Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Et si toutes les pièces étaient rassemblées du côté de West Virginia pour remporter la Big-12 ? Entre Oklahoma qui perd son Heisman Trophy et un bon paquets de programmes qui viennent constituer un “ventre dur” de la conférence très dense, les Mountaineers pourraient tirer leur épingle du jeu cette saison.

Effectivement, le head coach en place, Dana Holgorsen, est conscient qu’il a entre les mains une génération dorée que l’université ne pourrait pas revoir avant longtemps. Une génération qui arrive à maturité, motivée à relever le défi : remporter la conférence et faire au moins aussi bien que la saison de 2016 (10-3), la meilleure du programme depuis qu’il a rejoint la conférence Big 12.

“Nous avons des stars que nous n’avons pas eu depuis un moment. Nous avons de grandes attentes, beaucoup d’optimisme, un paquet de gars qui ont déjà joué énormément de snaps et une bonne profondeur”.

Dana Holgorsen résume bien la situation. Reste à transformer ces paroles en victoires.

 

Une saison 2017 pas si frustrante que cela

 

En 2017, West Virginia a été confronté un calendrier plutôt costaud. Au total, les Mountaineers ont affronté six équipes classées contre lesquelles ils ont remporté deux rencontres : 46-35 face à #25 Texas Tech et  20-16 face à #15 Iowa State.

Autrement, les Mountaineers étaient trop juste pour pouvoir rivaliser pleinement avec les trois ténors de la conférence. La défense a pris l’eau face à Oklahoma State et Oklahoma tandis que le collectif a manqué d’expérience sur le terrain de TCU avec deux pertes de balle fatales.

 

 

Au final, West Virginia a peut-être réalisé une saison moyenne d’un point de vue comptable (7-6), mais il faut savoir relativiser. Le calendrier était très exigeant avec seulement trois matchs “faciles” en début de saison. Par la suite, le calendrier a demandé beaucoup de forces et a fatigué les organismes. C’est pour cela que les Mountaineers ont calé en fin de saison avec trois défaites pour conclure l’année… sans Will Grier, qui n’était pas présent à cause d’une blessure à la main.

Il est parfois difficile de justifier une saison décevante. Or, dans le cas de West Virginia, le bilan ne fut pas si mauvais que cela quand on regarde bien. Ce qui devait être une année de reconstruction après une saison 2016 exceptionnelle fut finalement une saison au record positif.

 

Will Grier, pour vous servir

 

Symbole de la rage de vaincre qui règne du côté de Morgantown à l’approche de la saison 2018, Will Grier est de retour pour son ultime année d’éligibilité au sein du programme. Alors que TCU, Oklahoma et Oklahoma State doivent remplacer leur quarterback respectif, West Virginia pourra compter sur un joueur bourré de talent, souvent sous-estimé, mais qui peu à peu attire les lumières sur lui.

Cela est mérité pour Will Grier qui sera l’un des meilleurs quarterbacks du pays en 2018. Parmi tous les retours enregistrés à ce poste, l’ancien de Florida est classé troisième en yards par tentative (8.99) et en rating (162.7) et deuxième en touchdowns lancés par match (3.09). Même s’il doit encore progresser dans certains domaines, notamment sur 3rd down, il se positionne clairement dans la course au Heisman Trophy.

En termes de soutien, il ne devrait pas être dépourvu tant les cibles sont nombreuses et talentueuses. Finaliste du Biletnikoff Award qui récompense le meilleur receveur du pays la saison passée, David Sills sera la cible numéro une. Tout simplement indéfendable dans la red zone (12 TD en 14 réceptions !), nul doute qu’il pourrait dépasser la barre des 20 TD à la réception après les 18 de 2017.

Dans son ombre, Gary Jennings fait des malheurs en dehors du slot en profitant de plus d’espaces laissés par les défenses adversaires (1096 yards sur 96 réceptions). En transfert d’Alabama, T.J. Simmons a la carrure pour remplacer Ka’Raun White et ses 1000 yards tandis que Marcus Simms apportera de la vitesse à un groupe qui en manquait. Ce dernier pourrait s’avérer un véritable poison dans le secondary adverse.

De son côté, le poste de tight end devrait être davantage utilisé dans cette attaque qui ne s’en aidait que très peu auparavant. Jovanni Haskins, en transfert de Miami, sera une cible de plus alors que le senior Trevon Wesco est un bloqueur très fiable.

Vous l’aurez compris, le jeu aérien des Moutaineers risque d’être explosif cette saison. Très équilibré, il a toutes les pièces pour permettre à Will Grier de dépasser les 4000 yards à la passe.

 

Un jeu de course si limité que cela ?

 

Avec le départ de Justin Crawford qui restait sur deux saisons à plus de 1000 yards à la course, le jeu au sol des Moutaineers perd gros et laisse place logiquement aux craintes étant donné que Will Grier et le jeu aérien doivent pouvoir compter sur des running backs de qualité pour performer.

Mais finalement, tout semble pas si alarmant que cela peut paraître. Kennedy McKoy et ses 1068 yards en carrière vont permettre de faire oublier la perte de Justin Crawford et Martell Pettaway et son physique monstrueux apporteront sur certains séquences.

Néanmoins, l’apport de ces deux coureurs est bien trop faible. C’est pour cela que la solution pourrait bien se trouver en Alec Sinkfield. Le redshirt freshman 3-étoiles a fait monter la hype durant les entraînements. En constante progression selon son coach, il possède une belle pointe de vitesse, des skills de qualité et un physique déjà au top qu’il a travaillé durant son année blanche.

Certes, cela n’est pas gage de garantie lorsque l’on souhaite s’appuyer en grande partie sur un si jeune joueur, mais Alec Sinkfield a les outils pour faire progresser le jeu de course de West Virginia.

