THIS IS MARCH. Dès la première soirée de la March Madness.

La March Madness était attendue depuis un an, et bon Dieu, que son retour ne nous déçoit pas.

Le First Round a pris tout le monde de court avec un enchainement ininterrompu de rencontres toutes plus folles les unes que les autres. Entre confrontations tendues jusque dans les derniers moments et un upset déjà entré dans la légende, le tournoi débute sur des bases stratosphériques.

Et seulement 16 rencontres se sont déroulées, de quoi nous faire saliver pour la seconde salve de matchs du First Round.

Tous les résultats de la première soirée du First Round, en images : 

#7 Rhode Island élimine #10 Oklahoma… après prolongations

Nous avions prévenu tout le monde que Rhode Island allait battre Oklahoma et que “Fatts” Russell allait se jouer de Trae Young dans un duel de meneurs freshmen au sommet. Et bien, ce fut en plein dans le mile.

La performance d’équipe concoctée par les Rams, entre un E.C. Matthews conquérant et un “Fatts” Russell inconscient derrière l’arc, permet de terrasser des Sooners bien trop dépendants de Trae Young, en demi-teinte. Le meneur superstar termine avec 28 points au compteur, mais les nombreuses erreurs face à la défense agressive du jeune Russell ainsi que 20 minutes aphones en plein milieu de match laissent un gout d’inachevé.

Ou alors, il est fort possible que Oklahoma ait montré ses limites.

Avec une telle victoire pleine de panache et de confiance face aux chouchous du comité de sélection, Rhode Island impose le respect, rappelle les forces en sa possession et s’inscrit d’ores et déjà comme un tombeur de gros pour le Second Round.

Tiens, cela tombe bien, Duke est au programme du tour suivant.

Upset majestueux pour #11 Loyola-Chicago… et au buzzer, s’il vous plait !

9.3 secondes au chronomètre. Loyola-Chicago tape à la porte, Miami possède deux lancers-francs pour prendre de l’air.

Le premier lancer rebondit un nombre incalculable de fois sur le cercle avant de retomber dans les mains des Ramblers. Ces derniers remontent le ballon pour une ultime chance de sortir un upset que la plupart des observateurs imaginait comme possible.

Donte Ingram, depuis le logo, s’envole dans les airs. Le reste n’est plus qu’histoire.

Loyola-Chicago écoeure la concurrence avec le premier upset du tournoi (64-62), délivré sur un plateau d’argent grâce à un tir réussi à 3 points au buzzer, aussi pure que la performance des Ramblers.

Les étoiles se sont alignées parfaitement. Loyola-Chicago est resté dans l’ombre de Miami toute la rencontre, endormant des Hurricanes qui, faut-il le noter, ne proposaient pas un jeu offensif digne de leur statut. Du hero ball pendant 60 minutes, sans véritable plan de jeu (ni un Lonnie Walker de gala), tandis que leurs adversaires assumaient la qualité d’une des meilleures attaques du pays durant la saison régulière

Les Ramblers sont restés bloqués à une possession de retard pendant de longues minutes… et ont gâché un bon nombre d’occasions pour mettre le match dans leur poche.

Mais Donte Ingram n’a pas manqué la dernière chance dans les ultimes secondes, profitant d’un ballon capricieux qui ne voulait pas tomber dans le cercle pour Miami. Un coup du destin.

Le campus de Loyola-Chicago a explosé de joie, à juste titre, mais rien de comparable à ce qui s’est produit dans un bar de Chicago. La magie (ou folie) de la March Madness en quelques secondes.

#13 Buffalo massacre #4 Arizona de plus de 20 points ! 

Autant l’upset réalisé par Loyola-Chicago est le plus spectaculaire, celui accompli par Buffalo demeure véritablement le plus beau.

Non pas à cause de la différence de seeds, qui est plus grande, mais davantage à cause de la manière dont les Bulls ont effacé Arizona de leur chemin. Les champions de la conférence MAC ont joué les yeux dans les yeux avec les Wildcats en première partie de rencontre avant d’accélérer après la pause et de laisser les derniers représentants de la conférence Pac-12 dans la poussière.

