Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au coeur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

Gary Patterson a révolutionné son équipe lors de l’intersaison précédant la saison 2014. Le head coach historique des Horned Frogs a cédé aux sirènes de la conférence Big 12, quelques temps après l’avoir rejoint depuis la conférence Mountain West. TCU s’est laissé convaincre par un changement de système offensif, succombant à l’Air Raid si commune parmi les équipes de la Big 12 aujourd’hui. Le succès s’est révélé instantané : 12 victoires en 2014 puis 11 victoires l’année suivante et à chaque fois, un Top-10 au classement final de l’AP.

Mais d’une manière assez incompréhensible, TCU est tombé dans un trou la saison dernière. Six victoires, à peine suffisantes pour accéder à un Bowl qui a été perdu pour terminer avec un record négatif. Gary Patterson a perdu le bénéfice du doute à la suite d’un mélange entre performances décevantes et blessures malvenues. Il ne faut pas grand chose aux Horned Frogs pour retrouver leur lustre passé, mais ceux-ci seront-ils capables de placer les pièces au bon endroit ?

Partez à la découverte des forces, des faiblesses, des points marquants du programme de football des Horned Frogs de TCU en vue de la saison prochaine, classements et pronostics à l’appui.


Si seulement Kenny Hill pouvait atteindre son potentiel

TCU est devenu la belle princesse des observateurs médiatiques dans l’histoire récente, surtout depuis leur explosion venue de nulle part il y a trois ans de cela. Gary Patterson a réussi à incorporer dans l’univers collectif que les Horned Frogs pouvaient désormais allier une attaque des plus dynamiques au côté d’une défense historiquement inflexible. Mais jamais une telle alliance ne s’est produite, à juste titre.

Le nouveau rythme affolant de l’équipe en phase offensive rend virtuellement impossible à la défense de réaliser des performances identiques à celles accomplies lors de la grande époque et le coaching staff est forcé de s’adapter. Malheureusement, lorsque l’attaque ne peut tenir un standing approprié, toute l’équipe sombre. Et c’est justement ce qu’il s’est passé l’an dernier : l’animation offensive a émergé en début de saison, tout en montrant quelques éclairs en cours d’année, mais la majorité des rencontres ont accouché de performances décevantes au possible.

Aujourd’hui, tout le monde de ce côté du terrain revient (à part un titulaire au niveau de la ligne offensive). Ce peut être aussi bien une bonne qu’une mauvaise nouvelle. L’expérience pure des joueurs et l’expérience du groupe annoncent une progression inévitable, mais est-ce qu’un tel effectif, qui a déjà déçu ensemble, peut remédier à ces soucis ? D’autant plus que l’un des co-coordinateurs offensifs, Doug Meacham, a quitté le navire pour prendre en charge l’attaque de Kansas en solo.

La clé pour retrouver les hauteurs de la conférence Big 12 réside en un seul point : que Kenny Hill (3208 yards à la passe, 17 TDs, 13 INTs ; 609 yards à la course, 10 TDs) se sort enfin les doigts de l’arrière-train (ou qu’il atteigne tout le potentiel qu’on lui attribue, pour rester courtois). L’ancien quarterback de Texas A&M entre dans son année senior avec de grandes responsabilités. TCU a besoin qu’il joue à son meilleur niveau au-delà du mois de septembre pour que les Horned Frogs puissent revenir dans la course au titre. Trevone Boykin occupait cette position en 2014 et 2015 et ce n’est pas une surprise que, dans un tel système offensif, un quarterback finaliste au Heisman Trophy amène à 33 victoires en deux saisons. Kenny Hill doit jouer avec davantage de constance mais à sa décharge, les receveurs ne l’ont pas aidé non plus avec des drops accumulés à vitesse grand V. Les neuf (!) meilleurs receveurs de l’an dernier resteront des cibles talentueuses et ce n’est sans compter sur de nouvelles arrivées prometteuses. Les seniors Taj Williams (702 yards à la réception, 5 TDs) et John Diarse mèneront la danse tandis que le junior KaVontae Turpin (295 yards, 1 TD) devrait rebondir excellemment d’une saison gâchée par les blessures. On peut rajouter à ces leaders des juniors tels que Shaun Nixon, Jaelen Austin ou Emanuel Porter ainsi que des sophomores prêts à bousculer la hiérarchie.

