Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Le coeur de la conférence Big 12 demeure inchangé depuis le début du siècle dernier alors que la conférence s’appelait à ce moment-ci la Big Eight. Les équipes additionnées lors de la formation de la Big 12 en 1994 sont aujourd’hui indissociables de la culture de la conférence et parmi celles-ci figurent la légendaire Université de Texas à Austin.

Les Longhorns drainent les foules et concentrent une grande attraction des supporters et des médias à chaque saison, que le succès soit au rendez-vous ou qu’il soit plutôt en demi-teinte. Depuis 2009 et le BCS National Championship Game perdu face à Alabama, Texas rencontre des soucis latents pour retrouver l’élite du football universitaire. Le second meilleur head coach de l’histoire de l’école, Mack Brown, a été forcé au départ et son remplaçant, Charlie Strong, est seulement resté trois saisons décevantes sur le campus texan.

Mais l’enfant de la maison, Tom Herman, a propagé de nouveaux espoirs grâce à une première saison plutôt réussie en 2017. L’ancien entraineur de Houston a reproduit une défense digne des Longhorns dès son arrivée ; à l’inverse, la mayonnaise n’a pas pris en attaque, qui reste extrêmement poussive et tire toute l’équipe vers l’arrière. Le redressement de Texas n’est pas encore terminé, mis à part que les améliorations nécessaires sont connues : l’attaque doit absolument retrouver son efficacité d’antan si les Longhorns veulent retrouver l’élite.

La question est de savoir si Tom Herman peut instiguer cette remise à niveau offensive dès sa deuxième saison. Cependant, la vraie question est de savoir s’il en est tout simplement capable. 

 

Premier Bowl depuis 2014 dès l’arrivée de Tom Herman

 

La défaite en ouverture de saison contre Maryland (41-51) est tellement moche lorsque l’on sait que les Terrapins ne possédaient pas une bonne équipe, au final. Le premier match de Tom Herman à Texas a accouché d’une souris et que celle-ci est rageante. Les Longhorns ont par la suite distillé une très bonne défense tout au long de la saison et ne se sont inclinés uniquement à cause de l’ineptie de leur attaque.

Par ailleurs, 4 des 5 autres défaites de la saison se sont produites face à des équipes classées dans le Top-12 national (#4 USC, #12 Oklahoma, #10 Oklahoma State et #10 TCU), ce qui est loin d’être honteux en sachant que la défense avait répondu à l’appel. L’ultime revers de la saison est à nouveau un écart qui aurait pu être largement évité, puisqu’une équipe moyenne de Texas Tech est venue s’imposer à Austin. 

 

 

Un record de 6-6 à la fin de la saison régulière, qui aurait pu (du) être composé de deux victoires supplémentaires si les Longhorns n’étaient pas sortis de la route contre Maryland et Texas Tech. Le Texas Bowl s’est révélé être une formalité contre Missouri, avec un large succès à la clé (33-16) pour le premier Bowl de Texas depuis 2014, et le premier remporté depuis 2012. 

Cette première saison de Tom Herman aurait pu se terminer avec 9 victoires, mais seulement 7 succès composent le total en fin de saison. Cela peut apparaitre comme une déception mais à y regarder de plus près, ne pas lancer la machine folle de la hype autour des Longhorns peut être une bénédiction cachée pour Tom Herman.

 

Avoir deux quarterbacks est-il mieux que d’en avoir qu’un ?

 

La situation au poste de quarterback est aussi indécise qu’elle possède d’éléments capables de mener l’attaque de Texas. Le true freshman Shane Buechele a démarré la saison en tant que titulaire et s’en est sorti correctement malgré une cascade de blessures (137/213, 1.405 yards, 7 TDs, 4 INTs). 

