Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Il est peut-être difficile d’y croire : Jim Harbaugh a pris les rennes du programme de football de Michigan depuis seulement deux saisons. Et à l’instar de ses périodes à Stanford et San Francisco (NFL), la reconstruction des Wolverines s’est réalisée à la vitesse de la lumière. Si l’on enlève les débuts de Brady Hoke en 2011, ils n’avaient pas accompli une saison un tant soit peu réussie depuis les derniers moments de Lloyd Carr sur le campus d’Ann Arbor en 2007 ; Jim Harbaugh a posé ses valises et a produit deux saisons à 10 victoires de suite.

Malgré cela, un tel exploit apparait quelque pu décevant pour certains. Michigan est redevenu une institution du football universitaire du jour au lendemain, ce qui est en soit une performance incroyable en considérant l’état du programme avant que Jim Harbaugh prenne la direction. Mais ce dernier a soulevé la barre des attentes à un niveau d’exception et il ne l’a toujours pas atteinte, trébuchant sur la dernière marche à de multiples reprises. Malheureusement, cette marche ne devrait pas être franchie en 2017.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Wolverines de Michigan en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Wilton Speight et… c’est à peu près tout

L’attaque de Michigan n’est certainement pas la plus dynamique ni la plus productive de la ligue universitaire, sans que cela ne l’empêche de posséder une identité bien marquée. Tim Drevno, assistant de longue date de Jim Harbaugh depuis leur époque à l’Université de San Diego et actuel coordinateur offensif des Wolverines, a formé une animation offensive atypique pour l’époque actuelle. Un jeu de course ultra-puissant tient une place prépondérante au sein d’un système où le contrôle du ballon et de l’horloge (c’est-à-dire une avancée bien plus lente que la moyenne) est le maitre mot.

Michigan semble être revenu plus d’une décennie en arrière avec la marque d’un power football passé aux oubliettes ; toutefois, cela fonctionne plutôt bien pour Jim Harbaugh. Lors des deux premiers mois de compétition, et si l’on enlève la rencontre très accrochée face à Wisconsin, les Wolverines ont marqué moins de 41 points seulement à une reprise. Les quatre dernières rencontres de la saison : 13, 20, 27 et 32 points marqués avec trois défaites au compteur. La raison de ces échecs est toute simple et repose sur la disparition de l’animation aérienne.

Lorsque la dimension aérienne vacille, le reste de l’attaque ralentit également de manière considérable. Les front-seven adverses se focalisent davantage sur le jeu de course et Michigan souffre logiquement d’efficacité et de réalisme. La perte du quarterback Wilton Speight (2538 yards à la passe, 18 TDs, 7 INTs) pour deux semaines peut être considéré comme une cause majeure de ces déboires. Le junior devrait conserver sa place de titulaire, sauf si le redshirt freshman 4-étoiles Brandon Peters lui vole la vedette à l’intersaison. De la continuité serait tout de même la bienvenue puisque seulement quatre titulaires sont de retour, Wilton Speight inclus. Deux d’entre eux sont des linemen offensifs, ce qui implique le départ de trois contributeurs importants. Le talent des nouvelles pièces est indéniable avec une foule d’anciennes recrues 4-étoiles ou mieux, certes, mais un turnover n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Les meilleures auspices ne surplombent pas le jeu au sol et pourtant, cet aspect offensif sera la pierre angulaire du succès des Wolverines. Le coureur principal, De’Veon Smith (846 yards à la course, 10 TDs), a quitté le campus d’Ann Arbor mais ses trois anciens suppléants sont toujours à disposition. Le sophomore Chris Evans (614 yards à la course, 4 TDs) est en passe d’exploser au grand jour, tout en comptant sur la solidité du senior Ty Isaac ainsi que sur le talent inné du redshirt freshman Kareem Walker.

