Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Le règne de Frank Beamer est bel et bien de l’histoire ancienne aujourd’hui à Virginia Tech. Justin Fuente débute sa troisième saison à la tête des Hokies et il est arrivé à tourner la page du head coach légendaire. Il a remporté le titre de division ACC Coastal avec 10 victoires dès son arrivée à Blacksburg, ce que son prédécesseur avait manqué de réaliser depuis 2011. Bien que les circonstances n’aient pas été favorables, les Hokies ont bien encaissé les mauvaises nouvelles et ont conservé un record honorable avec 9 succès l’année suivante.

Malheureusement, cette dynamique ne devrait pas s’inverser. Virginia Tech a connu le succès immédiat mais l’expérience de l’équipe initiale s’amenuise au fil des années et l’équipe se retrouve désormais très jeune. On découvre en général tout le potentiel d’une équipe sous un nouvel head coach lors de la troisième saison, mais la situation des Hokies est relativement atypique avec une vague de départs imprévus à l’intersaison.

La situation offensive est plutôt encourageante, ce qui n’est pas le cas de la défense, qui perd neuf contributeurs importants et ne conservent que cinq titulaires de la saison dernière. Le prodigieux coordinateur défensif, Bud Foster, devra faire des miracles pour que les Hokies conservent une des meilleures escouades défensives du pays. En somme, n’attendez pas à ce que Virginia Tech progresse cette saison.

Justin Fuente installe doucement son attaque et Bud Foster, qui était arrivé à rebondir magnifiquement d’une fin d’époque compliquée avec Frank Beamer, se retrouve aujourd’hui dans une situation complexe. La direction de cette saison en dira long sur le potentiel de Virginia Tech.

 

Virginia Tech a subi un upset de trop pour viser les 10 victoires

 

Le premier mois de compétition débutait comme sur des roulettes pour Virginia Tech avec quatre succès, surpassant le rival de West Virginia sur terrain neutre (31-24) et se présentant face à Clemson classé à la 12ème place de l’AP Top 25. Mais les Tigers étaient trop forts et n’ont fait qu’une bouchée des Hokies (17-31) : le total de 31 points encaissés est le plus important de la saison et reflète la dynamique globale de l’équipe.

A chaque fois que les adversaires ont marqué plus de 20 points, hormis face aux Mountaineers, Virginia Tech s’est incliné. Les déplacements à Miami (FL) et Georgia Tech se sont soldés par 28 points encaissés chacun et deux défaites consécutives lors du mois de novembre. Autant les revers contre Clemson et Miami (FL) sont compréhensibles, la contre-performance sur le terrain de Yellow Jackets qui n’avaient rien d’effrayant est le mauvais résultat qui empêche les 10 succès.

 

 

Et après avoir laissé leur couronne de la division ACC Coastal à Miami (FL), les Hokies n’ont pu se rattraper lors du Camping World Bowl perdu face à Oklahoma State, en encaissant, là encore, 30 points. La défense de Virginia Tech était réellement une des meilleures escouades de la ligue, mais lorsqu’elle lâchait son emprise d’acier, l’équipe se trouvait en fâcheuse posture pour obtenir la victoire.

Pourquoi ? La moyenne de points encaissés lors des 9 victoires : 8,3 points. Le nombre de points encaissés lors des 4 défaites : 29,2 points. Et qui plus est, les Hokies sont arrivés à laisser trois équipes différentes avec un total de points bloqué à 0, notamment le rival historique de Virginia, afin de remporter une 14ème Commonwealth Cup consécutive.

 

Le quarterback Josh Jackson est désormais sophomore

 

Le départ surprise de Jerod Evans lors de la dernière intersaison a contrecarré les plans de l’attaque de Virginia Tech. Celle-ci entrait en 2017 avec un effectif très inexpérimenté et notamment au poste de quarterback, avec la prise de position forcée du redshirt freshman, Josh Jackson. On ne donnait pas cher de sa peau à barre des Hokies, et pourtant, il a réalisé une saison plus que correcte (2.991 yards, 20 TDs, 9 INTs).

