Cela peut passer (ou casser) pour Kansas si Les Miles devient le head coach.

Les Miles, un des plus fructueux head coaches en activité, s’est engagé à reprendre un des défis les plus farfelus de l’histoire du football universitaire, à 65 ans.

Rapporté par Ross Dellenger (Sports Illustrated) dans un premier temps, puis confirmé par l’Université ce dimanche, l’ancien head coach de LSU a récupéré le poste de head coach de Kansas. Il signe un contrat de cinq ans avec les Jayhawks, pour un salaire annuel de $2.775 millions.

“Depuis le début de notre recherche, nous nous sommes concentrés à identifier et recruter un head coach avec de l’expérience et de solides antécédents de réussite sur et en dehors du terrain”, précise le directeur athlétique de Kansas, Jeff Long, dans un communiqué de presse.

“Les Miles est exactement ce dont nous recherchions pour notre programme à l’heure actuelle. Sa réputation nationale, en tant que recruteur et qu’entraineur pour lesquels les jeunes aiment jouer, nous aidera à renverser la vapeur et à retrouver une tradition victorieuse à Kansas. Nous sommes heureux d’accueillir Les Miles et sa famille chez les Jayhawks.”

Kansas réalise un coup désespéré pour relancer un programme de football à la dérive dans les bas fonds de la ligue depuis plus d’une décennie. David Beaty, actuel head coach des Jayhawks, a été renvoyé au début du mois de novembre tout en acceptant de terminer la saison à son poste.

Que faut-il penser d’une telle embauche ? On peut repérer du bon… et surtout du moins bon.

 

Les Miles, un boost immédiat pour les Jayhawks

 

Le programme de football de Kansas est devenu la risée du pays pour ses contre-performances majeures, saison après saison, d’autant plus au sein d’une conférence comme celle de la Big 12. Afin de redonner de l’espoir à une équipe inepte ainsi qu’à une base de supporters démunie, Les Miles peut être l’homme de la situation.

Avec une personnalité loufoque et un langage atypique, l’homme apporte une présence médiatique indéniable à un programme qui en a cruellement besoin. Son expérience prolongée au sein d’un des meilleurs programmes du pays est un autre atout indéniable afin de remettre un programme sur la voie du succès et de la compétitivité infrastructurelle dans la conférence Big 12. 

Mais il apporte surtout une aura transcendante auprès des boosters de Kansas et c’est certainement pour cette raison que Jeff Long, directeur athlétique des Jayhawks et ami de longue date (depuis les années 1980), veut l’embaucher. 

Les levées de fonds sont le nerf de la guerre en football universitaire et Les Miles s’est montré être un expert dans ce domaine politique lors de ses nombreuses années sur le campus de Baton Rouge. Avec une somme accrue de participations financières, Kansas peut espérer construire un programme avec fondations plus solides, ce qui mènera inévitablement à de meilleures classes de recrutement et une logistique plus concurrentielle face à ses adversaires de la conférence.

Un tel rôle ne lui est pas étranger ; effectivement, le « Mad Hatter » a connu une situation quasiment identique au début de sa carrière de head coach, à Oklahoma State.

A son arrivée en 2001, les Cowboys trainaient en queue de peloton dans la conférence Big 12 et n’avaient terminé qu’avec une seule saison positive lors des 10 années précédentes. Il a quitté le campus de Stillwater au bout de 4 saisons avec trois records consécutifs à plus de 7 victoires et une réputation de danger permanent en Big 12 que Mike Gundy a perpétué depuis lors.

Kansas est assuré de terminer avec une 22ème saison négative sur les 23 derniers exercices et a perdu 35 des 37 dernières confrontations en Big 12. La tâche est lourde, mais Les Miles est capable de redresser la dignité du programme.

 

Sur le plan sportif, un choix loin d’être judicieux

 

Si le but de Kansas est de remettre à flot le programme de football sur le plan des infrastructures et de la santé financière, il n’existe possiblement pas de meilleure personne que Les Miles.

Mais si les Jayhawks veulent retrouver le chemin de la compétitivité sportives et des records positifs, l’université se met le doigt dans l’oeil jusqu’au coude.

Les Miles arrive à Lawrence avec 141 victoires en carrière (114 victoires en 12 saisons avec LSU, de 2005 à 2016), alors que les 33 dernières saisons de Kansas n’ont produit qu’un total de 137 succès, soit une moyenne de 4.1 succès par saison. Il a également remporté avec les Tigers deux titres de conférence SEC et surtout le BCS Championship en 2007.

Sauf que son ère à LSU s’est terminé brutalement, après des années de critique par rapport à une philosophie de jeu offensive totalement obsolète dans le football moderne. Il avait martelé à plusieurs reprises qu’il adapterait le jeu des Tigers, mais aucune évolution n’a jamais transpiré. S’il ne peut pas faire mieux que le ventre mou de la SEC West avec une des équipes des plus talentueuses du pays, il n’arrivera jamais à accomplir des miracles avec Kansas, d’autant plus dans la conférence Big 12, qui est réputée pour être celle de l’innovation et l’avant-garde offensive.

Il suffit de regarder des attaques de Oklahoma, Oklahoma State, Texas Tech ou encore West Virginia pour se rendre compte du gouffre avec les préceptes de Les Miles.

Pour qu’une équipe de deuxième ou troisième zone émerge des profondeurs de la médiocrité pour se rapprocher du succès d’envergure, il faut mettre en place un plan d’attaque sur le long-terme, où le head coach peut développer son équipe à sa guise, avec une philosophie innovante. Il suffit de regarder non loin de là, à Iowa State, pour déceler la recette magique

Et c’est bien avec un entraineur tel que Matt Campbell que Kansas peut espérer remonter la pente.

Les Cyclones sont allés débaucher un head coach victorieux dans le Group of Five (à Toledo) et ils lui ont laissé le temps de construire un programme à son image. Kansas devrait opter pour cette option, avec des hommes comme Scott Satterfield (Appalachian State) ou Lance Leipold (Buffalo), par exemple, plutôt que demander à un entraîneur de l’ancienne garde de revenir sur le bord du terrain après un hiatus de presque deux ans.

Jeff Long est réputé pour être un excellent directeur athlétique et le succès des Jayhawks en basketball est indéniable. Attendons de découvrir son plan pour le programme de football, avec Les Miles, mais jusqu’à preuve du contraire, le pente demeure toujours glissante et prompt à la rechute.