(Credit photo : Rick Osentoski-USA TODAY Sports)

On expliquait que la disparition du jeu aérien avait causé de nombreux torts à Michigan l’an dernier ; malheureusement, ce sont désormais les trois meilleures cibles qui ont disparu du radar des Wolverines. Amara Darboh, Jehu Chesson et le tight end Jake Butt laissent aujourd’hui la place à une escouade aussi inexpérimentée que talentueuse. Le junior Grant Perry ainsi que les sophomores Kekoa Crawford et Eddie McDoom sont les seuls receveurs avec une expérience du terrain ; ils n’ont combiné que 22 réceptions l’an passé. Cependant, il faudra compter sur une classe de true freshmen exceptionnelle pour créer une différence : le meilleur receveur de la dernière promotion et potentielle superstar 5-étoiles Donovan Peoples-Jones arrive accompagné de trois autres excellents receveurs 4-étoiles en la personne de Tarik Black, Nico Collins et Oliver Martin.

Qui sait ce que la dimension aérienne révélera en cette nouvelle saison. Le potentiel est enfin bien que li’inexpérience des receveurs soit quelque peu tracassante. Se reposer uniquement sur le jeu de course ne sera pas suffisant du tout face aux meilleures équipes de la conférence et du pays ; il faudra passer à un moment ou à un autre. Wilton Speight ne devrait pas être une source d’inquiétude, ce qui n’est pas vraiment le cas de la ligne offensive, elle-aussi relativement inconnue. Autant dire que l’attaque de Michigan devrait se révéler (très) inconstante en 2017.


Don Brown tient une occasion magnifique de cimenter sa réputation

Le classment national des défenses de la saison passée est limpide comme de l’eau de roche : il y avait Alabama, Michigan et le reste des universités. Le coordinateur défensif des Wolverines, Don Brown, doit être considéré comme l’un des tous meilleurs à ce poste de la ligue universitaire et a de nouveau réalisé un boulot titanesque. Il était littéralement impossible de courir face à un front-seven extrêmement agressif et seulement une poignée de passes longue distance traversait les mailles du filet.

Michigan pouvait être pris en exemple par n’importe quelle équipe pour ses dons d’efficacité et de solidité exceptionnels. Par contre, les départs de 10 titulaires et d’un total de 242 titularisations en carrière creuseront un véritable cratère au sein des Wolverines. Cela pourrait déstabiliser complètement bon nombre d’équipes mais la présence de Don Brown et la montagne de talents au sein de l’effectif devraient minimiser un tel turnover. Domination totale ? Certainement pas, mais Michigan proposera quoi qu’il en soit une très bonne défense, si ce n’est mieux.

Le front-seven s’est détaché grâce à une agressivité incessante et venant de toutes parts. Cependant, les acteurs principaux de cette activité ne se trouvent plus au sein de cette défense et la ligne défensive est la première touchée. Les excellents defensive ends Taco Charlton et Chris Wormley ainsi que le nose tackle Ryan Glasgow (19.5 sacks, 12 TFLs en cumulé) ont laissé une vraie trace chez les Wolverines ; malgré un tel impact, les remplaçants ne devraient pas véritablement faire flancher ce groupe. Le defensive tackle senior Maurice Hurst et le defensive end junior Chase Winovich (9.5 sacks, 11.5 TFLs en cumulé) se sont révélés très performants en second rideau et obtiennent aujourd’hui une opportunité de se mettre en valeur. Les deux vétérans devraient tout de même être éclipsés par le phénomène sophomore répondant au nom de Rashan Gary. La meilleure recrue nationale et unanime de la promotion 2016 possède tout la talent du monde afin de marquer la ligue universitaire dès cette année ; une telle présence nous ferait presque oublier la marée de sophomores et freshmen en attente d’éclosion derrière les titulaires. Une ligne défensive dominante permettrait aux linebackers de fleurir derrière eux, et notamment le senior Mike McCray (76 plaquages, 4.5 sacks, 8 TFLs, 7 passes défendues, 2 INTs), seul homme de retour au sein du front-seven. Toutefois, la perte de Ben Gedeon et surtout de Jabrill Peppers se feront sentir au centre du terrain, contre la course et face à la passe.

