Poursuivez la conversation avec notre communauté sur Discord !
(Crédit photo : Matthew Pearce - Icon Sportswire via Getty Images)

“CFB Preview” : Baylor à la croisée des chemins

Qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer : l’arrivée d’un nouveau coaching staff ou l’arrivée de nouveaux joueurs ? C’est la grande problématique de la saison à Baylor.

Les Bears sortent d’une excellente année conclue avec 11 victoires pour 3 défaites et une très belle 13ème place finale à l’AP Top 25. Des résultats impressionnants quand on sait que le programme revient de loin. En 2017, Matt Rhule prend en charge une équipe en perdition. Sa première année est à oublier : 1 victoire et 11 défaites. Mais très vite, les Bears se reconstruisent. Ils passent en positif en 2018 avant d’atteindre la finale de conférence Big 12 l’année dernière, perdue face à Oklahoma en prolongations.

Trois saisons de reconstruction et puis s’en va.

Matt Rhule a déjà rejoint les Panthers de Carolina en NFL. Mais, alors que l’équipe était toute proche de mettre fin à la suprématie de Oklahoma en conférence Big 12, il faut à nouveau gérer de gros changements d’effectif chez les joueurs, comme chez le coaching staff.

Projections des équipes de conférence Big 12 (dont Baylor), selon SP+ :

Bill Connelly développe depuis 2008 (chez Football Outsiders puis chez ESPN) une base de données statistiques, appelée SP+, afin de classer les 130 équipes inscrites de FBS selon une mesure prédictive de l’efficacité du niveau de jeu, ajustée selon plusieurs critères évolutifs.

Avant chaque saison, il publie un classement de pré-saison afin de projeter le niveau de jeu de chaque équipe. Celui-ci est principalement composé de 3 facteurs prédictifs : le retour de production, le niveau de recrutement récent et l’histoire récente des performances en match.

Le classement des équipes de la conférence Big 12 selon SP+ :

 
Projections de pré-saison (SP+) en conférence Big 12 – 2020
Classement Equipe Général Attaque Défense
#8 Oklahoma 22.6 44.9 (2) 22.3 (36)
#14 Texas 17.0 40.3 (7) 23.3 (42)
#21 Oklahoma State 12.9 35.5 (18) 22.6 (38)
#30 Iowa State 10.6 29.9 (48) 19.3 (27)
#33 Baylor 10.1 34.3 (23) 24.2 (47)
#36 TCU 9.5 29.8 (53) 20.3 (32)
#54 Kansas State 2.4 27.6 (66) 25.2 (50)
#59 Texas Tech 0.7 30.1 (43) 29.4 (76)
#64 West Virginia -1.3 26.2 (82) 27.5 (61)
#113 Kansas -13.0 23.7 (96) 36.7 (114)
 

Dave Aranda, une première compliquée à Baylor ?

Chaque saison, le marché des transferts est rythmé par le départs de coordinateurs vers des postes de head coaches. Régulièrement, des coordinateurs défensifs ou offensifs de top programmes du Power Five se dirigent vers de plus petites structures en Group of Five pour démarrer leur carrière de head coach plus sereinement.

Ce n’est pas le cas de Dave Aranda. Après 25 ans en tant qu’assistant ou coordinateur, l’entraîneur de 43 ans a décidé de reprendre le poste de head coach à Baylor.

Le défi est immense : prolonger les succès de 2019 pour s’inscrire durablement au sommet de la Big 12, comme en 2013 et 2014, où les Bears avaient remporté la conférence par deux fois avec Art Briles. Une époque remplie de succès, mais également une époque sombre et marquée par les scandales d’abus sexuels.

Dave Aranda Introduction HC Baylor Bears 2020
(Crédit photo : Raymond Carlin III – USA TODAY Sports)

Mais Dave Aranda arrive sur le campus de Waco avec de beaux bagages.

Avec Hawaïï (2008-2011) puis et surtout avec Wisconsin (2013-2015), le head coach s’est révélé parmi les meilleurs coordinateurs défensifs du pays. Ce n’est pas pour rien si LSU a investit sur lui en 2016 pour le faire venir chez les Tigers. Un choix payant puisque Dave Aranda a grandement participé au titre de champion national des Tigers au cours de la saison passée.

Un chantier dans une défense décimée

Bien qu’il soit spécialisé en défense, Dave Aranda s’appuiera sur Ron Roberts, le nouveau coordinateur défensif. Les deux hommes ont énormément de travail. Seulement deux titulaires sont de retour.

Incontestablement meilleure défense de la conférence la saison passée avec 19.8 points encaissés de moyenne, Baylor souffre surtout sur le pass rush avec les départs de James Lynch et Bravvion Roy pour la NFL.

Le transfert de Arkansas State, William Bradley-King, devrait être le leader d’une ligne défensive très jeune. Avec 8.5 sacks en 2019, il était le deuxième meilleur de cette catégorie statistique dans la conférence Sun Belt. Même si le temps d’adaptation à un nouveau style de jeu rentre en compte, c’est le beau coup de l’intersaison. Son profil hybride offre de multiples combinaisons possibles.

