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(Crédit photo : Gregory Shamus-Getty Images)

CFB Preview : considérez Ohio State comme un prétendant sérieux au titre

Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Que ce soit sous l’égide de Woody Hayes, Earl Bruce, John Cooper ou Jim Tressel, Ohio State a toujours figuré parmi l’élite du football universitaire depuis les années 1970. L’arrivée d’Urban Meyer en 2012 sur le campus de Columbus n’a pas éteint la réputation de prospérité permanente. Fort de ses périodes à succès à Utah puis Florida, l’actuel head coach des Buckeyes s’est finalement hissé sur le piédestal des meilleurs entraineurs du sport en ne remportant jamais moins de 11 victoires par année.

Ohio State a accédé au College Football Playoff pour la deuxième fois en trois ans sans pour autant d’être adjugé sa propre division. Toutefois, l’humiliation subie face aux futurs champions nationaux de Clemson (0-31) dans la cadre du Fiesta Bowl a laissé des traces et force les Buckeyes à prendre leur revanche. Malgré un enchainement de superbes saisons et de Top-10 finaux à l’AP Top 25, Urban Meyer n’a remporté la conférence Big Ten qu’à une reprise en cinq ans à Columbus, lors de la saison du dernier titre national en 2014. Est-ce que la reconquête de la division East prendra fin avec succès en 2017 ?

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Buckeyes de Ohio State en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Est-ce l’année où l’attaque retrouve de sa superbe ?

Disons les choses très clairement d’entrée de jeu : l’attaque de Ohio State est très loin d’être mauvaise, mais qu’elle est frustrante par moments. Elle peut être tellement meilleure si toutes les pièces s’emboitent correctement et fonctionnent à plein régime. Les Buckeyes ont tellement de talents à disposition qu’il s’agit presque d’un sacrilège qu’elle ne puisse pas marquer un seul petit point face à Clemson, surtout en considérant qu’elle était inarrêtable lors de la vaste majorité de la saison.

Des changements devaient être opérés mais cela a été le cas à l’intersaison. Urban Meyer a changé de coordinateur offensif et réalise un très bon coup en récupérant l’ancien head coach d’Indiana, Kevin Wilson. Ce dernier est un excellent esprit offensif et a toujours proposé une attaque dynamique lors de ses six années avec les Hoosiers. Il se repose notamment sur une version un peu plus puissante des concepts spread, si chers à Urban Meyer, tout en y incorporant une dimension verticale et plutôt explosive qui manquait cruellement à Ohio State.

L’efficacité de l’attaque n’est pas réellement un souci des Buckeyes, bien au contraire, surtout lorsque l’on considère que le jeu au sol a excellé pour faire avancer les chaines avec un running back redshirt freshman. Ce dernier, Mike Weber (1096 yards à la course, 9 TDs), est désormais sophomore et ferait presque figure de vétéran. Il devrait surtout continuer à porter les siens en accumulant des gains solides avec une grande constance ; malheureusement, le départ du fantastique Curtis Samuel (771 yards à la course, 8 TDs ; 865 yards à la réception, 7 TDs) enlève la seule dose d’explosivité que possédait cette attaque au sol ou bien dans les airs. Le freshman 4-étoiles et ultra-athlétique J.K. Dobbins pourrait reprendre un tel rôle, puisque le sophomore Demario McCall est lui-aussi une figure d’efficacité avant tout. Le backfield ne sera pas dépeuplé et le retour de J.T. Barrett (2555 yards à la passe, 24 TDs, 7 INTs ; 845 yards à la course, 9 TDs) pour son année senior est une bonne nouvelle. Le quarterback dual-threat propose une énorme activité au sol, à l’image de n’importe quel quarterback d’Urban Meyer. Cependant, le bas blesse lorsque l’on prend en compte ses capacités de lanceur, assez limitées surtout face aux meilleures défenses. Kevin Wilson doit exploiter ces lacunes du mieux qu’il peut afin de faire passer les Buckeyes dans une dimension offensive supérieure.

