Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Souvent décriée ces dernières années, la conférence Pac-12 se renouvelle énormément cette saison dans l’optique d’obtenir de meilleurs résultats. Au total, cinq programmes auront un nouvel head coach tandis que trois quaterbacks stars (Sam Darnold, Josh Rosen et Luke Falk) ont quitté la conférence pour la NFL.

UCLA a perdu Josh Rosen, mais plus important encore, les Bruins se sont séparés de leur précédent head coach, Jim Mora, à la suite d’une troisième défaite consécutive face au rival de USC. Une nouvelle ère débute dans la banlieue chic de Los Angeles avec l’arrivée en grandes pompes d’un certain Chip Kelly pour redonner du peps à un programme qui s’est endormi sur lui-même.

Tout roulait parfaitement pour Jim Mora lors de ses débuts à UCLA. Les Bruins ont remporté 29 matchs sur les trois premières saisons et se sont classés dans le Top-10 en 2014. Et puis, patatra. Malgré les grandes attentes et un excellent recrutement, le programme mené par Jim Mora s’est effondré et n’a finalement remporté que 17 matchs lors des trois dernières saisons. Il est temps de faire table rase du passé.

Chip Kelly revient dans la conférence Pac-12 où il a brillé avec Oregon, empochant 46 victoires en quatre saisons de 2009 à 2012 et construisant une marque nationale autour de l’université du jour au lendemain. Mais l’ancien head coach des Ducks revient en football universitaire afin de rechercher un vent nouveau, après s’être perdu dans les méandres de la NFL avec Philadelphia et San Francisco. 

Enormément de questions subsistent avec le retour de Chip Kelly en NCAA. Produira-t-il une équipe de UCLA proche de celle des Ducks ? Quels apports de son expérience en NFL ? L’effectif des Bruins peut-il s’adapter immédiatement à son nouvel head coach ?

 


 

Un comeback de folie… et puis s’en va

 

On pensait tous que la grande époque de UCLA était revenue. En regardant dans le rétroviseur, il s’agissait davantage d’un éclat de brillance de Josh Rosen. Le quarterback des Bruins a effectivement mené un comeback monumental face à Texas A&M en ouverture de saison, conclu par un splendide touchdown à la dernière seconde. Deux semaines plus tard, les hommes de Jim Mora s’inclinaient sur le terrain de Memphis. 

 

 

Le reste de la saison des Bruins fut à l’image de la fin de l’ère Jim Mora : sans saveurs. Quatre victoires au Rose Bowl de Pasadena (dont trois succès étriqués) et six revers à l’extérieur, où aucun n’était réellement compétitif. L’ultime défaite au Coliseum de USC scelle le destin de Jim Mora, qui termine une sixième saison avec un record décevant de 6-6. Le Cactus Bowl face à Kansas State s’est révélé encore plus décevant sans lui, puisque les Bruins menaient 17-7 à la mi-temps… avant de perdre 17-35 au coup de sifflet final. 

En 2016, la défense menait les Bruins au combat alors que l’attaque pataugeait dans la semoule sans Josh Rosen à la barre. En 2017, l’animation offensive a retrouvé de l’efficacité avec le retour de son quarterback, tandis que la défense s’est complètement effondré entre les blessures et les départs de l’intersaison. La tâche première de Chip Kelly est d’amener une continuité sur le long terme à UCLA.

 

Josh Rosen n’est plus là pour sauver la mise des Bruins

 

Un seul joueur représentait le niveau de jeu de UCLA et vous vous en doutez, il s’agit bien évidement de Josh Rosen. L’ancienne recrue 5-étoiles, considérée comme l’un des meilleurs quarterbacks du pays dès ses premiers pas sur le campus de Westwood, a porté les Bruins sur son dos durant ses trois années à l’université. Mais aujourd’hui, il faut ré-apprendre la vie sans Josh Rosen et cela ne sera pas tâche facile.

Tout d’abord, qui pour le remplacer ? Chip Kelly ne manque pas d’options et deux se détachent en particulier. Arrivé à Los Angeles sur transfert de Michigan, Wilton Speight peut légitimement espérer une place de titulaire après avoir mené les Wolverines à une petite encablure du College Football Playoff. Mais le senior devra se battre corps et âme pour empêcher le true freshman Dorian Thompson-Robinson de lui voler son poste. Pourquoi ? La recrue 4-étoiles est le prototype parfait du quarterback que raffolait Chip Kelly à Oregon. 

