Que vaut réellement cette équipe de Loyola-Chicago ?

Que vaut réellement le dernier représentant des Mid-Majors et la cendrillon de cette édition de la March Madness ?

La saison de basketball universitaire touche à sa fin avec le Final Four, point d’orgue d’une March Madness haletante. Quatre équipes s’y sont qualifiées, il est temps de savoir ce que chacune d’entre-elles vaut.

On continue cette petite série avec l’équipe préférée de ton équipe préférée et seul représentant des Mid-Majors encore en lice, Loyola-Chicago.

Retour sur la saison régulière

Les personnes, comme moi, qui suivent la Missouri Valley Conference étaient pessimistes quant à l’avenir de la conférence suite au départ du patron, Wichita State. Mais une chose était sûre, la densité et l’adversité faisait que la lutte pour le titre nous promettait une saison dantesque.

Loyola-Chicago faisait partie de quatre favoris attendus pour s’adjuger la conférence.

Le début de saison est plutôt tranquille, avec sept victoires pour commencer cet exercice. Pas forcément une forte adversité, même si on note une belle victoire face à UMKC (+10) et UNC Wilmington (+24), des programmes référencés chez les Mid-Majors.

La première défaite de la saison intervient sur le parquet de Boise State (-34), qui est plus fort sur le papier que les Ramblers, pas forcément de quoi s’inquiéter.

La suite de la première partie de saison se déroule à merveille, jusqu’au point d’orgue, cette victoire sur le parquet de #5 Florida (65-59), qui a fait sensation sur le paysage universitaire.

Malgré tout, une défaite face à Milwaukee (73-56) dans le clash entre la MVC et la Horizon League ne permet pas aux Ramblers de confirmer réellement leur potentiel.

Pire encore, le match d’ouverture de la conférence se solde par une défaite sur le parquet de Missouri State (64-59), un peu à la surprise général. De manière générale, le début de cette seconde partie de la saison s’annonce plus délicate que prévu. Deux défaites en trois matchs, quelques incertitudes, une panne d’adresse.

Et puis, le déclic.

Loyola-Chicago ne connaîtra la défaite qu’à une seule reprise pour finir la saison régulière, face à Bradley (69-67). Le reste ? Que des victoires, soit un bilan de 14 victoires pour 1 défaite. Champion de la saison régulière (avec un bilan de 15 victoires pour 3 défaites), un seed #1 pour le tournoi de sa conférence, tout va bien.

Le premier tour est une revanche face à Bradley. Au terme d’un match accroché, les Ramblers l’emportent à l’expérience (54-50). Puis, c’est au tour de Northern Iowa de chuter face au collectif bien huilé de Loyola-Chicago (62-54).

La finale tant attendue face à Illinois State, qui, en début de saison, était le favori pour prendre la succession de Wichita State, a eu lieu… mais il n’y a pas eu match.

Une victoire propre et nette de Loyola-Chicago, sur le score de 65 à 49, et voilà le programme en route pour la March Madness. 33 ans après la dernière apparition de la petite université à la Grande Danse.

Retour sur la March Madness

Loyola-Chicago entre à la March Marchess avec le seed #11 de la région South.

Le premier match face à #6 Miami (FL) sentait bon l’upset tant “The U” est énigmatique cette saison, capable du meilleur comme (bien souvent) du pire. Un match serré, jamais un gros écart au tableau d’affichage. Alors qu’on arrive dans le money time, les deux équipes se rendent coup pour coup et on se dirige vers une victoire étriquée de Miami, qui mène alors d’un petit point.

Mais voilà, Donte Ingram plante une banderille au (quasi) buzzer, à trois points, ce qui permet à Loyola-Chicago de sortir le premier upset de ce tournoi, le premier d’une longue série.

Même physionomie au Second Round, cette fois-ci face à #3 Tennessee, qui a impressionné cette saison dans la conférence SEC.

Loyola-Chicago domine la première période, Tennessee répond dès le retour des vestiaires et nous assistons encore une fois à un match dantesque. Cette fois-ci, c’est au tour du leader, Clayton Custer, de s’illustrer avec un lay-up à moins de quatre secondes de la fin pour donner l’avantage à son équipe, répondant alors à un 2+1 de Tennessee.

Nouvel upset pour Loyola-Chicago, qui se qualifie pour le deuxième week-end de compétition !

Jamais 2 sans 3 ? Et oui, c’est au tour de #7 Nevada de s’incliner au Sweet 16, dans un choc 100% entre équipes issues des Mid-Majors.

Sur le papier, le Wolfpack était favori tant le potentiel offensif était présent. Mais Loyola-Chicago est sur une autre planète, tout simplement. Un pump fake à trois points de Marques Townes permet à son équipe de prendre 4 points d’avance alors qu’il reste 6 secondes.

On pense alors que le match est plié… mais un ultime tir à trois points pour Nevada permet de croire encore au comeback. Le Wolfpack ne peut pas faire faute à temps, Loyola-Chicago ira bien à l’Elite 8 !