(Crédit photo : Christian Petersen-Getty Images)

Franchir un nouveau cap dans les airs ? Ce ne sera pas une mission de tout repos avec la perte des trois meilleures cibles aériennes de l’an passé. Curtis Samuel, Dontre Wilson (352 yards à la réception, 5 TDs) et Noah Brown (402 yards à la réception, 7 TDs) ont quitté les Buckeyes et seront remplacés par des joueurs à l’expérience limitée. Le junior Parris Campbell devrait sans doute devenir le nouveau couteau suisse des Buckeyes, tandis que le junior Terry McLaurin, les sophomores Binjimen Victor et Austin Mack ainsi que le freshman Trevon Grimes devraient prendre les places libérées sur les extérieurs. Il ne suffirait jusque que un ou deux d’entre eux puissent attaquer le terrain en profondeur afin de donner une nouvelle dimension offensive à Ohio State.

Les Buckeyes peuvent compter sur le retour de huit titulaires, dont quatre au niveau d’une très bonne ligne offensive et deux aux positions les plus importantes de l’attaque. Kevin Wilson ne pose pas ses bagages au milieu d’une situation périlleuse, surtout en considérant que Ohio State a inscrit plus de 38 points à sept reprises lors de la saison dernière. Toutefois, transcender de manière spécifique (plus d’explosivité et un jeu aérien décent face aux meilleurs) une attaque déjà excellente n’est pas à la portée de tout le monde.


Une des meilleures lignes défensives du pays, facilement

Luke Fickell, un des assistants les plus serviables et fidèles d’Urban Meyer, a obtenu son premier poste de head coach à Cincinnati à l’intersaison. Ce pourrait être une perte difficile à remplacer s’il n partageait déjà pas les tâches avec Greg Schiano. L’ancien head coach de Rutgers et de Tampa Bay (NFL) est arrivé à Columbus il y a trois ans, et dès lors, la défense des Buckeyes truste les premiers rôles nationaux grâce à une domination à tous les égards. En atteste depuis trois saisons, Ohio State a accordé plus de 28 points à seulement quatre fois (!), dont la moitié dans le cadre du College Football Playoff.

La défense se trouve véritablement entre de bonnes mains et les joueurs de grand talent se suivent année après année au sein de l’effectif. L’identité de cette escouade ne devrait pas être sensiblement différente de la saison passée avec le retour de sept titulaires, dont la quasi-totalité d’un front-seven qui doit se trouver dans la conversation pour une place dans l’élite universitaire. Urban Meyer n’est pas un fervent défenseur d’une agressivité folle à tous les nivaux, mais chacun de ses défenses démontre une propension à jouer d’une efficacité à toute épreuve.

Cette dimension pourrait, éventuellement, jouer des tours aux Buckeyes en cette nouvelle saison. Le secondary perd en effet trois de ses quatre titulaires pour la ligue professionnelle, en la personne du fabuleux safety Malik Hooker (74 plaquages, 4 passes défendues, 7 INTs) et de l’excellente paire de cornerbacks composée de Marshon Lattimore et Gareon Conley (17 passes défendues, 8 INTs en cumulé). Le safety senior Damon Webb est la seule présence connue parmi les lignes arrières avec, dans un moindre mesure, le cornerback junior Denzel Ward. Ils seront d’une aide solide mais il n’est pas certain qu’ils puissent égaler les performances de leurs illustres prédécesseurs. En revanche, le cornerback sophomore 5-étoiles Kendall Sheffield, en provenance du JUCO après un court passage par Alabama, possède les qualités pour devenir un excellent joueur. Malgré la présence d’une armada d’anciennes recrues très talentueuses, la défense aérienne pourrait régresser du fait d’un manque de commodités connues et d’une jeunesse plus ou moins prononcée sur le terrain.

