Tout était bien parti pour Auburn. Jusque tard dans le deuxième quart-temps, les hommes de Gus Malzahn menaient de 20 points, sans que LSU n’en ai marqué aucun. Le “Tiger Bowl” semblait bien parti pour incomber à Auburn mais le chaos régnant en football universitaire a également renversé cette rencontre.

LSU trouve l’en-but par deux fois avant la mi-temps pour finalement placer son adversaire en ligne de mire. La défense se met en marche, blitz dans tous les sens et limite Auburn à 73 yards au total dans la deuxième période. L’attaque persiste et engage un comeback.

Auburn marque seulement deux field goals en deuxième mi-temps. LSU inscrit un touchdown sur un retour de punt et prend l’avantage dans les dernières minutes du quatrième quart-temps, pour l’emporter sur le score de 27 à 23.

Auburn est une très bonne équipe, bien meilleure que l’année dernière. Kerryon Johnson est une machine à yards, le troisième meilleur running back de la conférence (peut-être même le deuxième) tout en ayant manqué deux matchs au début de la saison. Et il apporte constament la production qu’on attend de lui et rien que cette semaine, il pointe à 156 yards contre une défense qui a posé énormément de problèmes à son équipe. Il est une clé pour l’attaque des Tigers et il continura à être la raison du succès de l’équipe jusqu’à la fin de la saisons.

Le quarterback Jarrett Stidham, malgré une quasi transparence samedi, est un quarterback avec beaucoup de succès. Avant ce dernier match, où il a rencontré un mur (en deuxième mi-temps), il complètait plus de 70% de ses passes et 224 yards de moyenne par match. Sans compter le blitz constant, la couverture des passes courtes et médiane de la part du back seven de LSU l’a poussé à entreprendre des décisions osées et notamment les passes longues. D’où son pauvre pourcentage de réussite : 34,6% (9-26).

Jarrett Stidham avait déjà flenché contre une défense agressive, face à Clemson le 9 septembre dernier, lorsqu’il n’avait passé que pour 79 yards et qu’Auburn s’était incliné 14 à 6 contre d’autres Tigers. Kerryon Johnson n’avait pas joué et l’ensemble de l’attaque s’était retrouvée étouffée, produisant seulement 117 yards et deux field goals.

Les deux défaites d’Auburn en 2017 ont été obtenues contre deux (très) bonnes défenses. Et devinez qui dans la conférence SEC détient une très bonne défense et se tient sur la route à la fin de la saison : Alabama. Je vous laisse deviner la suite.

Je pense que l’on avait tous plus ou moins abandonné LSU à ce point de la saison.

Le running back Derrius Guice n’est pas vraiment le candidat au Heisman que Baton Rouge attendait, Danny Etling est un quarterback “convenable” au mieux. La déroute contre Mississippi State avait commencé à insuffler le doute avant que l’upset contre Troy avait finit par sonner le glas de l’intérêt collectif pour les Tigers. Ed Orgeron était vraissemblablement vers la sortie.

Puis vint la lumière avec la victoire face à Florida d’un tout petit point et le comeback face à Auburn.

Si l’attaque demeure somme toute moyenne (6ème dans la SEC à l’heure actuelle), la défense tire comme souvent les Tigers d’affaire. C’est sans surprise puisqu’il s’agit du domaine de prédilection d’ Ed Orgeron.

Depuis le début de sa titularisation au poste de head coach, la défense s’est montrée compétitive. Hormis la défaite face à Mississippi State (qui était le premier match à enjeux pour ‘Coach O’), elle s’est rarement retrouvé submergé. La défaite face à Troy incombe davantage à l’incapacité de Danny Etling à se montrer décisif à la fin du match.

On peut donc se permettre d’argumenter que ‘Coach O’ réalise le job pour lequel il a été engagé : améliorer le secteur défensif, ce qui faisait défaut à LSU depuis 2014. Les Tigers se trouvent à l’heure actuelle sur les bases égales à 2016 pour la productivité défensive. Ce secteur n’est pas un problème pour eux.

Ce qui plus embettant, c’est l’attaque et ce secteur dépend de Matt Canada. Certes, aucun des joueurs n’est une de ses recrues et il fait avec ce qui lui est imposé. Mais il a quand même de belles pièces avec lesquelles travailler. Danny Etling en l’occurence aurait pu exploser sous sa tutelle. Mais à cinq rencontres de la fin de la saison, les jeux semblent faits pour le senior.

Maintenant, la réelle question est : Matt Canada est-il si performant que cela?

Si on retrace sa carrière, aucun succès flagrant n’est à mettre à son actif. Son mandat à Pittsburgh en 2016 s’est soldé avec une quatrième place dans la division ACC Atlantic et un Bowl perdu face à Northwestern. Seul petite gloire de la saison est la victoire face à Clemson, futur champion national. Une victoire d’un point, à l’arrachée.

Les années à NC State s’avèrent tout aussi stériles. Oscillant entre 8ème et 4ème de la division Atlantic, un Bowl gangé et un Bowl perdu. Et il y a très peu de régularité dans les prestations offensives en terme de points et de yards de la part des différentes équipes auxquelles il a pris part durant ses années-là.

Le seul semblant d’accomplissement remonte à 2011 avec Northern Illinois, lorsque les Huskies remportent le titre de champion de la MAC et le Belk Bowl face à Arkansas State. Cependant, Northern Illinois est un programme du Group of Five et la MAC n’offre pas autant de challenge que les conférences Big Ten, ACC ou SEC.

Le succès incroyable du quarterback des Huskies Jordan Lynch (finaliste du Heisman Trophy 2012) aurait pu être une autre trophée pour Matt Canada. mais une part infime de sa réussite lui incombe, puisqu’il ne l’a pas recruté et qu’il était déjà parti pour Wisconsin lorsque la quarterback explosa en 2012. Matt Canada n’a peut-être pas tant de choses à offrir que ce que LSU et ses fans espéraient.

Pour conclure, disons que la série de deux victoires d’affilée de LSU a donné du répit à l’ensemble du staff. L’effectif se montre à présent compétitif en attaque et de très bonne qualité en défense. Il reste juste à l’ensemble des coaches à se relaxer et faire confiance à leurs éléments.

Le match de cette semaine face à Ole Miss est plus qu’a portée de main. Les Rebels réalisent de belles choses en attaque mais la défense est constituée exclusivement de plots de signalisation. Si la défense des Tigers peut tenir ferme, on obtiendra un meilleur aperçu de ce dont elle est capable.

Surtout que le reste du calendrier est mi-figue mi-raisin. Dans trois semaines, le voyage à Alabama devrait être un moment desagréable. En cas de coup dur pour LSU, la semaine suivante contre Arkansas peut signifier un upset de la part des Razorbacks. Tennessee est loin à la traine et ne devrait pas représenter de difficultés. Alors que Texas A&M est subtilement en train de laisser son empreinte sur le division SEC West et sera la challenge de fin de saison.

Cette victoire contre Auburn est un tournant pour la confiance du staff et des joueurs de LSU. On devrait voir des Tigers à la hauteur de ce que l’on attendait au début de la saison. Un peu tard pour faire beaucoup de bruit en SEC, cependant.