Pour le remplacer, les Longhorns ont appelé un second true freshman, Sam Ehlinger, en avance et ce dernier s’est également bien débrouillé malgré les conditions difficiles (158/275, 1.915, 11 TDs, 7 INTs). Il était par ailleurs en passe de rester titulaire jusqu’en fin de saison mais une commotion cérébrale est venue annihiler ces plans, d’autant plus qu’elle est intervenue à la suite de deux semaines où il avait produit un total de 875 yards offensifs contre Oklahoma et Oklahoma State. Les deux sophomores continuent de se battre pour la place de titulaire et rien ne semble décidé à l’heure actuelle. 

(Crédit photo : Tim Warner-Getty Images)

Quoi qu’il en soit, les performances de l’heureux élu seront le baromètre inévitable de l’attaque de Texas en 2018. Avec davantage d’expérience, il est fort à parier que le quarterback titulaire amène plus de constance dans le jeu aérien et que le coordinateur offensif de l’équipe, Tim Beck, laisse les actions conservatrices au placard pour plus de créativité, deux éléments du jeu qui ont largement fait défaut aux Longhorns l’an dernier. L’entraineur assistant devrait également garder un oeil vigilant sur les deux nouvelles recrues 4-étoiles, Cameron Rising et Casey Thompson.

Pour soutenir les quarterbacks, l’escouade de receveurs apporte une cible prioritaire claire et précise et trois suppléants explosifs à ses côtés. Le junior Collin Johnson devient aisément le receveur leader de la bande (54 réceptions, 765 yards, 2 TDs) tandis que le junior Lil’Jordan Humphrey, aussi explosif qu’inconstant, doit maintenant s’épanouir en tant que seconde cible solide pour libérer des espaces. Le senior John Burt et le junior Devin Duvernay doivent également confirmer leur talent avec plus de régularité.

Plus de receveurs se révéleront comme des cibles confirmées, plus les quarterbacks pourront libérer leur jeu et plus l’attaque progressera au sein d’une conférence Big 12 où l’adresse dans le jeu aérien est une condition quasi nécessaire au succès.

 

A la recherche d’un jeu de course potable

 

On attend toujours la construction d’une animation offensive (au moins) potable au sol. Les Longhorns ont passé la saison entière sans un jeu de course défini, hormis quand les quarterbacks alignaient des yards grâce à leurs jambes. Le départ de D’Onta Foreman pour la NFL a coûté cher, d’autant plus lorsque son remplaçant annoncé, Chris Warren, a contracté une blessure avant le début de sa dernière saison universitaire.

Chris Warren a échangé le ballon avec Kyle Porter et Toneil Carter lors de la première partie de saison, sans grand succès. Et puis Daniel Young s’est imposé comme le leader en fin de saison (373 yards, 3 TDs). Sauf que le junior Kyle Porter ainsi que les sophomores Toneil Carter et Daniel Young pourraient bien être tous supplantés en cette nouvelle saison. Le talentueux freshman Keontay Ingram, finaliste du titre de « Texas Mr Football », arrive sur le campus d’Austin accompagné de Tre Watson, senior en provenance de California sur transfert. Les deux joueurs ont toutes les chances de chambouler la hiérarchie et de prendre les rennes du jeu de course. Pour plus de succès ?

La réponse à cette question devrait venir en fonction des performances de la ligne offensive. Celle-ci n’a pas connu un niveau au-deçà de la moyenne depuis très longtemps, et les blessures contractés les unes après les autres en 2017 n’ont pas arrangé le cas de cette unité. Pour ne pas arranger les choses, le meilleur élément des Longhorns, le left tackle Connor Williams, a quitté l’université pour la NFL. Texas retrouve tout de même trois titulaires expérimentés et ont débauché le left tackle senior de Rice, Calvin Anderson. 

Sans blessures, une ligne offensive au moins correcte devrait bénéficier à l’ensemble de l’attaque, que ce soit les running backs ou les quarterbacks.

 

Le pass-rush ne devrait pas s’envoler du jour au lendemain

 

Si une satisfaction claire et nette devait émerger de la première saison de Tom Herman, ce devrait être les performances des lignes avants de Texas. Malgré la transition vers un système en 3-4, les Longhorns ont énormément progressé au niveau du front-seven, titillant même TCU pour le titre honorifique de meilleure défense de la conférence Big 12. 

