Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Charlie Strong semblait tout posséder pour réussir à Texas. La réalité a finalement accouché d’une issue diamétralement opposée. L’ancien head coach de Louisville a aujourd’hui été poussé vers la sortie au profit de l’enfant du pays, Tom Herman, entraineur le plus en vue du pays ces derniers temps. A la suite d’une période d’exception entre Ohio State et Houston, il obtient son premier poste de head coach au sein d’une université majeure. Et ce n’est pas n’importe laquelle, Texas, où les attentes sportives et la pression médiatique sont décuplées.

Dès le moment où il a signé son contrat avec les Longhorns, il sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Charlie Strong n’a pas été conservé seulement trois ans après son arrivée et malgré quelques promesses au milieu de la reconstruction des piliers du programme de football. Il n’a pas réussi à remettre la maison texane en ordre assez rapidement et cela s’est payé cash. Désormais, Tom Herman prend la relève avec un effectif bien plus expérimenté et talentueux qu’au moment où son prédécesseur s’est installé aux manettes. C’est dommage que le crédit du renouveau n’aille pas à Charlie Strong car il est bien celui qui a relancé la machine après une décennie de médiocrité.

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Longhorns de Texas en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Le succès de l’attaque repose (uniquement) sur le potentiel de celle-ci

La saison dernière s’est terminée avec un gout amer. Evincé à la suite d’une saison au bilan négatif de 5-7, Charlie Strong avait pourtant engendré une belle révolution de l’attaque grâce à l’apport du coordinateur offensif Sterlin Gilbert et sa philosophie du “veer-and-shoot“. Les Longhorns ont (eux-aussi) succombé à la mode d’une animation offensive spread ultra-dynamique et explosive, désormais commune au sein de la conférence Big 12, mais une seule saison n’était pas suffisante. La prise en charge de nouveaux entraineurs devrait sans doute revoir les plans.

L’ancien coordinateur offensif de Nebraska et Ohio State, Tim Beck, s’allie à Tom Herman pour convertir le coup d’essai en succès. Ceux-ci demeurent dans le giron des attaques spread, bien qu’ils croient davantage en une approche plus classique. Le personnel ne change pas en profondeur avec sept titulaires de retour. Un nouveau changement de système offensif peut se révéler à double tranchant : la majorité des joueurs demeure très jeune et de nouveaux apprentissages peuvent déboucher sur une énième saison de transition, alors qu’à l’inverse, l’expérience acquise très tôt sur le terrain peut être capable de combler les quelques lacunes d’assimilation.

Il semble compliqué de nourrir de grandes attentes pour l’attaque de Texas dès 2017. En revanche, Tom Herman a déjà provoqué des évolutions offensives soudaines par le passé, que ce soit au côté d’Urban Meyer sur le campus de Columbus ou bien à la tête de Houston il y a deux ans. Un dénominateur commun existe à chaque fois : un quarterback se transcende du jour au lendemain. Les Buckeyes ont remporté un titre national avec un troisième quarterback tandis que les Cougars se sont invités parmi les meilleurs avec un ancien receveur devenu pièce maitresse de l’attaque.

Tom Herman murmure dans l’oreille des quarterbacks et cela paye. L’homme le plus heureux de cette nouvelle doit être un certain Shane Buechele (2958 yards à la passe, 21 TDs, 11 INTs). Le quarterback, aujourd’hui sophomore, a été envoyé au milieu des fauves en tant que true freshman et s’est plutôt bien débrouillé en considérant une telle situation. Les armes autour de lui étaient également inexpérimentées et la ligne offensive a vécu une évolution constante. En parlant de cette dernière, elle peut franchir un si ce n’est deux paliers en terme de performance si la combinaison ne bouge pas, notamment à cause des blessures. Ce serait un énorme point positif pour Shane Buechele puisque l’escouade de receveurs est incroyablement profonde. Six hommes peuvent obtenir un rôle majeur et ils possèdent tous une expérience plus ou moins sérieuse. Le senior Armanti Foreman (420 yards à la réception, 3 TDs) apporte une marque en profondeur. Le junior Jerrod Heard entame sa deuxième saison à ce nouveau poste alors qu’un autre junior, John Burt, a quitté le programme d’athlétisme de Texas pour se concentrer exclusivement au football. Enfin, les sophomores Devin Duvernay (412 yards à la réception, 3 TDs) et Collin Johnson peuvent exploser avec un poste de titulaire.

