State, à commencer par Dezmon Patmon, Tay Martin et Easop Winston. Bien que le meilleur running back de l’équipe, James Williams, s’en est allé pour la NFL, le sophomore Max Borghi incarne le futur des Cougars et promet énormément après une belle saison freshman (740 yards offensifs et 12 TDs). Et, après avoir protégé Gardner Minshew à la perfection (13 sacks autorisés en 677 passes tentées), la ligne offensive conserve 4 titulaires malgré le départ de son meilleur élément, le left tackle All-American, Andre Dillard.

Vous risquez d’entendre le nom de Gage Gubrud à plus d’une reprise en 2019.

Le scénario de la saison en Pac-12 :

Avant le début de la saison, les conférences du “Power Five” proposent une ou plusieurs équipes clairement en compétition pour une place au College Football Playoff. Ce n’est pas le cas de la Pac-12 et cette absence de superpuissance commence à se faire sentir lourdement.

Et, comme l’an passé, la conférence devrait souffrir de la comparaison tout au long de la saison avec ses compères du “Power Five”.

Une seule certitude : Utah devrait remporter la Pac-12 South sans accroc malencontreux. Les Utes se présentent une tête et demi au-dessus de ses compères à l’intersaison. Mais savoir qui de Washington, Oregon ou Stanford jouera en face demeure une énigme qui ne trouvera réponse qu’en fin de saison.

Les confrontations directes entre les protagonistes de la Pac-12 North dicteront assurément de l’issue du championnat. Et, à ce petit jeu-là, soyez certains que Stanford secoue la hiérarchie : le Cardinal accueille les Ducks et les Huskies à Palo Alto tôt dans la saison. Sauf que, avec des déplacements à USC, UCF et Washington State (en plus de la réception de Notre Dame), les hommes de David Shaw devraient se brûler les ailes à un moment ou un autre de la saison.

Le retour d’Oregon à son apogée semble déjà écrit. Avec un effectif talentueux à toutes les positions et le retour de Justin Herbert en tant que senior, tous les éléments s’imbriquent pour que les Ducks retrouvent un titre de Pac-12 North.

Et, comme pour remémorer le passé, Oregon peut accomplir cette prouesse avec style. L’équipe de Mario Cristobal doit effectivement se déplacer sur les campus de Stanford, Washington, USC et Arizona State (en plus de la rencontre sur terrain neutre face à Auburn, cruciale pour les espoirs de College Football Playoff).

Donc, pas de Huskies ? L’effectif de Washington subit un turnover massif de ses forces et le calendrier comporte des croche-pieds à foison. Les voyages à BYU, Arizona ou Oregon State sont effrayants. Et puis l’Apple Cup en fin de saison peut finir d’enterrer les espoirs restants.

Utah contre Oregon en finale de conférence. Quel champion ?

On traite de la Pac-12 et les surprises frappent toujours là où on ne les attend pas : cela signifie que les Utes débloquent leur compteur et obtiennent le premier titre de conférence Pac-12 de leur histoire et se qualifie, du même coup, pour leur premier Rose Bowl.

Les matchs à ne pas manquer en 2019 :

  • 29 août : Utah @ BYU
  • 20 septembre : Utah @ USC
  • 21 septembre : UCLA @ Washington State
  • 5 octobre : Washington @ Stanford
  • 19 octobre : Oregon @ Washington
  • 2 novembre : Utah @ Washington
  • 29 novembre : Arizona @ Arizona State
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