Buffalo sort un run de 30-12 en plein milieu de la deuxième période, attaquant la ligne de fond d’Arizona avec une rapidité constante et alignant les 3-points avec une confiance à toute épreuve ; les Bulls inscrivent 15 de leurs 30 tirs primés tandis que les Wildcats ont toussé avec un sale 2 sur 18 dans le même domaine.

Wes Clark domine avec 25 points pour Buffalo, accompagné des 23 points de Jeremy Harris et des 19 points de C.J. Massinburg.

Mais au-delà de la folie offensive, Buffalo a trouvé le point faible d’Arizona et a appuyé dessus autant que possible : mettre un maximum de pression sur les extérieurs et les forcer à tirer de loin. Le pourcentage famélique à 3-points en atteste.

DeAndre Ayton termine sa carrière avec les Wildcats sur une performance moyenne (14 points, 13 rebonds) ; l’intérieur n’a pas perdu de temps après la défaite pour annoncer son départ vers la Draft NBA, au même titre que Allonzo Trier, suspendu pour un contrôle anti-dopag positif.

Buffalo a éventré les restes du bateau d’Arizona et les deux leaders des Wildcats profitent d’un dernier moment pour sauter par-dessus bord avant qu’il ne coule pour de bon.

#5 Ohio State et #6 Houston ont eu chaud, très chaud

Ohio State savait ce qui l’attendait face à South Dakota State : Mike Daum allait leur donner le maximum de fil à retordre et c’est exactement ce qu’il s’est produit.

“The Dauminator” porte les siens avec 27 points comme attendu et, grâce à un tir primé clutch dans les dernières minutes, aide les Jackrabbits à égaliser à 70 partout avec moins de 2 minutes restantes. En revanche, ce qui est moins clutch, c’est de faire faute à deux reprises de suite sur un tireur à trois points, anéantissant toute chance d’upset en l’espace de quelques secondes.

Le jeu à 4-points de Kam Williams a refroidit les ardeurs de toute une communauté, d’un coup d’un seul, et permet aux Buckeyes de l’emporter 81 à 73.

La plus belle performance individuelle de la nuit ? Rob Gray pour Houston, sans aucun doute.

Le leader des Cougars a enfilé sa cape de sauveur dans les ultimes secondes pour départager les siens d’une vaillante équipe de San Diego State, revenu à égalité avec l’aide d’un Devin Watson ultra-décisif, auteur de deux tirs primés consécutifs. Mais Rob Gray n’avait pas dit son dernier mot : le guard attaque le cercle tout en puissance et enfile un layup de toute beauté, afin d’ajouter deux nouvelles unités à une performance de 39 points (record en carrière).

Deux dernières unités des plus importantes, ment qui plus est Houston à une première victoire à la March Madness depuis 1984 et l’ère d’un certain Hakeem Olajuwon.

Les favoris assurent avec plus ou moins de facilité

#1 Villanova n’a laissé espérer #16 Radford qu’une poignée de minutes. Par la suite, la machine des Wildcats s’est mise en route et a broyé son adversaire comme elle sait si bien le faire (61-87).

#1 Kansas a eu peur avec une première mi-temps très poussive face à #16 Penn, mais les Jayhawks, menés par un grand Devonte Graham (29 points, 6 rebonds, 6 passes décisives), décollent juste avant la pause et ne s’arrêtent pas en vol lors des 30 dernières minutes (76-60).

#2 Duke a tout simplement survolé la rencontre face à #15 Iona (89-67), démarrant sur les chapeaux de roue avant de dérouler son basketball par la suite. Marvin Bagley II domine le match (22 points, 7 rebonds) et les Blue Devils auront besoin de lui lors du Second Round, lorsqu’il faudra s’attaquer aux Rams de Rhode Island.

#3 Tennessee ne fait qu’une bouchée de la pauvre équipe de #14 Wright State (73-47). Un échauffement réussi pour les Volunteers avant d’affronter la sensation du First Round, Loyola-Chicago, pour le Second Round.

#4 Gonzaga a vu la fin de la saison pendant un instant. La défense et l’insouciance de #13 UNC Greensboro a donné l’avantage aux Spartans dans les ultimes minutes, et l’on croyait le sort des Zags scellé. Mais ce n’était sans compter sur les cojones du freshman Zach Norvell Jr., qui délivre les siens sur un tir primé des plus osés. Une victoire est une victoire, au final, et les Bulldogs poursuivent leur aventure.