(Crédit photo : @DoriansTweets)

Dorian Thompson-Robinson doit encore être façonné pour réussir au niveau universitaire, mais il a démontré qu’il pouvait être extrêmement dangereux en improvisant avec ses jambes et qu’il possédait un bras d’une grande puissance pour envoyer de nombreuses balles en profondeur. A voir si Chip Kelly n’a pas changé ses plans et si le jeune quarterback est prêt pour prendre UCLA en charge. Le sophomore Devon Modster reste quant à lui en embuscade après avoir pris le relais de Josh Rosen avec succès à plusieurs reprises.

N’importe quel quarterback devrait cependant se reposer sur une escouade de receveurs relativement solide. Les deux meilleures armes aériennes, Jordan Lasley (69 réceptions, 1.264 yards, 9 TDs) et Darren Andrews (60 réceptions, 773 yards, 10 TDs), ont malheureusement quitté les Bruins. Le junior Theo Howard prend du galon et devient l’option numéro une avec le prometteur tight end junior Caleb Wilson. Les talentueux sophomores Demetric Felton et Dymond Lee pourraient de leur côté s’imposer comme des armes explosives. 

 

Et si le point fort de UCLA était… la course ?!

 

Le système de Chip Kelly fait la part belle aux running backs et l’installation d’un jeu au sol dominant devrait conditionner le succès de UCLA… ou non. Deux directions peuvent succéder à une telle entreprise : soit elle se révèle comme un véritable coup de pouce en faveur des Bruins ou soit elle misérablement s’ils ne peuvent lancer un système de course solide. Souvenez-vous, en 2016, UCLA possédait (de loin) le plus mauvais jeu au sol du pays.

Le trio de running backs leader lors de la saison passée revient sur le campus de Westwood. Les seniors Soso Jamabo et Bolu Olorunfunmi (207 portées, 1.011 yards, 11 TDs cumulés) jouent leur dernière carte avec les Bruins et sont épaulés par le junior Brandon Stephens. Les deux premiers coureurs ont également été utilisés par Jim Mora dans l’animation aérienne, et il ne serait pas surprenant que Chip Kelly utilise leurs très bonnes qualités athlétiques sur le terrain pour déstabiliser les défenses.

Le nouvel entraîneur général des Bruins devra quoi qu’il en soit se reposer sur un jeu au sol puissant pour contrer l’instabilité des quarterbacks. Une autre difficulté pour Chip Kelly ? La ligne offensive perd trois titulaires majeurs et recule grandement en terme d’expérience. Par ailleurs, Boss Tagaloa, un ancien defensive tackle, devient le centre titulaire et démontre que ce groupe marche lui-aussi sur la corde raide.

 

Des lignes avants remaniées pour plus de vigueur

 

Le front-seven pouvait compter sur un florilège de joueurs talentueux en 2017, de retour d’une saison précédente où la défense était difficile à pénétrer. Et aussi incroyable soit-il, le front-seven a complètement implosé pour finir dans les profondeurs du classement (bien aidé par les blessures). Chip Kelly a pris le taureau par les cornes et a embauché l’expérimenté Jerry Azzinaro au poste de coordinateur défensif.

Jerry Azzinaro est un ami de longue date de Chip Kelly, à ses côtés de 2009 à Oregon jusqu’en 2016 à San Francisco, en tant qu’entraineur assistant de la ligne défensive. Ils se connaissent bien et le nouveau coordinateur a décidé d’implémenter un nouveau système en 3-4 pour favoriser l’émergence des anciennes recrues très talentueuses. 

(Crédit photo : Aubrey Yeo-Daily Bruin)

UCLA doit composer avec les pertes du meilleur plaqueur de l’équipe Kenny Young (110 plaquages, 7.5 TFLs) et du meilleur pass-rusher Jacob Tuioti-Mariner (7.5 sacks), mais c’est tout. Les lignes avants sont expérimentées et elles peuvent surtout compter sur le sophomore 5-étoiles, Jaelan Phillips, qui glisse de defensive end à outside linebacker. Keisean Lucier-South suit le même chemin et ils rejoignent les linebackers Krys Barnes et Josh Woods afin de compter un groupe de linebackers des plus prometteurs.

Totalement inepte l’an dernier, la ligne défensive progressera elle-aussi avec davantage d’expérience. Chigozie Nnoruka glisse au poste de nose guard et devrait être entouré par un groupe solide, composé par le junior Rick Wade ainsi que les sophomores Osa Odighizuwa et Marcus Moore (13 TFLs cumulés). 

