Présentation des quatre rencontres du First Four de cette nouvelle édition de la March Madness.

Après une saison éprouvante tant sur le plan sportif que extra-sportif (malheureusement), les choses sérieuses commencent réellement avec le First Four de la March Madness.

Quatre rencontres au programme, deux ce mardi soir et deux mercredi soir. Présentation des matchs, tous aussi indécis les uns que les autres, avec une belle affiche en point d’orgue.

#16 Radford vs #16 LIU Brooklyn (mardi, à 23h40)

C’est clairement l’affiche que personne n’aurait pu prédire en début de saison.

Radford, vainqueur surprise de la conférence Big South, rencontre LIU Brooklyn, vainqueur surprise de la NEC. Comme chaque année depuis 2012, le représentant de la NEC se retrouve à Dayton pour le First Four. Cette saison, ce n’est pas Wagner mais plutôt les Blackbirds, qui ont surpris leur monde en battant le patron de la conférence en finale.

Derek Kellogg, de retour chez son alma mater après neuf saisons à UMass et une participation à la March Madness, aura à cœur de faire taire les critiques le visant. Dès sa première saison, il ramène LIU Brooklyn à la grande danse après quatre ans d’absences.

Si vous avez lu notre papier sur le LIU Brooklyn, vous savez que le duo composé de Joel Hernandez, gros scoreur, et Raquian Clark est tout simplement au-dessus du lot. De plus, ce qui caractérise surtout l’équipe, c’est le fait de jouer avec de la passion et du cœur.

Défensivement, les joueurs déploient une énergie incroyable et cela provoque des conséquences positives sur le tableau d’affichage avec un jeu en transition en place.

Pour Radford, on connaît surtout le freshman de l’année de la conférence Big South, Carlik Jones. En effet, il a permis à son équipe de battre Liberty en finale avec un buzzer beater fou.

Comme pour leur adversaire du soir, les Highlanders défendent dur, très dur, en étant la 14ème meilleure défense du pays à ce jour. Cependant, on prône plus le jeu individuel que collectif, en s’appuyant sur Clark mais aussi sur Ed Polite Jr.

Malgré cela, les petites individualités qui sortent du banc sont assez intéressantes et apportent un petit plus à chaque match. 8 joueurs sont à 4 points de moyenne ou plus, ce qui est vraiment pas mal pour une équipe des Mid-Majors dont on n’attendait pas grand-chose cette saison.

Pronostic : ce ne sera pas un match flashy, clairement, mais LIU Brooklyn l’emportera au final.


#11 St. Bonaventure vs #11 UCLA (mardi, à 2H40)

Quel plaisir de voir l’Atlantic-10 avec trois équipes à la March Madness. Pourtant, avec la victoire de Davidson en finale face à Rhode Island, on a eu peur de ne pas retrouver les Bonnies…

Mais pour une fois, le comité de sélection n’a pas fait sa mascarade (bon, ils se sont rattrapés sur d’autres).

Le 9 janvier, j’écrivais un dossier sur les Bonnies, me posant la question “est-ce la bonne année pour St. Bonaventure ?”. La réponse est oui.

On réfléchissait à ceci quelques jours après la victoire sur le parquet de Syracuse, dans un match ô combien dégueulasse (c’est vraiment le mot, 60 à 57, après prolongation). Au final, cette victoire a été le déclencheur d’une fin de saison incroyable, rasant tout sur son passage.

Le backcourt avec Jaylen Adams et Matt Mobley est l’un, si ce n’est le meilleur chez les Mid-Majors, tellement les deux joueurs sont complémentaires et talentueux. Ils ont par ailleurs une revanche à prendre sur leurs débuts universitaires en demi-teinte. Rien que ce duo est une raison pour croire à St. Bonaventure.

De l’autre côté, UCLA a été repêché principalement grâce à son rival de toujours, USC, qui n’a pas été sélectionné à cause du scandale découvert par le FBI et qui incrimine les Trojans. Mais attention, les Bruins sont vraiment redoutables, notamment grâce à Aaron Holiday, au sommet de son art.

