Après une Week 1 avortée, Scott Frost réalisait ses grands débuts à Nebraska, avec la réception de Colorado, pour un match qui sentait bon la rivalité d’autrefois. Et le moins que l’on puisse dire est que le spectacle a été à la hauteur du rendez-vous, avec un scénario complètement dingue.

Comme prévisible, le début de match de Nebraska est assez brouillon. Colorado possède un match dans les jambes, au contraire des Cornhuskers, ce qui se ressent d’entrée.

Le running back junior Greg Bell, en provenance du Junior College, perd le contrôle du cuir après une belle course et Colorado récupère la possession. Premier drive, première perte de balle… Puis c’est au tour du quarterback true freshman, Adrian Martinez, de perdre à son tour le ballon suite à une course. En voulant gagner quelques yards supplémentaires, il n’a pas glissé au sol et sur un contact, il perd le contrôle.

Colorado convertit avec deux touchdowns à la suite de ces deux pertes de balles.

 

Après la tempête, enfin du jeu !

 

Une fois l’orage passé, Nebraska a déroulé pendant une grande partie de la première période.

A la passe, Adrian Martinez est très à l’aise malgré son erreur de jeunesse sur la deuxième série et il démontre pourquoi Scott Frost l’a propulsé au poste de titulaire. Tristan Gebbia devait être le starter (d’ailleurs le freshman n’est plus sur le campus, qu’il a quitté sur transfert pour Oregon State).

Une bonne vision du jeu, de la patience et un gros bras. Si l’on ajoute une capacité à lire la défense rapidement et à improviser avec des courses au sol, Adrian Martinez possède le “complete package” du quarterback nouvelle génération, ce qui a le don de ravir les fans.

Mais c’est bien l’escouade de running backs qui se montre sous son meilleur jour durant ce premier acte.

Greg Bell (13 courses pour 104 yards) ressemble étrangement à Ameer Abdullah dans ses tracés, Devine Ozigbo (14 courses pour 60 yards et 1 TD) a été crucial sur les troisièmes tentatives, apportant toute son expérience, le true fresham Maurice Washington (8 courses pour 34 yards) a fait forte impression en grattant toujours le yards qu’il fallait en tant que vrai guerrier.

N’oublions pas Adrian Martinez et ses 117 yards et 2 TDs en 15 courses, notamment une folle course de 41 yards pour inscrire un touchdown de toute beauté.

On le sait, Scott Frost aime bien courir et on a pu le constater hier soir. 329 yards au total (une grande majorité en première période). Tout simple rouler correctement à la fin de ce premier acte, avec un jeu offensif fluide et agréable et une défense qui annihile l’attaque de Colorado.

 

Une deuxième période fade

 

Le jeu offensif a été présent mais la défense n’a pas déçu, loin de là.

Avec 7 sack sur le match, la ligne défensive a rempli son travail, mettant une pression constante sur le quarterback de Buffaloes. La secondary, lors des situations en homme-à-homme, a été efficace, un peu moins en couverture de zone, mais il faut dire que cela demande des automatismes que n’ont pas encore les cornerbacks et safeties.

Mais après un premier acte très cohérent, Nebraska est retombé dans ses travers au retour des vestiaires.

Des jeux appelés sans saveur et sans prise de risque. Les Cornhuskers se contentent de jouer sur le jeu au sol sans variations. La défense connait des trous d’airs, et on pense notamment au dernier touchdown de Colorado en toute fin de match, qui scelle quasiment le sort du match : une longue passe, les défenseurs en retard, afin de laisser le receveur des Buffs inscrire un touchdown capital.

La manière dont a été gérée le chrono lors du dernier quart-temps est digne de Mike Riley.

Nebraska se précipite à lancer le jeu alors que l’équipe mène et qu’il faut manger le chrono. On appelle deux fois le même jeu au sol, on tente une quatrième tentative avec le même play-calling que la première tentative de la série.

Et si l’on ajoute les coups de pieds manqués (Colorado a aussi fait fort sur ce domaine), la défaite est rageante pour Nebraska. Mais c’est surtout la manière qui fait défaut.

 

What’s next ?

 

Certes, la défaite est au bout, mais Nebraska demeure en pleine reconstruction.

Après ces deux dernières saisons de purge, la niveau de jeu proposé en première période sonne comme une résurrection. Enfin, les fans se rendent au stade avec entrain et on veille la nuit pour voir du vrai football.

La défense, notamment le front-seven, a été très efficace sur le match. Mais il faut donner énormément de crédit au quarterback de Colorado, Steven Montez, qui possède un bras NFL-ready. La ligne offensive, très expérimentée, a fait le job. Les coureurs n’ont pas eu de difficultés à prendre les brèches créées par la ligne. Adrian Martinez a été excellent et reste une très belle découverte, en apportant de la nouveauté dans le jeu de Nebraska à la passe ou à la course.

Nebraska est en reconstruction, ce n’est pas une nouvelle. La seule chose que les fans demandent, c’est de vibrer, peu importe le score. On a vibré pendant 35 minutes, c’est un bon début.

Laissons à Scott Frost faire son travail aux entrainements et tout ira bien.