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(Crédit photo : David Butler II-USA TODAY Sports)

UConn revient aux sources avec un retour en Big East et “abandonne” le football

L’identité de UConn est étroitement liée à la conférence Big East, depuis sa création en 1979 puis lors de son envol à l’échelle nationale au cours des années 80 et 90. Cette identité a perdu de son aura en 2013, lorsque les Huskies ont décidé de rejoindre la conférence American (AAC).

Le but inavoué était de se repositionner en tant qu’université de football, à la recherche des billets verts. Mais, 6 ans plus tard, le constat est est un échec cuisant ; et UConn s’est enfin résigné.

Selon le journal local The Harford Courant et un rapport initial de Digital Sports Desk, UConn doit annoncer dans la semaine son intention de rejoindre la conférence Big East dès 2020. Les Huskies, membres originels de la Big East à sa genèse en 1979, reviennent dans la maison qui a permis leur ascension jusque sur le toit de la planète universitaire – tout du moins, en basketball.

Depuis 1999, UConn s’est adjugé 4 titres nationaux en basketball masculin et 11 titres nationaux en basketball féminin. Mais, au moment de basculer en AAC, en 2013, l’Université a perdu son importance géographique en échangeant de grands rivaux comme Syracuse, St John’s ou Providence contre des opposants lointains tels que UCF, Memphis ou Cincinnati.

L’heure est à la prise conscience sur le campus de Hartford : le département athlétique fait amende honorable et se rend à l’évidence que UConn est avant tout une école dédiée au basketball, et non pas au football, comme les envies de grandeur l’ont suggéré au cours de cette décennie.

Et ses envies de grandeur ont pratiquement ruiné le département athlétique, puisque celui-ci a terminé l’année académique en 2018 avec un déficit de $40 millions.

Le futur immédiat de UConn, bien qu’encore flou, devrait se décanter dans les prochaines jours. Tous les sports proposés par les Huskies rejoindront la conférence Big East ; hormis en football. Et la question principale est de savoir ce que deviendra le programme de football, puisque la Big East a définitivement stoppé les opérations en football en 2013.

La conférence American a déjà annoncé qu’elle n’accueillerait plus UConn en tant que membre unique en football, selon CBS Sports.

Quel est le futur de UConn ? Quelles sont les implications directes et indirectes d’un retour aux sources pour les programmes de basketball et de football ? Et, enfin, que cela indique sur les conférences impliquées, que ce soit la Big East ou l’AAC ?

 

UConn replace le basketball au centre de ses attentions

 

Vous souvenez-vous du temps où les matchs de UConn sur le parquet du Madison Square Garden (de préférence face à Syracuse) étaient des rendez-vous immanquables, non seulement de la saison de basketball, mais aussi de l’ensemble de l’année sportive ? Cette époque apparait lointaine en 2019.

L’Université avait hypothéqué l’ADN fondé par le succès de Jim Calhoun pour un potentiel succès en football. Les Huskies, en faisant demi-tour et en quittant l’AAC pour un retour en Big East, avouent au monde et à eux-même leurs erreurs.

Bien que la grandeur a quelque peu déteint, UConn demeure une université de basketball.

UConn n’est pas une université de football.

(Crédit photo : Sarah Stier-Getty Images)

L’administration a commis une bourde monumentale et elle décide de réparer cette absence de jugement en revenant à ses premiers amours. Le basketball a toujours été au centre de l’attention de l’université et de ses fans, pas le football. Et, malgré les zones d’ombre qui planent encore sur le futur proche, UConn possède les pièces suffisantes pour réussir son retour en Big East.

Jim Calhoun est parti de nulle part, sur un campus perdu dans la compagne du Connecticut, pour construire les Huskies en tant qu’endroit incontournable du basketball universitaire. Comment ? Grâce à l’identité de la Big East. Et Dan Hurley possède la carrure suffisante et la gouaille typique du Nord-Est pour ré-installer les Huskies en haut d’un piédestal duquel ils sont tombés brutalement depuis leur dernier titre national, acquis en 2014, dès leur première saison en AAC.

De plus, Dan Hurley aime à proposer un style de jeu parfait pour la Big East : de la dureté, du physique et une bouche grande ouverte face à ses rivaux.

Geno Auriemma, légendaire head coach du légendaire programme de basketball féminin des Huskies, devrait également apprécier le retour en Big East. Cela ne change rien sur le plan sportif, mais l’engouement retrouvé chez les fans devrait aider à remplir le Gampel Pavilion, qui sonne de plus en plus creux.

 

Le futur est sombre pour le programme de football

 

1e janvier 2011. Le jour où tout a basculé pour UConn.

Les Huskies ont participé ce jour-là au Fiesta Bowl, en qualité de champion de la conférence Big East, perdu face à Oklahoma. Ils restaient sur 4 saisons avec un record positif (9-4 puis 8-5 à trois reprises) sous la coupe de Randy Edsall et tous les indicateurs étaient au vert, une décennie seulement après leur accession à la Division I.