(Crédit photo : Brad Mills-USA TODAY Sports)

Le centre du terrain est dévasté avec le départ de deux anciens linebackers de très haut niveau ; mais les lignes arrières tentent également de contester ce titre honorifique et peu flamboyant. Les quatre titulaires de la saison passée se sont envolés vers d’autres cieux, que ce soit les superbes cornerbracks Jourdan Lewis et Channing Stribbling (24 passes défendus, 6 INTs en cumulé) ou les très bons safeties Dymonte Thomas et Delano Hill (12 passes défendues, 4 INTs). Les nouvelles têtes sont arrivés à Ann Arbor en tant que recrues 4-étoiles, bien que leur inexpérience devrait sans doute les desservir dans l’immédiat. Le cornerback sophomore Lavert Hill pourrait émerger comme un successeur à la hauteur de ses ainés, au même titre que son compère sophomore David Long.

La meilleure défense aérienne du pays régressera sans aucune doute ; le tampon que créera les nouvelles têtes dessineront l’efficacité défensive des Wolverines. Il n’existe peu de chances que celle-ci régresse drastiquement d’une année sur l’autre malgré les départs en masse. La ligne défensive devrait se révéler tout aussi excellente, tandis que le reste du terrain se reposera sur l’éclosion d’une flopée de sophomores. Cela peut se révéler très couteux, mais tant que Don Brown traine dans les parages, difficile de se faire du souci pour une escouade si talentueuse.


Pronostics de performance

Jim Harbaugh semble avoir relancé le bateau des Wolverines en moins de deux saisons. Les magnifiques classes de recrutement s’enchaînent afin de combler les lacunes des équipes sous les head coaches précédents, tandis que les résultats sportifs se manifestent enfin à la hauteur du prestige de Michigan. Ceci dit, les attentes que l’on affiche pour un programme de football d’une telle aura se situent à un palier d’autant plus élevé. En deux ans, les Wolverines n’ont jamais fait mieux que troisième de la division Big Ten East et ils se sont inclinés à l’hiver dernier dans le cadre de l’Orange Bowl.

Tout le monde attend désormais que Michigan franchise cette nouvelle marche. Cela passe par un titre de division/conférence et une qualification pour le College Football Playoff, ou tout du moins s’imposer dans un Bowl du Nouvel An. En revanche, le défi le plus crucial pour la dynastie de Jim Harbaugh est de stopper la série de cinq défaites consécutives face au rival historique, Ohio State. Ces accomplissements ne sont malheureusement pas à l’ordre de cette année, du fait de la transition majeure que subissent les Wolverines.

En 2018, Michigan devrait posséder une équipe exceptionnelle mais avant d’en arriver à l’explosion des jeunes pousses bourrées de talent, il faut avant tout emmagasiner de l’expérience. C’est à ce moment-là qu’intervient 2017. L’équipe dirigée par Jim Harbaugh se dirige probablement vers un record final de 8-4, avec le déplacement à Arlington pour y affronter Florida en ouverture de saison, des voyages sur les campus de Penn State et Wisconsin, ainsi que la réception de Ohio State, qui demeure à ce jour une équipe bien mieux armée à tous les niveaux.

Le plateau des 10 victoires n’est pas impossible, par contre. Chacune de ses rencontres devrait probablement se jouer à moins d’une possession d’écart et il ne faut pas grand chose pour renverser la vapeur d’un côté comme de l’autre. Elles afficheront clairement ce à quoi Michigan peut prétendre dans le présent comme dans le futur ; seules les grandes écoles sont capables de surprendre et de jouer les premiers rôles pendant une période de transition. Si tel est le cas, il est déjà possible d’insérer les Wolverines parmi les favoris au titre de la saison prochaine.