Pour le Final Four, il y avait Moritz Wagner... et les autres.

Larry Bird, Akeem Olajuwon et maintenant, Moritz Wagner.

L’intérieur allemand de Michigan rejoint deux légendes du basketball américain grâce à une performance digne des plus grands lors du Final Four. Avec 24 points et 15 rebonds, il devient le premier joueur depuis 1983 et seulement le troisième dans l’histoire a réalisé un tel exploit au cours d’une demi-finale nationale.

Loyola-Chicago ne pouvait littéralement rien faire face à la puissance, l’agilité et la précision de Moritz Wagner, qui jouait devant ses parents, s’étant déplacé de leur Allemagne natale.

Il fallait une grande équipe ou un grand joueur pour forcer l’arrêt à cette équipe de Loyola-Chicago ; cette dernière s’est frotté à Moritz Wagner et s’est incliné.

La belle histoire des Ramblers doit s’arrêter aux portes du National Championship Game, à l’instar de leurs prédécesseurs, qui ont tous échoué au moment de franchir la dernière marche.

#3 Michigan s’impose lors de la manche d’ouverture du Final Four face à #11 Loyola-Chicago, sur le score de 69 à 57, et prend la direction d’une seconde finale nationale sous l’égide de John Beilein, après celle de 2013.

Et Moritz Wagner est l’instigateur du succès de Michigan.

Un mini-run des Wolverines en milieu de seconde période a propulsé l’Allemand dans une zone de réussite écrasante ; il a effectivement enchaîné deux tirs primés, le premier avec 7 minutes au chrono pour égaliser (47-47) et le second, celui qui fait mal, à 3 minutes de la fin, pour prendre une avance rédhibitoire de 8 points (59-51).

Même lorsque les Wolverines se trouvaient au fond du trou, Moritz Wagner répondait présent afin de sortir les siens d’une mauvaise passe.

Aidé de Charles Matthews (17 points, 5 rebonds), il était le seul à surnager d’une première période catastrophique pour les pensionnaires de la conférence Big Ten. Muhammad Ali Abdur-Rahkman (7 points à 2/11, 5 rebonds) et Zavier Simpson, totalement perdus (0/10 à la pause), tiraient leur équipe vers le bas malgré le double-double de Moritz Wagner en seulement 17 minutes.

Le plan de jeu offensif de Michigan au cours des 20 premières minutes (si ce n’est 30 minutes, en toute honnêteté) ? Artiller de loin et laisser l’Allemand prendre un rebond offensif puis convertir celui-ci en points de seconde chance.

Evidemment, cette technique n’a pas fonctionné et a laissé espérer les Ramblers un long moment.

Loyola-Chicago termine la première mi-temps en tête au tableau d’affichage, 29 à 22, sur un tir réussi au buzzer par Donte Ingram (2 points, 9 rebonds). Les champions de la Missouri Valley Conference profitent alors d’une impuissance incroyable de Michigan en attaque, incapable de réaliser n’importe quel système.

Le pivot freshman Cameron Krutwig prend les choses en main de fort belle manière et produit un jeu égal à celui de Moritz Wagner.

Il se révèle dangereux sous le panier et cause de nombreux maux à ses adversaires, au prix d’un footwork d’un toucher de ballon surprenants pour un gamin de son âge. Il termine avec une fiche de 17 points et 6 rebonds, très prometteur pour la suite de sa carrière.

Le début de seconde période est une illustration parfaite de cette bataille pour la domination sous le panier : Cameron Krutwig inscrit un 2+1 acrobatique moins de 20 secondes après la remise en jeu de la mi-temps tandis que Moritz Wagner lui répond avec une attaque du panier conclu sur un punk rageur.

Mais cette séquence n’empêche pas Loyola-Chicago de croire à un nouvel exploit retentissant.

Plutôt discret jusque là durant ce Final Four, le leader des Ramblers, Clayton Custer (15 points), se réveille en inscrivant 7 points consécutifs et offre une avance de 10 points au petit poucet de la compétition, alors qu’il reste tout juste 14 minutes à jouer.

Tous les observateurs pensent alors que la magie des Ramblers n’est pas encore arrivé à bout de souffle ; et pourtant, plus rien ne se passe comme il faut pour Loyola-Chicago à partir de cette prise de leadership.

John Beilein insère la gâchette attitrée des Wolverines, Duncan Robinson (9 points à 2/6 derrière l’arc), dans le cinq de l’équipe. Celui-ci enfile un tir primé dans la foulée et offre à Michigan la dynamique de la rencontre.

Les Ramblers ne seront plus jamais les mêmes à partir de là.

Ils enchainent les turnovers (cinq en autant de possessions pour être précis) et vivent une nouvelle période de disette offensive. Le coup de massue asséné par Moritz Wagner avec une égalisation sur 3-points solidifie la prise de pouvoir des lauréats de la Big Ten.

La fatigue physique et mentale a finalement eu raison de Loyola-Chicago. Une telle course folle ne vient pas sans inconvénients et quoi que les joueurs aient pu dire ces dernières semaines, l’attention nationale qu’ils ont généré a mangé une bonne partie de l’influx nerveux de l’équipe.

Michigan, par l’intermédiaire de Moritz Wagner, a causé la plus grande adversité que les Ramblers aient connu jusque là pour la March Madness, sur la scène incroyablement lourde du Final Four ; les nerfs de Cendrillon ont lâché en premier.

Loyola-Chicago peut tout de même quitter cette March Madness la tête haute.

Ils ont illuminé la compétition avec une course folle jusqu’au Final Four, entrant dans la légende des Cendrillons du plus beau tournoi sportif au monde.

Mais outre cette belle histoire, les Ramblers ont également montré qu’ils avaient le niveau pour se battre avec les meilleurs programmes de basketball universitaire du pays, portant l’étendard des mid-majors avec fierté.

Chicago peut attendre leur équipe en héros.

Et pendant ce temps-là, Ann Arbor se prépare à supporter les Wolverines au National Championship Game, derrière un Moritz Wagner en pleine bourre, pour tenter de remporter un second titre national dans l’histoire de l’université.