Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Après plusieurs années passées dans le ventre mou de la Pac-10 (l’ancêtre de la Pac-12), dans l’ombre de USC et Oregon, Washington est devenu un programme fiable de la conférence avec l’arrivée de Chris Petersen en 2014.

Depuis, les Huskies possèdent cette faculté à se renouveler pour rester compétitif chaque saison, notamment sur le plan défensif.

En 2015, après les pertes de ses stars telles que Hau’oli Kikaha, Danny Shelton et Shaq Thompson, Washington a terminé la saison en tant que meilleure défense en conférence Pac-12. En 2016, les Huskies ont connu une saison à succès pour les emmener jusqu’au College Football Playoff et à l’issue de laquelle trois joueurs de l’exceptionnel secondary ont été sélectionnés au second tour de la Draft NFL.

En 2017 encore, le programme a réussi à se remanier défensivement malgré ces pertes notables. La défense des Huskies a en effet mené la conférence en yards par jeu concédés et en points concédés (16.1 de moyenne) pour la troisième année consécutive.

Vous l’aurez compris, Washington va bel et bien offrir une défense en béton encore cette saison malgré quelques départs. Un argument de poids quant aux chances des Huskies de retrouver le College Football Playoff.

 


 

A un petit touchdown d’accéder au College Football Playoff

 

Comme quoi, une saison entière peut basculer en quelques minutes. C’est ce qui est arrivé à Washington en 2017.

Après une première partie de saison très tranquille (6-0) durant laquelle les Huskies ont affronté des adversaires bien plus faibles qu’eux (10 points encaissés par match), le programme se déplaçait à Arizona State pour une rencontre qui s’annonçait largement à leur portée. Cependant, cette dernière a viré au cauchemar pour les hommes de Chris Petersen qui sont tombés face à une surprenante défense des Sun Devils (13-7).

 

 

Pour un petit touchdown d’écart (deux field goals loupés), la saison de Washington a basculé. Avec une victoire, ils auraient remporté la Pac-12 North et auraient été en finale de conférence en tant que favoris face à une décevante équipe de USC. Ils auraient potentiellement fini la saison avec un bilan de 12-1 (défaite face à Stanford le 10 novembre) et auraient été dans la discussion pour accéder au College Football Playoff.

Au lieu de cela, Washington a terminé sa saison avec une défaite lors du Fiesta Bowl face à une solide équipe de Penn State (28-35) qui porta le bilan final des Huskies à 10-3. De quoi se ronger les ongles.

 

Un jeu aérien à fort potentiel

 

Arrivé sur le campus en 2015, Jake Browning est en passe de devenir le plus grand lanceur de yards de l’histoire du programme après avoir terminé sixième au classement du Heisman Trophy en 2016. Après 38 titularisations, 9104 yards et 78 touchdowns en carrière, les Huskies peuvent être heureux de compter sur lui.

Pourtant, ces trois saisons de Jake Browning, surtout celle de 2017, ont laissé un goût d’inachevé malgré une belle production. Déjà parmi les meilleurs quarterbacks du pays, le senior a effectivement les capacités pour élever encore plus son niveau de jeu. S’il parvient à se libérer et à être davantage à l’initiative de big plays, secteur dans lequel il est en difficulté, il pourrait permettre à Washington d’être plus explosif offensivement.

Avec K.J. Carta-Samuels parti sur transfert en direction de Colorado State et l’inéligibilité de Jacob Eason pour cette saison, le backup de Jake Browning est encore inconnu puisque trois freshmen se battent pour le poste de remplaçant.

Si on peut se permettre de critiquer quelque peu Jake Browning et son manque d’explosivité, ce constat vaut aussi pour les receveurs pour lesquels il leur manque ce petit truc qui les fait basculer vers les sommets. Non qu’ils ne soient pas à la hauteur des objectifs des Huskies, mais ils ont de quoi apporter davantage sur le plan offensif.

Forcé de devenir le prochain playmaker numéro un à cause des départs de Dante Pettis et Will Dissly, Chico McClatcher sera de retour après une saison 2017 marquée par une blessure à la cheville. Son coéquipier Quinten Pounds a connu également une blessure au genou l’année dernière, mais il sera une cible privilégiée.

Derrière ce duo agressif absent des entrainements printaniers, d’autres joueurs se sont révélés être de véritables menaces aériennes à l’image de Aaron Fuller (26 réceptions et 291 yards), Andre Baccellia (16 et 187) et Ty Jones (7 et 71). Le poste de tight end restera quant à lui fort avec Hunter Bryant qui sort d’une saison freshman réussie malgré une blessure (331 yards).

 

Une valeur sûre avec Myles Gaskin

 

Chris Petersen a sûrement éclaté de joie lorsqu’il a appris le retour surprise de Myles Gaskin. Alors que tout porté à croire que le running back aux trois saisons à plus de 1300 yards aller s’envoler pour la NFL, ce dernier a décidé de revenir sur le campus de Seattle pour terminer son cursus universitaire pour le plus grand bonheur des fans du programme.

Ce retour est évidemment un facteur majeur pour la saison à venir tant Myles Gaskin a impressionné les saisons passées. Nul doute qu’il répondra une nouvelle fois aux attentes placées en lui.

Lavon Coleman étant parti, le running back numéro deux sera Salvon Ahmed. Avec 6.4 yards par match lors de sa saison freshman, le sophomore pourrait être le facteur X de cette attaque des Huskies. Tandis que Gaskin fatiguera les front-seven adverses par ses percées incessantes, Ahmed viendra les crucifier sur des courses endiablées.

