Que vaut réellement cette équipe de Kansas ?

La saison de basketball universitaire touche à sa fin avec le Final Four, point d’orgue d’une March Madness haletante. Quatre équipes s’y sont qualifiées, il est temps de savoir ce que chacune d’entre-elle vaut.

Troisième édition de cette petite série avec l’équipe la plus énigmatique des quatre en lice pour ce Final Four, #1 Kansas. Les problèmes de la saison régulière sont-ils de l’histoire ancienne ?

Retour sur la saison régulière

D’un point de vue général, la saison de Kansas est une réussite, surtout sur le plan comptable. Mais si on regarde de plus près, le jeu proposé fut assez brouillon.

Tout commence bien avec 7 victoires consécutives pour ouvrir la saison, dont un succès face à Kentucky (65-61). Mais voilà, une série de deux revers au sein de la mythique Allen Fieldhouse, contre Washington puis #16 Arizona State, met en lumière les carences des hommes de Bill Self.

Ce dernier n’hésite pas à bouger son groupe, avec des mots durs en conférence de presse.

Les problèmes referont surface lors des matchs de conférence. L’équipe de Kansas est en difficulté, tant sur le plan offensif que défensif. Cela perd des matchs “faciles” face à Baylor, Oklahoma State, Oklahoma et chose encore plus étonnante, c’est que Kansas n’est plus roi chez lui !

Malgré tout, les Jayhawks terminent premier de la conférence Big 12 à l’issue de la saison régulière et entre au tournoi de conférence avec le seed #1.

Dès le premier match, une rencontre piège attend les Jayhawks face à Oklahoma State, qui les avait battu de 18 points lors du dernier match de saison régulière. Les Cowboys étaient à court physiquement, après un match de haute volée face à Oklahoma.

Kansas déroule (enfin) et écrase toute concurrence sur le tournoi, même #18 West Virginia ne peut rien faire en finale.

On découvre enfin le vrai visage et le potentiel de cette équipe, avec des joueurs qui élèvent leur niveau de jeu.

Retour sur la March Madness

C’est avec le seed #1 de la région Midwest que Kansas débute cette March Madness.

Le First Round devait être assez aisé sur le papier avec #16 Penn au programme, l’unique représentant de l’Ivy League. Mais ce ne fut pas une promenade de santé pour les Jayhawks, qui sont entrés en mode diesel lors de la première période, étant même mené au score pendant un long moment. Kansas déroule tout de même au retour des vestiaires face à une équipe cramée physiquement (victoire 76 à 60).

Le tour suivant s’annonçait un peu plus délicat, avec une équipe de #8 Seton Hall taillée pour sortir n’importe quel cador sur un match. Le duel entre Udoka Azubuike et Angel Delgado s’est révélé  dantesque à l’intérieur, mais les Jayhawks s’imposent sur le score de 83 à 79 grâce à un Malik Newman en pleine résurrection (28 points).

Pour le Sweet 16, ce fut un mini-choc face à #5 Clemson.

Malheureusement, notre hype s’est rapidement éteinte à la suite d’une première période tellement solide de Kansas, qui rentre au vestiaire avec 13 points d’avance (40-27) mais le score ne reflète pas la maîtrise de l’équipe.

Un relâchement (propre à Kansas…) perd cependant à Clemson de se relancer, mais les Tigers reviennent de trop loin et s’inclinent sur le score de 80 à 76.

Et puis, le gros choc pour l’Elite Eight face à #2 Duke. Le match tant attendu, qui n’a clairement pas déçu de par son scénario ni même de par son niveau de jeu proposé. Une véritable guerre des tranchées, avec l’éclosion du tout jeune freshman Silvio De Sousa (qui est arrivé sur le campus de Kansas 6 mois en avance) et un Malik Newman sur une autre planète (32 points).

Au final, et après une prolongation bien méritée pour le public (pour les fans de Duke un peu moins, avec le dernier tir de Grayson Allen qui ne veut pas rentrer…), Kansas s’impose sur le score de 85 à 81.

Ce match entre directement dans le Top 5 des matchs de cette March Madness, c’est pour dire.