Comme son adversaire du soir, UCLA est une attaque très prolifique, la 28ème du championnat, le tout avec une adresse à trois points très bonne (38.3%, soit le 44ème meilleur pourcentage du pays).

Nul doute que ce match, à l’inverse du premier, sera passionnant à voir. Deux superbes attaques, un match décanté au plus haut point, cela promet un spectacle grandiose.

Pronostic : St. Bonaventure, après prolongation (pour faire durer le plaisir jusqu’à 5h du matin).


#16 NC Central vs #16 Texas Southern (mercredi, à 23h40)

NC Central a connu une saison en dents de scie, bien loin des standards des années précédentes. Et malgré la phase de reconstruction débutée à l’intersaison, les Eagles seront à la Grande Danse pour la deuxième saison consécutive.

Alors qu’on soit bien clair, en jetant un œil aux statistiques sur le site de Kenpom (la référence absolue), je n’étais pas loin de faire un infarctus : 288ème défense du pays, 301ème attaque du pays.

Je ne préfère pas mettre les chiffres car c’est assez effrayant. De plus, NC Central n’a affronté aucune équipe du Top 50 de Kenpom et aucune victoire face à du Top 150… Oui, NC Central est la pire équipe qualifiée pour cette March Madness, mais c’est la beauté de notre championnat. Et qui sait, le programme peut passer un tour !

Car en face, Texas Southern n’est pas mieux.

Dans une conférence SWAC très pauvre en terme de qualité d’équipe (et pourtant, je suis un défenseur des Mid-Majors…), le programme a terminé en troisième place à l’issue de la saison régulière, avant de sortir un tournoi vraiment solide. Donte Clark, le leader de l’équipe, était “in the zone” sur cette fin de saison et sera l’option numéro une offensivement pour l’équipe.

La rencontre restera quoi qu’il en soit une belle mise en avant à propos des deux conférences HBCU (conférences aux universités traditionnellement noires, qui souffrent de tellement d’inégalités…) et c’est ça le plus important dans l’histoire.

Pronostic : Texas Southern. Pourquoi ? Pour mettre en lumière la SWAC et surtout pour la belle histoire de commencer la saison par 12 défaites consécutives et malgré tout, se qualifier pour le tournoi principal.


#11 Arizona State vs #11 Syracuse (mercredi, à 2h40)

Arizona State s’en sort bien avec cette sélection à la March Madness. Programme à la hype démentielle pendant plusieurs semaines, avec certains spécialistes annonçant les Sun Devils comme la grosse cote pour le mois de mars, s’est écroulé dès l’arrivée des matchs de conférence.

Cette équipe offensive, qui mise beaucoup sur l’adresse longue distance, a vraiment du mal à attaquer une défense de zone. Sachant que la majorité des équipes de la Pac-12 défendent en zone, je vous laisse imaginer la suite…

Tra Holder est une menace permanente pour l’adversaire, tellement élégant sur un parquet. La 14ème meilleure attaque du pays, dans un bon jour, peut battre n’importe qui !

En face, c’est Syracuse.

Le fait d’avoir sélectionné Oklahoma est une insulte, mais le fait d’avoir pris Syracuse est encore pire. Un programme qui affiche 20 victoires pour 13 défaites, une 10ème place dans l’ACC, une défaite de 20 points dès le 2ème tour du tournoi de conférence. Syracuse peut dire merci à Louisville et surtout au FBI.

Syracuse ne mérite pas d’être là, c’est un fait. Syracuse est une purge à regarder, c’est un autre fait.

Mais Syracuse est là, sa célèbre défense de zone face à un adversaire qui ne sait pas attaquer une zone est une (autre) aubaine. Tyus Battle est la seule raison de regarder un match de l’Orange. Paschal Chukwu est un intérieur qui mérite tellement mieux que des miettes chaque match.

Pronostic : je crois que vous l’avez bien compris, et s’il existe une justice, Arizona State doit gagner.