C’est donc un backfield offensif de grande qualité qui est de retour cette saison avec la paire Browning-Gaskin derrière une ligne offensive de qualité malgré des incertitudes chez les guards.

 

Un front-seven toujours aussi redoutable

 

Le point fort des Huskies reste la défense, à commencer par le front-seven. Washington a toujours fini parmi les deux meilleures défenses contre la course de la conférence Pac-12 sous Chris Petersen. Cette saison ne devrait pas déroger à la règle.

Malgré le départ de son lineman star Vita Vea, la ligne défensive à trois des Huskies sera emmenée par trois seniors, un junior et un sophomore. Greg Gaines et Jaylen Johnson sont deux piliers expérimentés tandis que le troisième poste devrait connaître davantage de rotation entre Jared Pulu et Shane Bowman.

Juste derrière ce premier rideau défensif expérimenté, le corps de linebackers propose également de belles perspectives pour Pete Kwiatkowski, un des meilleurs coordinateurs défensifs du pays selon ses pairs. L’intérieur sera occupé par deux vétérans qui ont contribué énormément la saison passée : Tevis Bartlett (12 TFLs) Ben Burr-Kirven (84 plaquages).

Benning Potoa’e et Ryan Bowman (5.5 sacks) seront les clés essentiels au niveau du pass rush sur les extérieurs. Au sein de ce système 3-4, ils exploitent à merveille le travail de leurs coéquipiers pour gêner le quarterback adverse. De plus, même si les blessures viendraient toucher des joueurs importants, la profondeur de banc est énorme derrière et offre de la variété.

 

Encore une fois, quel secondary de folie 

 

Une nouvelle fois, les Huskies pourront se reposer sur des defensive backs à la fois très agressifs et dotés d’un instinct que très peu peuvent avoir à ce poste.

Le duo de safety emmené par Taylor Rapp (22 titularisations) et JoJo McIntosh (26 titularisations) sera performant et très expérimenté en attestent leur nomination dans l’équipe type de la Pac-12 en 2017 et leur belle complémentarité puisqu’ils jouent ensemble depuis maintenant trois ans l’un à côté de l’autre.

Du côté des cornerbacks, après une saison 2017 marquée par les blessures (oui, les Huskies ont été maudits), le groupe revient au complet et bourré de talent. Effectivement, le tandem composé de Byron Murphy et Jordan Miller sera à 100% de sa forme, ce qui risque de faire des étincelles tant les deux joueurs sont impressionnants.

Enfin, le poste de nickel back revient également bien armé avec Myles Bryant et Elijah Molden tandis que le secondary dans son ensemble pourra s’appuyer lui aussi sur des remplaçants de qualité.

 

Il faut trouver un nouveau punt returner, et vite

 

S’il faut retenir un point faible, les équipes spéciales pourraient l’être si des solutions ne sont pas trouvées rapidement.

Un trou béant doit être comblé avec le départ de Dante Pettis, le recordman de la NCAA en terme de touchdowns sur retour de punt. Pour ce faire, Aaron Fuller, Chico McClatcher et Byron Murphy luttent en ce moment tandis que le responsable sur les retours de kick devrait être Salvon Ahmed ou Sean McGrew.

Parmi les pires équipes du pays en termes de field goal (59.1% de réussite), le poste de kicker nécessite une amélioration notable. Pour l’instant, ni Van Soderberg, ni Sebastian Valerio et ni Peyton Henry a convaincu. Le punter Joel Whitford (42.3 yards) est quant à lui de retour.

 

Clairement, il n’y aura pas le temps de cogiter

 

Contrairement à la saison passée, le calendrier de Washington s’annonce plus corsé. Il faut dire qu’il est difficile de faire plus aisé que celui de 2017 ou 2016, où la faible adversité rencontrée lors du calendrier hors-conférence a pesé contre les Huskies pour sa sélection au College Football Playoff.

En 2016, bien que le programme ait été sélectionné dans le dernier carré, les universités rencontrées n’étaient pas à la hauteur (Rutgers, Idaho et Portland State), tout comme en 2017 (Rutgers, Montana et Fresno State).

En 2018, les adversaires hors-conférence ne seront pas du même calibre. Dès la première semaine, les Huskies se déplaceront à Atlanta (terrain neutre) pour y affronter Auburn, le champion de la SEC West en titre. Avec une victoire, Washington pourrait se placer rapidement dans la course au College Football Playoff. En effet, le programme serait plus respecté et attirerait énormément d’attention, sans parler de la bonne dynamique enclenchée.

Cependant, le calendrier offre bien d’autres matchs délicats à commencer par le déplacement à Utah, une équipe très complète capable de rivaliser avec USC dans la division South. De plus, les face-à-faces sur les terrains d’Oregon et de Washington State, pour l’Apple Cup, seront des must-win pour les Huskies. Quant à USC, Washington ne les affrontera pas avant un probable choc en finale de conférence.

Si les blessures laissent pour une fois les Huskies tranquilles, ces derniers ont toutes les armes pour accéder au College Football Playoff.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

Soutenus par un coaching staff de qualité, des joueurs talentueux et une expérience comme peu de programmes en possèdent, Washington se qualifiera pour le College Football Playoff.

En effet, le succès sur Auburn en première semaine pèsera dans la balance et permettra aux Huskies de débuter l’année en confiance. Après une saison régulière conclue avec une petite défaite sur le terrain de Utah, Washington prendra sa revanche face à ces mêmes Utes en finale de conférence.

Ce magnifique bilan de 12-1 permettra aux hommes de Chris Petersen d’accéder au College Football Playoff, durant lequel ils atteindront la finale. La suite, seul l’avenir nous le dira…