(Crédit photo : Richard W. Rodriguez-Fort Worth Star-Telegram)

Sans une animation aérienne digne de ce nom et un quarterback se connectant de manière adéquate avec ses receveurs, le système offensif de TCU ne pourra accéder au succès. Ce n’est ni plus ni moins la dure réalité de l’Air Raid. Cependant, les Horned Frogs peuvent toutefois se reposer sur un jeu de course plus que satisfaisant. Le running back senior Kyle Hicks (1042 yards à la course, 12 TDs ; 417 yards à la réception, 2 TDs) est l’unique satisfaction de l’attaque. Il a été capable de la tenir sur ses épaules à lui-seul, menant carrément l’équipe en terme de réceptions accomplies. Il pourrait obtenir un impact d’autant plus sérieux si les receveurs prennent leur place, tout en étant suppléés par deux sophomores très explosifs en Darius Anderson et Sewo Olonilua. De plus, la ligne offensive ne bouge pas et devrait continuer à ouvrir d’excellentes brèches.

Quand on vous dit que si le jeu aérien peut se stabiliser en une facette destructrice, l’attaque possède les moyens de retrouver les plus hautes places des classements nationaux. En revanche, rien n’est moins certain que cela se produise. Kenny Hill doit prouver une constance qu’il n’a jamais dévoilé lors de sa carrière universitaire. Le problème des drops et des blessures du côté des receveurs a de bonnes chances de s’en aller, mais les performances du quarterback est un tout autre problème. On n’atteint pas le niveau de Trevone Boykin sur un malentendu.


Où se trouve la véritable défense des Frogs ?

Possiblement à portée de main. La terrible défense de TCU a donné des cauchemars à nombre d’équipes au cours des années 2000, grâce à un formidable pass-rush et une défense aérienne intraitable. Mais celle-ci a disparu avec le départ à la retraite du légendaire coordinateur défensif des Horned Frogs, Dick Bumpas, à la fin 2014. Un retour à la gloire passée n’a jamais été aussi proche que cette prochaine saison.

Certes, comme cela a été énoncé ci-dessus, la défense d’une équipe utilisant les préceptes ultra-dynamiques et portés massivement sur une animation aérienne explosive de l’Air Raid est forcée de s’adapter pour ne pas couler. La régression est également inévitable. Toutefois, les Horned Frogs sont tombés plus bas que ce que l’on pouvait espérer ces deux dernières saisons. Le pass-rush est toujours une qualité indéniable de cette escouade mais la défense dans les airs ne s’est pas parfaitement adaptée aux attaques aériennes puissantes de la conférence Big 12.

Il faut dire que les lignes arrières ont récemment subi un turnover important ainsi qu’une série de blessures encombrante. TCU n’avait aucune chance de contenir ses adversaires. Cependant, il apparait que la réputation d’un excellent secondary puisse revenir sur le campus de Fort Worth. Les très bons safeties Nick Orr (6 passes défendues, 4 INTs) et Niko Small (9 passes défendues, 2 INTs) serviront de colle entre les différents niveaux de la défense, à commencer par leurs collègues défensive backs. Le senior Ranthony Texada peut être considéré comme l’un des meilleurs cornerbacks de la Big 12. Le sophomore Jeff Gladney se trouve en position d’obtenir un rôle de titulaire après des piges convaincantes sous la pression en tant que freshman. De plus, les juniors Julius Lewis et Tony James reviennent tous deux de blessure et essaieront de récupérer leur place sur le terrain. Les lignes arrières ne seront pas dépourvues d’aide grâce à une escouade de linebackers expérimentés. Les machines à plaquer que sont Ty Summers et Travin Howard (251 plaquages, 3 sacks, 5 TFLs, 5 passes défendues en cumulé) auront les tâches importantes de couvrir une partie du terrain en délicatesse tout en relevant une défense contre la course en perdition.

