Que vaut réellement cette équipe de Michigan ?

La saison de basketball universitaire touche à sa fin avec le Final Four, point d’orgue d’une March Madness haletante. Quatre équipes s’y sont qualifiées, il est temps de savoir ce que chacune d’entre elles vaut.

Pour conclure cette série de présentations, observons #3 Michigan de plus près. Quelques fois critiqués, les Wolverines sont-ils vraiment sous-estimés ou réellement limités ?

Retour sur la saison régulière

Tout au long de sa saison, Michigan est toujours arrivé à rebondir. Après chaque défaite, les Wolverines se sont remis dans le droit chemin pour terminer finalement la saison avec un beau bilan de 28-7.

Pourtant, les matchs hors-conférence ne présageaient pas une si belle année.

Certes, les Wolverines ont assuré face à des adversaires bien plus faibles tels que North Florida, Southern Miss ou encore UC Riverside, mais les deux défaites face à LSU (75-77) et #13 North Carolina (71-86) ont permis de se questionner quant au réel niveau de jeu du programme.

D’autant plus que le revers encaissé face à Ohio State (62-71) début novembre s’inscrivait dans cette lignée.

Puis, peu à peu, Michigan est monté en régime. Un calendrier plus qu’abordable leur permet de se lancer sur une série de 7 succès de suite avant de faire face à leur plus gros adversaire de la saison : #5 Purdue.

Michigan réalise une très belle impression lors de cette rencontre, poussant les Boilermakers dans leurs retranchements. Pas de victoire à la clé (69-70), mais les Wolverines répondent bel et bien présents.

Quatre jours après, la victoire sur le terrain de #4 Michigan State (82-72) vient confirmer cette bonne dynamique. Portés par un Moritz Wagner monstrueux, Michigan s’inscrit comme un sérieux concurrent dans la conférence Big Ten.

S’en suit alors une douzaine de matchs où les Wolverines alternent le bon (succès sur #8 Ohio State) et le moins bon (défaites contre Nebraska et Northwestern). Michigan a beau produire une bonne saison en conférence, mais cela ne suffit pas, on reste sur notre faim.

Sauf que le tournoi de conférence peut nous rassasier.

Après un succès étriqué face à Iowa après prolongations (77-71), les Wolverines se débarrassent facilement de Nebraska (77-58) pour rejoindre le dernier carré. #2 Michigan State est plus que motivé pour prendre sa revanche lors des demi-finales, mais face à des Wolverines sur un nuage, les Spartans doivent s’incliner (75-64).

Fort de cette incroyable succès, Michigan s’impose le lendemain contre #8 Purdue (75-66) afin de remporter le tournoi de la conférence Big Ten une seconde saison consécutive.

Retour sur la March Madness 

Les Wolverines sont montés crescendo tout au long de la saison régulière pour arriver en grande forme à la March Madness, un seed #3 à la clé.

En guise de mise en jambes, #14 Montana a été écarté avec aisance malgré une attaque soporifique (61-47). Aucun mouvement, un jeu lent et des shoots forcés. Autant vous dire que l’on voyait bien un upset pour un Second Round face à #6 Houston.

Les Cougars font partie de ces programmes qu’on préférerait éviter au second tour de la March Madnees. Cela s’est d’ailleurs vérifié puisque Houston a posé de sérieux problèmes à Michigan.

Malmenés offensivement, Michigan a encore été en difficulté pour scorer. Heureusement pour John Beilein, son banc a répondu présent avec 25 points et l’improbable shoot de la gagne signé Jordan Poole.

Un buzzer beater qui nous a laissé sans voix, mais qui a permis aux Wolverines d’échapper à l’upset.

Les Aggies de #7 Texas A&M se dressent sur la route de Michigan pour le Sweet 16. Soyons rapides : il n’y a pas eu match. En grande réussite de manière surprenante, les Wolverines ont pilonné dans tous les sens pour tutoyer la barre des 100 points. Victoire (très) tranquille 99 à 72.

On pensait alors les Wolverines sur une bonne dynamique offensivement jusqu’à ce que ces derniers retombent dans leurs travers en nous proposant une purge face à #9 Florida State (58-54).