Dave Aranda possédait déjà ce type de joueur la saison passée à LSU avec K’Lavon Chaisson. Nul doute que William Bradley-King pourrait s’en inspirer.

Véritable machine à plaquer la saison passée, le front seven perd 9 des ses 11 meilleurs plaqueurs. Le groupe de linebackers devra impérativement être au niveau pour soutenir la ligne. Plus rassurant, le retour de Terrel Bernard soulage un peu les jeunes arrivants avec 112 plaquages et 4.5 sacks.

L’unité la moins impactée est le secondary. Malgré la perte du safety Grayland Arnold pour la NFL, le groupe compte plusieurs joueurs à potentiel.

En premier lieu, Kalon Barnes. C’est le choix de la rédaction pour 2020. Ce cornerback ultra rapide (10″04 au 100m au lycée !) a montré de belles choses en Big 12 la saison passée, notamment face à Oklahoma, et a largement les épaules pour être un leader de cette défense.

Kalon Barnes CB Baylor Bears Big 12 Championship Game Oklahoma 2019
(Crédit photo : Baylor Athletics)

Le quarterback Charlie Brewer enfin protégé ?

Le succès offensif des Bears réside surement dans une chose : la ligne offensive. Cette dernière a encaissé 38 sacks la saison passée (116e du pays) et le quarterback Charlie Brewer en a fait les frais.

De nombreuses fois touché à la tête, il a vécu une saison délicate sur le plan physique. Pourtant, le senior possède les capacités pour mener cette équipe (3.161 yards et 21 TDs en 2019). Titulaire depuis son année freshman, il a participé à la reconstruction sous Matt Rhule. Il connaît parfaitement l’équipe et sera un des leaders du vestiaire.

Il sait être précis et s’appuie sur un jeu de course plutôt bien développé. Et il n’hésite pas à finir les drives quand il le faut et à jouer dur.

Mais pourra-t-il compter sur sa ligne pour évoluer avec plus de sérénité dans sa poche ?

Quatre titulaires sur cinq sont de retour. C’est déjà un point positif tant la ligne était inexpérimentée. Mais il faut que les joueurs répondent présents sur le terrain, même s’il y a des motifs d’espoir.

Le jeu de course sera entre de bonnes également avec le retour de John Lovett. Le running back senior a accumulé 655 yards et 5 TDs en 2019 et il sera soutenu par un groupe de coureurs très complet. Pas d’inquiétudes, donc, si la ligne offensive est capable d’ouvrir des brèches.

La clé en attaque se trouve du côté des receveurs. Denzel Mims, un des meilleurs prospects de la NFL Draft 2019, s’en est allé chez les professionnels. Cependant, un certain Tyquan Thornton est prêt à engranger les yards.

Ancienne recrue 4-étoiles, il n’a encore jamais eu la chance d’être la cible numéro une de Charlie Brewer.

En 2018, Jalen Hurd (San Francisco 49ers) était le leader avec 946 yards. En 2019, c’était au tour de Denzel Mims (New York Jets) avec 1 020 yards. Pendant ces deux années (354 yards et 782 yards), Tyquan Thornton a appris dans l’ombre et devrait attirer les projecteurs la saison prochaine. Longiligne, il est aussi bon après réception que sur les longs tracés.

Une saison 2019 bis ? Impossible.

Avec l’annulation des camps d’entraînement d’été, toutes les universités ont été impactées par la crise du COVID-19. Mais les programmes qui changent de coaching staff sont davantage gênés.

Dave Aranda arrive avec deux nouveaux coordinateurs au sein d’une équipe qui sort d’une saison réussie (11-3). Comment l’équipe sera en septembre avec très peu de temps ensemble ? La défense ne se connaît pas et sera presque totalement remaniée. C’est un gros soucis dans une conférence Big 12 tournée vers l’attaque. D’autant plus que c’est grâce à leur défense que les Bears ont connu le succès la saison passée.

L’attaque est de son côté parée. Mais l’absence de playmakers comme Denzel Mims pourrait peser sur la saison. Pour le reste, tout dépendra de l’efficacité de la ligne offensive.

Baylor est à la croisée des chemins. Des départs, des arrivées et toute une équipe à mettre en place.

Avec des déplacements à Oklahoma, Texas et Iowa State, c’est possiblement trois défaites déjà assurées en Big 12. Le reste du calendrier est plus abordable. Toutefois, il est dur de voir les Bears nous reproduire la même saison qu’en 2019.

Un bilan de saison régulière équilibré en 6-6 est envisageable.

Plus de lecture ?
Trevor Lawrence QB Clemson Tigers CFP Championship Game 2020 vs LSU
“CFB Preview” : le College Football Playoff tend à nouveau les bras à Clemson