(Crédit photo : Sam Bruton/TCU Athletics)

L’instabilité et l’inexpérience du secondary ont inévitablement conduit à des jeux majeurs accordés en pagaille ; ces aspects ne sont plus associés aux defensive backs aujourd’hui et justifient un enthousiasme. A l’inverse, la défense contre la course, complètement perdue l’an passé, n’envoie pas de signes de progression puisque les quatre meilleurs joueurs du front-seven, le linebacker Denzel Johnson (2.5 sacks, 8.5 TFLs, 6 passes défendues) ainsi que les linemen Josh Carraway, Aaron Curry et James McFarland (15.5 sacks, 8 TFLs en cumulé), se trouvent sur le départ. Ils étaient qui plus est les seuls véritables playmakers concernant le pass-rush. Ce dernier, seule force réelle des Horned Frogs, doit maintenant se reposer sur des petits nouveaux. Le transfert de Louisiana-Monroe, Ben Banogu, et le senior Mat Boesen offrent quelques garanties, au même titre que le tackle L.J. Collier. Le redshirt freshman Isaiah Chambers et le sophomore Brandon Bowen, tous deux recrutés avec 4-étoiles, pourraient également être des révélations s’ils obtiennent un rôle conséquent.

Des progrès défensifs pourraient ressortir si la défense contre la course arrive à stopper un minimum ses adversaires. En forçant ces derniers à lancer, TCU serait alors capable d’utiliser un excellent secondary à bon escient. Ce serait, en somme, revenir à la source de son succès défensif. Et si les Horned Frogs arrivent à trouver un apport solide au niveau des pass-rushs, la conférence Big 12 pourrait bien se casser plus qu’une seule dent.


Pronostics de performance

Si vous l’avez remarqué au travers de cette présentation, TCU est représenté en majorité de juniors mais surtout de seniors. Cela indique que 2017 est la dernière chance des Horned Frogs avec un certain temps pour distiller une saison réussie, de préférence au-delà des 10 victoires. L’effectif à disposition permet un tel accomplissement d’autant plus lorsque l’on considère le niveau de continuité et d’expérience. Le retour massif d’un groupe décevant ńest pas nécessairement une bonne nouvelle, mais l’optimisme reste de mise.

La pression se retrouve surtout sur les épaules de l’attaque. Une reconstruction majeure l’attend dans un an et une animation offensive efficace s’avère être une condition sine qua non de réussite au sein de la conférence Big 12. Par ailleurs, Kenny Hill n’a plus le choix que de confirmer les attentes élevées placées en lui depuis le début de sa carrière. Sans constance de sa part au poste de quarterback, TCU devrait se diriger à nouveau vers une année en-dessous de son potentiel. Une chose que le programme ne peut se permettre. Celui-ci pourrait rapidement se trouver dans des eaux troubles si il enchaîne trois saisons très moyennes dans une conférence en constante crise d’identité.

Le calendrier n’offre malheureusement pas de marge d’erreur. Bien que le programme des matchs à la maison soit plutôt clément, il sera (très) compliqué de naviguer à travers les nombreux déplacements dangereux. Se rendre à Arkansas, Oklahoma State, Kansas State et Oklahoma n’est pas un cadeau, et si les Horned Frogs se relâchent, les voyages à Iowa State et Texas Tech se transformeront en potentiels upsets. Quoi qu’il en soit, en fonction des résultats lors des rencontres tendues, TCU peut finir entre 7-5 et 10-2 (si ce n’est 11-1) dans le meilleur des cas.

Gary Patterson est déjà passé par la case des surprises. Ce terrain n’est pas inconnu pour lui et ce serait un besoin vital pour TCU qu’il recommence cette année. Les texans ont connu deux années de transition avant de rencontrer deux années de succès national. Il est aujourd’hui l’heure de prouver que la saison dernière était une erreur, à moins de tomber dans le ventre mou de la conférence Big 12 pour une durée indéterminée.

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