(Crédit photo : Jay Janner/Austin American-Statesman)

Quoi qu’il en soit, la continuité est une excellente nouvelle pour le jeu aérien. Les automatismes seront plus forts et l’inconstance de l’an passé devrait peu à peu être gommée. En revanche, le jeu de course a perdu la superstar de la saison dernière en attaque. L’étincelant running back D’Onta Foreman (2028 yards à la course, 15 TDs) s’est envolé pour la ligue professionnelle, laissant désormais la place au junior Chris Warren III. Il n’est pas aussi explosif que son prédécesseur, certes, mais cela ne lui empêche pas d’être efficace. Même si son intégration n’est pas réussie, deux jeunes running backs 4-étoiles attendent leur chance en second rideau, Kyle Porter et Toneil Carter. L’heureux élu pourra tout de même compter sur une excellente ligne offensive afin de lui ouvrir des portes au sein d’un système où les running backs détiennent une place centrale. Il est possible que l’ensemble de l’attaque connaisse des hauts et des bas en cette première année au sein d’un nouveau système. Mais le talent ne manque pas, autant sur le terrain que sous le casque.

Les compétitions aux postes de receveurs et de coureurs seront intenses, une bonne chose pour les performances qui ne devraient pas souffrir outre mesure de l’implémentation d’un nouveau système (bien au contraire). Une question se pose quand même pour le visage du quarterback. Shane Buechele tient la corde pour conserver sa place de titulaire mais il ne faut pas oublier la présence de la talentueuse recrue de Tom Herman, Sam Ehlinger, qui convient mieux à une attaque pro-spread. On n’est plus à une surprise près avec Tom Herman.


Tom Herman a déjà offert un beau cadeau : Todd Orlando

Les performances de la défense de Texas n’ont pas été aussi satisfaisantes que ce que l’on peut attendre des Longhorns et la raison est toute simple à dénicher : l’écrasante majorité de l’effectif entrait dans son année sophomore. Il est très difficile d’accomplir un excellent niveau de jeu général avec une telle inexpérience, quel que soit le talent présent aux différentes positions. Cependant, le pass-rush et la défense aérienne peuvent accéder à l’excellence si tout se passe bien.

Et le garant de cette réussite s’appelle Todd Orlando. Tom Herman a réussi à conserver son coordinateur défensif de Houston avec lui pour cette nouvelle aventure. Il s’agit possiblement de la meilleure nouvelle de l’intersaison à Austin, puisqu’il peut être considéré comme l’un des meilleurs assistants défensifs du pays. Son prototype de défense fonctionne avec une défense intraitable face à la course et a minima efficace face à la passe ; le premier point était ce qui a desservi Texas toute la saison dernière.

Il n’existe qu’un seul Ed Oliver et celui-ci joue avec les Cougars. Todd Orlando doit s’adapter pour trouver un ancre aussi puissante au sein de sa ligne défensive. Malheureusement, aucun joueur ne semble capable de posséder une telle emprise. Les Longhorns se dirigent vers un alignement en 3-4, ce qui devrait aider à enlever de la pression de la ligne. Le nose tackle senior Poona Ford (54 plaquages, 5.5 TFLs) aura un rôle crucial afin de rehausser le niveau face à la course, accompagné de linemen hybrides tels que Malcolm Roach, Chris Nelson ou Charles Omenihu (8 sacks, 10.5 TFLs en cumulé). Un groupe de linebackers blindé d’excellentes options revêt également une importance majeure pour limiter les lacunes du front-seven. Cette position apporte un mélange de potentiel athlétique supérieur à la moyenne et d’une expérience sérieuse sur le terrain. Elle amenait déjà une présence énorme du point de vue du pass-rush, dirigé par le junior et superstar défensive Malik Jefferson (62 plaquages, 5 sacks, 3 TFLs, 3 passes défendues). Celui-ci sera suppléé par des hommes prometteurs à l’extérieur comme Naashon Hughes, Edwin Freeman et Jeffrey McCulloch (7.5 sacks en cumulé) et des stabilisateurs à l’intérieur tels que Anthony Wheeler ou Beckyn Hager. Cette foule d’armes devrait sans doute participer à la progression de la défense contre la course du fait de leur présence perturbatrice pour l’adversaire.

