Brisons la glace d’entrée : la conférence Pac-12 n’enverra aucune équipe au College Football Playoff.

Le comité de sélection a toujours choisi des équipes performantes et des universités avec une marque reconnaissable parmi l’ensemble du paysage en football universitaires. Les seules programmes de la Pac-12 répondant à ces critères (USC, Washington, Oregon et Stanford) ne peuvent plus espérer de qualification et ils ne sont même pas classés dans le Top-25 à l’heure actuelle.

Pourquoi ?

La densité folle et le manque d’équipe(s) dominante(s) ont joué le rôle de machine à laver chez les prétendants à une place sur la scène nationale. Les équipes de la conférence se sont surtout mangées les unes après les autres.

Les favoris ont été dévorés par leurs plus sérieux prétendants avant que ces derniers, en position optimale, soient croqués par les troisièmes couteaux… aujourd’hui aux avant-postes pour s’adjuger le titre de conférence Pac-12.

Retour sur une épidémie de cannibalisme qui a coûté les ambitions de succès national (et la crédibilité) de la conférence, se jetant dans la tombe qu’elle a creusé elle-même et devenant la risée nationale.

 

Première étape : Washington et Stanford tiennent leur rang

 

Afin de devenir une cible de dérision, il faut en premier lieu laisser planer des espoirs de succès. Washington et Stanford ont réalisé cette première étape à merveille.

Les deux mastodontes de la conférence Pac-12 ont tenu leur rang lors du mois de septembre, en terminant les quatre premières semaines de compétition classées dans le Top-10 national.

Les équipes gardaient toutes leurs chances de bien figurer en fin de saison ; certes, les Huskies s’étaient inclinés en ouverture de saison contre #9 Auburn (16-21), mais il n’y avait rien d’alarmant ni de rédhibitoire pour un duel d’écoles du Top-10, sur terrain neutre et sur une chaine de télévision nationale, à Atlanta.

On pouvait croire d’autant plus fort à une réussite majeure du Cardinal.

Les hommes de David Shaw étaient toujours invaincus et s’étaient débarrassés de San Diego State (31-10), de #17 USC (17-3) et de #20 Oregon (38-31) sur le campus de Eugene, grâce à un comeback historique dans les dernières minutes. Trois victoires de prestige et des upsets évités ; tout allait bien.

Il n’était pas possible d’en dire autant pour USC.

Les Trojans, que l’on pouvait entrevoir comme un outsider sérieux à une position d’envergure dans le paysage universitaire (pour le simple fait qu’il s’agisse de USC), ont sombré très rapidement. La cause ? Une attaque très jeune et (trop) inexpérimentée, qui a mené à des déroutes contre #10 Stanford (17-3) et à Texas (37-14).

USC : OUT.

2 options viables sur 3 encore en vie à la fois du mois de septembre ; la Pac-12 pouvait toujours espérer un troisième représentant au College Football Playoff après Oregon en 2014 et Washington, déjà, en 2016.

 

Deuxième étape : les outsiders (tel Washington State) tapent dans la fourmilière

 

Le mois d’octobre débute et tout part à vau-l’eau.

Stanford, qui paraissait mieux armé que jamais avec la révélation du duo aérien entre K.J. Costello et J.J. Arcega-Whiteside et dans l’attente du réveil de Bryce Love, trébuche et perd tout espoir de succès national en l’espace de deux semaines.

Le Cardinal tombe lourdement à #8 Notre Dame (17-38), et bien qu’un tel résultat face à un excellent Fighting Irish ne condamne en rien l’équipe, le coup de grâce se produit la semaine suivante : Utah se déplaçait à Palo Alto et a dominé Stanford (40-21) lors des trois phases de jeu. David Shaw pouvait conserver un espoir de remporter la division Pac-12 North, mais ceux-ci se sont envolés avec une courte défaite dans les dernières secondes contre #14 Washington State (38-41).

Stanford : OUT.

Au même moment, Washington se présentait comme la meilleure chance de la conférence Pac-12. Le revers contre Auburn ne laissait qu’une marge de manœuvre très serrée et elle s’est d’autant plus réduite à la suite de la défaite haletante, après prolongations, sur le terrain du rival #17 Oregon (27-30).

Les Huskies n’étaient éliminés ni de la conversation nationale, ni de celle de la conférence. Il est possible d’envisager de meilleures issues après deux défaites au cordeau face à des équipes majeures. Mais les quelques espoirs en stock se sont évaporés la semaine dernière.

L’équipe de Chris Petersen a subi une déroute totale à California (10-12). Les Golden Bears se sont imposés sans marquer un touchdown offensif et les Huskies ont montré des signes de fébrilité importants. Jake Browning a notamment été mis sur le banc en cours de match, une solution inefficace puisque l’équipe a patiné en attaque toute la soirée.

Washington : OUT.

(Crédit photo : Brian Bahr-Getty Images)

Sur qui pouvait-on compter au cours du mois de octobre ? Oregon, tout d’abord, et puis Washington State, plus largement.

Les Ducks sont apparus au fil des semaines en tant qu’outsider principal dans la conférence Pac-12, avant de rentrer parmi les favoris à la suite de deux victoires consécutives face à des adversaires directs en Pac-12 North (et classés, qui plus est), à #24 California (42-24) et contre #7 Washington (30-27) en prolongations.

La défaite rageante face à Stanford, où les hommes de Mario Cristobal tenait la rencontre en main, avait des conséquences en terme de tiebreakers mais ne dénigraient pas réellement les performances sportives des Ducks. Oregon semblait de retour au plus niveau de la conférence, prêt à jouer pour une place en finale.

