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Liam Robbins Drake Bulldogs
(Crédit photo : Drake Athletics)

Liam Robbins est le “sleeper” en puissance que Drake avait besoin

Vendredi soir, alors que les tournois exotiques offrent des matchs palpitants assez tôt dans la soirée (moment idéal pour nous), j’ai lancé un match entre Drake et Lehigh, sans aucune attente. Déjà, j’ai vu un excellent match et, évidemment, un certain Liam Robbins m’a tapé dans l’oeil.

Je suis humain, j’aime les petits plaisirs de la vie.

L’un d’eux est de pouvoir me poser au fond de mon lit, le soir, et de regarder un ou deux matchs de basketball universitaire en replay. J’essaye de découvrir un maximum d’équipes en Mid-Majors, histoire de repérer les forces en présence.

Liam Robbins n’est pas le joueur qui possède le plus de chance d’accéder à la NBA. Ce n’est pas le leader, non. Mais c’est un prospect dont la marge de progression reste immense et qui risque de finir dans un club européen (ou en France, coucou les scouts) à la fin de son cursus universitaire.

Liam Robbins, un “vrai” sophomore ?

Dans un premier temps, Drake mérite un mea culpa.

J’ai bien trashtalk le programme ces dernières années, notamment lors des rencontres contre mes petits protégés de Wichita State (quand le programme était encore en MVC). A l’heure actuelle, et après visionnage de 2 matchs cette saison (oui, c’est peu mais bon), je peux vous affirmer que Drake risque d’être la belle surprise de la Missouri Valley Conference en 2019-20.

L’équipe possède un backcourt exceptionnel et des joueurs de banc qui apportent leur part. Mais je m’arrête là car on reparlera des Bulldogs (avant les matchs de conférence).

Revenons sur le 7-footer Liam Robbins.

Déjà, l’intrigue est toujours présente avec un joueur de son profil en NCAA. Et, avant de voir le match, je ne savais pas s’il était freshman ou senior. Au final, il est sophomore. Je ne vous cache pas que j’étais un peu choqué quand le commentateur a sorti l’information.

Liam Robbins est, sur le papier, un pur protecteur de cercle. Il n’est pas flashy en attaque : il ne va pas trop en faire et il se “contente” de faire ce que l’on lui demande. Et sur ce début de saison, il explose et c’est assez inattendu quand on sonde un peu les suiveurs les plus aguerris des Bulldogs.

Le pivot sort d’une saison freshman assez délicate (on notera ses 6 contres en match d’ouverture, égalant le record dans ce domaine de Drake sur un match). Mais, rien de nouveau : on sait bien que la transition entre High School et NCAA est toujours difficile pour certains prospects, surtout pour les 7-footer.

Habitué à dominer physiquement, Liam Robbins se retrouve face à des adversaires plus physiques, plus expérimentés, et on attend au moins 2 saisons d’acclimations avant de juger réellement le niveau de ce genre de joueur.

Cependant, il a obtenu la science d’un mentor d’exception avec le leader Nick McGlynn lors de sa première saison. Le talentueux intérieur est passé dans les rangs professionnels, aux Pays-Bas, ce qui laisse un trou énorme dans le secteur intérieur.

Drake a recruté le massif Brady Ernst (passé par Iowa State et Florida Gulf Coast) afin de pallier à ce départ. Mais il vient à peine de compléter son premier match de saison, à la suite d’une blessure qui a retardé sa prise de fonction.

Du coup, Liam Robbins a hérité du poste de titulaire. Et le résultat est sans appel : il explose.

Son match “référence” (il n’a joué que 5 matchs) a été contre UMKC, où il inscrit 23 points avec 5 contres et 4 rebonds. Il faut dire aussi que l’adversaire n’est pas spécialement connu pour avoir des intérieurs dominants… Mais cela n’enlève en rien à la performance du sophomore, loin de là.