Petite surprise, #9 Kansas State est au programme de cette finale régionale. Après trois matchs haletants, Loyola-Chicago décide de passer à la vitesse supérieure en donnant une véritable leçon de basketball aux Wildcats, s’imposant sur le score de 78 à 62.

Une telle maîtrise de leur sujet, c’est assez indécent à ce stade de la compétition, clairement.

L’identité de Loyola Chicago : “Bros before hoes”

Les personnes ayant déjà regardé un épisode de “How I Met Your Mother” connaissent à merveille cette citation.

L’identité de Loyola Chicago est simple : jouer au basketball, ensemble. Les Ramblers sont actuellement la 39ème équipe au niveau des passes décisives, prouvant leur envie de faire briller son coéquipier avant soi-même.

Certes, Clayton Custer s’impose comme leader naturel au sein de l’effectif, mais c’est uniquement pour la forme.

Lorsque l’on voit seulement les matchs de la March Madness, on s’aperçoit que le joueur n’est pas énormément à la finition, surtout sur les trois premiers matchs (il est tout de même le sauveur de son équipe face à Tennessee). Il n’a aucun mal à déléguer les responsabilités et à s’effacer pour un joueur plus “chaud”, assez rare pour être souligné.

Jouer ensemble, défendre ensemble, célébrer ensemble, gagner ensemble, perdre ensemble.

Voilà l’identité du programme de basketball de Loyola Chicago… sans oublier la désormais célèbre Sister Jean, figure importante au sein de l’équipe en tant que mentor spirituel.

Une bande de potes (Clayton Custer et Ben Richardson se connaissent depuis l’école primaire) à qui rien ne résiste actuellement. Sans blague, on ne peut qu’aimer cette équipe, surtout avec un tel parcours.

Le rêve américain.

Le joueur à suivre : Cameron Krutwig

Crédit photo via C. Cox / Getty Images

Il aurait été facile de placer des joueurs comme Donte Ingram, Clayton Custer ou encore Marques Townes, mais je préfère parler d’un homme de l’ombre en la personne du pivot Cameron Krutwig.

Pourquoi ? Il est le facteur X de cette équipe, notamment lors de cette March Madness. Un physique un peu rondouillard, à l’image de Przemysław Karnowski avec Gonzaga. Et comme ce dernier, Cameron Krutwig possède une panoplie offensive de premier choix.

Il faut dire qu’avec un tel footwork et un physique atypique, il surprend ses adversaires directs, pourtant bien plus athlétiques. Le QI basket rentre en jeu et cela donne un avantage notoire au pivot freshman.

Oui, il est freshman.

Lors de la saison régulière ainsi qu’au cours du tournoi de conférence, il était souvent utilisé comme un point d’ancrage à l’intérieur, ayant une bonne vision du jeu, capable de reconnaître une prise à deux (souvent le cas, surtout pour les matchs de Missouri Valley Conference) et de servir le joueur libre.

Alors qu’on pensait qu’avec l’adversité un peu plus élevée, on allait l’oublier (coucou Purdue), au contraire, on s’appuie énormément sur lui. La première action de chaque période est bien souvent pour lui, poste bas.

Joueur de l’ombre, gros travailleur, il colle parfaitement avec la philosophie de jeu.

Malgré son inexpérience, il s’avère être un relais dans le vestiaire et c’est pourquoi il peut devenir un joueur capable de faire gagner Loyola-Chicago, notamment face à Michigan.

Son duel face à Moritz Wagner respire le vrai basketball qu’on aime !

Qu’attendre de Loyola-Chicago au Final Four ?

Si cela ne tenait qu’à moi, je veux une finale entre Loyola Chicago face à Villanova.

Cependant, ce “rêve” est assez envisageable tant la forme de Michigan inquiète. Le dernier match des Wolverines (une vraie purge, zéro adresse, un match sans) contraste totalement avec celui de Loyola-Chicago.

Les Ramblers sortent de deux miracles puis d’une démonstration de maîtrise et de facilité. Chaque signal est au vert ; sachant qu’en plus, Sister Jean est dans leur camp donc à priori, Dieu aussi.

Difficile de voir Michigan gagner.

Loyola-Chicago est une équipe basée sur la défense, avec une individuelle très rude et agressive, notamment sur le porteur. Lors de la rencontre face à Kansas State, les Ramblers ressemblaient à s’y méprendre à Villanova tellement le jeu était facile et limpide, tellement bien huilé.

Mais voilà, en face, Michigan a l’habitude de ce genre de rendez-vous et sait comment se qualifier pour la finale nationale. L’équipe n’est pas en reste sur le plan offensif, avec quatre pistoleros capable de prendre feu à tout moment. De plus, Loyola-Chicago sait gagner en étant derrière au score dans les dernières secondes, ce qui est un avantage, surtout das un tel matchup.

Si victoire de Loyola-Chicago, le programme deviendrait le premier seed supérieur à 10 à se qualifier pour une finale nationale. Vous savez, afin de marquer un peu plus l’histoire.

En tout cas, on veut un beau match (et une victoire d’une Mid-Majors, au passage).