Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

La vie d’un blueblood n’est pas si simple que cela puisse paraitre. Les attentes sont immenses à chaque année, bien que le produit sportif dépende souvent des entraineurs recrutés à intervalles réguliers. USC peut être l’exemple parfait de cette situation si l’on prend exemple de l’histoire récente. Steve Carroll a quitté Los Angeles pour retrouver la NFL à la suite de l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire des Trojans. Celle-ci s’est tournée brutalement et n’a pu être reproduite sous Lane Kiffin et Steve Sarkisian.

Clay Helton n’a eu besoin que d’un mois pour relancer les Trojans vers un succès à l’échelle nationale. Trois défaites lors des quatre premiers matchs ont chauffé son siège, mais USC s’est par la suite envolé vers 9 victoires consécutives. Le champion de la division Pac-12 South, Colorado, le champion de la conférence, Washington, et surtout Penn State, lors d’un Rose Bowl entré dans la légende, ont succombé à l’épée des Trojans. Sous l’effet des sanctions imposées par la NCAA et laissées derrière lui par Pete Carroll, USC s’était endormi. L’embauche de Clay Helton ne semblait pas, en apparence, capable de réveiller le géant de Troie. Et pourtant, c’est bien ce qu’il s’est passé.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football du Cardinal de Stanford en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Possiblement le backfield le plus effrayant du pays

La légende de l’équipe de USC s’est construite autour de certaines positions clés. Lors des années 2000, les postes de quarterback et de running backs ont permis aux Trojans de briller à chaque semaine. Des noms comme Carson Palmer, Matt Leinart, Mark Sanchez, LenDale White ou encore Reggie Bush résonnent toujours dans l’univers collectif comme l’apogée (récente) de l’université de Los Angeles. Si l’on enlève les sanctions de la NCAA en réponse à des violations en lien avec certains joueurs, USC n’a perdu qu’à 9 reprises en l’espace de 7 saisons complètes de 2002 à 2008.

L’université est passée outre les années de douleur qui ont succédé cette période glorieuse et se retrouve aujourd’hui en position de justifier durablement son titre de blueblood. Clay Helton n’a pas encore eu à faire aux changements d’assistants ou au renouvellement massif de son équipe à travers le recrutement ; il faut tout de même insérer une petite astérisque à un tel statut. En revanche, en vue de l’année qui se prépare, USC peut légitimement se positionner en tant que postulant au titre national.

L’excellente animation offensive est souvent ce qui a permis à USC de se démarquer par le passé. Cette équipe n’est pas étrangère à ce phénomène, loin de là. Après un premier mois de transition, les Trojans ont inscrit plus de 35 points lors de 7 des 9 derniers matchs. Un tel accomplissement a été en grande partie rendu possible grâce aux performances sublimes du quarterback Sam Darnold (3086 yards à la passe, 31 TDs, 9 INTs). Titularisé en cours de saison à la place de Max Browne, il a explosé aux yeux de tous pendant une saison freshman à couper le souffle et revient en tant que redshirt sophomore avec les yeux sur le Heisman Trophy. L’attaque a fonctionné avec une efficacité extrême grâce à lui, en évitant les erreurs et en complétant une foule de passes courtes, ainsi qu’avec l’aide de très bons running backs. Le duo entre Justin Davis et Ronald Jones II (1082 yards à la course, 12 TDs) s’est relayé à merveille et tandis que le premier s’en est allé, le second revient pour une année junior avec des ambitions au sommet et une superbe capacité à s’envoler pour réaliser des jeux majeurs. Il sera qui plus est solidement épaulé par le junior Aca’Cedric Ware ainsi que les prometteurs freshmen Vave Malepeai et Stephen Carr pour composer un backfield des plus terrifiants.

(Crédit photo : USA TODAY Sports)

Le backfield devrait en effrayer plus d’un cette année, à juste titre, mais tout n’est pas fantastique en attaque. L’escouade de receveurs se retrouve à un moment où les deux meilleures cibles aériennes de ces dernières saisons ont quitté le campus pour la ligue professionnelle. L’excellent JuJu Smith-Schuster (914 yards à la réception, 10 TDs) et le non moins impressionnant Darreus Rogers (696 yards à la réception, 4 TDs) laissent un vide plutôt important et leur remplacement sera la clé du succès des Trojans. Le junior Deontay Burnett (622 yards à la réception, 7 TDs) devrait prendre la relève en tant que receveur n°1 dans le slot avec le prometteur tight end sophomore Daniel Imatorbhebhe et le receveur senior Steven Mitchell. Toutefois, la recette sur les extérieurs est un peu plus floue. Le sophomore Michael Pittman et le true freshman 5-étoiles Joseph Lewis seront-ils suffisants pour combler le manque ?

L’infusion de talent ne manque pas à USC, comme toujours, et ce à chaque position offensive. Les recrues extrêmement douées mélangent leur statut 4-étoiles et 5-étoiles afin de constituer un groupe des plus dangereux tant que le poste de quarterback est ancré solidement. Et il n’y a pas à avoir de soucis avec Sam Darnold : malgré les changements, USC devrait continuer à rouler sur ses adversaires.


Il ne manque pas grand chose à cette défense

La plus grande différence entre les ères de Steve Sarkisian et de Clay Helton relève majoritairement de l’efficacité de la défense. Et cela doit être associé au retour sur le campus de USC du très bon coordinateur défensif Clancy Pendergast. Ce dernier aime se reposer sur une défense agressive sans pour autant encaisser de jeux majeurs ; et pourtant l’an dernier, les Trojans ne possédaient pas une agressivité folle et leurs adversaires profitaient des largesses défensives du secondary. Cela ne les a pas empêché de maintenir très régulièrement les autres équipes à moins de 20 points.

