Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Une petite poignée de programmes de football considère une saison à 9 ou 10 victoires comme une déception ; USC rentre dans cette catégorie élitiste. La conférence Pac-12 doit revenir chaque saison aux Trojans et les rares faux-pas peuvent mener à la destitution d’un head coach qui connait pourtant le succès, tant les attentes sont incroyablement élevées. 

Clay Helton entre dans une troisième saison à temps plein à la charge de USC et malgré deux saisons à 10 puis 11 succès, dont le premier titre de conférence Pac-12 depuis 2008, chaque année s’est conclue avec une pointe de déception. Trois défaites lors des quatre premiers matchs en 2016 et de lourdes défaites aussi coûteuses que marquantes en 2017, comme lors du Cotton Bowl face à Ohio State. Le head coach des Trojans possède une marge d’erreur réduite aujourd’hui et pourrait goûter à la haine des supporters si cette nouvelle saison ne correspond pas aux attentes stratosphériques.

Les troisièmes saisons sont en règle générale révélatrices de l’état d’un programme sous tel ou tel head coach, et la prochaine saison en dira long sur les Trojans de Clay Helton. Si l’entraineur veut une bonne nouvelle, USC a la mauvaise habitude de sous-performer à chaque fois que l’équipe est classée dans le Top-10 national… et les Trojans ne devraient pas figurer au sein de celui-ci à la rentrée. 

Mais la vraie question est de savoir si USC peut ramener un 12ème titre national à Los Angeles en 2018 ? Il faudra tout d’abord répondre à une multitude de questions.

 


 

Malgré 11 victoires, les blessures ont coûté cher

 

La fin de saison exceptionnelle en 2016 et la victoire spectaculaire face à Penn State lors du Rose Bowl ont propulsé USC parmi les prétendants sérieux au titre national en 2017. Tout partait comme sur des roulettes… jusqu’au mois d’octobre. Les blessures se sont rapidement accumulées et le déplacement à Washington State, dans un environnement hostile et sous une météo déplorable, s’est révélé fatal pour les Trojans.

 

 

Première défaite pour les Trojans. Les soucis de blessures, notamment sur les lignes offensive et défensive, ont trainé pendant de longues semaines et sont venus mordre à nouveau l’équipe de Clay Helton lors d’un déplacement dangereux sur le campus de Notre Dame. Le Fighting Irish n’a fait qu’une bouchée (49-14) des derniers espoirs nationaux d’une équipe fatiguée. USC s’est tout de même repris par la suite en enchainant cinq succès, dont le premier titre de conférence Pac-12 depuis 2008.

Les Trojans ont retrouvé le Top-10 national à temps pour se qualifier à un Bowl de Nouvel An, mais l’expérience du Cotton Bowl a mis en exergue les quelques lacunes de l’équipe. La ligne défensive de Ohio State a littéralement dévoré la ligne offensive de USC, en route vers une large victoire (24-7) agrémentée de 8 sacks. 11 victoires et un gout d’inachevé ? Cela n’arrive que chez les Trojans. 

 

Le remplaçant de Sam Darnold ? La vraie question de l’intersaison

 

Cela ne sert à rien de tourner autour du pot : le futur quarterback de USC décidera assurément de la destinée de cette nouvelle équipe. Sam Darnold est rentré dans la lignée des grands quarterbacks ayant joué pour les Trojans en dirigeant deux excellentes équipes en autant d’années puis en étant sélectionné au 1er tour de la dernière Draft NFL. On attendait de lui une grande saison en 2017 et c’est ce qu’il a produit : 4.143 yards, 26 TDs et 13 INTs.

Son remplaçant ne devrait pas produire les mêmes performances dès cette saison, sauf surprise, et sa réussite (ou non) sera sans doute le baromètre des Trojans. Mais qui prendra le flambeau de Sam Darnold, d’ailleurs ? Les options ne manquent pas avec trois anciennes recrues 4- ou 5-étoiles. 

Le sophomore Matt Fink est l’homme avec la plus grande expérience du système actuel et part logiquement avec une petite avance sur ses adversaires. Mais le redshirt freshman Jack Sears et le true freshman J.T. Daniels, deux quarterbacks 5-étoiles, possèdent un large avantage en terme de talent pur. Ces deux derniers hommes doivent se battre pour le poste de titulaire, mais J.T. Daniels, bien que détenant le potentiel d’un futur candidat au Heisman Trophy, n’arrivera sur le campus de USC qu’au mois d’août. Un désavantage majeur par rapport aux autres aspirants.

