La Week 12, antépénultième semaine de la saison régulière, n’a pas connu un chaos massif, afin de préserver les munitions pour la dernière semaine de compétition. Certaines équipes ont perdu toute chance de jouer un rôle majeur en fin de saison tandis que d’autres ont rappelé qu’il faudra compter sur elles.

Des gagnants et des perdants ressortent évidemment de cette semaine de compétition, avec des objectifs opposés. Certains visent le College Football Playoff (ou un Bol majeur du Nouvel An, a minima) tandis que d’autres s’enfoncent petit à petit.

Découvrez nos 5 gagnants et nos 5 perdants de cette Week 12 :

 

Les gagnants de la Week 12 :

 

1. Chip Kelly écrase USC, au Rose Bowl, pour sauver une année inaugurale compliquée avec UCLA.

La première saison de Chip Kelly à UCLA n’est pas couronnée de succès ; c’est une certitude mais c’était également prévisible dès son arrivée sur le campus de Westwood. Il faut dire que le calendrier des Bruins est possiblement le plus compliqué de toute la ligue.

Cincinnati, à Oklahoma, Fresno State avant le calendrier de conférence Pac-12 avec Washington, California (à Berkeley), Oregon (à Eugene) et Stanford. Avant de se confronter au Cardinal pour conclure une première saison de retour en football universitaire, Chip Kelly n’a gagné que face aux Golden Bears et Arizona.

Mais la troisième victoire de la saison, que dis-je, la démonstration, face à USC efface tous les déboires affrontés depuis le mois d’août.

Chip Kelly a obtenu sa victoire signature avec UCLA en disposant du rival historique de Los Angeles (34-27) avec l’aide d’une performance légendaire du running back Joshua Kelly. Le transfert en provenance de UC Davis a marché sur les Trojans avec 289 yards (record en carrière) en 40 portées.

Jamais un running back des Bruins n’avait couru pour autant de yards face aux Trojans dans l’histoire et il enfonce d’ailleurs USC un peu plus dans la crise. Chip Kelly peut se frotter les mains.

 

2. Notre Dame s’affirme comme un prétendant au titre… et n’est plus qu’à un succès du College Football Playoff.

On imaginait que le déplacement de Notre Dame au Yankee Stadium pour y affronter Syracuse serait un piège majeur pour les espoirs de College Football Playoff du Fighting Irish ; d’autant plus que l’Orange connaît une saison historique.

Mais au coup de sifflet final, Syracuse s’est incliné devant la supériorité de Notre Dame en bottant un field goal quelques secondes avant le buzzer, afin d’éviter un shutout.

36-3, score final.

Les hommes de Brian Kelly n’ont pas fait dans la dentelle et ont certainement franchi la dernière marche qui les séparait du dernier carré. Toujours invaincu (11-0), le Fighting Irish doit se encore se déplacer à USC pour se battre avec des Trojans à la dérive. Mais bien plus que sur le plan comptable, Notre Dame a montré que cette équipe était façonné pour le College Football Playoff.

Ian Book dot être inclus dans le cercle des meilleurs quarterbacks du pays. Dexter Williams apporte une aide majeure à la course, derrière une excellente ligne offensive. Chip Long se révèle comme un coordinateur offensif intelligent et efficace dans son appel de jeux. Le front-seven est intraitable face à la course et est encore meilleur pour apporter une pression constante sur le quarterback adverse.

Bref, Notre Dame est paré pour le Nouvel An (sans s’étouffer fabuleusement à Los Angeles) et montre qu’une équipe indépendante peut renverser la superpuissance des conférences majeures dans la système actuel.

 

3. UCF contrôle et affirme sa position de domination dans le Group of Five.

Devant les caméras d’ESPN pour College Gameday et de ABC pour la match en primetime contre Cincinnati, UCF a montré que l’équipe reste la caution de l’excellence du Group of Five.