Cela laisse une marge de progression assez élevée pour ce côté du terrain. Le gain d’expérience d’une année sur l’autre ainsi qu’un système défensif mieux assimilé pour une seconde saison sous Clancy Pendergast devraient aider les Trojans à poursuivre la remontée de la pente. Les juniors remplacent les sophomores et les défaillances reculeront peu à peu d’une manière assez logique. Et il faut également prendre en compte l’éclosion de recrues talentueuses.

La ligne défensive de USC s’annonce absolument terrifiante. Elle a rencontré un peu de mal à attendre le backfield adverse mais cela devrait changer rapidement avec le retour du defensive tackle junior Rasheem Green (6 sacks, 4 passes défendues) ainsi que les defensive ends Porter Gustin et Uchenna Nwosu (8.5 sacks, 12 TFLs, 9 passes défendues). La place laissée vacante devrait pour sa part être remplacé soit par le très bon senior Kenny Bigelow, revenant de blessure, ou les talentueux freshmen Marlon Tuipulotu et Jay Tufele. Les armes ne manquent pas afin de porter une certaine agression directement sur les opposants et il faut encore ajouter à cela l’excellente escouade de linebackers. Le junior Cameron Smith est le patron de cette défense que ce soit par les mots ou les actes (83 plaquages, 6 TFLs, 4 passes défendues). Il patrouille d’excellente manière le milieu du terrain et il reçoit désormais l’aide d’une flopée de jeunes pousses à fort potentiel telles que Jordan Iosefa, John Houston ou bien Levi Jones. Les Trojans possèdent désormais un front-seven des plus solides, au contraire des années précédentes, et s’ils peuvent déstabiliser d’autant plus leurs adversaires dans le backfield, une grande partie de boulot sera accomplie.

(Crédit photo : Kelvin Kuo-USA TODAY Sports)

Les performances du secondary seront la partie restante à accomplir avant de retrouver l’élite. Malheureusement, les lignes arrières perdent deux éléments cruciaux : le cornerback superstar de USC Adoree’ Jackson (11 passes défendues, 5 INTs) ainsi que l’excellent safety Leon McQuay III (3 TFLs, 6 passes défendues, 2 INTs). Et malgré cette situation, il apparait difficile de se soucier de la suite de ce groupe. Le cornerback junior Iman Marshall détient le potentiel de se rapprocher au plus proche du niveau d’Adoree’ Jackson alors que les safeties Chris Hawkins, Ajene Harris et Marvell Tell II reviennent pour leur part une année supplémentaire. Leur mission revient principalement à limiter les jeux longue distance au maximum, puisqu’ils ont miné les Trojans au cours de la saison et cela s’est surtout remarqué lors du Rose Bowl. Le cornerback sophomore Jack Jones, poussé à une position de titulaire, pourrait devenir le maillon faible mais ce serait oublier qu’il a été recruté avec 5-étoiles.

On compte en tout et pour tout le retour de sept titulaires au sein de cette défense, accompagnés de quelques contributeurs majeurs des saisons passées, qui plus est. L’expérience et surtout la continuité de cette équipe défensive est un atout qu’il ne faut pas négliger, et encore moins le potentiel stratosphérique des anciennes recrues élite. USC se repose beaucoup sur cette histoire de potentiel ; toutefois, il faut avouer que cela leur réussit plutôt bien depuis longtemps. Les adversaires pourraient se faire du sang d’encre si les Trojans associent une excellente défense à leur attaque.


Pronostics de performance

Chaque intersaison ne peut être dissociée des attentes phénoménales autour du programme de football de USC. Une tradition comme nulle autre. Et à la suite d’une fin de saison exceptionnelle dirigée par un des meilleurs quarterbacks du pays et un effectif des plus talentueux, les Trojans concentrent de très hautes espérances à l’aube de la prochaine saison. Rien n’est surprenant mais la tâche est aujourd’hui à la confirmation (et USC ne s’est pas toujours révélé bon à cela par le passé).

Les playmakers transcendants sont légion au sein de cette équipe, des deux côtés du ballon, avec des noms qui résonnent à travers tous les Etats-Unis comme des stars en devenir. Les Trojans sont en lice pour une place au College Football Playoff et cette attente est tout ce qu’il y a de plus légitime. Ils ont terminé avec un record de 10-3 et une victoire fabuleuse lors du Rose Bowl alors que 2016 était censé être une année de transition pour un head coach novice dans cette capacité. La situation a tous les droits d’être effrayante d’autant plus si les acteurs majeurs ne connaissent pas de récession temporaire.

Les promesses ne s’arrêtent pas là à cause du calendrier, bien plus favorable que l’an passé. Alabama ne se trouve plus au programme et est remplacé par une équipe de Texas en transition qui doit voyager au Los Angeles Memorial Coliseum Stadium. Western Michigan (sans P.J. Fleck) et Stanford se seront auparavant déplacés sur les terres des angelinos pour composer un tiercé relevé d’entrée de jeu. Trois victoires et les Trojans peuvent rouler vers un record immaculé au moins jusqu’à fin octobre et un voyage chez le rival historique de Notre Dame.

Si USC ne s’incline pas à South Bend et que le premier mois s’est terminé sans accroc, il est véritablement possible que les Trojans puissent terminer la saison avec un bilan de 12-0, surtout en évitant Washington et Oregon de la division Pac-12 North. Des upsets peuvent pointé le bout de leur nez sur les campus de Washington State, Arizona State ou Colorado, et la rivalité final face à UCLA peut réserver une surprise, mais il faut comprendre que seulement USC peut faire trébucher USC. Jusqu’à preuve du contraire, les Trojans sont les favoris pour s’adjuger la conférence Pac-12 et pour empocher une place au College Football Playoff.