La ligne défensive a superbement bien joué face à la course, autorisant plus de 150 yards totaux à la course uniquement face à Oklahoma et TCU. La raison de ces progrès n’était autre que l’émergence du nose tackle Poona Ford, parti pour une carrière professionnelle. Mais il est le seul départ que la ligne défensive de Texas enregistre à l’intersaison. Les defensive ends seniors Breckyn Hager et Charles Omenihu (8 sacks, 8 TFLs cumulés) reviennent pour déranger le backfield adverse, tandis que le nouveau tackle est lui-aussi senior, en la personne de Chris Nelson.

(Crédit photo : Jay Janne / American-Statesman)

La situation chez les linebackers est relativement similaire. Ils perdent leur meilleur élément avec l’envol de Malik Jefferson (110 plaquages, 4 sacks, 6 TFLs) pour la ligue professionnelle. Naashon Hughes quitte également les Longhorns mais cette perte est moins dommageable lorsque l’on observe les joueurs toujours présents. 

Le senior Gary Johnson est un monstre athlétique (60 plaquages, 2 sacks, 4 TFLs) tandis que 4 joueurs talentueux et expérimentés composent le groupe : les seniors Anthony Wheeler et P.J. Locke ainsi que les juniors Malcolm Roach et Jeffrey McCulloch. Il est vraiment difficile de s’inquiéter de la forme du front-seven de Texas avec une telle armada de playmakers capables d’imposer son talent sur une rencontre.

 

Les lignes arrières perdent et gardent de très bons éléments

 

Faut-il encore narrer les exploits du secondary de Texas ? Les Longhorns se tirent la bourre avec LSU pour le titre honorifique de « DBU » et ils ont montré l’année dernière pourquoi il le méritait. Le safety DeShon Elliott (63 plaquages, 7 TFLs, 9 passes défendues, 6 INTs) était partout alors que le cornerback Holton Hill (6 passes défendues, 2 INTs) a joué le rôle de shutdown corner à merveille.

Les deux stars défensives se sont éclipsés d’Austin pour la NFL mais le merveilleux coordinateur défensif Todd Orlando conserve toujours d’excellentes armes à disposition. Le cornerback senior Kris Boyd (15 passes défendues, 2 INTs) devient le leader de cette escouade avec le safety junior Brandon Jones à ses côtés. Pour épauler les leaders, ce sera une bataille entre expérience et talents 5-étoiles : le cornerback senior Davante Davis semble prendre le dessus mais rien n’est moins certain pour le poste de safety inoccupé. John Bonney doit faire face aux arrivées de Caden Sterns et B.J. Foster, deux recrues 5-étoiles qui possèdent tout pour devenir les prochaines stars de la défense texane.

La perte des deux meilleurs joueurs, surtout avec le niveau de performances qu’ils affichaient ne sera certainement pas simple à remplacer. Mais avec un front-seven agressif comme la saison passée, la nouvelle composition du secondary devrait sans doute tenir son rang, si ce n’est davantage dans le cas où une des recrues 5-étoiles émergent comme un playmaker majeur des Longhorns tout de suite.

 

Des équipes spéciales orphelines du meilleur punter du pays

 

Avec les déboires récurrents de l’attaque, les équipes spéciales ont largement été mis à contribution en 2017. Le plus heureux d’entre tous n’était autre que le punter Michael Dickson, qui a purement et simplement cimenté son statut de meilleur punter du pays semaine après semaine, allant jusqu’à remporter le Ray Guy Award en fin de saison. 

Michael Dickson affichait une moyenne hallucinante de 44.2 yards par punt ; son départ (logique) pour la ligue professionnelle est une perte grave pour Texas. Le nouveau punter devrait sans doute être le true freshman Ryan Bujcevski, originaire d’Australie, qui n’est autre que le cousin de Michael Dickson.

