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(Crédit Photo : Brad Penner-USA TODAY Sports)

“Zooming On” : Saint Louis ou l’art de défendre

La recette du succès est simple à Saint Louis.

Agressivité, communication et engagement. On dit souvent que défendre bien ne requiert pas forcément des qualités exceptionnelles, mais surtout, de l’envie. Saint Louis, positionné avec un record de 14-4, le prouve à nouveau en basketball universitaire.

Les Billikens restent sur une série de six victoires de rang et écrasent la concurrence dans l’A-10 avec cinq succès de suite. Sur ces cinq matchs, Saint Louis encaisse moins de 60 points en moyenne (59.2). Qui plus est, ces chiffres ne sont pas biaisés par deux ou trois grosses performances qui feraient baisser la moyenne, puisque le programme n’a jamais encaissé plus de 64 points.

Sur l’ensemble de la saison, Saint Louis n’a même jamais connu de grosses défaillances défensivement.

Seul Florida State (81-59) et Pittsburgh (75-73), deux programmes du Power Six, ont réussi à dépasser la barre des 70 points face aux Billikens. Des performances défensives qui permettent à Saint Louis d’être classée 14e meilleure défense du pays selon KenPom.

Seul VCU, autre résident de l’A-10, fait mieux.

Pour proposer une solidité défensive lors de l’intégralité d’un match, il faut évidemment compter sur une rotation efficace. Le head coach Travis Ford en possède une. Celle-ci n’apporte pas énormément en attaque, mais la culture défensive leur a été également inculqué. Aucun poste ne possède de réelle faiblesse.

 

Javon Bess, symbole de la dureté défensive de Saint Louis

 

“Il est le meilleur défenseur du pays face aux guards. Je sais que mon regard est biaisé, mais permettez-moi de le dire, les faits parlent eux-mêmes”, a déclaré Travis Ford.

Le head coach des Billikens n’a pas tort : Javon Bess réalise une saison monstrueuse.

Capable de défendre sur pratiquement tous les postes, excepté sur le pivot, Javon Bess est un cauchemar pour les adversaires. Dur au mal sur les isolations, il est également très intelligent pour défendre le jeu sans ballon.

Et avec 1.7 interception par match, il est d’ailleurs le meilleur de l’équipe dans son domaine.

Face à Saint Joseph’s (68-57) vendredi dernier, il a encore prouvé qu’il pouvait éteindre n’importe qui sur les lignes arrières et l’ailier Charlie Brown en a fait les frais. Le sophomore peut être considéré parmi les plus gros marqueurs de la conférence avec presque 20 unités de moyenne. En duel direct avec Javon Bess, il a tout simplement été inexistant en 40 minutes (9 points à 1/11, dont 0/5 de loin).

Javon Bess (numéro #3) lui a imposé un rythme effréné en restant au contact sur chaque possession. Ici, Charlie Brown (#2) n’est ainsi pas trouvé par ses partenaires. Ces derniers se retrouvent perdus et l’action se termine sur une pénétration désespérée. Avec Javon Bess au rebond, évidemment.

 

 

Cette action résume bien le travail abattu par les Billikens sur le parquet. Chacun fait sa part du boulot. Sous la pression, les équipes adverses ont tendance à opter pour des choix compliqués ou risqués qui se finissent souvent sur un shoot difficile.

Ce fut le cas de Saint Joseph’s lors de cette rencontre. Pourtant, les Hawks manient le ballon avec prudence. Meilleur programme de l’A-10 en ratio assist/turnover (2.9), Saint Joseph’s a éprouvé des difficultés à fluidifier son jeu offensivement.

En individuel ou en zone, la défense de Saint Louis est parfaitement en place.

Très mobile et capable de défendre sur le périmètre, l’intérieur Hasahn French (#11) est une pierre angulaire importante. Autour, Jordan Goodwin (#0) et Fred Thatch (#20) sont sans cesse en alerte, prêts à changer de joueurs.

 

 

Saint Louis se dirige vers la March Madness

 

Quatre ans après sa dernière participation, Saint Louis est clairement le favori de la conférence pour rejoindre la March Madness. Cette défense est si complémentaire et régulière au meilleur niveau que les Billikens peuvent gagner contre n’importe qui.

L’absence d’un vrai meneur de formation pèse sur l’attaque. Tramaine Isabell se débrouille à ce poste, lui qui est davantage un meneur qu’un arrière, mais Saint Louis peine à jouer en percussion. Les Billikens optent davantage pour un jeu sur le périmètre qui demandent une forte réussite au shoot. Avec une telle défense, 60 points inscrits suffisent à l’emporter, mais quand sera-t-il le jour où l’adversaire dépassera la barre des 70 points ?

Quoi qu’il en soit, Saint Louis est à ce jour l’une des toutes meilleures équipes chez les Mid-Majors. Notre prédiction de pré-saison le laissait penser, c’est désormais une réalité.

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