Aujourd’hui sophomore, Josh Jackson doit prendre ses responsabilités et doit devenir le leader de l’équipe. Il doit surtout apporter plus d’explosivité à une attaque qui en manquait cruellement l’an passé, se reposant largement sur des petits gains d’une grande efficacité contre une adversité plus faible mais d’une efficacité beaucoup plus douteuse contre de meilleures équipes. Le quarterback est capable d’apporter une menace aussi bien dans les airs qu’au sol, mais son expérience inexistante l’a empêché de mettre à profit ses qualités physiques intéressantes. 

(Crédit photo : Geoff Burke-USA TODAY Sports)

Josh Jackson peut devenir une arme plus tranchante avec une saison derrière lui, ce qui ressemble de près à la situation des receveurs. L’animation aérienne peinait à imprimer un rythme agressif à cause du grand nombre de départs subi l’an passé. Cam Phillips (71 réceptions, 964 yards, 7 TDs), seule cible d’expérience et meilleur receveur de l’équipe, a plié bagage à la fin de son éligibilité universitaire. Les jeunes pousses doivent aujourd’hui prendre la relève et les sophomores seront à nouveau mis à l’épreuve.

Sean Savoy s’est imposé comme la cible aérienne la plus intéressante derrière Cam Phillips en 2017 (39 réceptions, 454 yards, 4 TDs) et devrait prendre son relais avec quatre autres receveurs sophomores, que sont Hezekiah Grimsley, Dalton Keene, Phil Patterson et le transfert en provenance de Ball State, Damon Hazelton. Le junior Eric Kumah (28 réceptions, 324 yards, 2 TDs) peut également s’imposer comme une cible solide avec sa grande taille.

 

Un comité de running backs pour donner un coup de main

 

Une statistique particulière en dit long sur la philosophie de Justin Fuente : il n’a jamais eu sous sa houlette un running back ayant dépassé la barre des 1.000 yards en une saison. Et malgré le retour de Treyvon McMillian à Blacksburg la saison dernière avec l’effigie de leader offensif, cette statistique s’inscrit encore une fois comme une vérité. 

Le head coach des Hokies aime proposer un comité de running backs et 6 joueurs différents ont terminé un match en tant que leader de yards inscrits à la course. Trayvon McMillian (104 portées, 439 yards, 2 TDs) a lentement reculé dans la hiérarchie au fil de la saison, menant inévitablement à son transfert de Virginia Tech. DeShawn McClease s’est peu à peu installé comme le running back majeur de l’équipe (108 portées, 530 yards, 3 TDs) et revient pour une saison junior avec de la concurrence. 

(Crédit photo : Derik Hamilton-USA TODAY Sports)

Le jeu de course des Hokies n’était pas incroyable. Il apportait tout de même des yards positifs sur quasiment chaque portée, bien que les big plays se soient malheureusement révélés assez rares. Le sophomore Jalen Holston peut également postuler au poste de titulaire avec un tel système de comité, d’autant plus que les jambes de Josh Jackson pourraient bien ouvrir des lignes de course plus larges si le quarterback continue de progresser.

La ligne offensive s’inscrit en tant que véritable point fort de l’effectif des Hokies. Malgré la perte de deux éléments majeurs, dont le centre Wyatt Teller titulaire depuis trois ans, elle devrait se révéler au moins aussi solide que l’an passé. Le senior Kyle Chung, qui a visité la majorité des positions de la ligne, prend la relève au poste de centre et le senior Yoshua Nijman, blessé en cours de saison dernière, revient au poste de tackle. Avec une équipe jeune, la présence d’une ligne offensive expérimentée est un très bon point pour Virginia Tech.

 

La ligne défensive est la seule marque positive en défense

 

Bud Foster entre dans sa 24ème année sur le campus de Blacksburg et au travers des âges, il a prouvé que le front-seven des Hokies devait être craint par tout le monde. Cette force s’est même renforcée la saison passé en s’affirmant comme une des meilleures défenses contre la course du pays ; ce résultat est largement dû à une excellente ligne défensive.

