Les Aggies sont en route pour faire mieux que leur record de 11-2 en 2012.

Cette saison, la Mountain West est une conférence passionnante.

Alors que Boise State était grand favori pour remporter le titre en 2018, Fresno State, San Diego State et Utah State se sont positionnés comme des concurrents légitimes au Graal.

A l’aube de la Week 11, les écarts sont minimes et les ultimes rencontres de la saison régulière décideront des équipes qualifiées pour la finale de conférence. Au total, trois chocs au sommet sont programmés avant cette finale :

Boise State @ #23 Fresno State (09 novembre à 4h15)

San Diego State @ #23 Fresno State (17 novembre à 4h30)

#14 Utah State @ Boise State (24 novembre)

Parmi ces quatre programmes en course vers le titre, trois étaient attendus à un tel niveau : Boise State, Fresno State et San Diego State. Seul Utah State était rétrogradé dans les classements de pré-saison. Mais comme souvent dans les conférences du Groupe of Five, les prédictions ne valent pas grand chose et les Aggies l’ont encore démontré.

 

Une série de 8 victoires consécutives

 

Forts de huit succès consécutifs et invaincus en conférence, les hommes de Matt Wells s’appuient sur une dynamique positive qui pourrait bel et bien leur permettre de remporter le titre de conférence. L’université n’a plus réalisé cette accomplissement depuis 2012, une année où les Aggies avaient fini #16 à l’AP Top 25.

Aujourd’hui, Utah State est considéré comme la deuxième meilleure équipe du Group of Five, derrière les invincibles Knights de #11 UCF. Installée confortablement à la quatorzième place du classement, l’équipe a enfin obtenu la reconnaissance qu’elle méritait depuis plusieurs semaines (sauf de la part du comité de sélection au College Football Playoff) tant elle joue un football de grande qualité.

Aussi fou que cela puisse paraître, uniquement Alabama et Clemson possèdent une meilleure différence de points depuis le début de la saison. Utah State a marqué 256 unités de plus que ces adversaires au total, soit une marge de 28.4 points de moyenne.

Malgré une défaite inaugurale sur le terrain de Michigan State, les Aggies dominent cette saison.

Cela s’explique évidemment par des facteurs différents.

Très vite, on a su que l’alchimie au sein de l’effectif allait prendre. Face aux Spartans, justement, Utah State a surpris en s’inclinant seulement en prolongation après avoir livré une belle bataille (31-38). Cette défaite a davantage été vue comme une victoire malgré la déception.

Le head coach en personne avait félicité ses joueurs malgré le revers concédé, conscient que cette rencontre allait “permettre au groupe d’engranger de la confiance”.

Matt Wells a vu juste puisque cette défaite a été la base de cette série de huit victoires consécutives.

Le plan de jeu utilisé face à Michigan State a été conservé. A savoir une attaque très rapide fondée sur du no-huddle et une défense agressive au niveau du pass rush et capable de créer des big plays dans le secondary.

 

Le leader de Utah State sur le terrain ? Jordan Love.

 

Pour mener un rythme soutenu offensivement, le quarterback Jordan Love joue un rôle prépondérant.

S’il avait déjà fait ses preuves lors de sa saison freshman avec 1.631 yards et 8 touchdowns, il a élevé son niveau de manière impressionnante en 2018. Avec 2.185 yards et 18 touchdowns lancés pour seulement 4 interceptions concédées (dont deux face lors de la Week 1), le sophomore fait partie des meilleurs à son poste au sein du Group of Five.

Bien plus précis cette saison, il possède une palette de lancers très étoffée. Preuve de cette diversité, il se connecte toujours avec plusieurs receveurs au cours d’un match. Il est ainsi capable de s’ajuster à des profils différents, que ce soit dans le slot, en profondeur, sur des screen pass ou encore sur des jeux courts.

Même si les seniors Ron’quavion Tarver (457 yards et 6 TDs) et Jalen Greene (420 yards et 3 TDs) se démarquent sur le plan comptable, Jordan Love a déjà lancé une passe pour au moins une passe pour 17 receveurs. Face à New Mexico, il a même réussi à se connecter avec 14 joueurs différents.

Quelque peu dans l’ombre de Jordan Love, le jeu de course a également une importance dont Matt Wells ne peut se passer.

Darwin Thompson et Gerold Bright sont notamment utilisés dans la red-zone où les coureurs des Aggies ont inscrit 23 touchdowns cette saison (4e du pays dans cette situation). Que ce soit à la finition ou pour fatiguer le front seven adverse, le jeu au sol permet à l’attaque d’être complète.

Plus globalement, c’est l’effectif entier qui apporte de manière homogène lors des matchs.

Si l’attaque ne se repose pas uniquement sur un duo ou un trio, la défense compte toujours des hommes en capacité de faire une différence.

Le transfert de TCU, Tipa Galeai, a eu un impact incroyable sur le pas rush. Alors que la saison est loin d’être finie, les Aggies totalisent déjà 24 sacks, soit autant que la saison passée. L’outside linebacker y est pour beaucoup avec 6.5 sacks à lui-seul. Mais au-delà des statistiques, lui et ses coéquipiers de la ligne de linebackers décrochent souvent pour apporter du soutien dans le backfield.

La polyvalence est en réalité la clé de cette défense avec des joueurs “couteaux-suisses” qui sont à l’origine du succès défensif de Utah State.

Ce n’est pas un hasard si le programme n’encaisse que 21.7 points par match (29e du pays). Les big plays sont récurrents, à l’image des quatre defensive backs auteurs de deux interceptions chacun, et l’intensité mise au cours d’une rencontre est régulière.

 

Un déplacement crucial à Boise State pour terminer la saison

 

Avec trois matchs de saison régulière restants, Utah State a les cartes en main pour finir invaincu et remporter le titre de conférence.

Si la réception de San José State et le déplacement à Colorado State semblent largement à la portée des Aggies, l’ultime rencontre sur le terrain de Boise State pourrait être crucial pour accéder à la finale de la conférence Mountain West.

Les Broncos n’étant pas à l’abri d’un revers avant ce choc, celui-ci pourrait cependant compter pour du beurre.

Quoi qu’il en soit, l’objectif est clair sur le campus de Logan : terminer la saison avec une seule défaite, ce qui n’est plus arrivé au programme depuis 1961. Une possibilité alors inimaginable il y a encore deux mois de cela.