Mais cette participation à un Bowl du Nouvel An est finalement ce qui a mené UConn à sa propre perte. Elle a projeté des paillettes (ou plutôt les dollars amenés par le football) devant les yeux de l’administration.

Depuis ce 1e janvier 2011 ? Trois régimes différents se sont succédés et aucun record positif en 8 saisons. Bob Diaco a amené les Huskies à un Bowl (pour un record final de 6-7), mais il a pris la porte dès l’année suivante.

La départ de UConn pour la Big East signe l’arrêt de mort du programme de football.

Il n’est pas certain qu’il soit dissolu dans le futur proche ; cependant, on sait d’ores et déjà que l’administration “abandonne” tout objectif de réussite en football. L’ACC ou la Big 12 ? Un lointain rêve. L’AAC ? Une expérience manquée. La Big East ? Un aveu de faiblesse et l’assurance d’un avenir loin du gazon, surtout que la nouvelle conférence ne propose pas de football.

Le chemin de UConn ne croise pas une multitude d’intersections : les Huskies auront certainement le choix de rejoindre la MAC ou la C-USA, ou bien, de suivre le chemin de UMass vers une indépendance en football.

L’indépendance est probablement le choix le plus logique ; mais, avec une telle direction, cela veut dire que UConn se résout à jouer face à une compétition invisible et à subir de (lourdes) défaites face à des superpuissances en retour de chèques importants. Et, plus qu’un aveu d’impuissance moins de 10 ans après les plus grands espoirs, c’est l’assurance d’une mort lente et d’un recentrage sur le basketball.

Est-ce une mauvaise chose ? Demandez au “Catholic 7” (DePaul, Georgetown, Marquette, Providence, St. John’s, Seton Hall et Villanova) qui vit depuis bien longtemps sans une équipe de football en FBS.

 

Que cela apporte à la Big East ? Est-ce que l’AAC peut s’en sortir ?

 

La conférence Big East est la grande gagnante du réalignement des Huskies.

En plus de retrouver d’un membre originel de la conférence, elle solidifie sa position en tant que l’une des meilleures conférences du pays en basketball universitaire. La marque de UConn est encore puissante malgré le plongeon dans la médiocrité, le fameux “Northeast Corridor” peut renaitre de ses cendres et la nostalgie des grandes heures de la conférence, qui a forcé à une reconstruction de la ligue en 2013, atteint son paroxysme avec le retour des Huskies aux côtés du “Catholic 7”.

La Big East a certainement connu un moment de clairvoyance avant tout le monde : plutôt que de s’entêter avec les opérations très coûteuses en football, elle a entrevu une force avec la focalisation sur le basketball.

Avec un temps de retard douloureux, UConn est arrivé à la même conclusion et ré-établit son identité autour des activités de basketball.

Et il faut constater qu’une telle stratégie a plutôt bien réussie à la Big East depuis quelques années. En l’espace de 6 saisons, elle a remporté 2 titres nationaux, a envoyé 3 équipes différentes au Sweet 16 et a qualifié pas moins de 7 équipes (sur ses 10 membres) à la March Madness en 2017.

En revanche, la conférence American est plongée dans une période d’instabilité.

Le départ de UConn peut apparaitre comme le départ d’un poids mort en football, mais, celui-ci provoque des remous. L’AAC devrait se retrouver à la rentrée avec 11 membres, soit le 2ème plus faible total des conférences majeures en Division I, et le récent contrat télévisuel signé avec ESPN, qui doit versé $7 millions annuels aux universités membres, devrait être re-négocié.

Malgré le succès majeur en football, le basketball a progressé à vitesse grand V en AAC et le départ de UConn demeure une perte importante. Couplé avec le fait que UCLA a débauché Mick Cronin de Cincinnati, considérée comme la meilleure équipe de la conférence, cette dernière doit se retrouver une élite sur les parquets.

Et puis, il existe la question cruciale du remplacement de UConn.

Le commissionnaire de l’AAC, Mike Aresco, peut choisir entre une multitude d’options : piocher dans les académies militaires (l’Army est le choix le plus logique) pour réunir la rivalité avec la Navy ? s’attaquer aux réserves de la C-USA ou de la MAC (à l’instar de North Texas ou FAU) ? mélanger les intérêts avec un membre unique en football et un autre en basketball (VCU serait une option viable) ?

La conférence American pourrait également rester à 11 membres et supprimer les divisions pour rejoindre le modèle utilisé par la Big 12 et pour s’assurer de la présence des 2 meilleures équipes en finale de conférence (tout du moins en football).

Tout du moins, une conclusion s’impose : en fermant les yeux sur le football et en les rouvrant sur le basketball, UConn relance les dynamiques des conférences Big East et AAC.

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