Comment Notre Dame est-il arrivé jusqu'au College Football Playoff ?

Sans même jouer une finale de conférence, il ne faisait aucun doute que Notre Dame allait rejoindre le College Football Playoff pour la première fois. Le Fighting Irish a réalisé une saison régulière impeccable et formidable, arborant un record invaincu de 12-0 au moment de conclure une année dénuée de polémiques en tous genres.

Brian Kelly a changé son approche et a délégué le pouvoir pour des résultats probants : mais, comment Notre Dame est arrivé à se qualifier pour le College Football Playoff ?

A l’aube du Cotton Bowl contre une autre équipe invaincue, Clemson, Midnight on Campus revient sur le chemin que le Fighting Irish a suivi pour en arriver jusqu’à ce stade de la compétition.

 

L’arrivée salvatrice de Ian Book en cours de saison

 

On savait que Notre Dame jouerait les premiers rôles cette saison dès le mois de septembre ; et pourtant, ce mois-ci a offert deux visions complètement opposées de l’équipe en parallèle de l’homme en charge de mener l’attaque. 

Le Fighting Irish a débuté la saison avec Brandon Wimbush au poste de quarterback et il s’en sort d’entrée avec une victoire face à #14 Michigan (24-17). Cet accomplissement a marqué l’année, et bien qu’elle soit marquante, ce fut loin d’être la meilleure performance de Notre Dame. Brandon Wimbush a été solide face aux Wolverines et a éteint les critiques de la saison précédente. Cependant, celles-ci sont revenus au galop lors des succès étriqués face à Ball State et Vanderbilt les deux semaines suivantes.

Brian Kelly n’a pas attendu qu’un drame se produise pour changer de quarterback. Ian Book obtient une chance face à Wake Forest et il saisit cette opportunité à bras-le-corps : Notre Dame devient dès ce jour l’équipe du quarterback junior.

L’animation offensive franchit un pas au moment de son arrivée et, à son image, elle propose un mélange délicieux entre efficacité et versatilité. Incapable d’inscrire plus de 30 points avec Brandon Wimbush, le Fighting Irish ne descendra en-deçà de cette barre à seulement deux reprises du reste de la saison.

Ian Book se révèle être l’homme de la situation et justifie d’autant plus ce statut lors des rencontres majeures. Il renverse #7 Stanford quasiment à lui-seul avec une performance proche de la perfection et récidive, dans une moindre mesure, à #24 Virginia Tech, contre Pittsburgh et à Northwestern. Il réussit tous les défis qui lui sont jetés, et même au lendemain d’une blessure, il s’affirme comme une pièce indispensable de l’attaque de Notre Dame. 

Face à Florida State, le junior a été reposé pour une blessure aux côtes et Brandon Wimbush a poursuivi le succès du Fighting Irish avec une performance intéressante. Ian Book serait-il en danger ? Il efface ces questions dès le match suivant, face à #12 Syracuse, pour une confrontation qui doit sceller le sort de l’équipe en vue du College Football Playoff. 

La rencontre la plus importante de la saison devient son terrain de jeu malgré des côtes douloureuses (23/37, 292 yards, 2 TDs, INT face à l’Orange) et montre une nouvelle fois qu’il faut compter sur lui dès lors que les enjeux sont élevés.

 

Dexter Williams, la force tranquille de Notre Dame

 

Peu d’observateurs n’avaient parié sur Dexter Williams avant la saison. Le running back a débuté son ultime saison universitaire avec une suspension de 4 matchs et il était largement passé sous les radars.

Le retour au terrain de football n’a toutefois pas été manqué : le senior a marqué les esprits face à Stanford en devenant un des acteurs majeurs de la victoire (161 yards et TD). Il ré-édite une telle performance à Virginia Tech (178 yards et 3 TDs) et s’impose parmi les joueurs clés du Fighting Irish.

Coïncidence ou non, le retour aux affaires de Dexter Williams correspond à l’incorporation de Notre Dame dans la discussion nationale. Spoiler alert : ce n’est pas une coïncidence.

Lors de ses trois premières saisons sur le campus de South Bend, le running back n’a jamais crevé l’écran. Mais la paire qu’il compose aujourd’hui avec Ian Book est l’élément catalyseur du succès de Notre Dame en 2018. Les deux seules fois où il n’a pas marché sur le concurrence, l’équipe a éprouvé des difficultés (31 yards contre Pittsburgh et 56 yards à Northwestern).

A l’inverse, le Fighting Irish n’a pas eu besoin d’une aide supplémentaire à ses services face à la Navy (142 yards et 3 TDs) et il a grandement aidé les siens face à Florida State (202 yards et 2 TDs). Et puis lors des rencontres cruciales de fin de saison contre Syracuse et USC, il a réalisé avec succès le boulot qu’on lui demandait (5.9 yards par portée de moyenne sur les deux matchs).

Sans lui, Notre Dame n’est plus la même équipe. Il suffit de regarder les performances de début de saison lorsqu’il était encore suspendu.

 

Le meilleur coaching de la carrière de Brian Kelly

 

Sous la houlette de Brian Kelly, Notre Dame a accédé au BCS Championship Game avec un record invaincu de 12-0, un peu à l’image de cette saison. Mais le Fighting Irish n’était pas aussi dominant qu’il l’est actuellement.

Une défense exceptionnelle et un facteur chance non-négligeable leur avaient permis de sortir d’enchainer les victoires au cordeau et les succès sans contestation. La sauce est quelque peu différente cette saison et le crédit doit revenir à Brian Kelly.

La décision de titulariser Ian Book en cours de saison est possiblement la plus grande (et meilleure) décision de sa carrière de head coach.

Souvent connu et raillé pour son conservatisme, un tel choix audacieux n’est pas dans ses habitudes. Bien lui en a pris puisque ce changement a permis de faire entrer Notre Dame dans une toute autre dimension. Le quarterback junior a révolutionné le Fighting Irish, mais cela n’aurait été possible sans l’apport du coordinateur offensif, Chip Long.

Les deux hommes ont travaillé main dans la main pour implémenter une nouvelle animation offensive, basée sur une efficacité aérienne et une prépondérance du jeu au sol. Et malgré la perte de deux linemen offensifs dans le Top-10 de la dernière Draft NFL, Chip Long est arrivé à conserver une excellente ligne offensive.

Comment Notre Dame est-il arrivé à se sublimer d’une année sur l’autre ? Brian Kelly a laissé les rennes principaux du jeu de l’équipe à ses coordinateurs. Ceci est valable en attaque, et cela l’est également en défense.

Le Fighting Irish a perdu Mike Elko, un des meilleurs coordinateurs défensifs de la ligue, pour Texas A&M et est tout de même arrivé à produire une meilleure escouade que par le passé. Certes, l’expérience défensive est hallucinante (les 11 titulaires sont juniors ou seniors) mais Brian Kelly a donné sa confiance à un assistant plutôt que de recruter une personne extérieure.

L’ancien entraineur des linebackers, Clark Lea, a obtenu une promotion et les résultats sont là : les linebackers Drue Tranquill et Te’Von Coney font partie des meilleurs à leur poste du pays.

Comme quoi, Brian Kelly a attendu sa neuvième année à Notre Dame pour accomplir sa plus belle réalisation.