Syracuse est désormais classé dans le Top-15, le meilleur classement de l'Orange depuis 20 ans.

Tina Arena clamait « aller plus haut, aller plus haut, où l’on oublie ses souvenirs » dans une chanson qui semble correspondre à merveille à la saison actuelle de Syracuse.

Effectivement, à grands coups de victoire, on oublierait presque que les Orangemen étaient habitués à la défaite depuis plusieurs saisons.

Cette équipe est sans aucun doute la surprise de la saison. Non, nous n’attendions pas Syracuse aussi haut cette saison ; à vrai dire, pas même les plus grands fans de l’Orange n’auraient pu imaginer leur équipe à pareille fête.

La semaine dernière, Syracuse honorait son premier classement à l’AP Top 25 depuis 2001. Samedi dernier, face à Wake Forest, ils ont prouvé qu’ils méritaient ce classement. Et après 10 semaines de compétition, le programme pointe à la 13ème place du College Football Playoff Rankings, le meilleur classement du programme depuis le 1er octobre 1998.

Une surprise ? oui. Une aberration ? Loin de là.

Le week-end dernier, Syracuse s’est une nouvelle fois imposé, face à Wake Forest (41-24).

Si l’on pouvait s’attendre avant le coup d’envoi à un match facile contrôlé par l’Orange, la rencontre fut toute autre. Une première mi-temps poussive avant que Syracuse, en vrai diesel, passe la seconde pour se défaire de valeureux Demon Deacons.

C’est la septième victoire de Syracuse cette saison. Mieux, c’est la première victoire à l’extérieur dans la conférence ACC pour le programme depuis 2016, face à Boston College. Avec ce succès, Syracuse porte son bilan à 4 victoires pour 2 défaites en conférence.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’était pas un spectacle aérien.

Eric Dungey a ainsi lancé 157 yards complétant 23 de ses 35 passes tentées, dont 16 de suite, une semaine après avoir lancé pour 411 yards contre NC State. Le jeu au sol a donc été déterminant pour les Orangemen, une belle preuve de diversité.

Ce n’était pas le plus beau match de la saison loin de là, mais le travail a été fait. Syracuse poursuit son petit bonhomme de chemin.

 

La recette du succès de Syracuse ?

 

Souvenez-vous de la saison dernière. Un soir d’octobre, Syracuse était venu à bout de Clemson. Un succès retentissant mais quelque peu terni par la fin de saison en demi-teinte de Syracuse.

Les bases de travail étaient là, mais il restait alors la tâche la plus compliquée : progresser. Progresser, justement, c’est ce qu’à fait le quarterback senior Eric Dungey après un début de saison difficile.

Il a rapidement été mis en concurrence avec son suppléant, Tommy DeVito, mais à force de travail, celui qui restera dans l’histoire du programme a retrouvé sa place et la confiance des siens. Avec 2.001 yards, 13 touchdowns pour 4 interceptions, il est l’un des grands artisans de l’efficacité offensive des Orangemen, huitième meilleure attaque en termes de points cette saison.

(Crédit photo : Jeremy Brevard – USA Today Sports)

La défense joue également un rôle certain dans le succès des hommes de Dino Babers.

Agressive à souhait la défense de l’Orange est passée maître pour provoquer des turnovers. Avec un ratio turnovers/ballons perdus de +9, Syracuse possède là une défense qui peut tenir l’équipe en vie lorsque l’attaque sous-performe.

Si la défense contre la course n’est pas au niveau des meilleures, Syracuse peinant souvent à stopper les coureurs adverses, la ligne défensive compense par une énorme pression mise sur le quarterback adverse.

Ainsi, les deux defensive end Alton Robinson et Kendall Coleman compilent à eux deux 14 sacks, soit plus de la moitié du total de l’équipe qui en compte 27, et forment à eux deux l’un des meilleurs duos de pass rushers du pays.

Syracuse n’a jamais compté plus de 30 sacks sur une saison depuis 2013, et le pass rush devra continuer de jouer à haut niveau si Syracuse veut boucler sa saison en beauté.

 

Quelle fin de saison pour les Orangemen ?

 

Les Orangemen comptent aujourd’hui 7 victoires pour seulement 2 défaites. Avec un match à jouer face à Louisville, dont on connaît les troubles cette saison, Syracuse pourrait atteindre les 8 victoires, un résultat inespéré en début de saison.

Et pourquoi pas attendre davantage ?

Il reste trois matchs à Syracuse. Trois matchs pour faire de cette saison réussie, une saison historique, pour un programme trop habitué à se satisfaire de bien peu ces dernières années. Hélas, le calendrier a réservé à Syracuse deux adversaires coriaces pour clore la saison.

D’abord, le Fighting Irish de Notre Dame, classé 3ème du dernier classement du College Football Playoff, puis un déplacement sur le terrain de Boston College, classé 17ème.

(Crédit photo : Charles LeClaire – USA Today Sports)

Notre Dame joue les premiers rôles cette saison et le Fighting Irish est lancé dans une course infernale pour la qualification au College Football Playoff. La profondeur d’effectif et l’excellence de l’équipe seront sans doute de trop pour l’Orange.

Le match face à Boston College sera, donc, sans doute le juge de paix pour terminer la saison sur une note positive. La fin d’une ère pour Syracuse puisque son quarterback, Eric Dungey, jouera son dernier match en saison régulière. Une victoire permettrait aux Orange de clore la saison avec son plus gros total de victoires depuis 2012, alors que le programme évoluait encore dans la défunte Big East.

Les hommes de Dino Babers devraient, selon tout vraisemblance, disputer un Bowl en fin de saison, un petit évènement pour les Orange qui n’en ont plus joué depuis 5 ans.

 

L’ACC Atlantic, une terre de surprise

 

Surtout les bons résultats de Syracuse sont à mettre en relief avec les autres résultats des pensionnaires de la division ACC Atlantic. Force est de constater que la division est une terre de bonne surprise en 2018.

D’abord, il faut rappeler que trois autres équipes de l’ACC Atlantic se classent parmi les 18 premières équipes classées après la 10ème semaine. Une performance encore plus surprenante puisque deux de ses principaux représentants, Florida State et Louisville, pour ne pas les citer, passent totalement à côté de leur saison et se battent dans les tréfonds de la conférence.

La division ACC Atlantic a le don de nous rappeler que le sport n’est pas une science exacte, une affirmation qui prend encore plus de sens en football universitaire où sur un match tout peut se passer.

Si Clemson devrait sans trop de surprises remporter la division (une victoire à Boston College suffit), la division devrait nous offrir de très bons matchs d’ici à la fin de la saison régulière.

Et si finalement, l’ACC Atlantic était la meilleure division du football universitaire cette saison ?