Les cibles aériennes ne manqueront pas pour épauler l’heureux élu derrière la ligne offensive. Malgré les départs coûteux de Deontay Burnett (86 réceptions, 1.114 yards, 9 TDs) et Steven Mitchell (41 réceptions, 644 yards, 4 TDs), l’escouade de receveurs demeure très solide avec des cibles talentueuses, jeunes mais expérimentées. Tyler Vaughns a réalisé une saison freshman de très haut vol (57 réceptions, 809 yards, 5 TDs) tandis que le junior Michael Pittman obtient une place de titulaire méritée. 

A leurs côtés, le receveur 5-étoiles freshman Amon-Ra St. Brown devrait apporter toute son explosivité, sans oublier un duo de tight ends, composé du senior Tyler Pettite et du junior Daniel Imatorbhebhe, qui apportera une solidité bienvenue à un quarterback novice. Il ne reste plus qu’à trouver celui-ci avec les performances dignes d’un leader du programme de football de USC.

 

Stephen Carr peut devenir la prochaine star des Trojans

 

La présence de Sam Darnold en attaque ne veut pas dire qu’il est le moteur de l’animation offensive des Trojans. Cette cape a été revêtue par le running back Ronald Jones (261 portées, 1.550 yards, 19 TDs) et malheureusement, il a quitté USC avant la fin de son cursus universitaire pour débuter sa carrière professionnelle. Clay Helton aime se reposer sur un jeu au sol dominant afin de lancer des séquences aériennes agressives sur la largeur du terrain.

(Crédit photo : Katie Chin-Daily Trojan)

Et un homme émerge au-dessus de la pile afin de devenir le futur running back star des Trojans : Stephen Carr. Le sophomore et ancienne recrue 5-étoiles s’est illustré en tant que remplaçant dès ses premiers matchs (65 portées, 363 yards, 3 TDs) et endosse désormais le maillot de leader. Tous les espoirs sont investis en Stephen Carr pour exploser au plus haut niveau et si tel est le cas, USC se trouve en excellente position pour jouer les premiers rôles dans la conférence Pac-12, si ce n’est encore plus haut.

Un bonus assez important se présente également en faveur du jeu au sol puisque la ligne offensive revient avec quatre titulaires et des remplaçants expérimentés dûs aux blessures. Par ailleurs, avec de la continuité et en espérant une diminution des blessures, cette ligne offensive devrait montrer un niveau de performance beaucoup plus intéressant que celui de l’an passé, qui a handicapé les Trojans très régulièrement.

 

Il faut vraiment que la ligne défensive revienne à son niveau

 

Il est difficile de lancer la pierre à la ligne défensive pour ses résultats médiocres, puisqu’elle a subi une cascade incroyable de blessures tout au long de la saison. Et cette mauvaise chance a mené à des performances très décevantes en défense de la course. Les résultats sont simples : la grande majorité des adversaires de USC sont arrivés à courir sur les Trojans comme bon leur semblait. 

Certes, Clancy Pendergast a comblé l’hémorragie de la saison précédente où la défense laissait passer bon nombre de jeux explosifs (au sol ou dans les airs), mais celle-ci a ouvert une voie royale à ses adversaires pour lui marcher par-dessus. Les blessures n’ont pas aidé cette situation, non plus. Le junior Christian Rector (7.5 sacks, 3.5 TFLs), leader de la ligne, voudra redresser la barre après une année manquée avec l’aide du senior Malik Dorton (2.5 sacks, 5 passes défendues), du sophomore Brandon Pili et des talentueux freshmen Jay Tufele et Marlon Tuipulotu. 

(Crédit photo : AP Photo/Mark J. Terrill)

Réduire les déficiences face à la course ne sera pas tâche aisée, et ce sera une situation identique concernant un excellent pass-rush. Le linebacker vedette Porter Gustin revient de blessure pour terroriser les quarterbacks adverses, mais sans la présence de Uchenna Nwosu (75 plaquages, 9.5 sacks, 13 passes défendues), Rasheem Green (10 sacks, 4.5 passes défendues) et Josh Fatu (6 sacks), il devrait se sentir bien seul. 

Les Trojans perdent une bonne présence dans le backfield adverse, mais la défense du milieu du terrain également avec trois linebackers majeurs sur le départ. Cameron Smith (112 plaquages, 10.5 TFLs, 4 passes défendues) et John Houston demeurent tout de même en poste pour une nouvelle saison, ce qui devrait aider à maintenir une excellente défense au près de la ligne de scrimmage.

 

Une des meilleures défenses aériennes du pays

 

Même si le pass rush régresse, une meilleure défense contre la course devrait aider un excellent secondary à maintenir une étreinte dans les airs que peu de programmes arrivent à réaliser. Les lignes arrières des Trojans font partie des plus talentueuses du pays et ne perdent que deux contributeurs à l’intersaison, le safety Chris Hawkins et surtout le superbe cornerback Jack Jones pour un défaut d’éligibilité académique.