La victoire est certes acquise, et c’est bien cela le plus important, mais ce genre de prestations en attaque n’est jamais rassurant à l’approche d’un Final Four.

L’identité de Michigan : tout part de la défense

Si Michigan a réussi à atteindre le Final Four malgré trois purges offensives en quatre rencontres, la défense des Wolverines y pour quelque chose (si ce n’est pour tout).

Les belles séquences défensives réalisées lors du tournoi de conférence face à Purdue et Michigan State ont laissé des traces positives. Cela fait depuis le 25 janvier dernier que Michigan n’a pas encaissé plus de 80 points.

Signe de cette incroyable défense, classée en 4e position selon les statistiques avancées de Ken Pom, Moritz Wagner en est l’exemple parfait.

Rugueux, dur au mal, intelligence de jeu… Les qualificatifs manquent pour décrire l’activité défensive de l’intérieur. Sans même parler de son apport offensif (14.3 points), l’Allemand est la pièce essentielle des Wolverines en défense.

Autour de lui, l’agressivité apportée par Zavier Simpson, Charles Matthews et Muhammad-Ali Abdur-Rahkman sur les guards adverses est indispensable tandis que le travail de l’ombre de Duncan Robinson mérite davantage de reconnaissance.

Enfin, si l’apport du banc est souvent offensif, il est rare de voir les Wolverines encaisser un gros run à cause de ses seconds couteaux. Tout le monde est concerné dans cette tâche défensive.

Il serait surprenant de voir Michigan être en grande difficulté face à l’attaque des Ramblers.

Bien que la défense réponde présent, il faudra transposer tous ces points forts en attaque… et cela risque d’être une autre histoire.

Le joueur à suivre : Charles Matthews

On parle du manque de tranchant offensif, et bien, qu’est-ce que cela serait sans Charles Matthews ?

50 points de moyenne ? 55 au mieux ? Difficile à dire.

Quoi qu’il en soit, l’ancien joueur de Kentucky est l’atout numéro un offensivement pour Michigan ; en atteste ses 16.5 points et 7.3 rebonds de moyenne à la March Madness, malgré une adresse extérieure famélique (3/15). Il suffirait qu’il règle la mire pour capitaliser sa belle forme.

Peu habile à la passe, il profite des espaces libérés par ses coéquipiers (Michigan jouant avec beaucoup de spacing) pour trouver des shoots ouverts ou pénétrer dans la raquette.

De plus, Charles Matthews est très propre balle en main et perd ainsi très peu de ballons (3 turnovers sur les 3 derniers matchs). Résultat, le guard apporte de la production tout en évitant de concéder des contre-attaques aux adversaires.

Face à Loyola-Chicago, il risque d’attirer pas mal de Ramblers sur lui, ce qui pourrait profiter à des joueurs comme Moritz Wagner ou Muhammad-Ali Abdur-Rahkman si ces derniers sont adroits derrière la ligne à 3-pts.

Qu’attendre de Michigan au Final Four ?

Cela peut paraitre comme une phrase bateau, mais les Wolverines ne doivent pas se projeter trop loin et se concentrer tout d’abord sur Loyola-Chicago.

Au-delà de la hype créé, les Ramblers sont avant tout un adversaire plus que sérieux.

Michigan n’a pas été impressionnant depuis le début de la March Madness, si l’on enlève cette qualification au Final Four. Loyola-Chicago étant sur un nuage, les Wolverines ne sont pas à l’abri d’encaisser plus de points que d’habitude tandis que défensivement, les Ramblers peuvent leur poser de sérieux soucis.

Cependant, les hommes de John Beilein sont tout de même supérieurs dans plusieurs domaines.

Ils détiennent une plus grande expérience des matchs importants. Les Ramblers sont également démunis en terme de gabarits, ce qui pourrait laisser de la place à Moritz Wagner pour dominer à l’intérieure de la raquette, tout en écartant un maximum le jeu.

Si les Wolverines se qualifient pour la finale nationale, ils n’arriveraient pas en tant que favoris. Cela ne peut que leur enlever de la pression.