L’identité de Kansas : préparer au mieux ses joueurs pour la NBA

Alors pour tout vous dire, je n’allais pas mettre grand chose dans cette rubrique.

En effet, les spécialistes outre-Atlantique n’arrivent pas à cerner l’identité des Jayhawks, affirmant même que l’équipe en manque cruellement. Et puis, la lumière est arrivée sur Twitter, grâce à Guillaume, spécialiste Draft NBA et scouting chez Basket-Infos, qu’il faut absolument suivre (d’autant plus en cette période).

Bill Self prône un jeu “NBA-like” ; que cela veut dire ?

Chaque système est calqué sur ce qu’il se fait au sein de la Grande Ligue ; le tout avec une recherche constante d’envoyer le ballon poste bas, malgré les réticences des extérieurs, surtout en cette saison.

Comment expliquer ceci ? Voici une vidéo qui explique à merveille le fond de jeu de Bill Self.

Le joueur à suivre : Malik “AAU” Newman

On a eu très peur pour Malik Newman au cours de la saison régulière, après une saison blanche causée par son transfert de Mississippi State.

Il a eu du mal à s’intégrer au sein de l’effectif et il n’avait pas de rôle bien précis. Alors oui, au niveau du scoring, il répondait souvent présent en passant souvent la barre des 10 points inscrits, mais son impact n’était pas celui espéré.

Et puis, arrive le mois de mars, le tournoi de conférence, où il plante 30 points face à Oklahoma (fun fact : il a inscrit 7 points lors du match précédent face à Oklahoma State…), puis 22 face à Kansas State et enfin 20 face à West Virginia.

Les réseaux sociaux s’enflamment : Malik “AAU” Newman is back !

Tellement talentueux lors de son passage en AAU… et l’ombre de lui-même à Mississippi State pour son année freshman.

Mais c’est de l’histoire ancienne, désormais. Il affiche en moyenne près de 22 points et 6 rebonds au cours de cette March Madness, malgré un petit match face à Penn, où il a été laissé sur le banc par Bill Self vu que l’écart était fait.

Face à Duke, on a pu observer avec avidité toute l’étendue de son talent, inscrivant 32 points tout en prenant ses responsabilités. “Coach K” se demande encore comment défendre sur lui.

Kansas va mieux depuis que son sophomore est productif. S’il reste à ce niveau, il sera un énorme problème pour la défense de Villanova.

Qu’attendre de Kansas sur ce Final Four ?

Difficile à dire, honnêtement.

Cette March Madness prouve que le programme est en forme et atteint son meilleur niveau. Cependant, on connaît Kansas, on connaît Bill Self et même si ce dernier nous a surpris en remportant une victoire nette sur le plan du coaching face à “Coach K”, les Jayhawks peuvent retomber dans leurs travers à tout moment.

De plus, il commence à y avoir une dépendance assez forte envers Malik Newman, même si Devonte Graham et “Svi” Mykhailiuk répondent encore présents.

A l’image de Purdue, le gros problème à Kansas demeure l’utilisation des grands.

Certes, Udoka Azubike possède enfin quelques ballons (en même temps avec son physique c’est normal) mais c’est encore trop peu pour un joueur qui peut réellement peser sur une rencontre. Face à Duke, il a connu des problèmes de fautes et c’est donc Silvio De Sousa, qui jouait en AAU il y a trois semaines, qui a pris le relais.

Il s’est battu sur chaque ballon, en déployant une énergie incroyable, en étant très actif défensivement. Mais offensivement, il n’avait aucun ballon. Kansas attaquait à 4 quand il était sur le parquet. Même s’il avait la position préférentielle, il ne voyait pas le ballon.

Devonte Graham est le leader de cette équipe et se retrouve très souvent à la création sur cette fin de saison. Il peut néanmoins prendre ses responsabilités offensives et prendre le jeu à son compte. “Svi” est un joueur extraordinaire, tellement élégant ballon en main, un pur régal.

Si Kansas était confronté à Loyola-Chicago ou bien Michigan, le programme serait favori. Mais en face, c’est une équipe qui est en mission en la personne de Villanova.

Difficile de voir les Jayhawks en finale, mais avec cette équipe, qui sait.