En parallèle, Washington State grimpait également les échelons de la conférence et intégrait la longue conversation pour le titre de Pac-12 North au fil des semaines de bon résultat.

La défaite controversée à USC (39-36) dans le dernier quart-temps coutait cher pour la représentation des Cougars sur la scène nationale. Il leur manquait un succès d’envergure. Un tel accomplissement s’est produit récemment et à deux reprises : les victoires contre #12 Oregon (34-20), lors de la venue historique de College Gameday sur le campus de Pullman, et #24 Stanford (41-38), la semaine dernière ont fini de propulser l’équipe de Mike Leach au sommet de la division.

Washington State est passé en l’espace d’un mois d’un outsider dangereux au statut de favori pour remporter la conférence Pac-12 et pour représenter celle-ci lors d’un Bowl du Nouvel An. Ce n’est pas pour rien que les Cougars sont devenus la meilleure équipe classée à l’AP Top 25, en lieu et place des favoris de la conférence en début de saison.

 

Troisième étape : les « petites » équipes mangent les « grosses » équipes

 

Techniquement, Washington n’était pas éliminé de la course à la conférence avant la semaine dernière. La défaite choquante à California a fini d’enterrer les derniers espoirs. Oregon s’est retrouvé dans le même bateau samedi dernier.

Les Ducks jouaient les premiers rôles jusqu’à la mi-octobre ; mais les bonnes choses ne sont pas faites pour rester intacte en Pac-12.

La défaite sur le terrain de Washington State causait un second revers face à un concurrent direct de la division, annihilant certainement les chances de titre. Une semaine plus tard, en déplacement à Arizona, Oregon s’est assuré de perdre toute espérance de résultats convaincants en perdant tous ses moyens et en chutant lourdement à Tucson (15-44).

Oregon : OUT.

(Crédit photo : Justin Edmonds-Getty Images)

Dans la division Pac-12 South, Colorado émergeait du mois de septembre comme un potentiel champion en fin de saison régulière.

Les Buffaloes étaient invaincus et possédaient des playmakers de talent, tels que Steven Montez ou Laviska Shenault Jr. Cependant, tout a basculé du mauvais côté en très peu de temps. L’équipe de Mike McIntyre, forte de deux victoires contre UCLA (38-16) et Arizona State (28-21), enchaine avec une série de trois défaites alors qu’elle pouvait asséner un coup de massue à ses opposants.

La défaite à USC (20-31) est d’autant plus terrible qu’elle a annihilé tout espoir de division, alors qu’une victoire permettait de jouer le titre contre Utah en clôture de saison.

La mauvaise dynamique s’est poursuivie à #15 Washington (13-27), bien qu’un tel résultat était relativement attendu. Cependant, la déroute en deuxième mi-temps contre Oregon State repousse les attentes des Buffaloes à une prochaine saison. La défaite, au terme d’un comeback historique en prolongations des Beavers (34-41), pourrait même être caractérisé d’impardonnable.

Colorado : OUT.

 

Quelles équipes de la Pac-12 peuvent jouer sur la scène nationale ?

 

Avant la saison, il est judicieux de parier sur Washington et USC pour jouer les premiers rôles sur la scène nationale. Les deux équipes sont hors-jeu.

A la fin du mois de septembre, les Huskies étaient rejoints parmi les favoris par Stanford, Oregon et même Colorado, dans une moindre mesure. Les équipes ont chacune subi trois défaites et se sont effacées toutes seules de la conversation, en se mangeant l’une l’autre ou en trébuchant face à plus faible.

Aujourd’hui, au début du mois de novembre, sur qui pouvons-nous compter afin de représenter dignement la Pac-12 ? Il semblerait que Washington State et Utah soient les meilleures chances.

Mike Leach réalise une saison orgasmique avec les Cougars. Ils ne sont tombés qu’à une reprise, face à USC (mais avec l’aide des arbitres), et elle est la seule équipe de la conférence à pouvoir se vanter d’un tel fait. Elle possède les tiebreakers en sa faveur et, surtout, est apparue comme la formation la plus à l’aise sur le terrain, que ce soit en attaque ou bien en défense. Si une université devrait présenter la Pac-12 cette saison, ce serait bien Washington State.

Mais on a pu le voir depuis deux mois, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuée… et les Cougars doivent se déplacer à Colorado et recevoir Washington pour une Apple Cup de tous les dangers.

Si la Pac-12 conserve une dose de cannibalisme conséquente, vous savez déjà que les Huskies réalisent un upset et ruinent la magnifique saison des hommes de Mike Leach.

Utah pourrait devenir ainsi une solution de rechange et vraisemblablement l’adversaire potentiel de Washington State en finale de conférence (si les deux équipes finissent la saison indemne dans leur division respective.

Les Utes sont la seconde équipe classé au Top-25 de la Pac-12 et s’affirment comme la plus solide formation de la division South avec quatre victoires convaincantes, de suite, à #14 Stanford (40-21), contre Arizona (42-10), USC (41-28) et à UCLA (41-10). Les hommes de Kyle Whittingham semblent survoler la compétition, mais une nouvelle fois, rien n’est terminé avant le coup de sifflet final.

Des voyages à Arizona State, qui s’est fait une spécialité de surprendre des équipes mieux côtés sous Herm Edwards, puis à Colorado doivent encore intervenir, ainsi que la réception de Oregon et du rival historique de BYU en clôture de saison.

Quatre matchs et autant de chances de perdre un titre de division Pac-12 South et une possibilité de représenter la conférence lors des grandes échéances d’après-saison.

Bref, rien n’est encore décidé et la conférence Pac-12 n’a certainement pas terminé de se cannibaliser et de poursuivre sa descente vers un statut de risée nationale.