Une défaite comme un terrible retour sur terre pour les Seminoles, qui pensaient avoir fait un break définitif, en vain.

C’était sans doute le meilleur match de Florida State cette saison.

Dans une rencontre sous haute tension, les Hurricanes de Miami (FL) ont vaincu les Seminoles (28-27) en réussissant le plus grand comeback de leur histoire en seconde période. Les hommes de Willie Taggart ont dominé Miami pendant 3 quarts temps avant de s’écrouler.

Dans un match entre deux programmes qui se détestent, la défaite était interdite et les Seminoles ont péché par peur. La peur de gagner.

 

 

Loin de n’être qu’un phénomène d’un jour, ce résultat s’inscrit dans une dynamique négative entamée dès la première semaine et une lourde défaite face à Virginia Tech. Une dynamique qui tarde à s’inverser autant dans la manière que dans les résultats.

Classé en début de saison, le programme de Tallahassee n’en finit plus de dégringoler au grand dam des fans qui espéraient trouver dans ce cru en 2018 des successeurs aux Derwin James, Dalvin Cook ou encore Jalen Ramsey, partis en NFL ces dernières années.

Très critiqués et moqués ces dernières semaines, les Seminoles sont une énième preuve que le talent ne fait pas tout.

Si André Siegfried affirmait que « le talent a besoin de gestion », Florida State se charge cette année de lui donner raison, la faute à un Willie Taggart qui peine à trouver des solutions. Tout n’est évidemment pas perdu, mais les Seminoles affichent des faiblesses qui semblent rédhibitoires afin de transformer ce début de saison cauchemardesque en une saison réussie.

 

Le chantier principal en attaque

 

Si l’on observe de près les noms qui composent le secteur offensif des Seminoles, on ne peut qu’être étonné des performances de l’équipe. La réalité du papier n’est pas toujours celle du terrain. Florida State ne parvient pas à trouver des solutions, une criante anomalie à l’égard du talent que l’équipe comporte.

Commençons par le chef d’orchestre : blessé dès le premier match la saison passée, Deondre Francois était vu comme le messie pour son retour.

Beaucoup attendaient de lui qu’il retrouve le talent affiché lors de sa saison freshman, mais après 6 matchs joués, il déçoit. Il n’est pas aidé par une ligne offensive incapable de lui ôter de la pression, subissant 6 sacks contre une coriace ligne défensive de Miami et commettant également un fumble au pire moment pour sceller le sort de la rencontre.

(Crédit photo : Jasen Vinlove-USA TODAY Sports)

Deondre Francois n’est pas le seul joueur en difficulté. Cam Akers, running back de talent attendu comme le successeur de Dalvin Cook, peine à performer.

Limité par le faible nombre de brèches créées par sa ligne offensive, il ne gagne qu’en moyenne 60 yards par match pour une moyenne de 4,1 par portée, une réelle déception après une saison freshman conclue à 1.024 yards au sol et 7 touchdowns.

Les Seminoles doivent donc composer avec un impact limité de deux playmakers. On est bien loin de l’époque où Jameis Winston lançait pour Rashad Greene et où Devonta Freeman punissait les défenses au sol.

Pour faire simple : Florida State doit retrouver son identité, celle d’une équipe qui contrôle le tempo du match via le jeu au sol. L’évolution de l’équipe passera donc par les progrès de la ligne offensive.

Pour cela, Willie Taggart doit offrir de la continuité à ses linemen. Florida State a titularisé 9 linemen différents depuis le début de la saison, ce qui n’est pas optimal pour une ligne dépourvue de Rick Leonard et Ryan Izzo, tight end mais excellent bloqueur, tous deux draftés en juin dernier, afin qu’elle puisse acquérir des automatismes.

 

L’escouade défensive s’avère être une bonne surprise

 

Tout n’est pourtant pas à jeter chez les Seminoles.

La défense, orpheline de la plupart de ses titulaires de l’an passé, s’avère être une bonne surprise. Nous avions annoncé que cette défense possédait en son sein un énorme consensus d’anciennes recrues 4- ou 5-étoiles, emmenés par les vétérans Demarcus Christmas et Brian Burns.

Face à Miami, la défense des Seminoles a tenu une mi-temps à très haut niveau, avant de baisser le pied et de laisser les Hurricanes prendre l’avantage. “The U” a profité largement des erreurs commises par l’attaque et par les équipes spéciales de Florida State pour enchainer 4 séries dans la partie de terrain des Seminoles, des erreurs qui se payent cash dans un match avec une telle intensité.

(Crédit photo : Lynne Sladky-AP Photo)

Les statistiques prouvent l’impression visuelle aperçue samedi : la défense des Seminoles a répondu présent, comme en témoignent les 3,9 yards par action accordés à l’attaque adverse menée par N’Kosi Perry. Aussi, Florida State a compilé 5 sacks, 13 plaquages pour pertes et un bilan plutôt flatteur de 5 sur 18 sur les troisièmes tentatives.

En difficulté en 2017, la défense des Seminoles répond présente cette année, excepté face à Syracuse, où toute l’équipe est passée à côté. Ce qui était au départ une inconnue se révèle être la force principale (et surprise) des hommes de Willie Taggart.

 

Willie Taggart déjà menacé ?

 

Si les résultats ne sont pas ceux que l’on pourrait attendre d’une équipe comme Florida State, Willie Taggart reste l’homme de la situation.

Pourtant avec un effectif si riche, on pourrait raisonnablement espérer un peu plus dès maintenant, mais c’est bien pour performer sur la durée que l’ex-head coach de Oregon à rallier Tallahassee cette saison. Il ne devrait pas partir de sitô après la signature d’un contrat de 30 millions de dollars avec l’université jusqu’à janvier 2024.

(Crédit photo : Nicki Lusi-AP Photo)

En revanche, il ne serait pas étonnant de voir Willie Taggart lancer James Blackman en lieu et place de Deondre Francois au poste de quarterback. En effet, le but serait de créer un électrochoc qui serait bénéfique à une équipe en cruel manque de confiance.

Si la saison des Seminoles n’a pour le moment rien de scandaleux, perdre face à des adversaires classés est même légitime pour un programme en pleine construction, il faudrait pour rester éligible à un Bowl en fin d’année ne pas sombrer dans une série de défaites.

Florida State devrait l’emporter face à Wake Forest, mais l’équipe aura fort à faire face à Clemson le 27 octobre. Si une défaite serait logique, c’est surtout la manière qui sera observée du côté de Tallahassee.