Qui peut se targuer d'arriver à la cheville de Villanova ?

Villanova a délivré une prestation relativement pauvre face à Texas Tech hier soir, mais les Wildcats n’en restent pas moins au sommet de leur art.

L’escouade de Jay Wright poursuit une aventure tout en domination avec un quatrième succès consécutif de plus de 10 points à la March Madness, s’imposant 71 à 59 face à Texas Tech dans le cadre de l’Elite 8.

Mais ne croyez pas pour autant que Villanova a illuminé cette rencontre par son jeu ; les champions nationaux de 2016 se qualifient pour le Final Four avec une maitrise qui ne saute pas aux yeux de prime abord.

Cependant, très peu sont les équipes pouvant se targuer de maitriser leur jeu à la façon des Wildcats.

Les petits détails de l’ombre s’accumulant en faveur de Villanova rendent les pensionnaires de la conférence Big East incroyablement dangereux, au point de se faire surprendre par la solidité des Wildcats.

Demandez à Texas Tech.

Les Red Raiders atteignaient le Elite 8 pour la première fois en 93 ans d’existence du programme de basketball, et pourtant, ils n’y ont cru que lors des 5 premières minutes. Les hommes de Chris Beard ouvrent la rencontre avec un run de 9-1… avant que Villanova mette la machine en route et réponde avec un run de 35-14 lors du reste de la première mi-temps.

Score à la pause, 36 à 23 en faveur des Wildcats. Et malgré une brève lueur d’espoir en fin de partie, Texas Tech n’a jamais été en capacité de mettre son adversaire réellement en difficulté.

Keenan Evans et Zhaire Smith, les leaders des texans, ne sont quant à eux jamais entrés dans leur partie, concluant avec 12 points (à 3/14 au tir, 0/4 à 3-points) et 7 points (à 3/8), respectivement.

Les 10 premières minutes de la seconde période est l’illustration parfaite de la domination de Villanova.

Les Wildcats n’arrivent plus à tirer et réalisent un famélique 1/11 au tir… et pourtant, les Red Raiders ne sont jamais arrivés à recoller à moins de 9 points de retard de son adversaire.

Comment ? Texas Tech s’est heurté face aux éléments qui font de Villanova une des plus redoutables équipes du pays. Il est impossible de tenter un tir, que ce soit un jump-shoot ou un lay-up, sans être déranger par la défense. Les Wildcats contestent tous les tirs (même en contre-attaque) et empêchent de la manière la plus subversive qui soit aux Red Raiders de revenir dans le match.

De l’autre côté, au cours de cette disette offensive, Villanova s’est reposé sur une autre force de son jeu : les rebonds offensifs. Il est absolument outrageux de voir les Wildcats obtenir autant de rebonds offensifs en une rencontre.

20 des 51 rebonds ont été offensifs et pendant ce 1/11, Villanova a récupéré 5 rebonds offensifs (à comparer avec les 11 rebonds offensifs de Texas Tech pour l’ensemble de la partie).

Les deux intérieurs Omari Spellman et Eric Paschall sont les ouvriers principaux de ce succès sous le panier. Le premier, freshman, inscrit 11 points et prend 6 rebonds mais son activité défensive a été, de loin, la plus précieuse. Le second, junior, s’est révélé être la pierre angulaire du système des Wildcats, en apportant 12 points et surtout 14 rebonds. 6 de ces derniers ont été offensifs, par ailleurs.

Le freshman Dhamir Cosby-Roundtree, en sortie de banc, a également participé à la fête en empochant 7 rebonds dont 5 offensifs, profitant des soucis avec les fautes de ces deux compères.

Cette domination de Villanova sous le panier se traduit tout simplement dans la boite des statistiques : 7 joueurs ont au moins attrapé 4 rebonds et 5 d’entre eux au moins 6 rebonds.

Malgré une telle profusion de rebonds, les Wildcats n’ont pu conclure ces opportunités avec des points en seconde chance… et pourtant, ils gagnent avec 12 points d’avance. Imaginez un peu le carnage s’ils avaient eu une meilleure adresse au cours de la partie.

Jalen Brunson et Mikal Bridges ont en effet joué en demi-teinte face à Texas Tech. Ils inscrivent respectivement 15 et 12 points, non sans avoir artillé le cercle sans succès (0/9 à 3-pts en cumulé).

Le petit Donte DiVincenzo s’est tout de même porté en tant que energizer en tant que sixième homme, apportant dans la balance 12 points, 8 rebonds et surtout quelques réalisations de qualité pour aider Villanova à reprendre le momentum de la rencontre.

Tout cela afin de prouver que malgré une adresse en berne (33%) et des leaders en difficulté, les Wildcats possèdent des armes à foison, tous capable de prendre le match à leur compte.

Et c’est bien cela la force de Villanova.

Outre le fait d’exceller à raccourcir le temps de jeu et à gérer l’horloge, ce qui est un avantage extrêmement important, les Wildcats peuvent renverser le cours du jeu à n’importe quel moment et grâce à n’importe qui avec l’aide d’une maîtrise complète d’un système concocté à merveille par Jay Wright.

Ce n’est pour rien que Villanova peut et doit être considéré comme le favori pour s’adjuger un deuxième Final Four en trois ans.