Un tel exode de la jeunesse met en péril la pérennité de la ligue universitaire.

C’est un fait : la mode du one-and-done a complètement envahi le monde du basket universitaire. Elle semble d’ailleurs avoir atteint des sommets lors de cette Draft NBA 2017, au cours de laquelle les freshmen ont clairement pris le pouvoir.

En sélectionnant l’ancien joueur de Duke Luke Kennard, Detroit a mis fin à une série de 11 freshmen (ou en âge de l’être, dans le cas de Frank Ntilikina) sélectionnés lors des onze premiers choix. Ils sont 16 freshmen à avoir été sélectionnés au premier tour, soit plus de la moitié des choix.

A titre de comparaison, l’an passé, Kris Dunn (junior) et Buddy Hield (senior) avaient tous deux été sélectionnés dans le Top-10 de la Draft. D’ailleurs, il a fallu attendre le 29e choix, et le tour des San Antonio Spurs, pour voir la sélection du premier senior de cette Draft en la personne de Derrick White, un record.

Autre record le plus bas : ils ne sont d’ailleurs cette année que deux seniors partis au premier tour avec l’intérieur de Villanova, Josh Hart, sélectionné dans la foulée avec le 30e choix.

Evidemment, cette proportion de freshmen présents au premier tour est dû à une promotion exceptionnelle. Mais elle témoigne également d’un changement de mentalité, initié avec l’équipe de Kentucky de John Calipari, et qui devient désormais une norme. Il semble être beaucoup plus avantageux pour les jeunes talents de ne pas rester trop longtemps en NCAA, quitte à faire une saison blanche pour se présenter à la Draft (coucou Harry Giles).

D’autant que les joueurs qui passent plusieurs saisons à l’Université perdent souvent en valeur. Ivan Rabb (California), a été sélectionné à la 35e position alors qu’il était pressenti pour être un lottery pick l’an dernier. Une descente malgré des statistiques tout à fait respectable dans une équipe en décomposition (14 points, 10,5 rebonds).

Grayson Allen à Duke, aurait également pu quitter la fac de Caroline du Nord après sa deuxième saison et être sélectionné au premier tour. Une suspension plus tard et une saison en demie-teinte l’ont poussé à rester pour une quatrième et dernière année aux côtés de “Coach K”.

De plus en plus de joueurs n’osent pas prendre le risque de voir leur cote baisser auprès des franchises NBA. Ce fut le cas de Tyus Jones, pressenti pour rester plus d’une saison à Duke, mais qui avait quitté l’Université après un titre de M.O.P. en 2015, tout en ayant une forte cote chez les scouts. Depuis, il cire le banc des Wolves malgré quelques lueurs d’espoirs en fin de saison.

La NCAA souffre donc d’un problème d’attrait pour ces jeunes joueurs dont l’objectif pour les meilleurs, est de garder leur cote aussi élevée qu’au lycée. Un problème encore plus important depuis que certains prospects de grand talent cherchent à esquiver la case universitaire comme Thon Maker récemment, ou Terrance Ferguson l’année passée.

La NCAA, un feuilleton qui renouvelle ses acteurs à chaque saison

Heureusement, certains grands prospects font le choix inverse. Cette année, Miles Bridges (Michigan State) ou encore Allonzo Trier (Arizona) ont choisi de rester une année supplémentaire malgré deux belles saisons individuelles chacun. Des comportements qui deviennent exceptionnels, dans une NCAA qui perd en compétitivité à voir des jeunes joueurs rejoindre la grande ligue souvent prématurément.

Une telle perte en compétitivité pourrait bien se répercuter sur la visibilité de la ligue universitaire dans le futur si la tendance du one-and-done se confirme.

Il faut dire que le paysage ne cesse de changer et il est de plus en plus compliqué de suivre l’évolution de certaines équipes. Duke, par exemple, pourtant peu friand du système de one-and-done jusqu’ici, a perdu quatre joueurs dont trois freshmen. UCLA subit la perte de trois de ses joueurs dont deux titulaires au bout d’un an passé sur les bancs de l’école.

Pour lutter contre ce phénomène, le commissionnaire de la NBA, Adam Silver, a annoncé réfléchir à l’augmentation de l’âge minimum afin de rentrer en NBA et obliger ainsi, la plupart des joueurs à passer deux années à l’Université avant d’entrer dans la grande ligue.

Mais il n’est pas certain que l’interdiction soit la bonne solution à l’arrivée massive des jeunes recrues dans la grande ligue.