Une nouvelle saison de football universitaire s’approche et Midnight on Campus vous propose un stage de préparation adéquat. Avec l’aide des travaux de Bill Connelly et de Phil Steele, plongez au cœur des principales équipes et conférences grâce à une foule de présentations complètes et précises.

A croire que la Big 12 est en train de transformer sa philosophie de jeu petit à petit. Bien que les attaques aériennes soient toujours la marque de fabrique de la conférence, le combo défense robuste et jeu au sol prend de plus en plus d’importance avec l’émergence de running backs tels que David Montgomery (Iowa State), Rodney Anderson (Oklahoma) ou Justice Hill (Oklahoma State).

De là à dire que la Big 12 se mute en SEC, il y a encore un monde, mais force est de constater que cette nouvelle approche stratégique n’est pas qu’une utopie comme le prouvent les résultats de TCU ces quatre dernières saisons (excepté en 2016) où les Horned Frogs ont dépassé la barre des 10 succès et intégré le Top 10 national en fin de saison grâce en partie à un jeu au sol constant et une défense de fer.

La saison 2018 qui se profile ne devrait pas déroger à l’air, au contraire. Malgré le départ de Kenny Hill qui laisse son poste de quarterback titulaire vacant et quelques autres changements importants à prévoir, l’identité de jeu de TCU reste inchangée. Tout partira toujours de la défense tandis que le jeu de course pourrait prendre encore davantage d’importance.

Suffisant pour remporter la Big 12 ? Pas certain. On a beau constater une légère évolution des mentalités dans la conférence, quarterback performant et titre restent deux éléments indissociables.

 

11 victoires dans l’ombre d’Oklahoma

 

Après une saison 2016 (6-7) marquée par des blessures, de l’inexpérience et des défaites serrées, TCU a très vite rebondi la saison dernière. Derrière une défense qui a retrouvé de sa superbe avec 19 points encaissés de moyenne (15e national), 331.4 yards (19e), 95 tackles pour perte (19e) et 42 sacks (8e), les Horned Frogs ont atteint les 11 succès contre 3 défaites… dues à un upset et à un unique programme.

Pour débuter la saison, TCU a enchaîné sept victoires de rang dont deux faces à des adversaires classés. Le déplacement à #6 Oklahoma State lança le calendrier de conférence de la meilleures des façons possibles avec une victoire nette et précise (44-31) qui prouva aux autres programmes qu’il faudrait compter sur les Horned Frogs.

 

 

Puis, après une première partie de saison survolée, TCU encaissa un upset face à la surprise #25 Iowa State (7-14). Cette défaite n’enrailla pas la machine pour autant puisque les Horned Frogs ont réagi juste derrière avec un succès plein d’autorité sur Texas.

Malheureusement, la semaine suivante, c’est #5 Oklahoma qui se dressa face à eux. Ce coup-ci, la défense ne réussit pas à stopper l’incroyable attaque des hommes de Lincoln Riley (20-38). Ces derniers furent d’ailleurs une nouvelle fois les bourreaux de TCU lors de la finale de conférence où les Horned Frogs n’ont rien pu faire également (17-41).

Lors de l’Alamo Bowl, le programme termina en revanche sa saison sur une très belle note avec une victoire pleine de panache sur #13 Stanford.

Les Horned Frogs n’ont pas à rougir, leur saison 2017 fut très réussie et aurait pu même être sensationnelle sans la présence d’Oklahoma. Cependant, elle devrait être difficile à rééditer cette année malgré un effectif impressionnant.

 

Quid de Shawn Robinson ?

 

Sans aucune contestation possible, c’est la plus grande question qui entoure le programme durant cette intersaison. Avec le départ de Kenny Hill, l’attaque devrait être cette saison entre les mains du sophomore Shawn Robinson qui n’a pour le moment apporté aucune véritable garantie.

Avec seulement six passes complétées sur 17 mais 84 yards à la course lors de son unique titularisation en 2017, on sait juste qu’il sera un quarterback encore plus mobile que son prédécesseur. Cependant, il est nécessaire de compter sur un jeu de passe fort en Big 12 et Shawn Robinson pourrait s’avérer limité dans ce secteur de jeu.

Malheureusement pour les Horned Frogs, le backup Michael Collins ne semble pas mieux armé.

Pour apercevoir les bonnes nouvelles du côté du jeu aérien de TCU, il faut se diriger vers l’escouade de receveurs qui mélangera expérience et jeunes talentueux. Le senior KaVontae Turpin revient pour sa dernière année d’éligibilité dans le costume de leader, lui qui fait partie des playmakers les plus passionnants de la conférence.

A ses côtés, les deux autres seniors, Jaelan Austin et Jarrison Stewart, seront également des cibles sûres pour Shawn Robinson tandis que Jalen Reagor, qui fut le meilleur joueur d’attaque freshman de la conférence, est à deux doigts d’exploser statistiquement. Enfin, le transfert en provenance du JUCO, Pro Wells, sera l’option première au poste de tight end.

 

Pas d’inquiétude pour le jeu au sol

 

Comme dit précédemment, le jeu au sol de TCU ne devrait pas connaître une baisse de production tant le talent est présent dans le groupe de running backs. Le senior Darius Anderson est de retour en pleine forme après une saison 2017 raccourcie par une blessure (768 yards en 10 matchs). En étant l’un des meilleurs coureurs de la conférence, nul doute qu’il sera l’homme à suivre pour ses coéquipiers.