Nous ne sommes qu’au début de saison et les chiffres ne veulent pas dire grand-chose encore, mais, sa progression se traduit dans les chiffres.

Un joueur de l’ombre qui s’impose dans le jeu de Drake

Il faut se l’avouer : Liam Robbins n’est pas la première, ni la deuxième et encore moins la troisième option en attaque.

Il est surtout là pour réaliser le travail de l’ombre, en aidant ses coéquipiers, que ce soit via un écran en attaque et en protégeant le cercle en défense. Rien de bien transcendant, me diriez-vous. Mais ses coéquipiers commencent à lui rendre la pareille, comme face à Lehigh, dans un match serré.

Une action-type où Liam Robbins se trouve au début de l’action puis à la finition (la passe dans le trafic est exceptionnelle). On peut voir que le jeu passe par lui depuis 2 ou 3 matchs et on observe aussi son travail sur les écrans.

Et Liam Robbins a aussi progressé mentalement.

Juste avant ce panier, il commet une faute un peu bête. Battu au rebond défensif par l’intérieur adverse, il essaye de le contrer par frustration, donnant un panier et la faute. Alors que le lancer franc est loupé, Drake joue en transition.

Rapidement, il propose un écran parfaitement posé pour son meneur. Ensuite, il déroule au moment le plus opportun, reçoit le ballon et s’écrase sur l’intérieur sur qui il avait la faute juste avant.

Oui, cela reste un jeu assez simpliste mais cela se termine avec des points.

Liam Robbins travaille dur et essaye de progresser dos au panier. Ce n’est pas très académique, mais le résultat est bien présent avec le panier inscrit.

Selon ses coéquipiers, depuis cet été, il passe son temps libre entre la salle de musculation et le gymnase, en travaillant sur ce domaine en particulier (dos au panier) avec les assistants et des coéquipiers.

Il a montré un petit move prometteur contre Lehigh, d’ailleurs.

Liam Robbins est un “sleeper” en puissance

Je vois venir les puristes.

C’est encore perfectible, notamment sur la finition de son geste, mais ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit d’un système structuré pour Liam Robbins, clairement. Une nouvelle preuve de la confiance de l’équipe en ce début de saison.

Liam Robbins est plus qu’un simple protecteur de cercle ou un joueur de l’ombre. Il montre aussi qu’il peut avoir un impact offensif quand son équipe en a besoin. Il fait l’unanimité chez les entraineurs et avec ses coéquipiers, notamment Brady Ernst, qui encense ouvertement son collègue.

C’est l’une des raisons de mon engagement à Drake. Le fait d’avoir un tel potentiel, aussi jeune, je me vois comme un mentor pour lui et j’ai hâte de travailler ensemble.

Avoir un joueur plus expérimenté à ses côtés, quand on est un jeune joueur, c’est primordial, surtout à notre poste. J’ai eu la chance d’avoir des mentors extraordinaires lors de mes débuts universitaires et j’espère apporter autant à Liam.

Il est encore loin de son potentiel maximum et il en est conscient. Je le vois souvent au gymnase et il bosse dur. Il a une bonne mentalité et il a tout pour réussir.

C’est un futur grand.

Cette équipe de Drake a besoin d’un bigman tel que Liam Robbins et son impact commence à être très intéressant.

Sa marge de progression est, je le répète, immense. Lorsque l’on analyse son changement physique (il était un peu grassouillet au lycée) par rapport à la fin de la saison dernière, et en ajoutant le fait qu’il va encore grandir et prendre du muscle, vous tenez un “sleeper” en puissance.

Les attentes des Bulldogs sont bien présentes cette saison avec une possible qualification pour la March Madness en ligne de mire.

Liam Robbins tient un joli rôle dans cette possible belle saison et il n’est encore qu’un sophomore. En sachant qu’un intérieur arrive à maturité souvent lors de sa saison de junior, je vous laisse imaginer la suite.

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