Les Bearcats de Luke Fickell était censé être le test le plus sérieux de la saison des Knights, et pourtant, les hommes de Josh Heupel ont effacé la seconde meilleure équipe de la conférence American (derrière eux) comme une vulgaire équipe de milieu de tableau. Score final, 38-13, pour un 23ème succès consécutif.

La défense de UCF était un véritable point de cristallisation des critiques, mais il faut avouer que la performance contre Cincinnati est remarquable. Trois turnovers forcés et une efficacité notable sur 3rd et 4th downs. Les équipes spéciales se sont également démarqués ; au contraire des Bearcats.

Sans parler de l’attaque des Knights, qui a posé 402 yards et 38 points sur la 7ème meilleure défense du pays.

Avec South Florida sur la pente ascendante pour conclure la saison régulière, et une finale de conférence contre Memphis ou Houston, deux escouades affaiblies par les blessures et de moindre talent, UCF possède une voie royale pour représenter le Group of Five à un Bowl du Nouvel (le Fiesta Bowl en l’occurence) pour la seconde saison de suite.

UCF devrait grimper un peu plus dans la hiérarchie nationale, mais il semble irréel que les Knights se qualifient pour le College Football Playoff. Mais, en tout cas, ils font tout pour renverser la table.

 

4. The Citadel a tenu tête à Alabama (pendant une mi-temps) et a capté l’attention du pays.

Personne n’aurait pensé allumer sa télévision pour regarder un match compétitif entre Alabama et The Citadel, modeste équipe évoluant en FCS.

Et pourtant, c’est exactement ce qu’il s’est passé. L’attaque “triple-option” des Bulldogs a permis de tenir tête au champion national en titre en délivrant une première mi-temps formidable et en rentrant aux vestiaires à égalité (!), sur le score de 10 à 10 (!).

  • Aucune équipe n’était arrivée à rester à moins de 16 points du Crimson Tide depuis le début de saison… jusqu’à The Citadel.
  • Aucune équipe n’était arrivée à inscrire un touchdown depuis Tennessee, le 20 octobre… jusqu’à The Citadel.
  • Aucune équipe n’était arrivée depuis 2015 à inscrire un touchdown à la course de 45 yards… jusqu’à The Citadel.

Bon, Alabama s’est levé en deuxième période et a rapidement réduit en cendres les espoirs les plus fous des Bulldogs, sur la route d’une énième large victoire (50-17). Mais l’histoire retiendra que le score était à égalité à la mi-temps.

Mention spéciale : The Citadel entre également par nos “winners” grâce au magnifique troll initié par le compte Twitter de l’équipe de football, qui s’est payé la tête ouvertement d’autres équipes de la SEC.

 

5. Gardner Minshew (Washington State) assure sa place à New York pour la cérémonie du Heisman Trophy.

Ce serait une hérésie de ne pas retrouver Gardner Minshew à New York pour la cérémonie de remise du Heisman Trophy, aux côtés de Kyler Murray et de Tua Tgovailoa.

Les deux derniers cités devraient se battre pour la grande majorité des votes ; cependant, le quarterback de Washington State réalise une saison historique (70.4 de passes complétées, 4.325 yards, 38 TDs, 7 INTs) et porte les Cougars dans la conversation pour une place au College Football Playoff, ce qui était littéralement inimaginable avant le début de saison.

Sa dernière performance contre Arizona rappelle une nouvelle fois que Mike Leach a construit une sacrée attaque, qui est à seulement deux victoires de ramener un troisième titre de conférence dans l’histoire de l’université (après 1997 et 2002 dans la Pac-10).

473 yards (à 78% de passes complétées), 7 TDs pour aucune interception et une large victoire (69-28) sur les Wildcats.

Et dire qu’il a déjà effacé Luke Faulk de la plupart des tablettes de records de Washington State en seulement une saison sur le campus de Pullman.