Car derrière lui, le poste offre une profondeur exceptionnelle. Pas moins de quatre autres joueurs pourraient apporter leur pièce à l’édifice à la course. Parmi eux, on retrouve Sewo Olonilua, qui a montré qu’il avait la carrure pour supporter la pression lors de l’absence de Darius Anderson, et trois jeunes prometteurs en Kenedy Snell (un sophomore ultra rapide), Fabian Franklin (recrue 4-étoiles) et Emari Demercado (transfert sophomore).

Le jeu au sol apporte donc de la certitude en attaque même si quelques doutes subsistent sur la ligne offensive. Le titulaire sur le poste de left tackle est encore inconnu alors que rien n’est encore décidé non plus au niveau de centre et du right guard. Seul Cordel Iwuagwu, qui était titulaire à tous les matchs en 2017, offre de la stabilité au poste de left guard.

 

Le meilleur front-seven de la conférence Big 12

 

On ne va pas passer par quatre chemins : TCU détient le meilleur front seven de la conférence, et ce malgré deux départs notables : Matt Boesen sur la ligne défensive et Travin Howard sur le second rideau.

Ces dernières saisons, Gary Patterson a su faire de sa ligne défensive une arme de destruction. Rares sont les lignes offensives qui résistent aux percées des Horned Frogs. Le pass rush est difficile à arrêter avec Ben Banogu (8.5 sacks), qui a préféré TCU à la NFL, et L.J. Collier (4 sacks) tandis que le duo à l’intérieur de la ligne, composé de Ross Blacklock (co-freshman défensif de l’année) et Corey Bethley, est le meilleur de la conférence également.

De leur côté, les linebackers formeront encore une unité très solide. Le transfert de Northern Illinois, Jawuan Johnson, qui sort d’une saison junior impressionnante (98 plaquages, 18 TFLs, 5 interceptions et 5 fumbles forcés) sera entouré de deux seniors avec Ty Summers et Arico Evans. A l’image de la ligne défensive, c’est un groupe fort et à la grande profondeur de banc qui servira de second rempart au sein d’un tel front-seven.

 

Un secondary capable d’augmenter son niveau 

 

A première vue, le secondary peut sembler plus faible comparer au front-seven, mais celui-ci a les moyens de devenir une vraie menace pour les quarterbacks adverses.

Gary Patterson se pose encore pas mal de questions concernant les cornerbacks où le tandem de l’irremplaçable Jeff Gladney est encore inconnu. Julius Lewis et Tony James sont en compétition pour la place de titulaire restante et chacun des deux a une grande marge de progression. Le premier a subi une blessure en 2017 alors que le second n’a que très peu joué titulaire.

Au poste de safety, les Horned Frogs doivent remplacer Nick Orr, mais l’expérience est là et devrait facilement prendre le flambeau avec des joueurs tels que Niko Small, Innis Gaines, Markell Simmons et Vernon Scott.

Si le premier nommé sera un titulaire indiscutable, les trois autres devraient se partager le temps de jeu restant.

 

Des équipes spéciales inchangées

 

Sans être exceptionnelles, les équipes spéciales voient la totalité de ses hommes clés revenir sur le campus. Le kicker Jonathan Song (8/8) revient d’une blessure qui l’a éloigné des terrains quelques temps la saison dernière et le punter Adam Nunez (39.3 yards de moyenne) tentera d’améliorer son coup de pied.

Sur les retours de coups de pied en revanche, KaVontae Turpin s’occupera de tout. Et cela devrait plaire aux fans du programme tant le senior est plaisant à voir jouer.

 

Entre gros chocs en prévision et pièges à éviter

 

Après un petit échauffement en Week 1, sans manquer de respect à Southern, les Horned Frogs commenceront réellement leur saison par un match piège sur le terrain de SMU. En début de saison, les joueurs manquent généralement de rythme et ce type de face-à-face peut s’avérer piégeux d’autant plus que Sonny Dykes, ancien collègue de Patterson, connait les schémas de jeu de TCU.

Après une confrontation de haute-voltige face à Ohio State qui pourrait positionner les Horned Frogs comme une équipe forte du Top-10 en cas de victoire, le déplacement à Texas, programme qui monte en puissance, et la réception de Iowa State, surprise de la saison dernière, termineront trois semaines de folie. Si ce passage délicat se conclut par une seule défaite, les Horned Frogs pourront se féliciter.

La deuxième partie de saison ne sera pas de tout repos également même si TCU accueille Oklahoma et Oklahoma State, ce qui évite des déplacements périlleux à Norman et Stillwater. Les deux voyages coup sur coup à West Virginia et Baylor pourraient s’avérer très dangereux, surtout en fin de saison où les organismes commencent à souffrir.

 

Le “hot take” de la rédaction :

 

On aimerait bien voir TCU récompensé par un Bowl majeur en fin de saison, mais les nombreuses questions autour de Shawn Robinson devraient limiter l’attaque des Horned Frogs. On a du mal à voir TCU atteindre de nouveau les 11 succès avec une faible attaque aérienne bien que le jeu de course et la défense soient performants.

Si par surprise, Shawn Robinson parvient à faire taire les critiques, TCU se positionnerait en revanche comme un sérieux candidat à Oklahoma dans la Big-12. Si cela n’est pas le cas, les Horned Frogs pourraient rentrer dans le rang, dans une conférence ultra homogène derrière les Sooners.