 

Le secondary a-t-il reculé pour mieux rebondir ?

 

Face à des adversaires qui pouvaient courir comme bon leur semblait sur un front-seven à la rue, les lignes arrières ont fait de leur mieux pour limiter les dégâts. Et aujourd’hui, en supposant sur un retour en forme des lignes avants, le secondary possède tous les éléments pour redevenir un des tous meilleurs de la conférence Pac-12.

Seul le safety Jaleel Wadood quitte les Bruins, une perte qui devrait être remplacée sans trop de difficultés. D’autant plus que le duo de cornerbacks peut se révéler excellent avec le sophomore Darnay Holmes, auteur d’une très belle première saison universitaire (3 INTs), et du senior Nate Meadors (9 passes défendues, INT). Un second senior compose cette escouade avec le safety Adarius Pickett (85 plaquages, 4 TFLs, 4 passes défendues).

Tout porte à croire que le secondary puisse rebondir et couplé avec la progression inévitable du front-seven, quelques succès défensifs pourraient bien faire la différence entre une équipe à la peine pour terminer avec un record positif et une équipe à la quête d’une place intéressante dans la division Pac-12 South.

 

De l’expérience pour de la solidité chez les équipes spéciales

 

Les spécialistes de l’équipe ne sont pas mauvais, loin de là. Le kicker junior J.J. Molson est très solide (17/21 FGs) tandis que le punter senior Stefan Flintoft bottait à une moyenne correcte de 37.6 yards par punt. Ce ne sont pas les joueurs qui mèneront les Bruins à leur perte, mais ils ne devraient pas offrir une myriade de succès non plus à UCLA.

En revanche, il faut absolument que Chip Kelly trouve une solution aux postes de returners. A l’époque, Oregon amenait toujours un danger lors des phases de kick ou punt returns, des séquences où UCLA s’est révélé affreux depuis bien trop longtemps. A voir ce que le rapide Darnay Holmes peut apporter sur ces phases de jeu.

 

Le calendrier le plus relevé du pays attend Chip Kelly

 

Les questions sont légion à UCLA avec la prise en main de Chip Kelly, et on ne sait pas encore si le système employé à Oregon lors des grandes heures des Ducks le sera également dans la Cité des Anges. Le nouvel head coach des Bruins devrait mélanger « read option », « dink-and-dunk » avec des sciences sportives et statistiques issus des rangs professionnels. 

Cette équipe sera incroyablement intéressante à suivre dans ses développements, c’est une certitude. Autre certitude ? UCLA devra affronter le calendrier le plus relevé d’entre toutes les équipes du pays. Les réceptions de Cincinnati et Fresno State entrecoupées d’un voyage à Oklahoma peut aussi bien amener une ou trois défaites en fonction des circonstances de match… et le programme de la conférence Pac-12 n’est pas plus clément.

Les Bruins n’ont pas gagné à l’extérieur depuis Septembre 2016 à BYU (!) et ils doivent rendre visite à Colorado, California, Oregon et Arizona State, trois des quatre adversaires les plus abordables de l’année. Entre temps, il faudra recevoir une magnifique équipe de Washington, une équipe d’Arizona menée par Khalil Tate, une équipe de Utah toujours difficile à aborder et bien entendu, le rival historique de USC. Autant dire qu’aucun match n’est gagné… mais aucun n’est réellement perdu d’avance, non plus.

L’émergence d’un quarterback potent et d’un jeu de course idéalement plus que solide, ainsi que la progression d’une défense absolument inepte en 2017, devrait décider si les Bruins terminent avec 9 victoires… ou bien s’ils ne peuvent faire mieux que 3 succès. Le calendrier de UCLA est aussi volatile que cela. Et pourtant, le succès (ou non) de cette première saison engendrera les attentes pour le reste de l’ère Chip Kelly sur le campus de Westwood.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

Les supporters de UCLA devront prendre leur mal en patience une année supplémentaire. Les Bruins passeront une saison loin des sommets pour la première de Chip Kelly, bien que cela n’indique pas une progression de l’effectif. Les résultats ne se concrétiseront pas de façon idéale avec un large cota de défaites étriquées. 4 ou 5 victoires en fin de saison, c’est vous qui choisissez le nombre qui vous plait le mieux.