Celle-ci devrait continuer sur sa lancée en 2018 avec le retour de trois titulaires importants. Certes, le defensive tackle Tim Settle (4 sacks, 8.5 TFLs) a quitté les Hokies pour la NFL ; à l’inverse, les tackles seniors Vinny Mihota et Ricky Walker (4.5 sacks, 8 TFLs) ainsi que les defensive end juniors Trevon Hill (5.5 sacks, 4 TFLs) et Houshun Gaines sont de retour dans l’effectif afin de continuer à s’imposer avec agressivité dans les backfields adverses.

(Crédit photo : John Schneider-SB Nation)

Cependant, le groupe des linebackers ne pourra les aider aussi bien que par le passé. Il perd ses deux meilleurs joueurs en Tremaine Edmunds (109 plaquages, 5.5 sacks, 8.5 TFLs) et Andrew Motuapuaka (92 plaquages, 3.5 sacks, 8 TFLs, 8 passes défendues), qui n’étaient autre que les deux meilleurs plaqueurs de l’équipe. 

Bud Foster devra faire confiance à ses sophomores et des freshmen pour couvrir les arrières de la ligne, ce qui semble prévenir une baisse notable du niveau global de la défense contre la course. Le sophomore Dylan Rivers et les freshmen Dax Hollifield et Alan Tisdale sont des recrues 4-étoiles, des recrues également sans expérience du terrain. La pression est réelle, mais la bonne nouvelle reste que la spécialité de Bud Foster est la position de linebacker.

 

Le secondary se révélera-t-il comme un poids mort trop important ?

 

Les linebackers sont en fâcheuse posture ? La situation des defensive backs est de loin la plus inquiétante d’entre toutes. Elle s’annonçait plutôt correcte au début de l’intersaison avec le retour de trois titulaires majeurs, sauf que le nickelback senior Mook Reynolds a été renvoyé du programme entre temps et que le cornerback senior Adonis Alexander a été rendu inéligible à cause de résultats académiques insuffisants. Ajoutez à cela la grave blessure du cornerback Jeremy Webb, en provenance de JUCO, et vous obtenez une situation cataclysmique.

(Crédit photo : Lee Luther Jr.-USA TODAY Sports)

Aujourd’hui, il ne reste plus que le safety junior Reggie Floyd (72 plaquages, 3 TFLs, 3 INTs) et une flopée de sophomores et de freshmen sans véritable expérience universitaire. Si peu d’expérience n’est pas une bonne nouvelle pour un secondary, encore moins lorsque celui-ci était déjà le boulet de la défense en 2017. Il se trouvait sur courant alternatif, entre le bon et le mauvais d’une semaine sur l’autre… ou même d’une action sur l’autre. Cette extreme volatilité de la défense aérienne est représentée à la perfection par le match contre Georgia Tech : les Yellow Jackets ont réalisé un 2/8 à la passe… pour 140 yards et 2 TDs, dont celui de la victoire à 5 minutes de la fin.

Les safeties sophomores Devine Deablo et Khalil Ladler ont montré qu’ils pouvaient devenir des playmakers lors des quelques opportunités obtenues étant freshmen. Mais la situation des cornerbacks est plus floue encore. Virginia Tech peut regretter le départ de Greg Stroman (11 passes défendues, 4 INTs) et les suspensions/renvois puisque seul le sophomore Devon Hunter apparait à l’heure actuelle comme une arme décente. 

Bud Foster doit redoubler d’efforts pour trouver d’autres joueurs compétents sur les extérieurs, mais quoi qu’il en soit, il semble certain que les lignes arrières causent une vague de soucis à chaque semaine. Des victoires devraient même passer par la fenêtre. 

