Clemson remporte le Cotton Bowl avec autorité face à Notre Dame et se qualifie pour le College Football Playoff Championship Game.

Huit. Le nombre de défaites consécutives de Notre Dame lors d’un Bowl majeur. 

Vous voulez compter ? Depuis 1993, Notre Dame a perdu un Orange Bowl, un Sugar Bowl, quatre Fiesta Bowls, un BCS Championship Game (R.I.P.) et désormais un Cotton Bowl, dans le cadre du College Football Playoff.

Le Fighting Irish débutait tout de même le Cotton Bowl face à Clemson en tant que léger outsider, dans l’attente de livrer une bataille âpre du kickoff au coup de sifflet final. Un tel scénario n’a conservé une existence crédible que lors d’un seul quart-temps, le premier. Une fois le round d’observation terminé, les Tigers ont passé la surmultipliée et ont laissé les hommes de Brian Kelly derrière eux.

Grâce à la performance impressionnante du quarterback true freshman Trevor Lawrence, qui a cumulé 327 yards et 3 touchdowns à la passe, Clemson domine cette première demi-finale du College Football Playoff et s’adjuge le Cotton Bowl assez largement, sur le score final de 30 à 3 en faveur des champions de la conférence ACC.

Il ne faut pas croire que Notre Dame n’a pas livré de combat.

Les deux équipes jouaient au même niveau lors du premier quart-temps, échangeant les coups tels deux joueurs d’échecs de classe internationale. Les adversaires faisaient jeu égal et promettaient une rencontre épique au sein d’un AT&T Stadium où, comme les joueurs, les deux bases de supporters donnaient de la voix de manière équivalente.

Mais comme face à Alabama lors du BCS Championship Game, en 2012, Notre Dame a rapidement montré ses limites et a courbé l’échine jusqu’à ne plus se relever.

Dans un premier temps, des titulaires importants en défense sont tombés comme des mouches face à la puissance physique des Tigers. Le plus important d’entre tous : le cornerback All-America Julian Love. Le remplaçant, Donte Vaughn, a été enrhumé quelques minutes plus tard par la révélation du Cotton Bowl, le receveur true freshman Justyn Ross (6 réceptions, 148 yards, 2 TDs), pour un touchdown longue distance de 52 yards (9-3).

Rien n’est pourtant terminé à ce moment-là de la partie. Ce n’est que le tout début du second quart-temps et Clemson ne mène que de 6 points.

Cependant, l’inévitable coup de massue arrive quelques minutes plus tard, lorsque Trevor Lawrence rentre réellement dans son match et élève son niveau à une hauteur que Notre Dame ne peut atteindre.

Bien muselé par le pass-rush et le secondaire du Fighting Irish, le quarterback true freshman commence à trouver les failles de son adversaire au centre du terrain et mène les Tigers vers l’avant. Il lui a fallu moins de deux minutes de jeu pour mettre un terme à cette rencontre, le tout, avant de rentrer aux vestiaires pour la mi-temps.

Trevor Lawrence se connecte avec Justyn Ross pour un second touchdown en profondeur, long de 42 yards, avant d’enfoncer le clou avec Tee Higgins, qui attrape un touchdown spectaculaire de 19 yards (à nouveau sur la tête de Donte Vaughn), quelques secondes avant de quitter le terrain pour l’entracte.

En l’espace de 1 minute 42 de jeu, Clemson a tué le match et a mis en exergue le fossé qu’il existe avec Notre Dame. 

« Nous n’avons pas joué notre meilleur football, et lorsque vous ne jouez pas votre meilleur football sur une telle scène, vous avez battu d’une telle façon, » avoue le receveur de Notre Dame, Miles Boykin. « Ce n’est pas quelque chose que je prends à la légère. »

Les statistiques de Trevor Lawrence parlent d’elles-même : après un 6/11 pour 35 yards lors du 1er quart-temps, il provoque l’implosion du secondary de Notre Dame avec 229 yards à 13/15 pour 3 TDs lors du 2ème quart-temps. Cette montée en puissance est aussi significative que spectaculaire.

