Pour que Duke retrouve le Final Four, il faudra que Trevon Duval trouve la solution à une évolution compliquée.

Tout avait bien commencé, Duke possédait enfin un vrai meneur de jeu avec l’arrivée de Trevon Duval à Durham.

L’ancien pensionnaire de l’IMG Academy se comportait comme tel et il confirmait les belles choses aperçues en High School dès les premières rencontres de la saison. Et de son début de saison réussi, on peut garder une rencontre en tête.

Le 11 novembre dernier, les Blue Devils se confrontent aux Spartans de Michigan State pour le compte du Champions Classic.

Dans ce duel, entre programmes et entraineurs historiques, Trevon Duval sort un double-double : 17 points, 6 interceptions et surtout 10 passes décisives avec une petite perte de balle. On pense alors qu’il est à sa place et que la machine est lancée.

A sa place, comme le jour où il commençait à peine à tenir un ballon de basketball.

Le jeune Trevon n’avait que deux ans, son père, Trevor Duval, mentait sur son âge pour que son fils puisse jouer au basket. Il jouait face à des garçons de 4 ans et il dominait, déjà.

A 6 ans, il rejoignait les ligues mineurs et affrontait des garçons de 9 ans. Il dominait, toujours. Très vite, le jeune basketteur attire les regards. Il était, déjà, le temps de monter d’un cran pour trouver une meilleure adversité.

Aujourd’hui, 12 ans plus tard, Trevon Duval porte les couleurs de Duke.

Et pour la première fois de sa jeune carrière, il galère.

Le mot est fort mais on ne voit plus le Trevon Duval qui évoluait sur le circuit AAU. Cette meilleure adversité, il l’a trouvé puisque petit à petit, le natif du Delaware est beaucoup moins influent sur le jeu de Duke. Moins de passe, moins de points, un tir qui ne fait pas mouche.

Depuis le début des confrontations de conférence ACC, il ne figure même plus dans le cinq de départ et c’est désormais Grayson Allen qui se retrouve à gérer le plus souvent le jeu des Blue Devils.

Le tir est le véritable point faible du jeu de Trevon Duval. La gestuelle n’est pas à revoir, au contraire de la réussite. 43% de réussite sur la saison, 27% à trois points et 60% sur la ligne des lancers. Et c’est là que le bas blesse car c’est à double-tranchant pour le joueur.

Comment faire peur à ses adversaires quand ils savent qu’il manquera quasiment sept tirs sur dix (35% de réussite à mi-distance) et quatre lancers-francs sur dix ?

De telles statistiques mettent à mal son point fort, le dribble. Trevon Duval est un excellent manieur de ballon, rapide, qui arrive aisément à se faufiler dans la raquette adverse.

A la veille de la March Madness, l’évolution de Trevon Duval sur la saison est plus que minime. Avoir des faiblesses en début de saison, comme être en délicatesse avec son tir, c’est tout naturel ; mais avoir ces mêmes faiblesses alors que la saison se termine, c’est un peu plus problématique et démontre un apprentissage difficile.

Pour monter en puissance et retrouver son influence sur le jeu de Duke, Trevon Duval doit trouver d’autres armes. Et cela passe notamment par la passe.

Pick-and-roll avec ses intérieurs, pick-and-pop et drive-and-kick avec ses ailiers et arrières, autant de possibilités dans le jeu qui permettront à Trevon Duval et à Duke de garder un espoir d’aller le plus loin possible et connaître de nouveau les joies d’un Final Four.

Mais là est une toute autre histoire et un Trevon Duval seul n’y arrivera pas.

Même avec un 70% de réussite au tir.