 

Les perdants de la Week 12 :

 

1. USC n’a presque pas d’autre choix que de renvoyer Clay Helton.

Certains événements sont capables de faire pencher la balance, du bon ou du mauvais côté, dès lors qu’un head coach se trouve sur la sellette d’un départ. Les rivalités, par exemple, jouent un rôle essentiel auprès des boosters et des fans.

Autant dire que la défaite de USC face à UCLA (27-34) n’arrange vraiment pas les affaires de Clay Helton ; d’autant plus que Notre Dame se présente pour mettre un clap de fin à une saison maudite.

Oui, les Trojans ont manqué l’éligibilité à un Bowl (autrement dit une sixième victoire) contre les Bruins et il faudra un miracle pour qu’ils renversent un Fighting Irish sur la route du College Football Playoff. A 5-6, l’avenir de Clay Helton à la tête de USC s’assombrit à chaque nouvelle heure.

Peu d’observateurs n’avaient été emballé par le recrutement de Clay Helton, mais force était de constater que ses deux premières saisons à plein temps à la direction du programme de football ont été réussies : deux saisons à plus de 10 victoires, un superbe Rose Bowl gagné et le premier titre de conférence Pac-12. Mais cette saison montre qu’il n’a pas l’aura nécessaire et la trempe requise pour diriger un programme aussi massif que celui de USC.

Il a stabilisé les Trojans après Lane Kiffin et Steve Sarkisian, mais il a perdu le contrôle de l’effectif en 2018 avec une attaque sans vie, menée par des freshmen, et une défense qui se morfond dans l’indiscipline et l’ineptie.

Le plus drôle dans l’histoire ? Lynn Swann se trouve presque dans la nécessité de virer Clay Helton… après lui avoir donné une extension de contrat avant le début de saison. Le buyout actuel du contrat ? $15 millions.

Mais le statu quo est virtuellement impossible à USC.

 

2. Les failles physiques de Urban Meyer sont (enfin) visibles et rejoignent les failles sportives de Ohio State.

Maryland a donné plus que du fil à retordre à Ohio State, échouant sur une conversion à 2-pt (totalement faisable) en prolongations pour connaitre une défaite cruelle (51-52).

Mais outre la performance incroyable de Dwayne Haskins (28/38, 405 yards, 3 TDs, INT dans les airs et 59 yards, 3 TDs au sol) ou la performance un nouvelle fois cataclysmique de la défense ds Buckeyes, qui a lâché 339 yards à la course et des big plays à foison face à des Terrapins unidimensionnels, le fait marquant de cette rencontre est la santé apparente de Urban Meyer.

Le head coach des Buckeyes est apparu réellement mal en point sur le bord de la touche, visiblement heurté dans sa chair à chaque erreur défensive ou turnover commis par son équipe.

La santé de Urban Meyer est un secret de Polichinelle depuis son départ abrupt de Florida, un secret qui est public depuis quelques semaines lorsqu’il a révélé la présence d’un kyste dans son cerveau, lui causant des “migraines agressives” et induites par le stress.

Cette équipe de Ohio State offre une bonne dose de stress malgré le record de 10-1 et une chance de remporter le Big Ten East samedi prochain contre Michigan.

La situation médicale de Urban Meyer doit être surveillée depuis près ; mais elle indique clairement la situation sportive des Buckeyes : à la suite d’un été miné par le scandale autour de Zach Smith, puis d’une saison où la défense apparait un peu plus proche de l’implosion à chaque semaine, Ohio State vit sur une corde raide et peut tomber à n’importe quel moment.

La chute est tout proche et Michigan peut se faire un plaisir de jeter son ennemi dans le vide.

 

3. Houston perd son quarterback vedette, D’Eriq King, au pire moment.

Certes, Major Applewhite est passé pour un tyran sur le bord de touche, vendredi soir, contre Tulane, en enlevant une veste des épaules de Ed Oliver pour le simple fait que le défensive lineman ne jouait pas ce soir-là pour une blessure.

Mais l’information la plis grave en provenance de Houston est la perte de D’Eriq King pour la fin de saison.

