Clemson a disposé facilement de NC State (41-7), réalisant sans doute le match le plus complet cette saison.

C’était une démonstration. Une démonstration qui a bien vite tué le suspense samedi soir.

Clemson, invaincu jusque-là, avait à cœur de montrer qu’elle était bien l’équipe à battre dans la division ACC Atlantic. C’est désormais chose faite puisque les hommes de Dabo Swinney ont littéralement roulé sur une équipe de NC State (41-7), trop tendre pour l’événement.

Emmenés par un superbe Trevor Lawrence (26/39, 308 yards, TD) et toujours aussi efficaces défensivement, les Tigers ont mis un point d’honneur à remporter ce match et sans doute avec celui-ci la division ACC Atlantic.

 

 

Ryan Finley, quarterback le plus prolifique statistiquement de la conférence jusque-là, a été mis rapidement en difficulté. Incapable de faire avancer son équipe, l’ancien de Boise State termine avec une fiche statistique bien terne (21/34, 156 yards, 2 interceptions). Aussi, NC State n’a converti que 2 troisième tentative sur 12, une réussite bien trop faible dans un match avec un tel enjeu.

 

Un véritable rouleau compresseur

 

Trois des meilleurs coureurs de l’histoire de Clemson étaient à “Death Valley” samedi lors du match contre NC State.

Si deux d’entre eux, James Davis et C.J. Spiller pour ne pas les citer, étaient sur le bord de touche, habillés en civil, l’un était en uniforme. Il s’agit de Travis Etienne. Sous les yeux médusés de tous les observateurs, le running back a réalisé un exploit que ses deux compères n’ont pu achever. Ainsi, en marquant trois touchdowns contre NC State, il est devenu le premier Tiger à marquer au moins trois touchdowns en trois matchs consécutifs.

(Crédit photo : Bart Boatwright/ The Greensvile News)

Comme souvent, pour comprendre les phénomènes, il faut enquêter aux origines. Travis Etienne, grand fan de la conférence SEC, était plutôt destiné à rejoindre un autre cador du football universitaire, répondant au nom d’Alabama.

Mais voilà, Deshaun Watson, Ben Boulware et leurs coéquipiers ont tout changé. Le coureur, impressionné par la performance de ses ainés, est désormais la star des Tigers.

Au-delà du record statistique, Travis Etienne pourrait accomplir quelque chose d’encore plus grand : être le premier joueur issu de Clemson à remporter le Heisman Trophy. La tâche ne sera pas simple, le favori demeurant le quarterback d’Alabama, Tua Tagovailoa.

Mais Travis Etienne n’est pas la seule force du rouleau-compresseur de Clemson.

Trevor Lawrence n’est que freshman mais il a déjà endossé le rôle du patron. Nous avions parlé de la situation des quarterbacks à Clemson ; après un mois, le doute n’est plus permis tant Trevor Lawrence impressionne.

Autre point fort majeur des Tigers, la ligne défensive. On le savait déjà avant la saison, cette ligne regorge de talent entre Clelin Ferrell, Austin Bryant, Dexter Lawrence et Christian Wilkins. Ils forment la meilleure ligne défensive de tout le pays et face à NC State, l’unité n’a pas déçu, limitant rapidement les gains adverses et forçant Ryan Finley à lancer.

 

Alabama – Clemson IV déjà inévitable ?

 

Huit semaines après le début de la saison universitaire de football, il semble bien que l’histoire se répète dans une certaine mesure.

Vous l’aurez compris, les ressemblances entre Alabama et Clemson sont nombreuses et les deux équipes apparaissent comme les deux épouvantails du football universitaire. De quoi nous offrir un quatrième épisode à l’occasion du prochain College Football Playoff ?

(Crédit photo : ESPN)

Alabama – Clemson. Clemson – Alabama. Une rivalité rentrée dans l’histoire. Un classique que de nombreux observateurs souhaitent d’ores et déjà revoir cette saison. Clemson – Alabama IV semble désormais presque inévitable.

Ohio State ajoute encore un peu plus de crédit à la storyline après sa défaite face à Purdue. Mais ce que l’on espère surtout, c’est que si cette suite vient à arriver, celle-ci ne doit pas être comme les trois premiers épisodes.

Il est évident que Clemson et Alabama ont dominé les trois dernières saisons, mais si l’on regarde de plus près les deux programmes, on s’aperçoit que leurs dominations respectives étaient tachées de point d’interrogation.

Rappelez-vous de la ligne offensive de Clemson à l’époque de Deshaun Watson. Une ligne qui avait un mal fou à ouvrir des brèches pour ses coureurs et à limiter la pression sur son quarterback l’obligeant à courir pour limiter la pression. Rappelez-vous également du jeu aérien du Crimson Tide. Un jeu de passe prévisible qui apparaissait comme le seul élément qui pouvait empêcher Alabama de dominer.

Non, ce n’est sans doute plus un hasard si Clemson domine 124-17 ses adversaires sur les 10 derniers quarts-temps. Ce n’est pas un hasard non plus si Tua Tagovailoa bat des records à tour de bras, propulsant l’attaque d’Alabama au niveau des meilleures équipes d’Art Briles ou de Chip Kelly.

Nous avons déjà vu Alabama-Clemson à trois reprises, oui, il est probable que cette rencontre ait de nouveau lieu cette année. Mais non, en trois ans de rivalités jamais ces deux équipes n’ont été aussi complètes.