Que vaut réellement cette équipe de Villanova ?

La saison de basketball universitaire touche à sa fin avec le Final Four, point d’orgue d’une March Madness haletante. Quatre équipes s’y sont qualifiées, il est temps de savoir ce que chacune d’entre elles vaut.

Pour commencer cette série de présentations, #1 Villanova, attendu au tournant deux ans après avoir soulevé le titre de champion national.

Retour sur la saison régulière

30 victoires. 4 défaites. Difficile de trouver un bilan plus impressionnant que celui de Villanova. C’est d’ailleurs la cinquième fois en cinq ans (depuis 2013) que les Wildcats terminent la saison régulière avec moins de 5 défaites.

En parlant de régulière, cette équipe l’est.

Après 13 victoires de suite pour commencer la saison, dont un blowout face à #12 Gonzaga (88-72), ce sont les Bulldogs de Butler, à 15/22 longue distance (!), qui ont infligé la première défaite de la saison aux Wildcats (101-93).

Mais très vite, Villanova s’est remis dans le droit chemin (9 succès de rang) avant de voir St Johns, équipe en forme du moment dans la Big East, s’imposer chez eux, en Pennsylvanie (79-75). Cette défaite a déréglé quelque peu le programme puisque les Wildcats ont concédé deux autres défaites, face à Providence (76-71) et Creighton (89-83) dans les jours suivants.

Cependant, la victoire remportée haut la main sur #4 Xavier entre-temps (95-79) a remis les choses en place.

Finalement, Villanova a terminé en roue libre la saison jusqu’en finale de conférence où les Wildcats ont dû aller en prolongations pour se défaire de Providence (76-66).

Retour sur la March Madness

Si certains ont pu être réticents quant au réel niveau des hommes de Jay Wright durant la saison régulière étant donné que Villanova n’a jamais affronté de cadors de l’ACC, de la Big 12 ou de la SEC lors de leur calendrier hors-conférence, ce début de tournoi a mis tout le monde d’accord.

C’est simple, Villanova n’a jamais été véritablement en danger, dominant chacun de ses quatre adversaires par au moins 12 points.

Pour son entrée en lice, #16 Radford n’a évidemment pas fait le poids (87-61) tandis que #9 Alabama a subi une lourde défaite (81-58) après avoir accroché les Wildcats en première période.

Lors du Sweet 16, #5 West Virginia, qui pouvait représenter une réelle menace pour Villanova, a en effet gêné les champions de 2016 pendant trois-quarts de la rencontre, mais la différence s’est finalement faite dans les 10 dernières minutes (90-78).

Enfin, #3 Texas Tech s’est présenté face à aux Wildcats pour l’Elite 8, dernière marche avant le Final Four. Une nouvelle fois, Villanova a dominé son sujet de la tête et des épaules, l’emportant 71-59 derrière une défense de fer.

L’identité de Villanova : le collectif

Villanova n’est pas l’équipe la plus expérimentée du pays, ni celle qui compte sur la meilleure rotation, mais les Wildcats sont tout de même l’un des meilleurs collectifs de Division I.

C’est sur cette capacité à faire participer chacun des joueurs sur le terrain que Villanova base son jeu. Et avec Jalen Brunson en meneur de jeu, vous pouvez être sûrs que votre plan de jeu sera respecté.

Ainsi, avec 16.5 passes en moyenne par match (18e), six (!) joueurs tournants à plus de 10 points par match et aucun joueur avec plus de 32 minutes de jeu en moyenne, les Wildcats sont quasiment inarrêtables collectivement.

Quand un cadre de l’équipe n’est pas dans un grand jour, il y aura toujours quelqu’un pour compenser son absence.

Ce n’est donc pas une surprise si Villanova est la meilleure attaque du pays selon les statistiques avancées de Ken Pom.

Cette cohésion est aussi retrouvée défensivement où les Wildcats sont très rarement dépassés par l’adversaire. Certes, il arrive que Villanova n’arrive pas à contrer un joueur en particulier, mais globalement, une solution est souvent trouver lors des possessions défensives qui suivent.

Il est très rare de voir les résidents de la Big East faire deux fois la même erreur. Rajoutez à cela le fait qu’ils n’encaissent presque jamais de gros run et vous avez une équipe complète, intelligente et solidaire qui se dresse à vous.

On l’a souvent répété, mais cette régularité apportée par le mentalité de jeu de Jay Wright donne un sacré avantage aux Wildcats en NCAA, étant donné que Villanova est gérée comme une équipe professionnelle.

Le joueur à suivre : Donte DiVincenzo 

On aurait bien pu choisir Jalen Brunson (19.2 points à 52.7%, 4.6 passes et 3.1 rebonds), Mikal Bridges (17.8 points à 43.6% de loin, 5.4 rebonds et 1.5 interception) ou encore Omari Spellman (10.8 points, 7.8 rebonds et 1.5 block), mais un autre joueur sera également à suivre lors de ce Final Four.

En effet, Donte DiVincenzo est LE facteur X de cette équipe.

Incroyable dans tous les compartiments du jeu, ce dernier s’est révélé être l’un des meilleurs sixièmes hommes du pays.

Défensivement, il se donne toujours à 200% bien qu’il soit limité dans ce domaine. Offensivement en revanche, Donte DiVincenzo est une arme importante, à l’arrière comme à l’aile. Son intelligence de jeu lui permet même de prendre en main quelques possessions (3.5 passes notamment).

Et puis bien sûr, le natif de Caroline du Nord est une gâchette derrière la ligne des trois points. Certes, certains de ses shoots sont quelques fois forcés (2/5.3, 38.5%), mais sa réussite extérieure est un énorme plus pour Villanova, surtout au Final Four.

Dans ce genre de match, Donte DiVincenzo est capable d’en planter deux ou trois en l’espace d’une minute, ce qui peut largement être le tournant du match.

Qu’attendre de Villanova au Final Four ?

Sans surprise, avec ce seed #1 et une telle dynamique, Villanova est désormais le favori annoncé de cette March Madness.

Outre tous les arguments énoncés ci-dessus, Villanova s’appuie en plus sur une extraordinaire gestion des moments chauds. Très souvent, lorsqu’une fin de match est serrée, ce sont les Wildcats qui font la différence.

Bref, il n’y a rien à ajouter. Vraiment tout est réuni pour que Villanova réédite son parcours de 2016 où les Wildcats avaient écrasé Oklahoma en demi-finale (95-51) avant de l’emporter face à North Carolina sur une action que tout le monde connait aujourd’hui (77-74).