Le quarterback sophomore est le leader incontesté des Cougars en cette saison (2.900 yards à la passe, 592 yards au sol, 48 TDs offensifs) et porte les siens à bout de bras dans la course au titre de la division AAC West ; dont l’issue se décide d’ailleurs ce week-end contre Memphis.

La perte du quarterback le plus productif de la ligue sur une déchirure du ménisque est immensément plus lourde qu’une simple critique médiatique ; elle peut tout simplement réduire les efforts de Houston à néant.

 

4. Il fallait bien que cela arrive : West Virginia s’élimine de la course au College Football Playoff.

La conférence Big 12 et le chaos sont généralement deux entités synonymes et cela a encore été prouvé ce week-end.

Dans une saison plutôt moyenne, Oklahoma State a trouvé le moyen de renverser dans les dernières secondes, sur un touchdown de l’inévitable Tylan Wallace, une équipe de West Vrignia classée dans le Top-10, avec seulement une défaite à son actif. Et avec cette défaite, Dana Holgorsen peut dire au revoir au College Football Playoff.

Les Mountaineers menaient pourtant 31 à 14 à la mi-temps, mais les Cowboys ont produit un comeback victorieux lors des 30 dernières minutes pour anéantir les espoirs de titre national de leurs adversaires, au profit d’une sixième victoire et de l’obtention de l’éligibilité requise pour un Bowl.

Mais attention, West Virginia n’est pas encore éliminé d’un titre de conférence Big 12.

Avec une rencontre décisive contre Oklahoma, les Mountaineers peuvent toujours accéder à la finale de conférence avec un succès, et rejoindre ainsi Texas, sans surprise monumentale.

 

5. Sixième défaite consécutive pour Colorado, qui perd également son head coach, Mike McIntyre.

Colorado possédait un record de 5-0 à l’entame du mois d’octobre ; les Buffaloes présentent actuellement un record de 5-6 après six revers consécutifs et cherchent toujours à obtenir leur éligibilité pour un Bowl.

Celle-ci ne pourrait bien jamais arriver car l’administration a décidé de se séparer de son head coach, Mike McIntyre, à la suite de cette brutale descente aux enfers.

Des bruits courraient sur la mauvaise entente du head coach avec le reste de l’administration mais il est tout de même surprenant de le voir prendre la porte aujourd’hui alors que les Buffaloes ont remporté la division Pac-12 South et étaient à un succès d’un titre de conférence en 2016.

D’ailleurs, après Jim Mora, Todd Graham et Rich Rodriguez, la Pac-12 South connait son quatrième départ en l’espace d’un an. Clay Helton devrait suivre dans peu de temps. Kylin Whittingham doit se sentir bien sur à Utah.

 

Les “bonus” de la Week 12 :

 

La crève-coeur de la semaine :

Colorado State avait réalisé un upset monumental… mais seulement au cours de quelques minutes.

Effectivement, cette “Hail Mary” salvatrice a été annulée puisque le receveur qui attrape le ballon de la gagne… a mis un pied en dehors du terrain, ce qui est illégal. Quel cruelle façon de perdre un match, face à une équipe classée, et à la maison.

 

La performance de la semaine :

On le disait plus haut, le running back Joshua Kelly a réalisé une performance historique pour UCLA : le meilleur total de yards pour un running back des Bruins depuis Maurice Jones-Drew et le meilleur total de yards pour un running back dans la rivalité contre USC depuis Reggie Bush.

Pas mal du tout.

 

La moment “Piesman” de la semaine :

Il s’agit de la deuxième passe d’un quarterback vers un lineman offensif (!) conclue en touchdown (!) depuis l’arrivée de Pat Narduzzi à Pittsburgh.

 

Les larmes de la semaine :

Tout le monde raffole des vidéos de bourses universitaires données à des walk-on avant la saison. Temple a fait mieux avec une offre réalisée après la victoire des Owls ce samedi.