(Crédit photo : Jay Janner/Austin American-Statesman)

De plus, une empreinte chaotique produite par le front-seven et notamment un pass-rush proche de l’exquis ne pourrait être que bénéfique pour les lignes arrières. Un des points forts défensivement parlant de Texas l’an dernier était l’efficacité contre les passes adverses. L’inconstance demeurait tout de même présent mais des armes de calibre ont émergé au fil des rencontres. Les safeties s’annoncent formidables avec un groupe composé de Jason Hall, DeShon Elliot, John Bonney et P.J. Locke III (22 passes défendues, 3 INTs). Les hommes sur les extérieurs peuvent être moins efficaces que leurs collègues, bien que le junior Kris Boyd puisse devenir un véritable shutdown corner à la suite d’une semi-année sophomore révélatrice (1.5 TFLs, 5 passes défendues, 1 INT). Les armes talentueuses ne manquent cependant pas à l’appel et devraient constituer une escouade bien plus solide que les années précédentes.

Les sophomores deviennent juniors cette saison. Cette dynamique seule entraine invariablement une progression de l’effectif, cela même avant d’insérer le nom de Todd Orlando. La présence du coordinateur défensif est une superbe nouvelle pour une défense extrêmement talentueuse qui ne demande qu’à exploser au plus haut niveau. Et si l’on ajoute à cet effet une animation offensive ralentie, avec moins de temps pour la défense, cette dernière possède tous les éléments pour franchir un palier potentiellement décisif face aux attaques dynamiques de la conférence Big 12.


Pronostics de performance

Le monde du football universitaire attend un retour de Texas dans l’élite nationale depuis près d’une décennie. Aujourd’hui, il n’existe quasiment plus un excuse. Les Longhorns possèdent l’expérience et la continuité qu’ils n’avaient pas l’an dernier alors que le talent revient petit à petit à son niveau commun de la grande époque de Texas. Bien que Shane Buechele ait réalisé une première saison universitaire des plus prometteuses, le poste de quarterback demeure une incertitude et celle-ci régira le niveau de l’équipe en cette année.

Toutefois, la présence de Tom Herman et Todd Orlando sur le bord de touche est une association d’entraineurs talentueux que Texas n’avait pas entrevu depuis très longtemps. Ils pourront régler de nombreux maux des deux côtés du terrain dans l’immédiat, à l’instar de leur arrivée sur le campus de Houston en 2014 ; à la différence que la majorité de l’effectif des Longhorns atteint dès cette année les moments les plus productifs de leur carrière universitaire. Le coaching staff actuel peut vraiment remercier Charlie Strong d’avoir sacrifié son époque à Austin pour le succès à venir de Texas.

On obtiendra un premier gout des Longhorns sous l’ère Tom Herman dès la troisième semaine de compétition et un déplacement sur le terrain d’une autre powerhouse historique du football universitaire, USC. Cette rencontre n’aura aucun impact sur la perception finale des Longhorns mais il prendra la forme d’un bon indicateur de l’état actuel du programme. Ce sera également une excellente répétition avant un mois d’octobre crucial au sein de la Big 12. Texas enchainera trois réceptions d’envergure avec Kansas State, Oklahoma et Oklahoma State ; les résultats de cette suite ordonnera le classement en conférence ainsi que, logiquement, le record des Longhorns.

Une dynamique ressortira de cette période, qui sera alors confirmée ou retournée avec deux déplacements compliquées à Baylor, TCU et West Virginia. La saison de Texas se joue ainsi sur une série de six matchs, suffisant pour créer un delta de victoires entre un bilan de 10-2 dans le meilleur des cas et un autre de 7-5 si la mayonnaise ne prend pas. Mais pour toutes les données énoncées précédemment, cette année semble se diriger vers un retour des Longhorns au premier plan national.

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