23-3 à la mi-temps : il restait encore 20 minutes de jeu mais on n’en avait assez vu pour savoir que l’équipe de Brian Kelly ne reviendrait pas dans le match.

(Crédit photo : Kevin Jairaj-USA TODAY Sports)

Il ne faut toutefois pas dénigrer la performance globale de Notre Dame lors de cette saison. Le Fighting Irish a excellé tout au long de la saison régulière et cette qualification pour le College Football Playoff n’est certainement pas galvaudé, bien au contraire. Ils ont mérité cette première apparition dans le dernier carré, au terme d’une saison qui rappelait les grandes heures du programme de football sous Ara Parseghian, Dan Devine ou bien Lou Holtz.

« C’était la meilleure équipe que l’on a joué [de la saison ; ndlr], » explique Dabo Swinney en conférence de presse d’après-match. « Je pense que leur secondary est excellent, comme leurs running backs et leurs bons vieux receveurs. Je pense que c’est une équipe aussi complète comme j’en ai rarement vu. »

Ce qu’il faut plutôt retenir du Cotton Bowl est l’immense fossé qui existe entre Clemson (ainsi que Alabama) et le reste de la ligue.

Le quarterback Ian Book a réalisé une saison fantastique et a mené le Fighting Irish contre vents et marées depuis le mois d’octobre. Il n’a tout simplement pas existé face à la ligne défensive de Clemson, qui l’a dérangé tout au long de la rencontre, contournant avec facilité une des meilleures lignes offensives du pays. Même sans Dexter Lawrence, suspendu, Austin Bryant (2 sacks, 3 TFLs) et Clelin Ferrell (1 sack, 1 TFL) ont terrorisé le backfield adverse et n’ont pas lâché la jugulaire des 60 minutes.

Ian Book termine la partie avec 160 yards, aucun touchdown et 1 interception, son plus mauvais total de la saison. Le running back senior Dexter Williams, qui apparaissait en jambes en début de match, n’a pas survécu à la pression du front-seven des Tigers et n’accumule que 54 yards.

Les lignes avants de Notre Dame ont tout de même disputé une belle rencontre, et hormis une course de touchdown de 62 yards autorisé dans le troisième quart-temps à Travis Etienne (14 portées, 109 yards, TD), le jeu au sol de Clemson a eu beaucoup de mal à apporter une présence solide. 

Trevor Lawrence a très vite compris qu’il avait la charge de son équipe sur les épaules ; malheureusement pour le Fighting Irish, il n’a pas flanché et a sorti une performance hallucinante pour un quarterback qui connait seulement sa neuvième titularisation en carrière.

Notre Dame ne ressort pas d’une défaite sur la plus haute estrade de la saison de football universitaire à l’instar de 2012.

Le programme semblait à des années lumière d’Alabama, qui leur avait montré le chemin à couvrir pour intégrer l’élite. Aujourd’hui, le Fighting Irish s’en rapproche avec un niveau de talents quasiment identique à celui de Clemson, un coaching staff innovant et la forme d’un programme qui avance dans la bonne direction.

La différence ? Cette marche d’écart est transcendée lorsqu’on pose le pied sur la scène du College Football Playoff.

« J’ai quitté la rencontre [en 2012 ; ndlr] avec le sentiment qu’il y avait énormément de travail à réaliser dans le programme, tellement de développement et de recrutement, » décrit Brian Kelly en conférence de presse d’après-match. « Ce match est vraiment différent. On a donné quatre actions majeures que l’on autorise pas normalement et on s’est montré capable de faire avancer le ballon et de faire les choses nécessaires pour battre cette équipe [de Clemson ; ndlr]. »

« Ils étaient tout simplement la meilleure équipe. Il n’existe aucun doute sur cela. »