De plus, la ligne offensive sera présente pour l’aider, elle qui peut et doit devenir l’une des meilleures de la conférence avec les guards Yodny Cajuste et Colton McKivitz en tête d’affiche.

 

Un manque de profondeur qui pourrait coûter

 

Défensivement, les Moutaineers ne sont pas dépourvus de points forts comme pourrait l’être une équipe de conférence Big 12 puissante en attaque. Chaque unité possède des joueurs de bonne facture qui pourraient permettre à West Virginia d’être une des équipes les plus équilibrées de la conférence.

Cependant, si cela peut sembler suffisant sur la première partie de saison, le manque de profondeur de banc pourrait s’avérer fatal au programme en fin de saison. Et si West Virginia ne veut pas revivre la  catastrophique fin de saison dernière, il va falloir qu’un paquet de joueurs se révèlent derrière les stars en puissance, notamment du côté du front six.

Sur la ligne défensive, le groupe connaît quelques pertes notables, mais globalement, les titulaires déjà en place ou pressentis ont le bagage nécessaire pour confirmer ou assumer de nouvelles responsabilités. Ezekiel Rose et Reese Donahue sont de retour au poste de defensive end. Sans être exceptionnels statistiquement, ils restent des joueurs respectables. Au milieu de ces deux là, le nose guard Darius Stills est attendu à exploser selon de nombreux observateurs dont son coach.

Au niveau de la rotation, quelques transferts pourraient apporter leur grain de sel tels que Jabril Robinson (Clemson) ou Kenny Bigelow (USC) et de jeunes joueurs pourraient surprendre, mais cela reste peu fiable.

Le corps de linebackers connait une situation identique.

David Long (76 plaquages et 16.5 TFLs en 9 matchs) sera la pièce maîtresse. S’il reste en bonne santé, il a la capacité de s’imposer comme l’un des leaders de la conférence à ce poste. Concernant le reste, c’est un peu le flou. Dylan Tonkery sera son compère, mais le troisième poste n’apporte aucune certitude comme les remplaçants. Pour résumer, seul la moitié du second rideau apporte des garanties réelles à l’approche du match d’ouverture.

 

Un secondary plus rassurant

 

Dans le backfield défensif, West Virginia pourra s’appuyer sur un groupe qui se connaît et qui provoque pas mal de turnovers (11 interceptions en 2017).

Du côté des safeties, le duo composé de Dravon Askew-Henry (39 titularisations en carrière), le cador de ce secondary et Kenny Robinson (2 pick-sixes), playmaker surprise durant son année true freshman, formeront un tandem inter-générationnel. Josh Norwood, en transfert de Ohio State, doit se révéler être un facteur important dans la rotation.  

Le poste de bandit sera lui occupé par Toyous Avery. Le travail de ce dernier consiste à apporter sur la ligne défensive ou à glisser sur la seconde ligne. C’est en quelque sorte un électron libre. C’est pour cela que West Virginia peut évoluer sous un système 3-4 ou 4-3 selon les situations.

En revanche, du côté des cornerbacks, l’inexpérience pourrait faire défaut. Hakeem Bailey est le plus expérimenté avec seulement trois titularisations et devrait faire la paire avec Derrek Pitts.

 

Les équipes spéciales comme facteur X ?

 

Elles devraient en tout cas jouer un rôle très important. Sur le poste de kicker, Evan Staley a fait ses preuves l’année dernière (6-7 sur les field goals) et revient avec une scolarship méritée. Billy Kinney doit quant à lui répondre aux attentes comme punter (41 yards de moyenne).

Sur les retours de coup de pied, Marcus Simms s’occupera de tout, lui qui fut élu dans la seconde équipe type de l’année la saison passée.

 

Une fin de saison chargée, très chargée

 

C’est simple : si West Virginia prend chaque match les uns après les autres, il y a moyen de réaliser une grande saison. De là à dire que les Mountaineers finiront invaincus, il ne faut pas exagérer, mais ces derniers pourraient bien tirer leur épingle du jeu.

Pour débuter la saison, l’affrontement face à Tennessee à Charlotte, près de la ville natale de Will Grier, sera un bon indicateur du niveau de jeu de West Virginia tandis que le déplacement à NC State pourrait permettre au programme d’engranger une victoire également. Si le programme débute par trois succès lors du calendrier hors-conférence, cela inquiéterait un bon nombre des adversaires futurs des Mountaineers.

Ensuite, les cinq prochaines rencontres offrent une belle fenêtre de tir pour West Virginia. Malgré deux déplacements jamais simples à Texas Tech et Iowa State, il est possible de s’en sortir avec quatre victoires. Les Mountaineers seraient alors en course pour la finale de conférence.

Mais il y a un “mais”. Un gros “mais”. Le mois de novembre est tout simplement énorme avec Texas, TCU, Oklahoma State et Oklahoma en l’espace de 20 jours ! Cela est toujours mieux de recevoir les Horned Frogs et les Sooners, mais le manque de fraîcheur à cause d’une profondeur de banc limitée pourrait s’avérer fatidique.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Soyons fous !

West Virginia atteindra la finale de conférence Big 12, mais s’inclinera malheureusement face à une équipe d’Oklahoma bien plus armée et bien plus en forme, qui prendra sa revanche après le premier acte à Morgantown où le froid aura fait des ravages. Néanmoins, les Mountaineers n’auront pas à rougir de leur magnifique saison avec un total de victoires à double unité, une victoire en Bowl et une place finale dans le Top-15 national.

L’attaque aura été exceptionnelle et quasiment inarrêtable tandis que la défense aura vu quelques remplaçants sortir leur épingle du jeu pour fournir des rotations plus garnies.