(Crédit photo : Jay LaPrete-Associated Press)

A l’inverse, le front-seven devrait se révéler d’autant plus transcendant et la ligne défensive a certainement quelque chose à voir avec cela. Les pass-rushers attitrés des Buckeyes, Tyquan Lewis (8 sacks, 2.5 TFLs) et Nick Bosa (5 sacks, 2 TFLs), reviennent respectivement pour leur année senior et sophomore ; leur présence sera vitale afin de tenir à flot l’efficacité des lignes arrières. Cependant, rien n’est plus important au sein de ces premières lignes que la défense face à la course. Ohio State réalise ceci à la perfection et retrouve aujourd’hui les defensive ends upperclassmen Sam Hubbard et Jalyn Holmes (5.5 sacks, 11 TFLs en cumulé) ainsi que les defensive tackles Dre’Mont Jones et Robert Landers (10.5 TFLs en cumulé), qui rentrent tous les deux dans leur année sophomore. Ils recevront qui plus est l’aide de très bons linebackers en la personne du junior Jerome Baker (83 plaquages, 3.5 sacks, 6 TFLs) et du senior Chris Worley. Et encore, d’anciennes recrues 5-étoiles attendent leur tour pour voler la vedette à leurs ainés, que ce soit Chase Young, Baron Browning ou Justin Hilliard, entre autre.

Le front-seven est tellement blindé d’excellents joueurs de grand talent que cela pourrait (presque) faire de l’ombre à Alabama. Il sera presque impossible de courir de quelque façon que ce soit face à celui-ci, forçant ainsi les adversaires à se concentrer vers la passe. Et c’est là que les problèmes pourraient commencer. Les Buckeyes perdent trois titulaires de renom pour la deuxième année consécutive et la plupart des remplaçants n’apportent pas une sécurité à toute épreuve. La défense demeurera excellente dans son ensemble, certes, mais les meilleures équipes pourraient bien les prendre à revers dans les airs.


Pronostics de performance

Plusieurs questions se forment à propos de Ohio State : est-ce que le secondary peut continuer à jouer dans l’élite malgré une nouvelle vague de départs ? Est-ce que l’attaque peut franchir un palier et ne pas sombrer lors des grandes rencontres ? Quelles que soient les réponses, il n’est pas possible de douter des Buckeyes avec une telle équipe encore une fois à disposition. Ils devraient, comme chaque année, être en compétition pour le titre de division East ainsi que le titre de conférence Big Ten. Ce serait une bonne idée de concrétiser après être passé à côté de ces objectifs depuis deux saisons.

Ces accomplissements mettront en jeu la qualification pour le College Football Playoff. Cela ne les a pas empêcher d’y accéder l’an passé, mais ce serait plutôt l’exception qui confirme la règle. De plus, développer une des meilleures équipes du pays sur une longue durée et ne proposer qu’un seul championnat de Big Ten en cinq ans est largement insuffisant. Le temps est venu de passer la vitesse supérieure et Ohio State détient un effectif capable de cela, que ce soit au travers de son backfield ou de son front-seven, véritables enclumes de performance au plus haut niveau national.

Le calendrier des Buckeyes se résume ainsi à trois, si ce n’est quatre rencontres. Ils ne s’inclinent que très rarement mais ces défaites ont de lourdes conséquences à chaque fois. Le résultat face à Oklahoma devrait joueur dans la balance du comité de sélection du College Football Playoff, tandis que les matchs face à Penn State, Michigan et éventuellement Michigan State joueront un rôle prépondérant dans l’attribution du titre de division (et pourquoi pas de celui de conférence). Enorme avantage : trois de ces quatre matchs se dérouleront au “Horseshoe” de Columbus.

Cependant, il faudra se déplacer dans la “Big House” de son rival historique, Michigan, pour conclure la saison régulière. Il s’agit véritablement du plus grand match de la saison des Buckeyes. Une défaite mettrait fin à la série en cours de cinq victoires face aux Wolverines et pourrait surtout causer la perte du billet d’accession à la finale de conférence. Une saison à plus de 10 victoires se trouve aisément dans les cordes de Ohio State. Se hisser un peu plus haut, comprenons le College Football Playoff dans un premier temps, n’a rien d’impossible non plus.

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