Le kicker Joshua Rowland n’a pas réellement convaincu l’an dernier (11/18 FGs, 3/8 au-delà de 40 yards) et devrait être remplacé par la recrue 4-étoiles Cameron Dicker. Même avec une progression dans ce département, les équipes spéciales prendront un coup sévère avec le départ de Michael Dickson.

 

Texas peut-il espérer plus de 10 victoires pour la première fois depuis 2009 ?

 

Comme d’habitude du côté de Texas, les attentes concernant le programme de football s’envolent bien au-delà de l’atmosphère et présagent des exploits à l’instar de la grande époque des années 2000. Si l’on reste plus terre-à-terre, Tom Herman entre seulement dans une seconde saison à la tête des Longhorns et il doit en premier lieu confirmer les progrès de la saison dernière. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs.

Récemment, la défense alternait entre le bon et le moins bon. Superbe en 2017, elle ne devrait pas s’effondrer puisque des playmakers expérimentés reviennent à chaque position, sans qu’un poste ne soit pas occupé par un junior ou un senior. Il serait tout bonnement cataclysmique que la défense retombe dans le dur en 2018, surtout avec l’excellent Todd Orlando à la baguette. En revanche, la situation en attaque laisse bien plus perplexe. De bons quarterbacks sont à disposition mais il faut que l’environnement daigne se mettre à leur niveau. La ligne offensive sera-t-elle correcte ? Un jeu de course peut-il exister ? Les receveurs seront-ils enfin constants ? Tant de questions qui attendent des réponses. 

Et puis le calendrier intervient et relance la machine à rêves pour l’ensemble des fans de Texas.

Le mois de septembre est relevé et, pour autant, il peut jouer le rôle de catapulte pour ces Longhorns. Il devrait ouvrir la saison très revanchard pour réparer leur erreur face à Maryland, au FedEx Field de Landover, avant de continuer deux semaines plus tard avec les réceptions consécutives de USC et TCU. Ces deux résultats annonceront la couleur du reste de la saison : on saura si Texas peut jouer les premiers rôles en 2018 ou non face à deux équipes très complètes avec du talent défensif à revendre. 

Le Red River Showdown contre Oklahoma arrivera très rapidement ensuite, pour éliminer, certainement, un concurrent au titre de champion de la conférence Big 12. Il ne faudra pas manquer cet événement surtout que la seconde partie du calendrier est abordable. Le déplacement à Oklahoma State est loin d’être gagné d’avance malgré les pertes subies par les Cowboys, mais Texas peut remporter ce match aussi bien que les autres. C’est une bonne nouvelle de recevoir West Virginia et Iowa State à Austin et une bonne équipe ne doit pas trébucher à Kansas State et Texas Tech.

Bref, si les Longhorns continuent leur progression de manière logique avec une attaque compétitive et un quarterback performant, il n’existe aucune raison de ne pas les voir avec 9 ou 10 victoires à la fin du mois de novembre.

 

Le « hot take » de la rédaction :

 

La perception de la saison de Texas sera composée dès la fin du mois de septembre : comprenez qu’elle sera qualifiée de réussite que si les Longhorns battent USC dans leur antre du Darrell K. Royal Texas Memorial Stadium d’Austin.

Pourquoi ? Sans toute vraisemblance, Texas peut s’incliner à (au moins) deux reprises dans le calendrier de conférence Big 12, notamment face aux deux universités de l’Oklahoma. Un upset à Kansas State ou Texas Tech est envisageable, et encore. Le résultat face aux Trojans de USC sera le révélateur au moment de faire les comptes : les Longhorns peuvent revenir le devant de la scène nationale avec une victoire, tout en visant le plateau des 10 victoires (une première depuis 2009), ou bien ils peuvent retomber à 8 victoires et un statut de programme sur-côté avec une défaite… sans parler des questions soulevées sur le travail de Tom Herman.