 

Seul le punter reste, le reste des équipes spéciales est parti

 

Les équipes spéciales obtiennent également leur lot de mauvaises nouvelles. Le punter sopohmore Oscar Bradburn, en provenance d’Australie, a réalisé une très bonne première saison avec les Hokies (moyenne de 39.9 yards par punt et 24 punts dans les 20 yards adverses). Il devrait se révéler comme une pièce importante pour donner de l’air à une défense extrêmement bancale.

Par contre, l’attaque ne pourra compter sur un kicker expérimenté pour engranger des points. Joey Slye n’a pas été une aide exceptionnelle par le passé et le sophomore Brian Johnson reprend désormais le flambeau après deux titularisations en 2017 et trois FGs réussis sur 4. A noter également que les trois postes de long snapper, kick et punt returners doivent trouver une nouvelle arme, comme si les autres soucis ne suffisaient pas. 

 

Les Hokies devront surprendre pour obtenir plus de 8 victoires

 

10 victoires pour la première saison de Justin Fuente à Virginia Tech grâce à un effectif expérimenté puis 9 victoires l’an passé malgré une jeune attaque en pleine reconstruction : est-ce que le total reviendra à 10 ou descendra un peu plus en 2018 avec une défense retournée par les départs en masse ?

Des points positifs émergent de attaque avec le retour du quarterback sophomore Josh Jackson à la barre et avec la prise de position de jeunes playmakers que Justin Fuente a recruté. L’animation offensive a connu des difficultés face à de meilleures équipes et devrait progresser dans ces situations avec plus d’expérience. Par contre, une catastrophe a heurté une des meilleures défenses du pays. La ligne défensive demeure intacte, ce qui n’est pas du tout le cas des linebackers et des defensive backs, qui perdent leurs meilleurs éléments pour laisser des sophomores et freshmen sans expérience prendre la relève. Malgré la présence de Bud Foster, il y aura des erreurs de parcours, c’est une certitude.

Mais le calendrier ne met pas trop de bâtons dans les roues des Hokies, et ce pourrait se révéler être une bonne chose en fin de saison.

Le déplacement à Florida State en début de saison devrait certainement ouvrir la saison avec une défaite. Le plus intéressant arrive tout de même par la suite puisque Virginia Tech jouera trois matchs faciles contre William & Mary, East Carolina et Old Dominion : ces rencontres seront cruciales pour former les nouvelles pousses et créer une dynamique d’équipe pour la suite du calendrier. Si la défense peut trouver un niveau de jeu décent, les déplacements à Duke, North Carolina et Pittsburgh ainsi que les réceptions de Georgia Tech et Boston College ne devraient rien avoir d’effrayant… bien que un ou deux upsets peuvent arriver.

Au milieu de cette suite de rencontres abordables, Notre Dame rendra visite au Lane Stadium de Blacksburg et devrait donner le ton du record final des Hokies. Une défaite devrait indiquer les faiblesses tout en rapprochant l’équipe vers les 8 victoires finales alors qu’une victoire pourrait lancer l’équipe dans la compétition pour le titre de division ACC Coastal. Le point d’orgue de cette compétition aura lieu en fin de saison contre Miami (FL), qui devra se déplacer, là encore, sur le campus de Virginia Tech : le fait que cette rencontre soit placée en fin de saison laisse du temps aux Hokies pour se préparer et l’équipe pourrait avoir trouver une solution à ses déboires d’ici le moment fatidique.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Bud Foster peut être considéré comme le meilleur coordinateur défensif de la ligue et attend déjà son introduction dans le « College Football Hall of Fame », mais lui-même ne peut rien faire face aux changements cataclysmiques en défense. Les deux-tiers des nouveaux titulaires n’ont qu’une expérience très faible du niveau universitaire et cela se paiera nécessairement.

L’attaque devrait faire le boulot qu’on attend d’elle, mais celui-ci sera annulé face aux meilleures équipes du calendrier par les erreurs défensives. Florida State, Notre Dame et Miami (FL) prendront le dessus et les voyages à Duke et UNC pourront se terminer par des mauvaises nouvelles.