La perte de Jack Jones s’avère assez contraignante pour USC, puisqu’il était sur le point de devenir un des leaders défensifs de l’équipe. Quoi qu’il en soit, le trio de cornerbacks seniors Iman Marshall, Isaiah Langley et Ajenee Harris (22 passes défendues, 3 INTs cumulées) peut être considéré comme l’un des tous meilleurs du pays. 

En revanche, la situation est un peu plus précaire chez les safeties. Le retour de Marvell Tell III (85 plaquages, 2.5 TFLs, 3 INTs) est une aubaine, bien qu’il reste encore à trouver son collègue. Les anciennes recrues de grand talent sont légion, et le poste vacant devrait revenir à Ykili Ross, Bubba Bolden ou Isaiah Pola-Mao. Il existe plus périlleuse comme situation ; comprenez que USC ne devrait pas perdre une des meilleures défenses aériennes du pays. 

 

Si la situation au poste de punter est réglée, tout va bien

 

Un kicker freshman en 2017 ? Les Trojans s’en sont très bien sortis avec l’émergence de Chase McGrath (12/17 FGs avec le plus lointain de 51 yards), qui revient aujourd’hui en tant que sophomore pour continuer à concrétiser les aventures offensives de l’équipe. Une question plus sérieuse se pose au poste de punter, en revanche. 

Le punter senior Reid Budrovich a obtenu le poste de titulaire en cours de saison dernière à la suite des mauvais résultats de Chris Tilbey, mais il n’a pas performé à un niveau époustouflant, bottant à une moyenne de 36.6 yards par punt, ce qui est loin d’être satisfaisant. Sans un punter suffisamment solide, USC pourrait se retrouver en situation délicate à de maintes reprises, et notamment lors des rencontres cruciales. Attention à ne pas se tirer une balle dans le pied à cause des équipes spéciales.

 

Interdiction formelle de passer à côté du mois de septembre !

 

Les deux dernières équipes de Clay Helton ont eu du mal à débuter la première partie de saison avant de s’envoler vers les sommets au fil que le mois de novembre approchait. USC s’est incliné à chaque fois en début d’année, pour des défaites qui sont venues hanter les espoirs de College Football Playoff. Jamais deux sans trois ?

Si tel est le cas, les Trojans ne possèdent pas le calendrier pour les sauver d’un faux-pas rédhibitoire. Le mois de septembre est effectivement semé d’embûches. USC doit se déplacer en Week 2 sur le terrain de Stanford puis en Week 3 sur le terrain de Texas, pour deux des matchs les plus relevés de la saison. Il faudra être prêt immédiatement pour ne pas se faire surprendre. En parlant de surprises, les deux semaines suivantes peuvent accoucher d’upsets avec la réception de Washington State et surtout un voyage pour affronter Khalil Tate et Arizona. 

Conclure le mois de septembre avec cinq victoires pour aucune défaite sera, déjà, un succès en soi. Mais USC ne peut se reposer sur ses lauriers. Les deux rivalités historiques des Trojans se dérouleront dans le Rose Bowl de UCLA et surtout sur le campus de South Bend, contre Notre Dame, pour terminer la saison. Un succès ou un revers face au Fighting Irish pourrait bien faire la différence en vue d’une qualification au premier College Football Playoff de l’université.

Mais avant le College Football Playoff, la conférence Pac-12 pointe le bout de son nez et hormis des sorties de parcours à Arizona ou Utah, USC devrait obtenir le titre de division Pac-12 South. Les Trojans évitent par ailleurs Washington et Oregon au cours de la saison régulière, ce qui est un bonus non-négligeable, mais une des équipes devraient vraisemblablement se présenter en finale de conférence. Là encore, une victoire ou une défaite conditionnera la fin de saison des Angelinos.

UCLA, Notre Dame et une hypothétique finale de conférence Pac-12 : si USC ne trébuche pas auparavant, ces trois matchs peuvent jouer de tremplin vers le College Football Playoff. Mais pour en arriver là, il faudra en premier lieu dénicher un quarterback capable de mener les Trojans.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Clay Helton a besoin d’un quarterback. Il le trouvera en J.T. Daniels. Bien que le quarterback freshman n’arrive sur le campus de USC que quelques semaines avant le début de saison, son talent intrinsèque absolument exceptionnel devrait être suffisant pour le propulser au poste de titulaire. Et son talent est tel qu’il réalisera une saison freshman dantesque, entrera même dans le course au Heisman Trophy avant de mener les Trojans au College Football Playoff.