Comment Oklahoma est-il arrivé jusqu'au College Football Playoff ?

Oklahoma s’est qualifié in extremis pour le College Football Playoff. Les Sooners ont été obligés d’attendre l’ultime seconde et le dernier classement du comité de sélection pour obtenir une 3ème place qualificative en 4 ans pour le dernier carré du championnat de football universitaire.

Lincoln Riley mène cette équipe pour la deuxième saison et reçoit déjà une deuxième qualification : mais, comment Oklahoma est arrivé à se qualifier pour le College Football Playoff ?

A l’aube de l’Orange Bowl contre le champion national en titre, Alabama, Midnight on Campus revient sur le chemin que les Sooners ont suivi pour en arriver jusqu’à ce stade de la compétition.

 

Une période de doute initiée par le « Red River Showdown »

 

Au moment de désigner les qualifiés pour le College Football Playoff, l’opinion générale trouvait complètement logique de classer Oklahoma à la quatrième et dernière place qualificative. Mais, au début du mois de novembre, les Sooners étaient quasiment éliminés de la course au titre national.

La réputation d’Oklahoma a pris un sacré coup dans l’aile à la suite du « Red River Showdown ». Deux semaines après une victoire de justesse, en prolongation, contre l’Army, les Sooners se sont inclinés face à leur ennemi héréditaire au terme d’une rivalité ultra-spectaculaire où la défense n’est arrivée à contenir les Longhorns et où l’attaque a commis quelques erreurs rédhibitoires.

Le coordinateur défensif, Mike Stoops, n’a pas survécu à la défaite contre Texas et des doutes ont émergé sur les qualités de Kyler Murray lors des grandes rencontres, commettant deux turnovers (une interception et un fumble douloureux dans le 3ème quart-temps). Certes, le quarterback junior a relancé les siens dans le match avec 3 TDs dans le dernier quart-temps, mais le mal était déjà fait.

Oklahoma figurait en second rideau dans la conversation pour le College Football Playoff et l’on ne savait toujours pas si les hommes de Lincoln Riley possédaient les qualités nécessaires pour intégrer le dernier carré.

 

L’éclosion de Kyler Murray, vainqueur du Heisman Trophy

 

La perception d’Oklahoma a évolué dès lors que Kyler Murray a trouvé son rythme de croisière ; et cette dynamique s’est révélée si transcendante au fil de la saison que le quarterback est devenu un prétendant sérieux au Heisman Trophy.

Et une fois que Tua Tagovailoa a trébuché, Kyler Murray a appuyé sur l’accélérateur pour s’adjuger la plus belle distinction individuelle qu’un joueur de football universitaire peut imaginer.

Il est devenu la pierre angulaire de l’animation offensive ultra-pointue et efficace d’Oklahoma. Kyler Murray, à coups de bombes aériennes ou de courses électriques, s’est joué de toutes les défenses qu’il a affronté et a propulsé l’attaque des Sooners au sommet de la hiérarchie nationale. Uniquement l’attaque d’Alabama pouvait rivaliser avec les exploits de l’escouade de Lincoln Riley. 

Et Oklahoma avait largement besoin d’un Kyler Murray au sommet de son art pour contrer les déboires défensifs.

Face à Texas Tech, Kyler Murray se reprend de deux interceptions et comble un retard de deux possessions pour empêcher un upset. Contre Oklahoma State, il n’est pas aussi brillant et la défense prend toujours l’eau, mais il trouve tout de même le temps de se connecter pour une superbe passe de 51 yards vers Marquise Brown. Face à West Virginia, Kyler Murray produit une nouvelle performance brillante et réalise des lancers « clutch » dans le money time pour survivre à la pression des Mountaineers.

Mais le futur outfielder des A’s de Oakland (MLB) a franchi un nouveau seuil lors de la finale de conférence Big 12. La revanche face à Texas a tourné en faveur de Kyler Murray : avec 379 yards, 3 TDs et la passe de la victoire dans les dernières minutes, il sort une énième performance digne d’un Heisman Trophy et envoie Oklahoma au College Football Playoff avec une quatrième couronne de champion de conférence consécutive.

 

La défense, un réel souci ancré en profondeur

 

Oklahoma n’a connu la défaite qu’à une seule reprise en 2018, et un tel record tient seulement par le niveau exceptionnel de l’animation offensive.

Les Sooners ne se sont pas reposés sur la solidité de leur défense, bien au contraire ; ils se sont battus toute la saison pour contrer ou bien contenir les brèches défensives. Et les deux plus mauvaises défenses de l’existence du College Football Playoff ? Elles peuvent être attribuées à Oklahoma, en 2017 puis 2018, sans grande surprise.

Cette défense est d’ailleurs considérée en 2018 comme la 89ème meilleure défense nationale, selon S&P+. En 2017, elle occupait le 101ème rang.

Le mois de novembre (face aux meilleures équipes de la conférence Big 12) s’est révélé plutôt terrible : 46 points encaissés contre Texas Tech, 47 contre Oklahoma State, 40 contre Kansas (!) et 56 points face à West Virginia. Certes, le rythme offensif de la conférence est plus élevée, mais une équipe prétendante au College Football Playoff ne peut survivre très longtemps à de telles performances exécrables.

L’attaque est l’élément qui caractérise l’essence du succès d’Oklahoma jusque-là ; mais de telles performances offensives ne doivent pas faire oublier que la défense a également concentré les débats et les inquiétudes depuis le mois de septembre. 

 

Pronostic confirmé… ou infirmé pour Oklahoma ?

 

A l’intersaison, dans le cadre de notre #CFBPreview, on avait pronostiqué un tel sort à Oklahoma :

“Comme de puis maintenant trois ans, Oklahoma va remporter un quatrième titre de conférence d’affilée. Les Sooners sont bien trop forts intrinsèquement parlant par rapport à tous leurs adversaires. Néanmoins, les hommes de Lincoln Riley vont devoir se battre encore davantage que l’année dernière et n’auront pas le temps de souffler avec des rencontres serrées quasiment toutes les semaines.

Même si la défense sera plus forte (ou moins mauvaise) que la saison passée, perdre Baker Mayfield va nécessairement peser sur l’attaque des Sooners et dans le vestiaire tant celui-ci était un leader incroyable. De plus, le calendrier comporte bien trop de pièges et Oklahoma risque de connaître plus d’une défaite en saison régulière.

Le programme sera présent pour un Bowl majeur en fin de saison, mais n’accédera pas au College Football Playoff, en revanche.”

Autant dire que nous nous sommes trompés sur le cas de Kyler Murray.

Le quarterback a porté les Sooners aussi bien, si ce n’est mieux, que l’avait fait Baker Mayfield une saison auparavant. Et l’éclosion de Kyler Murray est sans aucun doute ce qui permet les quadruples champions en titre de la conférence Big 12 de défendre leurs couleurs au College Football Playoff.

La défense n’est pas nécessairement meilleure, mais le niveau incroyable de l’attaque annihile les craintes que l’on nourrissait avant la saison : celle-ci a porté Oklahoma lors des nombreux pièges de la saison (Texas Tech, Oklahoma State, West Virginia) et a empêché l’obtention d’une défaite rédhibitoire.

On n’était pas si loin du compte, au final, profitons-en.