L’intersaison bat son plein en basketball universitaire avec un marché des transferts en pleine effervescence.

Mais dès le mois d’avril, le basketball en High School truste les premières pages des médias spécialisés au travers des divers circuits AAU ou des séances d’évaluation. L’occasion de voir les talents de demain face à de l’adversité, une bonne chose pour connaître l’étendue du talent d’un joueur.

Il s’agit bien évidemment du rendez-vous pour les scouts universitaires ; et de notre côté, Midnight on Campus aborde cette période avec une chronique aux (potentielles) stars de demain : nos “Diamants Bruts”.

Des analyses de scouting seront publiés et serviront de rapport pour les prospects de la prochaine classe de recrutement. En plus de ceci, cette chronique permet de nous projeter plus loin, en parlant des prospects qui arriveront (si tout va bien) en NCAA dans deux, trois si ce n’est quatre ans.

Après un premier épisode sur la sensation de Phoenix, Nico Mannion, puis d’autres épisodes concernant le “next big thing” en provenance de l’Alabama, Trinity Bell, la prochaine attraction de Kentucky, Jalen Cone, ou encore la vedette d’une nouvelle génération canadienne, Matthew Alexander-Moncfrieffe, on revient aux sources avec un prospect issu du très grand vivier de prospect de Brooklyn, Oscar Tshiebwe.

 

Qui est Oscar Tshiebwe ?

 

Le vivier de prospects talentueux issu de Brooklyn et des alentours est hallucinant si l’on prend en compte les 3 voire 4 prochaines classes de freshmen, rien que cela. On découvre de nouveaux prospects qui illuminent les différents tournois estivaux, notamment lors des circuits AAU.

C’est le cas de Oscar Tshiebwe, un beau bébé de 2m05 pour 104 kilos originaire de Gruny, en République Dominicaine. 

A l’heure actuelle, l’intérieur est classé 4-étoiles par les différents sites de souting. Là où cela diverge, c’est au niveau du classement : 247Sports le place en 57ème positon de la promotion 2019, et ESPN 54ème. Honnêtement, il n’est pas loin d’intégrer le Top-40 à la fin de l’été à la vue de ses performances en AAU.

 

Et sinon, que vaut-t-il sur le plan sportif ?

 

J’ai eu la chance d’avoir des (grands) bouts du match opposant Oscar Tshiebwe au meilleur joueur de la promotion 2019 et lui aussi intérieur en provenance de Brooklyn, James Wiseman.

Bon, c’était un match de dingue. Une ambiance folle avec du trashtalk a gogo, un bon match typique du AAU en quelque sorte. Les deux joueurs ont volé la vedette et Oscar Tshiebwe n’a pas démérité en terminant avec 24 points et 13 rebonds.

« Je pense que j’ai fait un bon match. Pas le meilleur de ma carrière mais en terme d’adversité, cela fait du bien de se frotter à « plus fort » que soi. J’ai eu du déchet offensivement mais je bosse dur pour progresser sur mon tir. La route est encore longue mais je suis sur la bonne voie. Je suis heureux. »

Contrairement à son adversaire du jour, Oscar Tshiebwe n’est pas l’intérieur le plus doué techniquement. Ses saisons de freshman et sophomore au lycée se résument à un intérieur athlétique qui détruit tout dans la raquette adverse et s’impose en tant que redoutable défenseur proche du cercle.

Mais lors de cette saison de junior, il a su développer d’autres aspects dans son jeu.

Il a travaillé sur sa mécanique de tir, bien qu’elle reste encore assez horrible à voir (un coude trop excentré, une coordination entre la poussée des jambes et une release de tir digne d’un benjamin), mais on a pu voir une légère amélioration en fin de saison.

Il compense ce défaut par une énergie de tous les instants. C’est simple : lorsqu’il rentre sur le parquet, c’est zéro calcul. Peu importe l’importance du match, il se donnera à 300% et il transmet cette énergie à ses coéquipiers. Une très grande qualité, surtout en High School.

Il essaye de plus en plus d’offrir une solution viable au poste bas. Il est tellement rapide sur ces premiers appuis qu’il enroule assez facilement son adversaire direct. Bon, on ne lui demande pas encore de jouer véritablement dos au panier mais c’est un bon début (même si son adversaire sait ce qu’il va faire).

Il a progressé défensivement aussi cette saison.

Avant, il profitait de son physique pour sauter comme un marsupulami. Du coup, il sautait sur chaque feinte et réalisait des fautes stupides ; ce temps-là est (presque) résolu. Il arrive à se montrer patient, en jouant de son envergure pour déstabiliser l’adversaire et ensuite, au besoin, contrer.

Dernière nouveauté dans son jeu, il n’hésite pas à réclamer le ballon dans la zone intermédiaire, à 5-6 mètres du panier, afin de pouvoir jouer son adversaire directe face, profitant de sa vitesse.

Encore un bon point pour lui : en NCAA, il ne jouera pas au poste 5 et il commence à s’adapter aux exigences du niveau universitaire.

 

 

Quelles sont les universités intéressées à l’heure actuelle ?

 

L’engouement autour de Oscar Tshiebwe ne cesse de grimper et ce n’est qu’un début à la vue de son été studieux. Pour le moment, aucune décision ni visite n’est prévue.

« Je vais finir le circuit AAU et après j’annoncerai mes visites ainsi que mon Top-10 à priori. Rien n’est fixé et je veux me concentrer à fond sur mes matchs avant de penser à cela ».

247 Sports annonce cependant West Virginia comme grand favori, avec même un 100% dans la Crystal Ball (attendons tout de même la mis à jour des pronostics d’ici quelques jours). D’autres programmes comme Baylor, Clemson, Georgia Tech, Indiana, Kentucky ou Kansas sont sur le coup.

N’oublions pas les programmes locaux avec Pat Ewing qui souhaite travailler avec le prospect à Georgetown. Rutgers s’est renseigné sans lui proposer de bourse.

Nul doute que voir un tel prospect à West Virginia, une équipe avec une réelle tradition défensive peut être une destination logique pour Oscar Tshiebwe. Mais des universités prestigieuses suivent le dossier de loin (en demeurant surtout un plan B) sait-on jamais.

 

Possède-t-il un avenir NBA ?

 

La grande ligue raffole de ce genre d’intérieur, athlétique, dur au mal et qui joue à l’énergie. Le gamin a prouvé qu’il bossait dur pour obtenir le niveau d’intégrer un jour la NBA. Nul doute qu’un petit cursus d’un si ce n’est deux ans à West Virginia lui ouvrira aisément les portes du monde professionnel et de la grande ligue.

Vous venez de découvrir un sleeper en puissance en Oscar Tshiebwe.