Jusqu'où Brad Bromwell peut-il amener cette équipe surprenante de Clemson ?

Troisième de la conférence ACC derrière Virginia et Duke, Clemson connaît une saison surprenante. Et elle aurait même pu être d’autant plus retentissante pour l’Université de Caroline du Sud.

Alors que l’on se trouvait en pleine saison, Clemson fut au centre des discussions mais pour autre chose que la saison actuelle en cours. Plutôt pour celle de l’année prochaine.

Le 20 janvier dernier, un des lycéens les mieux classés dans les différents classements de prospects lycéens américains est sur le point de donner sa parole d’engagement. Ce lycéen ? Un certain Zion Williamson, le dunkeur surpuissant de Spartanburg, Caroline du Sud, qui fait le bonheur de YouTube.

Ce jour là, Clemson est sur point d’affronter Notre Dame pour tenter de rebondir après la défaite face à North Carolina quelques jours auparavant.

L’équipe de Brad Brownell détient alors un bilan de 15 victoires pour 3 défaites et est classé au 20e rang de l’AP Top 25 avec des succès notables face à Ohio State, Florida ou encore Louisville. On n’a pas l’habitude de voir les Tigers jouer les premiers rôles en basketball.

Encore plus surprenant, en ce jour de janvier, ils peuvent accueillir un joueur au potentiel fou qu’ils n’auraient jamais pensé obtenir (et nous non plus).

Le monde du basketball lycéen est en ébullition, Zion Williamson est sur le point de choisir son université et tous les insiders sont d’accord : ce sera Clemson.

Dans cette course, Brad Brownell et son staff doivent faire face à Kansas, Kentucky, South Carolina, North Carolina et Duke. Cette unanimité surprend tout le monde, alors que l’on pense que Kentucky tient la corde.

Il est un peu près 2h30 du matin en France quand Zion Williamson s’assied face à la caméra d’ESPN, prêt à annoncer son choix.

Et la surprise.

Le garçon prend tout le monde à contre-pied et choisit de rejoindre Duke. Les espoirs de Clemson partent en fumée en une fraction de seconde, mais la saison continue. Clemson l’emporte sur le plus important des terrains, face au Fighting Irish, et continue une belle saison sportive.

Brad Brownell peut compter sur un quintette qui porte son équipe : Marcquise Reed, leader offensif des Tigers, Donte Grantham, deuxième rebondeur de l’équipe même en étant actuellement blessé, Gabe DeVoe, meilleur tireur à trois points, Shelton Mitchell, meilleur passeur, Elijah Thomas et ses 2.4 contres par rencontre.

Ce cinq majeur composé de trois juniors et deux seniors fonctionne, surprend, et surtout gagne.

Encore un petit match à jouer en saison régulière, face à Syracuse, et puis cap sur le tournoi de conférence ACC pour conquérir une qualification automatique à la March Madness.

De toute manière, les Tigers participeront quoi qu’ils arrivent au tournoi final du championnat de basketball universitaire avec un bilan 22 succès pour 7 revers. Une superbe progression alors qu’ils atteignaient à peine les 50% de victoires la saison passée (16-14), qui s’était terminée par une défaite au premier tour du NIT face à Oakland.

Actuellement, à une dizaine de jours avant que l’on connaisse le bracket officiel de la March Madness, le spécialiste d’ESPN Joe Lunardi entrevoit en Clemson avec un seed #5. Pas mal pour une équipe qui était éliminée au premier tour du NIT en tant que deuxième seed l’an passé.

Cette progression fulgurant est notamment due grâce à la défense.

Clemson est, derrière la machine défensive qu’est Virginia, l’une des meilleures de la conférence ACC avec 65 points encaissés en moyenne par rencontre. Ce qui en fait la trentième défense du pays… sur 351 équipes.

Mais, il faudra aussi que l’attaque tienne le coup de l’autre côté du terrain. L’aventure pourrait tourner court si ce n’est pas le cas.

Une raison à ce scepticisme ? Le banc des Tigers.

Si les quatre joueurs cités plus haut sont irréprochables, ils jouent beaucoup. Parmi eux, seul Elijah Thomas joue moins de trente minutes par match (24.3). Attention à ce que ce petit monde ne soit pas à bout de souffle lors des matchs les plus importants de la saison.

La mission principale de Brad Brownell est de trouver la bonne formule. Elle pourrait offrir les meilleures chances à son équipe d’aller le plus loin possible à partir du 15 mars.

Il ne faudra avoir aucun regret lorsque le dernier buzzer de leur saison retentira.